Témoignages_ Analyses_ Communiqués

Jeudi 13 janvier 4 13 /01 /Jan 02:23

Sana Ben Achour, maître de conférences à la faculté des sciences juridiques politiques et sociales de Tunis et présidente de l'Association tunisienne des Femmes Démocrates.

 

La tension est-elle forte à Tunis, où vous vous trouvez ?
Oui, il y a des militaires un peu partout, des tentatives de révolte par petits groupes dans la ville. Les associations sont mobilisées matin et soir. Il y a une grande tension malgré le discours que vient de tenir le Premier ministre et dans lequel il a annoncé le limogeage du ministre de l'Intérieur, la libération de toutes les personnes arrêtées, la création d'un comité de lutte contre la corruption et une réunion extraordinaire entre les deux chambres.

Ces annonces montrent-elles que le pouvoir prend peur?
Oui, clairement. Et ce d'autant plus que l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) a décidé hier de lancer un mouvement de grève générale tournante, région par région. Aujourd'hui mercredi, c'est Sfax, où se déroule une très grande manifestation populaire. Demain la grève sera à Ben Arous, vendredi à Tunis. Et puis les avocats viennent de décider d'une grève générale de douze secteurs du barreau. Le mouvement prend de l'ampleur.

Les gages que le gouvernement a donnés aujourd'hui sont-ils suffisants?
Non. D'autant que, dorénavant, les Tunisiens vont adopter une attitude de vigilance démocratique, ils vont être attentifs à ce que les promesses faites soient enfin réalisées. Il faut qu'il y ait réellement des avancés démocratiques dans la pratique quotidienne de l'administration, de la justice, de l'emploi, de l'enseignement, etc. Que ce ne soit pas que de simples effets d'annonce.

Du type la création de 300 000 emplois annoncée par Ben Ali pour 2011 et 2012?
Personne n'y croit. Le modèle Ben Ali a vacillé, il est bientôt fini. Le modèle de la prévarication, de l'humiliation des citoyens, de l'absence de libertés, du déni de justice... plus personne n'est prêt à accepter cette situation. On ne veut plus vivre comme cela.

Si le modèle selon vous est fini, le régime de Ben Ali l'est-il aussi?
Oui. Ça peut encore prendre du temps mais à l'intérieur-même du système, les choses sont en train de se briser. Tout ce qui s'est passé en Tunisie, malgré la douleur, malgré le fait de voir des jeunes tomber sous les balles est, pour la société civile, porteur d'espoir. Car cela a éveillé les consciences. La rue est en train de dire au pourvoir: plus jamais ça. Elle est en train de lui dire "nous ne sommes pas des sujets mais des citoyens qui voulons une vie politique digne de ce nom, nous voulons l'alternance, la démocratie, les libertés publiques, le droit d'association, d'expression".

Le moindre écart à ces principes précipitera la chute du régime selon vous?
Oui, car ce qui se passe aujourd'hui est la preuve que le régime est complètement discrédité. Le modèle Ben Ali, il n'en est plus question. Il s'agit d'aboutir à l'instauration de la démocratie. Ca ne veut pas dire que va se faire maintenant. On vient par exemple d'apprendre qu'un opposant politique tunisien a été kidnappé de chez lui au moment même où le Premier ministre annonçait ses mesures d'apaisement...

En tant que présidente d'une association qui lutte pour les droits de l'homme, vous sentez-vous menacée?
Je suis inquiète mais je ne prends pas de mesures particulières. Le réseau associatif est en train de s'organiser en coalition, de trouver des ponts avec l'ordre des avocats.

 

lien:http://www.metrofrance.com/info/le-modele-ben-ali-a-vacille-il-est-fini/pkal!FASNRtDVQC4KIiZnFDCcQ/?sms_ss=facebook&at_xt=4d2e262560fa37f7%2C2

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Mercredi 12 janvier 3 12 /01 /Jan 23:49

Tarek Ben Hiba, 56 ans, président de la Fédération des Tunisienspour une Citoyenneté des deux Rives

«La situation est extrêmement grave. Nous avons reçu des témoignages d'avocats présents sur place. Ils font état de miliciens venus en bus depuis Tunis jusqu'à Kasserine... des gens cagoulés «du gouvernement», des casseurs qui se font passer pour des manifestants. Je viens d'apprendre aussi que le porte-parole du Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT), Hamma Hammami, aurait été emmené par la police politique ce matin. Tout ça au moment même où le Premier ministre Mohamed Ghannouchi annonce la libération de toutes les personnes arrêtées, et qu'il vire par ailleurs le ministre de l'Intérieur...

Je milite depuis dix-huit ans, je n'ai jamais vu ça. Je suis ce qui se passe là-bas sur des sites comme Nawaat, qui fait un boulot formidable pour la liberté d'expression… Le roi est nu, le peuple a bravé le système répressif et tortionnaire. Ben Ali a fait deux discours, appelle au calme et ça ne change rien. Les gens revendiquent des choses simples: davantage de travail, plus de libertés et de justice. Je pense au malheureux Bouazizi qui s'est immolé parce qu'on lui refusait de vendre quelques carottes… Le peuple pose maintenant des limites à la soumission. Il faut un changement radical!

Et avec ça, alors que le dictionnaire de la démocratie est inépuisable, tout ce que trouve à dire Michèle Alliot-Marie c'est qu'elle veut exporter le savoir-faire de la police en Tunisie! C'est honteux, avec tous ces morts! La France continue à donner un brevet de démocratie au régime tunisien… C'est lamentable.»

Sarah, 25 ans, étudiante franco-tunisienne à Strasbourg

«Je suis très inquiète! J'ai appris par Facebook, que plusieurs de mes amis et cousins doivent participer aujourd'hui à des manifestations dans l'est du pays. Je suis tout ça sur Internet et je les soutiens à fond. Mais je ne communique pas avec eux, ni avec ma famille par téléphone. J'ai peur et eux aussi qu'ils soient sur écoute. Hier soir, j'ai regardé par curiosité la télévision tunisienne, Tunisie 7. C'était une conférence de presse du ministre de la Communication et des Libertés. Bien sûr ce n'était pas en direct, c'était dingue, on n'entendait même pas les questions des journalistes!

Je m'arrange pour aller voir ma famille à Tunis deux fois par an. Ça fait des années que j'entendais les jeunes de là-bas me dire que j'avais de la chance d'être en France, que eux, malgré tous leurs diplômes désespéraient de trouver du travail. Moi, je relativisais en leur disant que la situation de l'emploi en France n'était pas mieux. Je ne me rendais pas compte à ce moment-là qu'ils souffrent d'un vrai manque de libertés. Coincés chez eux, sans boulot, ils sont condamnés à reproduire le schéma de leurs parents: travailler aux champs, élever du bétail...

Quant à déloger Ben Ali, pour cela, il faudrait que les pays occidentaux prennent une position forte, assumée. Sans Ben Ali, on risque aussi une autre menace: que les islamistes arrivent au pouvoir.»

M. Khalifa, 56 ans, artisan tunisien arrivé en France en 1997

«Ben Ali a toujours opprimé son peuple, ce n'est pas nouveau, ça fait vingt-trois ans. Moi j'y suis retourné il y a un mois j'ai vu des chirurgiens, des médecins désemparés, dans l'incapacité de trouver du boulot…

Les jeunes Tunisiens sont une génération sacrifiée, nous on avait une chance à l'époque de trouver du travail. Après mes études, j'ai tout de suite travaillé dans une société de tourisme. Mais aujourd'hui, même les diplômés en médecine ou en droit n'ont pas d'avenir. Avec le tourisme des régions côtières, on a cru un temps au miracle économique, mais on s'est rendu compte que les côtes ne pouvaient pas absorber le flux des migrations de gens venus de l'intérieur des terres... des gens qui crèvent la fin aujourd'hui.

Il y a un ras-le-bol généralisé et c'est bien normal, la police est corrompue, tout est censuré, Internet, la presse, la télévision... Les médias sont bâillonnés et c'est la loi du silence: même avec des proches quand je suis là-bas je n'ose pas toujours discuter de politique, peur d'être entendu, écouté, vous imaginez...

Mais je pense que tout ça prend de l'ampleur, tout un réseau s'est créé sur Internet et rien ne peut arrêter ce soulèvement. Je dois retourner en Tunisie au mois de mars, j'espère que, d'ici là, le "grand manitou" aura pris ses cliques et ses claques.»

Moncef, 57 ans, technicien de maîtrise tunisien, arrivé en France en 1972

J'étais à Tunis le week-end dernier pour voir ma famille. Il y avait des militaires déployés partout sur les principaux axes routiers et aux aguets dans le centre de la ville, au moment où ça dégénérait de toutes parts à Thala, Kasserine... Là bas, les forces de l'ordre tiraient à balles réelles sur les jeunes qui manifestaient pour le droit au travail. Les Tunisiens sont placides mais lorsqu'ils sont poussés à bout par le pouvoir, ça peut être très violent. Déjà en 1983 j'avais assisté à la «révolte du couscous» qui avait gagné le pays sous Bourguiba (Habib Bourguiba, ancien président tunisien, ndlr).

«Lorsque le coeur est plein, il faut que la bouche s'ouvre», dit le proverbe. Ces actions de soulèvement, c'est le trop plein de tout ceux qui ne trouvent pas de travail, qui sont baillonés par le pouvoir, censurés. Je pense à ces jeunes qui vont jusqu'à se suicider par désespoir.

La dictature a assez duré. Fini l'Etat voyou! Le ministre de l'Intérieur vient d'être limogé, c'est un signe: aucune force peut arrêter ce tsunami de la liberté.

Ce que j'espère juste, c'est que cela puisse être un déclencheur dans les autres pays arabes. Car eux aussi connaissent la même situation.

Lina Ben Mhenn, jeune blogueuse tunisienne

Lina Ben Mhenni suit quotidiennement les émeutes en Tunisie. Pour son blog, A Tunisian girl, elle était à Tunis, avant de gagner Sidi Bouzid, où ont démarré les manifestations contre le chômage le 17 décembre, puis Régueb et Kasserine (lire aussi l'article de Libération du 11 janvier, «Le régime dépassé par la cyberrésistance»). C'est dans cette ville du centre du pays, théâtre de violents affrontements ces trois derniers jours, que nous l'avons jointe mercredi à la mi-journée:

«C'est un peu plus calme aujourd'hui. Il y a eu des tirs de bombes lacrymogènes, mais les gens continuent à manifester aux cris de «A bas Ben Ali» ou «Nous voulons le pain et l'eau et pas Ben Ali». Tout le monde en veut à Ben Ali, bien qu'il ait annoncé le limogeage du ministre de l'Intérieur. Même si les gens sont énervés, je n'ai pas vu de violence. Toutes les couches et classes d'âges sont représentées dans ces défilés.

«Hier, il y a eu des scènes de pillages au Magasin général où les gens ont pris de la nourriture. Des habitants m'ont dit que des milices avaient été envoyées à Kasserine pour participer à ces émeutes. En tout cas, les forces de sécurité ont laissé faire ces pillages. Mais, contrairement à ce que l'on a dit, elles ne se sont jamais retirées de la ville. Des Bops [les CRS tunisiens, ndlr] ont troqué leur habit noir pour des uniformes kakis et se faire passer pour des militaires. L'armée est toujours vue comme une médiatrice, elle tente toujours de calmer le jeu. La police, elle, n'hésite pas à utiliser la violence. On a reconnu ces policiers déguisés à certains écussons, leurs matraques et les bombes lacrymo.

«Des grèves générales ont été organisées aujourd'hui à Sfax et Sousse où des dizaines de citoyens sont sortis dans la rue. Demain, la grève générale est prévue à Kasserine et, vendredi, ce sera au tour de Tunis, la capitale. D'après mes informations, les gens manifestent dans plein de ville du pays. En venant à Kasserine, j'ai vu des gens qui protestaient dans une petite ville à 35 km de Sidi Bouzid. Je pense parfois au risque d'être arrêtée, mais quand je vois ce genre de manifestation, ça me donne de la force et du courage pour continuer à dire ce que je vois.» (Recueilli par Arnaud Vaulerin)

 

sources:Libération

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Mercredi 12 janvier 3 12 /01 /Jan 20:41

Appel à l’armée nationale, à la police, au service secret, aux gardes du corps personnels de Ben Ali, à toutes les instances qui sont impliquées directement ou indirectement dans la protection de Ben Ali.

L’assassin Ben Ali prépare sa fuite hors du territoire tunisien. Il a déjà expatrié ses filles et leur époux au Canada, preuve à l’appui (écoutez le petit extrait de l’émission de Paul Houde sur le 98.5 FM Montréal).

Nous savons tous que le soulèvement tunisien est arrivé à un point de non retour, peu importe les conséquences. Si vous n’agissez pas au plus vite, Ben Ali s’échappera après avoir plongé notre pays dans un bain de sang inutile. Et nul doute qu’aucun de vous ne souhaite porter sur la conscience un tel crime en voulant désespérément sauver un assassin arrivé au terme de son régime, et lequel n’hésitera à aucun moment à se servir de vous pour massacrer vos frères et sœurs, vos pères et mères, comme nous l’avons horriblement constaté ces derniers jours.

Et le comble de tout ça, c’est qu’il fuira par la suite, en vous laissant un lourd fardeau sur le dos après vous avoir impliqués.

Sachez que vous représentez son seul espoir de conserver le pouvoir. Assumez votre responsabilité historique et faites votre devoir envers vous-mêmes, vos familles et votre pays. Ne laissez pas Ben Ali fuir! Arrêtez-le tout de suite et en toute civilité, ne le brutalisez pas, qu’il soit jugé devant nos tribunaux.

Ceci est un appel à toute l’opposition tunisienne :

Ne vous arrêtez pas sur l’appel à un gouvernement de coalition. Préparez l’équipe qui formera ce gouvernement en toute urgence et le plus tôt possible et divulguez massivement l’événement. Le Tunisien veut du concret, il veut voir l’alternative, il veut voir que vous êtes capables enfin de vous entendre et de porter l’espoir de ce mouvement populaire, il veut surtout percevoir de la lumière au bout du tunnel, suffisamment  pour l’encourager à mener son soulèvement jusqu’au bout.

Que la lutte continue et vive la Tunisie libre!

Faites circuler largement cet appel. Si vous connaissez quelqu’un dans l’armée, la police… portez cet appel à leur connaissance.

solidarité Tunisienne

 

Article de Nawat

 

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Lundi 10 janvier 1 10 /01 /Jan 20:39
Les événements prennent des tournures tragiques, le discours du chef d'État d'aujourdhui n'a pas encore calmé les manifestants qui ont continué toute la journée les heurts avec les criminels. À Thala, ces criminels ont tiré des balles réelles et des gaz lacrymogènes. Les blessés affluent, il n' y a pas de vols comme l'on prétend et il n'y a pas d'atteinte aux biens privés. La ville est 100 % fermée, je veux dire commerces et boulangeries, etc.
 
 
anonyme
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Lundi 10 janvier 1 10 /01 /Jan 05:41

Témoignage enregistré le 9 janvier d’un habitant de Thala

Ci-après trans­crip­tion et mise en forme des propos enre­gis­trés.

 

Ce que j’ai vu ça res­sem­ble à Stalingrad ; les incen­dies sont par­tout, les rues jon­chées de pier­res ; les mai­sons endeuillées avec leurs cris de dou­leur ; les portes des bou­ti­ques éventrées non pas par les jeunes révol­tés mais par la police qui défonce les portes et met le feu aux bou­ti­ques, comme cela a pu être filmé la semaine der­nière à Thala même.

On compte 7 morts trans­por­tés à l’Hôpital ; mais ce matin on a repê­ché 4 cada­vres de la rivière proche de l’Hôpital ; hier on en a repê­ché deux ; [le témoin semble signi­fier que ces cada­vres vien­nent de l’Hôpital].

 

 09JANV11 (6)09JANV11 (11)

 

Lors des affron­te­ments, les bles­sés ont été traî­nés par terre par la police anti-émeutes (Brigade d’Ordre Public, B.O.P.) en leur disant : « Meurs ! comme ça on ne te soi­gnera pas ! ».

L’armée s’est conten­tée de défen­dre le siège de la Sous Préfecture et des Impôts et n’est pas inter­ve­nue dans la répres­sion.

 

 09JANV11 (17)ebr0

 

Seuls les bâti­ments de la Mairie et du siège du parti au pou­voir ont été incen­diés. Toutes les caté­go­ries de la popu­la­tion ont été tou­chées [par ce mas­sa­cre] ; elles sont sans secours et ne peu­vent se défen­dre face à des forces armées [qui conti­nuent à les mena­cer].

 

lien:http://rebellyon.info/appel-d-un-habitant-de-tala.html?utm_source=feedburner&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+NoinGoogleReader+%28nonarc%29&utm_content=Google+International
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