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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 06:06

Alger confirme l'attaque du Consulat d’Algérie à Gao(Mali)

 

L’attaque du Consulat d'Algérie à Gao (Mali) vient d’être confirmée par le ministère des Affaire étrangère. Le Consulat d'Algérie à Gao en République du Mali a fait l'objet jeudi matin d'une attaque par un "groupe non identifié", a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

"Le consul et six (06) éléments de la représentation consulaire algérienne ont été conduits vers une destination inconnue", a précisé le ministère.  "A la suite de cet acte que l'Algérie condamne avec fermeté, une cellule de crise a été mise en place pour suivre l'évolution de cette affaire et afin que tout soit mis en oeuvre pour le retour sain et sauf de nos nationaux", a conclu le ministère dans un communiqué.

Ce matin des témoins interrogés par l’AFP ont indiqué que le consulat d'Algérie à Gao a été occupé jeudi par des islamistes armés qui y ont hissé le drapeau salafiste noir et ont arrêté des diplomates algériens.

Les islamistes armés sont entrés dans le consulat, ont arrêté les diplomates et  le personnel, descendu le drapeau algérien pour mettre le leur", a affirmé l'un  des ces témoins interrogé par téléphone depuis Bamako.  Selon lui, les islamistes "sont aussi autour du consulat, armés. La plupart ont la peau noire".  elwatan

 

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Le consul d’Algérie à Gao et six agents du consulat enlevés par un groupe armé

 

Mourad Medelci, le ministre algérien des Affaires étrangères.

Mourad Medelci, le ministre algérien des Affaires étrangères. ReutersLouafi Larbi

 

Alger a mis en place une cellule de crise après l'attaque, ce jeudi 5 avril au matin, de son consulat dans la ville malienne de Gao. Le consul algérien et six autres personnes ont été enlevés par des hommes armés. L'Algérie se dit totalement mobilisée pour obtenir leur libération dans les plus brefs délais.

L’Algérie confirme l’enlèvement de son consul à Gao et de six autres agents du consulat. « Le consul d’Algérie et les six agents ont été forcés à sortir de la représentation diplomatique », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Les sept personnes ont été emmenées « vers une destination inconnue ».

L’attaque s’est produite en fin de matinée. Un groupe armé a attaqué le consulat. Il a remplacé le drapeau algérien par un drapeau noir avec des écritures arabes, emblématique des mouvements salafistes.

 

Un témoin de l’enlèvement raconte...

« Il y a un véhicule qui est arrivé avec quelques hommes. Il y en a un qui est descendu (…) et il a dit ‘voilà, moi j’ai une bombe vous allez périr, le consulat va disparaître, elle va exploser dans deux minutes (…) Ils ont enlevé le consul, ils lui ont attaché les pieds et les mains… »

Mais l’Algérie ne confirme pas que ces sept agents consulaires sont détenus par le groupe islamique armé du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, un groupe dissident d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ce même groupe aurait pris le contrôle de la ville de Gao. C’est aussi lui qui avait revendiqué l’enlèvement en octobre dernier dans le sud algérien de trois humanitaires européens.

Pour l’instant, l’Algérie évoque des « parties non identifiées ». Mourad Medelci, le ministre algérien des Affaires étrangères, a affirmé que le gouvernement « est totalement mobilisé pour assurer dans les plus brefs délais » la libération de ses sept ressortissants.

Un avertissement à Alger

Avec ces enlèvements, l'Algérie est propulsé encore un peu plus au coeur de la crise malienne. Pour certains observateurs, cet enlèvement est un message clair adressé à l'Algérie par les islamistes armés pour qu'elle n'intervienne pas plus directement dans le conflit malien.

Jusqu'ici, Alger s'est posé en médiateur entre les touaregs et Bamako, se plaçant même plus en retrait depuis le coup d'Etat de la junte militaire. A cela s'ajoute le fait que l'Algérie est considérée comme un ennemi pour les groupes armés se revendiquant d'al-Qaïda au Maghreb islamique. D'ailleurs, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, accusé par les touaregs d'être le responsable de cet enlèvement, a déjà pris pour cible l'Algérie. Il a revendiqué l'enlèvement de trois Européens dans l'extrême sud-ouest algérien en octobre 2011 et il y a un mois, l'attentat contre une gendarmerie dans la ville de Tamanrasset, toujours dans le sud du pays.

Le rôle grandissant de l'Algérie dans la lutte antiterroriste dans la région

Le rapt du consul algérien et de six membres du consulat va encore renforcer l'inquiétude d'Alger. Selon des sources régionales, l'Algérie s'est particulierment alarmée lorsque deux chefs d'Aqmi, les Algériens Mocktar ben Moktar et Abou Zaid, ont été signalés à Tombouctou. La situation au Mali avec au nord l'implication d'al-Qaïda au Magreb islamique dans les groupes rebelles a fait l'objet de discussion mercredi 4 avril lors d'une rencontre entre le président Bouteflika et le général Carter Ham, responsable du dispositif américain Africom. 
L'Algérie, considérée comme un acteur clé dans cette zone sahélienne, pourrait être sollicitée pour collaborer sur le plan logistique à une éventuelle opération militaire au Nord-Mali souhaitée par la Cédéao. Les Américains, qui veulent éviter la création d'une zone grise partant de Maiduguri au nord du Nigeria jusqu'à Bamako, mulitplient les contacts dans la région.

  
Une centaine d'islamistes nigérians de Boko Haram sont soupçonnés d'avoir fait jonction avec Ansar Dine et Aqmi au Nord-Mali. Des officiers américains du renseignement se trouvent en ce moment dans l'Etat nigérian de Borno. Cette implication américaine fait dire à certains observateurs qu'un axe Washington-Alger-Abuja est en train de se constituer pour mieux coordonner la lutte antiterroriste dans cette région sahélienne, en passe de devenir une zone de non droit, incontrôlable. 
rfi.fr

 

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Mali : les rebelles touareg proclament l'indépendance du nord du pays


 

Mali: les rebelles touareg proclament l'indépendance du nord du paysMali: les rebelles touareg proclament l'indépendance du nord du pays © AFP

 

 

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), importante composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé vendredi "l'indépendance de l'Azawad" dans une déclaration sur son site internet et via un de ses porte-parole sur la chaîne France 24.

"Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad à compter de ce jour", a déclaré Mossa Ag Attaher, qui a indiqué vouloir respecter "les frontières avec les Etats limitrophes".

Le porte-parole a condamné l'enlèvement jeudi du consul d'Algérie à Gao (nord-est) "par un commando terroriste" lors d'une opération "très violente". Alger a confirmé qu'un groupe d'assaillants "non-identifiés" avait emmené le consul et six de ses collaborateurs "vers une destination inconnue".

"Nous venons de terminer un combat très important, celui de la libération (. . . )", a ajouté M. Ag Attaher, dans des termes identiques à celui du communiqué du MNLA signé par son secrétaire général Billal Ag Achérif.

L'Azawad est une région considérée comme le berceau naturel des Touareg.

Le coup d'Etat contre le régime du président Amadou Toumani Touré, il y a deux semaines, a plongé le Mali dans une situation chaotique: des rebelles touareg et groupes islamistes ont pris en fin de semaine dernière le contrôle des trois métropoles du Nord - Kidal, Gao et Tombouctou - sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée, désorganisée et en déroute, coupant de fait le pays en deux.

Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont, depuis lors, pris le dessus sur le MNLA, qui a annoncé unilatéralement jeudi soir la fin de ses "opérations militaires".  Jeuneafrique

 

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Un groupe rebelle touareg annonce la fin de ses opérations militaires

 

 

Une photo de combattants du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), publiée par le mouvement rebelle le 2 avril.

Une photo de combattants du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), publiée par le mouvement rebelle le 2 avril. | AF

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), importante composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé à compter du jeudi 5 avril "la fin" de ses "opérations militaires" dans le nord du Mali, dans un communiqué mis en ligne mercredi 4 avril au soir sur le site Internet du mouvement et signé de son secrétaire général, Bilal Ag Chérif.

 

 

Cette décision a été prise à la "suite de la libération complète du territoire de l'Azawad et compte tenu de la forte demande de la communauté internationale, notamment du Conseil de sécurité de l'ONU, des Etats-Unis, de la France ainsi que des Etats de la sous-région (...)", explique le texte.

 

Le MNLA annonce qu'il a créé l'Etat de l'Azawad dans cette région subsaharienne et appelle la communauté internationale à protéger ce nouveau territoire qui regroupe les régions de Kidal, Gao et Tombouctou, dont les rebelles ont chassé les troupes gouvernementales la semaine passée.

 

Profitant du putsch à Bamako contre le président Amani Toumani Touré le 22 mars, les rebelles touaregs et des groupes islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou, coupant le pays en deux. Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ont, depuis lors, pris le dessus sur la composante laïque de la rébellion, incarnée par le MNLA, qui affirme "tenir sa position" face à ses rivaux.

Les rebelles touaregs entretiennent des relations compliquées avec les salafistes, qui disposent d'une force militaire potentiellement supérieure. Les deux factions pourraient être amenées à s'affronter prochainement en raison d'objectifs divergents.

 

 

INQUIÉTUDE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

 

La montée en puissance de ces groupes islamistes a suscité l'inquiétude au sein de la communauté internationale, en particulier de la France, qui a obtenu mercredi le vote d'une résolution du Conseil de sécurité sur la situation au Mali. Le Conseil de sécurité a demandé aux militaires putschistes à Bamako de rétablir sans tarder le gouvernement légitime et aux rebelles dans le Nord de déposer"immédiatement" les armes et d'engager des négociations. Il s'est "inquiété de la présence dans la région" d'AQMI, qui pourrait "déstabiliser encore davantage" la situation, et a "condamné fermement les attaques, les pillages et la confiscation de territoire" par les rebelles dans le Nord.

 

Les Etats africains et les organisations internationales ont unanimement rejeté l'idée d'une partition du Mali. Le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé, a dit, jeudi, qu'il n'y avait pas de "solution militaire" aux revendications des Touareg et que, dans ce dossier, le dialogue devait prévaloir. Le président français, Nicolas Sarkozy, a qualifié de "scandale" la destitution du président Touré au Mali, et a souligné que la France était "extrêmement préoccupée par la situation sécuritaire". Il a exigé des mutins "de revenir à un processus constitutionnel".

 

 

UN DÉSASTRE HUMANITAIRE MAJEUR

 

De son côté, Amnesty International a alerté, jeudi 5 avril, sur la situation dans le nord du Mali, qui est "au bord d'un désastre humanitaire majeur". D'après un communiqué de l'organisation de défense des droits humains, les trois principales villes du nord du pays, Gao, Kidal et Tombouctou "ont été la scène de pillages, d'enlèvements et de chaos".

 

"Toute la nourriture et les médicaments stockés par les grandes agences humanitaires ont été pillés, et la plupart des travailleurs humanitaires ont fui (...). Les populations font face à un risque imminent de graves pénuries alimentaire et médicale qui pourraient entraîner de nouvelles pertes humaines", selon AmnestyInternational, qui a en outre "appris que, dans les villes de Gao et de Menaka, des femmes et des jeunes filles ont été enlevées de chez elles et auraient été violées".

 

L'organisation s'inquiète également des agissements des islamistes qui contrôlent désormais la zone, notamment les combattants du groupe Ansar Dine. "A Gao, tous les bars ont été détruits. A Tombouctou, des membres d'Ansar Dine ont arrêté des personnes accusées de vols et de pillages", dont certaines pourraient"subir des châtiments basés sur la charia". Amnesty demande un accès immédiat à ces régions pour les agences humanitaires "afin d'éviter de nouvelles victimes au sein de la population civile". lemonde

 

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 Débat : l'ombre des islamistes !

Partie I

 

Partie II

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Washington et la déstabilisation politique de l'Afrique. Après le coup d'État, une guerre séparatiste menace le Mali.

 

Alors que la communauté internationale et les membres voisins de la Communauté économique des États d'Afrique occidentale (CEDEAO) condamnent le coup d'État militaire au Mali, mené par des protagonistes inexpérimentés, des milliers de personnes ont pris les rues de la capitale malienne de Bamako en appui à la nouvelle junte. Les citoyens brandissaient des pancartes et des banderoles affichant: « À bas la communauté internationale » et « À bas Sarkozy », en chantant des slogans à la gloire du chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo. [1]

 Bien que Sanogo ait visité les États-Unis à plusieurs reprises après avoir été choisi par le Pentagone pour participer à un programme international d’éducation et d’entraînement militaire parrainé par le département d'État étasunien [2], les représentants des États-Unis ont appelé les dirigeants du coup d'État au Mali à démissionner et permettre la tenue d'élections.

 

 


Le porte-parole du département d'État étasunien Mark Toner a menacé l'État indigent d’Afrique de l'Ouest d’un embargo diplomatique et financier substantiel  si le pouvoir n'est pas retourné au président évincé Amadou Toumani Touré dans les soixante-douze heures. [4] Alors que la moitié de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour [5], l'imposition de sanctions économiques pour ce pays enclavé et dépendant de l’importation conduira inévitablement à une plus grande instabilité sociale et à des troubles civils. Puisque la probabilité d’un embargo nourrit davantage les conditions guerrières dans un milieu appauvri depuis longtemps, le bloc de la CEDEAO a mis ses troupes en attente près des frontières du Mali et elles sont prêtes à intervenir si la situation se détériore [6]. Au cours de la crise en Côte d'Ivoire en 2010-2011, les forces fidèles à Alassane Ouattara, soutenu par les Français, ont entrepris une vaste campagne d'atrocités contre des civils [7], un autre rappel du danger que posent les invasions militaires précipitées de la communauté internationale dans les régions africaines en crise.

Tandis que les États-Unis et d'autres soulignent l'importance du retour à l'ordre constitutionnel et que les Maliens appuient la junte, la solidité des institutions démocratiques renommées du Mali semble très discutable. La justification principale du  coup est la réponse inadéquate du gouvernement civil à une campagne permanente des Touaregs en faveur du séparatisme dans le nord du Mali, bien que le désarroi récent à Bamako ait suscité la progression régulière des milices armées touaregs vers le sud. Sous la bannière du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), les milices armées auraient saisi la région nord-est de Kidal, incitant l'armée malienne, mal équipée, à abandonner ses positions stratégiques au nord. [8] Les Touaregs sont un groupe ethnique minoritaire traditionnellement nomade et rural d’environ 1,5 millions de personnes cherchant à se séparer de la république du Mali et à former une nation indépendante appelée Azawad. Ce groupe vit dispersé sur un territoire traversant les pays du Sahel et du Sahara, largement exploité par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Même si l’on a imputé aux Touaregs la déstabilisation dans le nord du Mali, il est davantage probable qu’AQMI soit à l'origine de l'activité des insurgés dans la région [9]. Le MNLA a déclaré que l'objectif de sa campagne pour l'indépendance est de développer un bastion pour se protéger de la violence d'AQMI, tandis que Bamako a affirmé que le MNLA cherche à fonder un État islamiste strict en partenariat avec l’AQMI [10]. Après la chute de Kadhafi dans le théâtre de guerre libyen de l’OTAN, des combattants touaregs armés maliens et nigériens ont été vus descendant dans le Sahara à bord de camions de l’armée Toyota Salut-Lux utilisés par les rebelles libyens affiliés à Al-Qaïda [11]. Bien qu'il puisse être difficile de distinguer les véritables protagonistes de la violence dans le nord du Mali, la résurgence de leur activité s’est grandement intensifiée en raison de leur accès aux mortiers, aux mitrailleuses, aux armes antichars et antiaériennes appartenant initialement au Groupe islamique combattant en Libye (GICL), une organisation radicale [12].

La présence d'un second groupe séparatiste dominé par les Touaregs, Ancar Dine, complique davantage la situation. Le mouvement cherche à imposer la charia dans tout le nord du Mali et est dirigé par Iyad Ag Ghaly, une personnalité salafiste éminente, soupçonnée d'avoir des liens avec une filiale d’AQMI d'Ayman al -Zawahiri, dirigée par son cousin Hama Ag Hamada [13]. Comme les séparatistes contrôlent désormais un tiers du Mali, une crise alimentaire est à venir dans la région du Sahel et du Sahara alors que près de 80 000 réfugiés demandent l'amnistie dans les pays voisins, dont l'Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso [14]. Comme le groupe militant Ancar Dine semble réclamer le contrôle de régions attribuées auparavant au MNLA [15], leur avance pourrait avoir de plus grandes implications, pouvant déstabiliser la région de façon drastique.

Avec la possibilité accrue que des soulèvements généralisés comme ceux du printemps arabe surviennent dans la région du Sahel, un afflux de réfugiés mettra une pression supplémentaire sur l'Algérie et le Niger. L'Algérie pourrait être déstabilisée davantage si la situation sécuritaire continue de se détériorer au Mali et la France pourrait se sentir obligée d'intervenir dans les affaires de ses anciennes colonies, comme on l’a vu malheureusement en Côte d'Ivoire. Il y a un parallèle entre la crise au Mali et les événements en cours au Nigeria, une nation aux prises avec les activités des insurgés islamiques séparatistes de Boko Haram au nord. Compte tenu de l'instabilité politique à Abuja, un coup d'État orchestré par des officiers de grades inférieurs contre le président nigérian Goodluck Jonathan basé sur le modèle malien ne serait pas impensable. Au moment où la Banque mondiale et la Banque africaine de développement suspendent toute aide au Mali, une certaine forme d'intervention militaire est concevable si les appels du Conseil de sécurité pour le « rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel et du gouvernement démocratiquement élu » ne sont pas respectés [16].

Alors que les voisins du Mali menacent de recourir à des sanctions et à la force militaire pour renverser l'actuel Comité pour la réinstauration de la démocratie et la restauration de l'État (CNRDR) dirigée par le capitaine Amadou Sanogo [17], la junte a dévoilé une nouvelle constitution garantissant la liberté de parole, de pensée et de mouvement [18]. Sanogo a promis de ne pas s'accrocher au pouvoir et de mettre en place des élections démocratiques lorsque l'insurrection touareg sera maîtrisée. Ceux qui ont pris part au coup d'État ne pourraient pas participer aux élections [19]. L'afflux d'armes découlant du changement de régime de l'OTAN en Libye a créé de nouvelles perspectives désastreuses favorisant une guerre civile au Mali, où les parties seraient lourdement armées. Il reste à voir comment le bloc de l'OTAN réagira si le CNRDR refuse les appels à démissionner et s'engage dans un interminable conflit avec les séparatistes islamistes. Comme l'armée américaine s’oppose à l’Armée de résistance du Seigneur en étendant sa présence militaire par le biais d’AFRICOM en République démocratique du Congo, l'aggravation de la situation au Mali et au Nigeria fournit une justification supplémentaire pour l'intervention étrangère et l’exploitation de la guerre. 

 par Nile Bowie; mondialisation

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