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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 01:54

Amnesty international

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La Tunisie est à un tournant et doit choisir la voie des droits humains

 

e gouvernement actuel de la Tunisie est en train de saper les avancées qui avaient été réalisées en matière de droits humains après la chute de Ben Ali.

Le gouvernement actuel de la Tunisie est en train de saper les avancées qui avaient été réalisées en matière de droits humains après la chute de Ben Ali.

 

Les progrès réalisés en Tunisie en matière de droits humains après le renversement du président Ben Ali sont battus en brèche par l'équipe gouvernementale actuellement au pouvoir, qui suscite des doutes sur son engagement en faveur de réformes, a déclaré Amnesty International à l'occasion du premier anniversaire de l'élection de l'Assemblée constituante. 

Dans une nouvelle synthèse intitulée One step forward, two steps back?, l'organisation examine les défis auxquels a été confrontée la Tunisie en matière de droits humains depuis les élections d'octobre 2011, décrit les tendances préoccupantes et fait une série de recommandations détaillées. 

Dans les mois qui ont suivi la chute de Zine El Abidine Ben Ali, le gouvernement provisoire a engagé le pays dans la voie des réformes, notamment en ratifiant d'importants traités internationaux relatifs aux droits humains. 

Les autorités ont également procédé à la libération de prisonniers politiques et de prisonniers d'opinion incarcérés avant le soulèvement ; elles ont promulgué une nouvelle loi sur la liberté de la presse et levé des restrictions qui pesaient sur la création d'associations. 

Cependant, le nouveau gouvernement n'a pas maintenu ces initiatives et plusieurs déconvenues font douter de la sincérité de l'engagement de la Tunisie en faveur des droits humains.

« La Tunisie a été le berceau des événements qui ont secoué l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient en 2011, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe d'Amnesty International pour cette région du monde. Des mesures ont été prises pour remédier aux violations commises par le passé et aller de l'avant, mais elles ne vont pas assez loin et des signes préoccupants font craindre que ces réformes et d'autres qui devraient être engagées de toute urgence ne soient en danger. » 

Au cours des derniers mois, les restrictions de la liberté d'expression se sont durcies, des journalistes, des artistes, des personnes critiques à l'égard du gouvernement, des écrivains et des blogueurs ont été pris pour cibles, sous couvert de maintien de l'ordre public et moral. Ceux qui ont été blessés pendant le soulèvement et les proches de ceux qui ont été tués ont le sentiment que la vérité n'a pas été établie et attendent que la justice soit rendue et que des réparations leur soient accordées. 

Les autorités tunisiennes n'ont pas semblé désireuses ou capables de protéger la population contre les attaques de groupes soupçonnés d'être affiliés à des groupes salafistes. 

L'état d'urgence décrété le 14 janvier 2011 a été renouvelé à plusieurs reprises ; récemment encore, il a été prolongé jusqu'à la fin du mois d'octobre 2012. Les autorités ont eu recours à une force injustifiée et excessive contre les personnes qui ont continué de manifester dans la rue dans différentes villes de Tunisie pour protester contre la lenteur des réformes. 

Au cours de l'année qui a suivi l'élection de l'Assemblée constituante, Amnesty International a reçu des informations faisant état d'actes de torture et d'autres formes de mauvais traitements, le plus souvent en provenance de manifestants qui ont affirmé avoir été frappés lors d'un rassemblement, d'une arrestation ou dans un centre de détention. 

Autre signe préoccupant, le nouveau gouvernement de la Tunisie a rejeté récemment une recommandation du Conseil des droits de l'homme des Nations unies qui, dans le cadre de l'Examen périodique universel, recommandait aux autorités du pays d'abroger les dispositions du droit tunisien discriminatoires à l'égard des femmes, d'abolir la peine capitale et de dépénaliser les relations sexuelles entre personnes de même sexe. 

« La Tunisie est à un tournant. Les autorités doivent se saisir de cette occasion historique qui leur est donnée en remédiant aux atteintes aux droits fondamentaux commises par le passé et en intégrant dans la législation et dans la pratique les droits humains universels, pour que l'état de droit règne réellement dans la nouvelle Tunisie. » 

« La Constitution, qui doit être finalisée dans les prochains mois, constitue un test et montrera si la Tunisie est fermement ancrée ou non dans le respect des droits humains et la primauté du droit. » amnesty

 

 

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L’impossible mission de Ghannouchi

 

 

Rached Ghannouchi

 

Les événements tragiques de Tatouine qui ont vu l’ « assassinat » de Lotfi Nakdh, représentant de Nidaa Tounes dans la région, constitue un tournant dans la profonde crise politique que vit le pays depuis un an, c’est-à-dire depuis les élections du 23 octobre 2011.

Au lieu de constituer un déblocage pour l’économie du pays et créer les conditions d’une saine émulation entre les forces politiques en présence en vue de mettre en place les structures démocratiques durables tant attendues, les élections du 23 octobre dernier ont abouti à une ambiance malsaine qui a obscurci les horizons, aggravé substantiellement les dangers et désorienté les citoyens.

Il va sans dire que ce ne sont pas les premières élections libres dans l’histoire du pays qui sont en cause, mais l’amateurisme et la duplicité du principal gagnant du scrutin, Ennahdha, et les intentions cachées de son président Rached Ghannouchi.


Ghannouchi assume une lourde responsabilité dans l’emprisonnement de centaines de militants islamistes

 

De l’avis même de deux personnages qui ont contribué avec lui à la création du parti islamiste en 1979, Abdelfattah Mourou et le cheikh salafiste, Khamis Al Majri, Rached Ghannouchi  assume une lourde responsabilité dans l’emprisonnement de centaines de militants islamistes qu’il avait poussés, par ses « choix aventureux », à une confrontation très inégale avec un régime disposant d’un appareil sécuritaire fort et d’une armée dépolitisée aux ordres de l’autorité civile.

 Mais ils ne sont pas les seuls à faire assumer de lourdes responsabilités au chef d’Ennahdha. Pour Mohamed Kamel El Houki, ancien dirigeant du parti islamiste, « Ghanouchi souffre d’un attachement pathologique au pouvoir. Tout comme il a poussé le mouvement islamiste vers la catastrophe il y a un quart de siècle, faisant avorter le projet islamiste, par sa décision de confrontation avec le régime, il est en train de pousser aujourd’hui tout le pays vers la catastrophe en s’accaparant le monopole de la décision. »

 Le président d’Ennahdha n’a ni reconnu sa responsabilité dans la « destruction » de l’avenir de centaines (d’aucuns disent des milliers) de jeunes tunisiens, ni tiré la leçon de son « erreur stratégique ». Pire encore, si l’on en juge par la fameuse vidéo qui a choqué une large partie de la population tunisienne, Rached Ghannouchi est engagé dans une autre aventure qui pourrait, si les Tunisiens n’y prennent garde, engendrer une catastrophe d’ampleur pour le pays.

 Une simple question posée à la jeunesse salafiste et une affirmation extrêmement grave ont suffi à dévoiler les intentions cachées de celui que beaucoup considèrent comme le « véritable gouvernant du pays ». « Pourquoi êtes-vous pressés », sous entendu, de vouloir appliquer la charia et d’instaurer un Etat islamique ici et maintenant? « La sécurité et l’armée ne sont pas sûres ». Cette affirmation tient lieu d’argumentation tendant à convaincre la « jeunesse salafiste » de la nécessité de devoir patienter et attendre le moment propice pour imposer au peuple tunisien l’Etat islamique et la Charia. Mais cette affirmation tient lieu d’avertissement aussi: dans le cas où les salafistes refusent cet appel à la patience, les services de sécurité et l’armée défendront les structures étatiques actuelles « dominées par les laïcs».

 Avant la diffusion de la fameuse vidéo, beaucoup de monde en Tunisie et à l’étranger continuaient contre toute évidence à nourrir l’illusion que le dirigeant islamiste a changé, et que, une fois les difficultés surmontées, il pourrait contribuer à l’instauration d’une démocratie à la turque où les islamistes qui gouvernent le pays non seulement reconnaissent mais défendent le caractère civil de l’Etat dont les fondations étaient bâties par Mustapha Kamal Ataturk.


La  vidéo  de la rencontre entre  Ghannouchi et les salafistes a causé du tort à la Troïka

              

 Après sa diffusion, il n’y a plus personne ni à l’étranger ni dans ce pays pour croire à la moindre parole prononcée par le président d’Ennahdha. Sa rencontre avec les salafistes enregistrée par l’image et le son, avec ou sans son accord peu importe, a infligé un tort incommensurable à son parti et même aux deux partis subalternes qui ont choisi de s’allier avec les islamistes. Mohamed Abbou, le dirigeant du CPR l’a dit clairement: « cette vidéo nous a causé du tort ».

 Le plus terrible dans toute cette histoire est la manière arrogante de Ghannouchi et sa persistance à prendre les Tunisiens pour des imbéciles. Dans ses nombreuses déclarations et interviews post-vidéo, le chef d’Ennahdha veut faire croire à une opinion publique sous le choc que ce qu’il avait dit était dénaturé par des « montages » et que tout ce qu’il a dit était pour le bien du pays puisqu’il tentait de convaincre ses « enfants » salafistes de respecter les lois du pays…

 Tout d’abord, il n’y a ni dénaturation ni montage puisque si tel était le cas, la première chose qu’Ennahdha aurait faite est de rendre publique l’intégralité de la vidéo. Ensuite, tout est clair comme de l’eau de roche dans cette vidéo. Quand il dit aux salafistes pourquoi vous êtes pressés d’appliquer la charia, cela veut dire, même pour un enfant, que nous allons l’appliquer, mais il faut du temps. Le temps que la police et l’armée soient « sûres », c’est-à-dire s’affranchissent de « la domination » des laïcs.


La démocratie n’est pas un but en soi mais un moyen d’instaurer l’Etat théocratique

              

 C’est ici que l’on décèle la cause fondamentale de la grave crise politique dans laquelle est engouffré le pays. Si Ennahdha était convaincue de la nécessité de mettre le pays sur la voie de la démocratie, elle aurait été sur la même longueur d’ondes que les autres forces politiques, il n’y aurait eu aucune raison de perdre un temps si précieux et la Tunisie n’aurait pas subi tous ces blocages économiques et sociaux destructeurs.

 Le nœud du problème se trouve donc dans l’intention cachée du parti islamiste et de son chef pour qui la démocratie n’est pas un but en soi, mais un moyen qui les aiderait à instaurer l’Etat théocratique et forcément dictatorial dont ils rêvent. Il n’est pas sûr qu’Ennahdha soit un parti monolithique qui parle d’une seule voix, celle de son maître. Dans ce parti, il y a sans aucun doute des responsables qui ont franchi le pas et qui se sont adaptés à l’air du temps et à un environnement international qui abhorre toute forme de dictature. Mais, visiblement leur chef continue de tenir le parti d’une main de fer et d’ imposer ses vues et ses choix à l’ensemble des cadres, y compris ceux qui jouent un rôle de premier plan dans la gestion des affaires de l’Etat. La preuve est le calvaire que semble vivre le Premier ministre Hamadi Jebali, suite aux interférences grossières de Ghannouchi dans le processus de décision, ce qui l’a amené à menacer de démissionner, si l’on en croit un journal émirati.


Une stratégie de prise de contrôle de tous les rouages de l’Etat

              

 La question est de savoir jusqu’à quand le chef d’Ennahdha continuera à exercer sa dictature sur les cadres d’Ennahdha qui ne partagent pas ses vues? La solution, comme beaucoup de Tunisiens le pensent, est peut-être dans la scission de ce parti que certains observateurs croient comme très probable. Une telle scission, si elle intervenait, serait salutaire pour le pays puisque, inévitablement, elle renforcerait le camp des démocrates et affaiblirait celui de la dictature théocratique que Rached Ghannouchi appelle de ses vœux.

 En attendant, c’est la stratégie de Ghannouchi, visant à mettre la main sur tous les rouages de l’Etat qui semble prévaloir pour le moment. L’assassinat de Lotfi Nakdh par des bandes de hors-la-loi qui se prennent pour des « protecteurs de la révolution », fermement soutenus par le chef islamiste, s’inscrit dans le droit fil de cette stratégie dont l’urgence actuelle est de terroriser les militants de Nidaa Tounes, le cauchemar électoral d’Ennahdha, et dissuader ceux qui comptent rejoindre ses rangs de le faire.

 Il est certain qu’on est en présence d’une stratégie perdante.  La raison en est simple: Ghannouchi et les quelques milliers de salafistes qui gravitent autour de lui sont engagés dans une mission impossible, à savoir changer le mode de vie d’un peuple qui a trois mille ans d’histoire derrière lui. leconomistemaghrebin


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Tensions un an après les élections, le pouvoir appelle au dialogue

 

voir le zoom : Un Tunisien manifeste contre le gouvernement, le 22 octobre 2012 à Tunis

Les dirigeants tunisiens ont plaidé pour l'appaisement dans le pays qui marquait mardi le premier anniversaire de l'élection de l'Assemblée nationale constituante (ANC) dans un climat de tensions croissantes émaillées de violences.

"Nous ne pouvons rien construire sur la base de la haine et de la remise en cause de l'autre", a souligné devant l'ANC le président Moncef Marzouki, appelant les partis à cesser de se "diaboliser" les uns les autres.

Le Premier ministre, l'islamiste Hamadi Jebali, a appelé les forces politiques à assumer leur "responsabilité historique" et à ne pas "pousser la situation vers la crise, la surenchère et la violence".

L'anniversaire des premières élections libres de l'histoire de la Tunisie intervient dans un climat délétère, avec notamment la mort la semaine dernière à Tataouine (sud) d'un opposant dans des affrontements entre partisans des islamistes d'Ennahda, qui dirigent le gouvernement, et leurs adversaires.

Autre signe de ces divisions profondes, des députés d'opposition ont boycotté les discours des dirigeants tunisiens devant l'ANC.

La principale centrale syndicale, l'UGTT, avait tenté le 16 octobre d'organiser un "dialogue national", mais Ennahda et le parti de M. Marzouki l'ont boycotté. En retour, l'opposition a rejeté la proposition du pouvoir d'organiser des élections le 23 juin 2013, et aucun calendrier pour l'adoption de la Constitution n'a émergé.

Dans ce contexte, des renforts de l'armée et de la police ont été déployés en nombre à travers le pays où l'état d'urgence est en vigueur depuis la révolution de janvier 2011 qui a chassé du pouvoir le président Zine El Abidine Ben Ali.

"Les voix du chaos"

Aucune manifestation unitaire pour célébrer le 23 octobre n'a eu lieu, alors qu'une partie des opposants juge que le gouvernement a perdu mardi sa légitimité, l'Assemblée ayant échoué à adopter comme promis dans un délai d'un an la nouvelle Constitution.

Symboliquement, l'Assemblée a débattu du préambule de la future loi fondamentale, un premier débat en plénière qui ne concernait cependant pas l'organisation des pouvoirs qui est le sujet de nombreux désaccords.

"Les voix qui parlent de la fin de la légitimité du gouvernement sont les voix du chaos", a dénoncé Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahda, dans une déclaration à l'AFP.

Des centaines de manifestants pro-pouvoir et d'opposition ont manifesté toute la journée devant l'ANC en s'invectivant, avant de quitter les lieux dans le calme, alors que les manifestations sont régulièrement dispersées sans ménagement ou dégénèrent en affrontements avec la police.

Ce 1er anniversaire a aussi été l'occasion pour le chef salafiste jihadiste Abou Iyadh de s'attaquer, dans une vidéo diffusée sur internet, au pouvoir tunisien.

"Peuple, tu commences aujourd'hui à sentir, à toucher la réalité des courants laïcs, soumis à la volonté de puissances étrangères qui veulent te contraindre à l'apostasie", a dit le chef du groupe "Ansar al-charia" (Partisans de la loi islamique), soupçonné d'avoir orchestré l'attaque de l'ambassade des Etats-Unis le 14 septembre (quatre morts).

Enfin, Amnesty international a exprimé ses doutes sur l'engagement en faveur des droits de l'Homme des autorités tunisiennes.

"Les progrès réalisés en matière de droits humains après le renversement de Ben Ali sont battus en brèche par l'équipe gouvernementale au pouvoir, qui suscite des doutes sur son engagement en faveur de réformes", a relevé l'ONG.

Dans son rapport intitulé "la Tunisie, un pas en avant, deux pas en arrière", elle a souligné que "les restrictions à la liberté d'expression se sont durcies" sous prétexte "de maintien de l'ordre public et moral". tv5.

 

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Constituante
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