Partager l'article ! Amnesty réclame de la Libye la remise d’Abdullah al Senussi à la Cour pénale internationale pour un procès équitable … À Baní Walid, les mi ...
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Un an après que le colonel Mouammar Kadhafi eut été
capturé et tué, Amnesty International demande aux autorités libyennes de remettre immédiatement à la Cour pénale internationale (CPI) l'ancien chef du renseignement militaire du régime, afin
qu'il réponde des charges de crimes contre l'humanité pesant contre lui.
Bien qu'il fasse l'objet d'un mandat d'arrêt de la
CPI depuis juin 2011, Abdullah al Senussi a été extradé vers la Libye le 5 septembre, après avoir été arrêté en Mauritanie en mars de cette année.
Depuis qu'il est incarcéré en Libye, ni ses
proches, ni ses avocats ni aucune organisation indépendante n'a semble-t-il pu avoir accès à lui, s'inquiète Amnesty International.
Le cas d'Abdullah al Senussi est symptomatique
d'une situation plus générale en Libye, celle d'une justice totalement désorganisée.
« Un an après la fin des hostilités, les
victimes de graves violations des droits humains, qu'elles aient été commises par l'ancien gouvernement ou par l'opposition de l'époque, attendent toujours justice. Ce que nous voyons aujourd'hui
en Libye, ce n'est pas la justice, c'est la vengeance, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.
« Juger Abdullah al Senussi en Libye, où le
système judiciaire reste faible et où les procès demeurent inéquitables, c'est compromettre le droit des victimes d'obtenir justice et réparation. Il faudrait au contraire qu'il soit amené à
répondre dans le cadre d'une procédure équitable des charges de crimes contre l'humanité portées contre lui par la CPI. »
Un nouveau Congrès général national a été élu en
Libye, mais le système judiciaire du pays reste pratiquement paralysé.
Des milliers de personnes accusées d'avoir combattu
pour le régime Kadhafi, ou de l'avoir soutenu, sont toujours détenues, pour la plupart sans inculpation ni jugement. Certaines sont ainsi privées de liberté depuis 18 mois, voire plus. Un grand
nombre de détenus ont déclaré qu'ils avaient subi des tortures ou d'autres formes de mauvais traitements, et qu'ils avaient dû signer des « aveux » sous la contrainte ou la
torture.
Lors d'une mission en Libye en septembre, Amnesty
International a rencontré des procureurs, des policiers, des chargés d'enquêtes pénales et d'autres personnes travaillant dans le secteur judiciaire, ainsi que des avocats qui ont souligné les
difficultés et les menaces auxquelles ils sont confrontés dans l'exercice de leur mission, compte tenu de la situation actuelle en matière de sécurité et du fait que ce sont les milices armées
qui exercent de facto l'autorité.
Que ce soit pour des raisons idéologiques ou par
crainte de représailles, très peu d'avocats acceptent de représenter ceux qui se sont montrés fidèles au colonel Kadhafi.
Ces craintes sont justifiées. Amnesty International
a recueilli des informations sur plusieurs cas d'avocats défendant des partisans présumés de Mouammar Kadhafi et qui ont fait l'objet de violences, menaces ou actes de harcèlement. Des proches de
personnes accusées d'avoir soutenu l'ancien gouvernement disent qu'ils ne trouvent pas d'avocat pour défendre leur parent, ou qu'on leur demande des honoraires exorbitants.
Par ailleurs, l'arrestation et le placement en
détention, en juin 2012, d'une équipe de juristes de la CPI venue en Libye pour s'entretenir avec le fils de l'ancien dirigeant, Saif al Islam Kadhafi, a jeté de sérieux doutes quant à la
capacité et à la volonté sincère de la Libye de juger selon des procédures équitables les anciens responsables du régime déchu.
Contrairement au dossier al Senussi, la demande de
remise de Saif al Islam Kadhafi à la CPI a été suspendue, dans l'attente d'une décision sur une requête de la Libye contestant la compétence de la cour internationale.
Complément
d'information
En juin 2011, la CPI a délivré un mandat d'arrêt
contre Abdullah al Senussi, Mouammar Kadhafi et le fils de celui-ci, Saif al Islam Kadhafi, pour deux chefs de crimes contre l'humanité – meurtre et persécution – commis dans la ville de Benghazi
(est de la Libye) en février 2011. Abdullah al Senussi a été arrêté à l'aéroport de Nouakchott, la capitale mauritanienne, en mars 2012. Il est resté détenu en Mauritanie jusqu'à son
extradition.
La législation libyenne ne reconnaît pas les crimes
contre l'humanité, ce qui constitue un obstacle supplémentaire et important empêchant le pays de mener des enquêtes et des poursuites effectives dans de telles affaires.
Amnesty International estime qu'Abdullah al Senussi
et les autres soutiens ou soutiens présumés de l'ancien gouvernement courent un danger réel de subir des tortures ou d'autres formes de mauvais traitements en détention. La législation libyenne
prévoit par ailleurs l'application de la peine de mort, à laquelle l'organisation est opposée en toutes circonstances, car il s'agit d'une violation du droit à la vie et du châtiment le plus
cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit.
Abdullah al Senussi a été publiquement accusé
d'autres crimes commis au cours des 40 dernières années en Libye, notamment de l'exécution extrajudiciaire de plus de 1 200 détenus dans la prison d'Abu Salim
en 1996. Amnesty
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Les milices poursuivent leur offensive à Bani Walid
Des miliciens de Misrata, qui ont pris mercredi le contrôle de la cité voisine de Bani Walid, ancien fief de Mouammar Kadhafi, ont poursuivi leur offensive urbaine, vendredi, utilisant des armes
à feu et des lance-roquettes.
Le groupe de combattant baptisé "Bouclier de Libye" et affilié au ministère de la Défense a
bombardé pendant plusieurs jours la localité située sur des hauteurs, provoquant la fuite de plusieurs milliers de familles.
Ces combats ont fait des dizaines de tués et des centaines de blessés après la demande du
gouvernement que les autorités de Bani Walid livrent les ravisseurs et les tortionnaires d'Omar Chaabane, un combattant rebelle qui avait participé à la capture de Kadhafi à Syrte le 20 octobre
2011.
Chaabane, originaire de Misrata, est mort des suites de ses blessures dans un hôpital parisien en
septembre après deux mois de captivité à Bani Walid.
Cette intervention des miliciens illustre une nouvelle fois l'incapacité du gouvernement libyen à
imposer son autorité sur les groupes armés qui ont officiellement fait voeu d'allégeance au pouvoir central mais continuent à faire ce qu'ils veulent sur le terrain.
"Il y a des personnes recherchées à Bani Walid et nous sommes prêts à les livrer mais elles ont
également des droits", a dit un étudiant membre de la tribu Warfala vivant à Benghazi. "Vous pensez vraiment que nous allons les remettre aux milices qui n'ont aucune légitimité ?" a-t-il
interrogé.
Beaucoup d'habitants de cette ville de 70.000 âmes située à 170 km au sud de Tripoli
appartiennent à cette tribu dont la majorité des membres demeura loyale à Kadhafi. Longtemps isolée du reste de la Libye, l'agglomération craint désormais des représailles et s'inquiète de son
avenir.
Ils redoutent de subir le même sort que la cité portuaire de Syrte, dernier bastion des partisans
de Kadhafi, qui estime être aujourd'hui abandonnée par le gouvernement libyen en signe de représailles.
EFFORTS DE RECONCILIATION
Le nouveau pouvoir a mis en place des comités chargés d'assurer la sécurité, les services et de
veiller au retour des réfugiés à Bani Walid mais les miliciens sont déterminés à rester en place pour, disent-ils, garantir la sécurité.
"Ce genre de groupes ont un passé et une certaine perception de ce que devrait être la Libye et
cela ne correspond pas nécessairement avec celle des élus du Congrès national (au pouvoir)", explique Claudia Gazzini d'International Crisis Group.
"Cela risque de retarder les efforts de réconciliation qui auraient pu se développer d'une
manière pacifique entre Bani Walid et le reste de la Libye", ajoute-t-elle.
La situation actuelle de la ville illustre les défis auxquels sont confrontés les nouveaux
dirigeants libyens pris entre une nécessaire réconciliation et les rancunes tenaces à l'égard de ceux qui - souvent par peur, parfois par intérêt mais aussi par loyauté à l'égard de Kadhafi -
choisirent de ne pas soutenir la rébellion.
Le gouvernement sait qu'il doit imposer un équilibre afin d'écarter le risque de nouveaux
troubles.
Les Nations unies ont appelé les milices à faire preuve de retenue, une recommandation qui n'a
pas été entendue alors que le système judiciaire libyen est largement désorganisé. maghrebemergent
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