Les Tunisiens ne veulent plus des reliques de l’ancien régime instauré par l’ex-président Ben Ali pendant 23 ans. La police tunisienne a violemment dispersé mardi 18 janvier un millier de manifestants, parmi lesquels des islamistes, hostiles à la présence de membres de l’équipe du président déchu Ben Ali dans le gouvernement de transition formé lundi. Trois ministres membres du syndicat UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) ont annoncé leur démission du nouvel exécutif. Les Tunisiens scandent du « pain, du lait, mais pas de RCD assassins »

Aussitôt nommés, aussitôt démissionnaires. Le ministre des Transports du nouveau gouvernement d’union nationale tunisien a annoncé sa démission ainsi que celles de deux autres ministres. Anouar Ben Gueddour a indiqué à l’Associated Press qu’il avait démissionné en compagnie de Houssine Dimassi, ministre de la Formation et de l’emploi, et d’Abdeljelil Bédoui, ministre auprès du Premier ministre.

Ces trois ministres sont membres du syndicat UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens). Ils avaient fait leur entrée dans le gouvernement d’union nationale annoncé lundi en Tunisie, trois jours après la fuite de l’ancien président Ben Ali. Première coup de semence politique contre le nouveau gouvernement dirigé par un ponte du système Ben Ali. Le second coup vient de la rue.

Des milliers de Tunisiens dans la rue

Des milliers de Tunisiens ont manifesté dans plusieurs villes de province contre la présence dans le nouveau gouvernement de transition de membres de l’équipe sortante du président déchu Ben Ali, ont rapporté des correspondants de l’AFP. Environ 5.000 personnes ont manifesté à Sfax (centre-est) la métropole économique du pays, où l’imposant siège local du RCD, le parti du président Ben Ali, avait été incendié par des manifestants il y a quelques jours, a rapporté un témoin.

Une manifestation a rassemblé « des milliers de manifestants » à Sidi Bouzid (centre-ouest) d’où est partie à la mi-décembre la révolte populaire contre le régime autoritaire du président Ben Ali, selon un correspondant de l’AFP. Une autre marche de protestation ayant rassemblé un millier de personnes s’est produite à Regueb, à 37 km de Sidi Bouzid, selon un autre correspondant. Enfin, un rassemblement de 500 personnes, regroupant notamment des avocats et des syndicalistes, s’est tenu à Kasserine, autre bastion de la « Révolution du jasmin ».

Le mouvement islamiste sort au grand jour

A Tunis, Sadok Chourou, 63 ans, ancien président du mouvement islamiste tunisien interdit Ennahdha (Eveil), libéré le 30 octobre 2010 après avoir passé vingt ans en prison pour ses activités politiques, se trouvait en tête des manifestants.

« Le nouveau gouvernement ne représente pas le peuple et doit tomber. Non au RCD », le Rassemblement constitutionnel démocratique de l’ancien président, a-t-il déclaré à l’AFP au cours de la manifestation, rassemblant un millier de personnes sur l’avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis.

Sadok Chourou était entouré de trois personnes qui assuraient visiblement sa sécurité. Des jeunes brandissaient près de lui une pancarte « Oui à Ennahdha »

 

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