Le rôle des
Zaouias : préserver l’identité algérienne
Le terme
‘zaouïa’ lorsqu’il est employé fait référence à une structure religieuse pédagogique appelant à la guidée. La métaphore utilisée est l’image d’un mur qui protège de toutes éventuelles
agressions extérieures. Avant d’aborder ce thème, il faut savoir qu’on évoque seulement les zaouïas conforment aux lois religieuses, celles qui prônent des idées étrangères à l’islam n’ont pas
lieu d’être.
Définition du
mot zaouia :
La zaouia
est un centre à caractère religieux où est dispensé l’apprentissage du coran, abritant aussi les étudiants venus des contrées lointaines ainsi que les passagers.
Elle a
pour nom aussi ‘thimarmat’ signifiant ; construire, édifier.
Ces
institutions théologiques sont apparues au huitième siècle de l’hégire, les hommes de sciences religieuses les ont fondées par souci de préserver le peuple et de diffuser la parole
divine.
On
recensera les zaouïas les plus importantes :
1) Zaouia
ouled Boumerdés dans la localité de thidjelabine au septième siècle.
2) Zaouia
moqtaria ouled glel wilaya à Biskra fondé par cheikh el mokhtar Abdel Rahamne en 1871.
3) Zaouïa
el hamel à Bou Saada wilaya M’sila fondé par cheikh Mohamed el kacem el Kacémi el hassani en 1855.
4) Zaouïa
n’sidi Boudali Wilaya Saida fondé par Sidi Boudali Abdel Kader en 186o.
5) Zaouia
sidi Abdel Allah Mascara fondé par sidi AbdelAllah en 1850.
6) Zaouia
sidi Sahnoune Djemaa saridg à Mékla tizi-ouzou fondé par Sidi Sahnoune au septième siécle.
7) Zaouia
sidi Abou bakr Tigzirt fondé par Abou Bakr au septième siècle.
8) Zaouia
Tifrith n’Ath en hajj Azzzfoune Tizi-Ouzou fondé par sidi Mohammed Ouali ou l’Haj en 805 de l’hégire.
9) Zaouia
sidi Omar ou el Haj Bouzguéne Azazga Tizi-Ouzou, fondé par sidi Omar ou El Hajj en 805 de l’hégire.
11) Zaouia
sidi Ahmed ibn Idriss à Bouzguéne, fondé par sidi Idriss el Béjaoui en 720 de l’Hégire.
12) Sidi
Ali Ouyahya Bni Qoufi à Boghni fondé par sidi Ali Ouyahya au neuvième siècle de l’hégire.
13) Zaouia
sidi bahloul Cheurfa, Daira Azazga Tizi- ouzou fondé par sidi Bahloul Al Ghobrini au huitième siècle de l’hégire.
14) Zaouia
Al Hammamia, daira al Akhdaria, wilaya de Bouira fonddé par Cheikh Abdel Kader Al Oudhi Al Hammami en 1880.
15) Zaouia
cheikh Belhaddad, Seddouk wilaya Bejaïa par cheikh Belhaddad au troisième siècle de l’hégire.
16) Zaouia
sidi Said amsisen, seddouk Bejaia fondé au neuvième siècle de l’hégire.
17) Zaouia
sidi Ahmad ou haddad, daira Akfadou Bejaïa au dixième siècle de l’hégire.
18) Zaouia
sidi Ahmad Ouyahya Oumalou, Bejaïa au neuvième siècle de l’hégire.
19) Zaouia
sidi Adli à Tamoukra, Bejaia au neuvième siècle de l’hégire.
20) Zaouia
Abi Kacem Al Husseyni Al Boudjeli, daira Akbou, béjaouia onzième siècle de l’hégire.
Deuxièmement
Les
zaouïas ont été conçues pour diffuser les principes de l’islam, aussi elles sont à l’image des châteaux forts avec leurs grandes murailles érigées contre toute attaque. Leur rôle consiste à
inciter le peuple à la préservation de leur identité socio culturel.
1) En
premier lieu, les zaouïas dispensent l’apprentissage du coran aux étudiants. Ainsi que toutes les disciplines en rapport, le prophète a dit à cet effet : « le meilleur
des hommes est celui qui append le coran et l’enseigne à d’autres ». Hadith rapporté par Bokhari.
2) Aussi
elles garantissent un bon enseignement de la langue arabe, il convient de rappeler que le coran a été révélé en langue arabe, dés lors les zaouïas veillent à ses bases linguistiques. Elles
veillent à l’héritage islamique à travers le coran et la sunna.
3) Elles
sont aussi un mur contre tout mouvement évangélique, ainsi pour le christianisme, elles sont un ennemi potentiel car elles répondent toujours aux attaques des détracteurs de
l’islam.
La médiation
entre les gens
Elles
jouent un rôle prépondérant dans ce domaine en réglant leurs conflits à l ‘amiable selon la loi musulmane qui privilégie la réconciliation, tout ce qui tend vers l’arbitrage puise ses sources
dans la charia.
Leur rôle dans
la révolution :
La prise
de conscience du peuple algérien à se libérer du joug colonial français a été initié au sein de ces structures religieuses, on dénombrera beaucoup de chefs religieux des zaouïas qui on été les
précurseurs de la révolte anti colonialiste que connut l’Algérie, à l’instar de : l’émir Abdelkader, El hajj Mohammed el Mokrani, Lala Fatma’N’soumer, cheikh Bouamama, cheikh
Aheddad.
Elles ont
véhiculé des valeurs propres à l’islam, en combattant l’occupation, les hommes scandaient ‘Allah Akbar ! ce qui leur donnait du courage.
Les
combattants prenaient le nom de moudjahid (mussabils) et les hommes morts pour leur patrie, on les nommait ‘chahid’. La France malmenée par les zaouïas en a détruit un grand nombre,
en les incendiant.
Elles ont formé
beaucoup de savants
Bon nombre
de savants sortis des zaouïas ont activé en silence ; dans le domaine du fiqr, de la réforme, pour régler les conflits sociaux, dans l’élaboration de décrets
religieux :
Cheikh
Nasredine El Mechdaly, cheikh Abou Moussa Amrane, cheikh Arezki Charfaoui, cheikh el Boudjlily, cheikh abou El fadhl Mechadaly, cheikh Mohammad en Rahamoun Mechadaly.
1) Elles
ont beaucoup contribué à répandre les principes moraux dans le domaine poétique, et littéraire.
Les sources du
patrimoine berbère
Cheikh
Mohand ou l’Hocine a dit ‘ il n’existe pas de matin sans fin de journée ‘
Proverbes et
sagesses.
Les
sagesses et proverbes renferment toujours une morale :
1) Elles
résument en peu de mots un enseignement.
2) Elles
sont d’ordre moral.
3) Un bon
nombre sont à caractère religieux, d’autres liés à la vie quotidienne.
4) Les
proverbes se transmettent très facilement d’une personne à une autre, il convient de rappeler que la société kabyle privilégie la culture orale. Cheikh Mohand ou l’Hocine nous a
laissé une multitude de sagesses puisées de la vie courante. A ce propos on rappellera : ‘Celui qui se raccroche à L’unique n’aura nulle crainte’
‘ L’homme
est ruisseau, la femme la rivière’. ‘ Celui qui n’appartient à aucun groupe, ne restera e n assemblée.’
‘La beauté
de l’homme est sa virilité et celle de la femme est la pudeur.’
LES INSTITUTIONS COUTUMIERES EN KABYLIE
a) Le conseil
[tajmaat] :
-
Composition : Tout homme majeur et responsable.
-
Rôle : Sorte de parlement local, il décrète les lois qui gèrent le quotidien des villageois, il se réunit régulièrement et périodiquement au sein du village.
b) Le
président du conseil [l’amine] :
- Il est
en quelque sorte le chef du village, il est issu d’une des familles les plus influentes du village et il assume les fonctions suivantes :
- Préside
le conseil.
- Veille à
l’application et l’exécution des décisions du conseil.
- Prépare
les dossiers que doivent débattre les membres du conseil.
-
Réceptionne et étudie les plaintes des villageois.
- Gère les
biens collectifs.
-
Représente le village à l’extérieur.
- Prépare
les actes de vente et de location.
- Contrôle
les différentes amendes imposées aux éventuels contrevenants.
c) Le garant [le
tamane] :
- Il
représente son quartier au sein du conseil.
- Il est
le garant des cotisations revenant aux habitants de son quartier.
- Il
informe les familles des différentes décisions émanant du conseil.
- Il
transmet au conseil les doléances de ses élus.
d) Le
trésorier [le wakil] :
Il tient
les finances du conseil et gère tout ce qui est comme : Donations, biens collectifs, payement des amendes imposées etc.
e)
L’imam :
Il est
chargé des affaires religieuses, de l’enseignement des enfants et de l’enregistrement des différentes décisions et lois émanant du conseil. Il jouit d’un très grand respect de la part des gens
du village.
Les lois
coutumières :
- Devoir
de solidarité entre villageois.
- Accueil
chaleureux d’éventuels invités.
-
Réglementation de la distribution de l’eau.
- Gestion
de l’approvisionnement en eau potable pour les familles [en consacrant certaines journées pour les femmes et d’autres pour les hommes].
Le nouveau rôle
des zaouïas.
Ce qui est
attendu des zaouias c’est de faire dans la continuité, continuer le travail de ceux qui ont fondé ces institutions religieuses, activer pour la promotion de la
connaissance des études coraniques.
a) Former
des enseignants pour enseigner le coran
b) Donner
des bourses pour les étudiants performants afin qu’ils poursuivent leurs études.
c)
Organiser des cessions aux élèves des différents cycles afin d’apprendre le coran.
d)
Dispenser des cours dans les prisons en rapport avec le coran.
e)
Participer à des émissions télévisées et radiophoniques.
-
Organiser des concours du meilleur récitateur du coran (psalmodie règles de tilawa)
- Concours
pur le meilleur mémorisateur du coran
- Concours
des lectures coraniques (7 à 10).
-Concours
exégétique du coran, http://www.bouizeri.net
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