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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 01:47

Plusieurs cyber-dissidents ont été arrêtés et leurs ordinateurs ont été confisqués. Le Parti Pirate se dit également "sans nouvelles" d'un de ses membres franco-tunisien. La présidente de la FIDH craint qu'ils "soient désormais torturés".

 

Face à l'agitation sociale à Sidi Bouzid et son onde de choc en ligne, le gouvernement tunisien a choisi de durcir la répression. Des blogueurs, des cyber-dissidents et des rappeurs ont été arrêtés et leur ordinateur ont été saisi, jeudi 6 et vendredi 7 janvier, dans différentes villes de Tunisie.

 

Reporters Sans Frontières dresse ainsi une liste --"qui pourrait être plus longue"-- de cyberdissidents arrêtés : Hamadi Kaloutcha, Hamada Ben Aoun, Slim Amamou, Azyz Amamy et Slah Eddin Kchouk.

"Beaucoup plus de personnes auraient été arrêtés, mais nous n'avons pas de chiffre exact", affirme la présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), Souhayr Belhassen. "Ils essayent de remonter les filières d'internautes qui alimentent les sites interdits et la contestation en ligne."

Même constat chez RSF : "de nombreux blogueurs sont également injoignables et ce n'est pas forcément bon signe". "Ces arrestations seraient liées au mouvement des Anonymous [qui lancent des attaques informatiques contre les sites web officiels tunisiens, NDLR]", explique Lucie Morillon, responsable du dossier chez RSF. "Le gouvernement tenterait d'identifier les responsables des cyberattaques et de remonter aux responsables, tout en étouffant l'élan des journalistes-citoyens qui s'est manifesté sur les réseaux sociaux" après les événements de Sidi Bouzid.

 

Sans nouvelles d'un franco-tunisien

 

Le blogueur et militant Hamadi Kaloutcha a été arrêté à son domicile de Tunis jeudi "aux alentours de 6 heures du matin par quatre ou cinq policiers en civil", rapporte RSF. Les policiers ont affirmé à son épouse qu'ils n'avaient que "quelques questions à lui poser" et que "cela ne prendrait que quelques heures", raconte Lucie Morillon. Son ordinateur et son unité centrale ont été saisis.

Les cybermilitants et membres du Parti Pirate tunisien Slim Amamou, Azyz Amamy et Slah Eddine Kchouk ont également été arrêtés, à Tunis pour les deux premiers et à Bizerte (60 km au nord-ouest de Tunis) pour le troisième. Leurs ordinateurs ont également confisqué.

Slim Amamou serait actuellement interrogé au ministère de l'Intérieur, selon ses proches qui ont pu le géolocaliser via son téléphone. Selon des informations de RSF, les blogueurs pourraient être regroupés au ministère de l'Intérieur par la police politique. La présidente de la FIDH craint que les jeunes hommes "soient désormais torturés".

Le président du Parti Pirate français, Paul Da Silva, affirme être "sans nouvelles de Slim [Amadou] depuis hier [jeudi] vers 13h30". Inquiet, il évoque également "la disparition" d'un franco-tunisien, membre du Parti Pirate français, sur place pour aider les militants tunisiens.

 

Dans un message posté sur Facebook, le Parti Pirate tunisien appelle "la communauté internationale à faire pression sur le gouvernement tunisien à libérer nos membres". Dans un communiqué commun, les Partis Pirate de 21 pays demandent "avec force que les gouvernements européens agissent fermement vis-à-vis de la Tunisie".

 

Après les blogueurs, des rappeurs tunisiens arrêtés

 

Par ailleurs, la vague d'arrestations concernerait aussi des rappeurs tunisiens, dont les morceaux et clips vidéo s'échangent via Internet.

Le rappeur tunisien Hamada Ben Aoun, dit "El Général", a lui été arrêté à Sfax (270 km au sud-est de Tunis). Dans son morceau "Président, ton peuple est mort", le chanteur interpelle le président Ben Ali sur la corruption et le chômage.

Selon RSF, cinq autres rappeurs auraient été arrêtés. "Les rappeurs BMG, MC Bilel, DJ Costa, Psyco-M et L'Imbattable auraient pu être arrêtés, mais cela reste encore à confirmer", avance Lucie Morillon. "Ces rappeurs sont très populaires auprès des jeunes tunisiens, en particulier de par leurs vidéos diffusées sur Internet et qui dérange le pouvoir", poursuit-elle.

 

Le Quai d'Orsay "suit de très près la situation en Tunisie"

 

"Ces arrestations se déroulent alors que les autorités tentent, en renforçant la censure sur le web, d'étouffer les mouvements de contestation sociale et politique qui agitent le pays et de maîtriser les cyberattaques dirigées contre des sites gouvernementaux", résume RSF.

De son côté, la France dit suivre de près la situation en Tunisie, a déclaré la porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, Christine Fages.  "Nous continuons de suivre de très près la situation en Tunisie et souhaitons que les tensions, qui ne sont dans l'intérêt de personne, s'apaisent. Il n'appartient pas à la France, pas plus qu'à un autre État, de conseiller les autorités tunisiennes dans le domaine économique et social", a-t-elle ajouté.

La ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, doit rencontrer ce vendredi à 18h son homologue tunisien, Kamel Morjane.

Une rencontre dont n'attend pas grand chose la présidente de la FIDH. "Les autorités sont autistes à nos appels, y compris dans l'opposition", lance-t-elle. Souhayr Belhassen y voit "un soutien clair au régime de Ben Ali" : "on ferme les yeux sur [Zine el-Abidine] Ben Ali, sur [Hosni] Moubarak, mais on critique [Laurent] Gbagbo. Quelle est la différence ?", interroge-t-elle. En Tunisie, "il y a un mouvement populaire évident, mais il n'y a pas de pétrole, pas de nucléaire... donc on laisse Ben Ali tranquille et on laisse tomber les jeunes Tunisiens", tranche la présidente de la FIDH, d'origine tunisienne.

 

lien:http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110107.OBS5863/des-blogueurs-et-des-rappeurs-tunisiens-arretes-apres-les-troubles-de-sidi-bouzid.html

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Published by thalasolidaire.over-blog.com - dans Tunisie
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