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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 02:21

Le Premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi, annonçant le 14 janvier 2011 sur la chaîne publique TV7 qu'il assurait l'intérim à la tête du pays.

Le Premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi, annonçant le 14 janvier 2011 sur la chaîne publique TV7 qu'il

 

Dernières nouvelles à 23h30 : il est confirmé que Nicolas Sarkozy, par égard pour la communauté tunisienne en France et pour éviter tout débordement a refusé l'accès au territoire à Zine El Abidine Ben Ali.

Selon l'AFP, un avion civil parti de Tunisie a atterri dans la soirée à Cagliari, en Sardaigne, mais uniquement afin de procéder à un ravitaillement, les autorités italiennes n'étant guère plus enclines que la France a accueillir le président tunisien déchu. Sa présence dans l'avion en question, apparemment le Falcon présidentiel n'a pas été confirmée. D'après les dernières rumeurs, Ben Ali pourrait se rendre au Qatar, aux Emirats arabes unis (Dubaï) ou encore en Arabie Saoudite.

En ce qui concerne les coups de feu en Tunisie, ils seraient le fait de l'armée en cours de déploiement, afin de mettre un terme aux exactions et pillages. A ce propos, relayant une rumeur largement diffusée sur Twitter, iTélé indique que tant dans les commerces que chez des particuliers, les pilleurs ne seraient autres que des policiers. D'autres avancent même qu'ils seraient secondés par des criminels, suivant un plan machiavélique visant à démontrer que Ben Ali parti, le pays serait au bord du chaos.

 

23h : des pillages en cours, la population terrorisée

Alors que l'armée continue de se déployer un peu partout en Tunisie, la situation est plus que jamais confuse et la population particulièrement inquiète tandis que des coups de feu retentissent dans la nuit et qu'il est question de pillages, y compris aux domiciles de particuliers.

Entre autres menaces, il est à noter qu'après l'incendie de la prison de Bizerte ou la fuite des gardiens, de nombreux prisonniers de droit commun, y compris pour meurtre, seraient en cavale. Dans ce contexte chaotique, alors que les chaînes de radio et de télévision sont assaillies d'appels paniqués, le nouveau président du pays multiplie les prises de parole pour rassurer la population et promettre la multiplication des patrouilles dans les zones sensibles.

Comme à Paris, à Marseille, où la communauté tunisienne et maghrébine en général était mobilisée depuis plusieurs jours, on salue non sans fierté cette journée historique qui a vu "un chef arabe tomber sous la pression de son peuple" a expliqué à l'AFP Kamel Yousfi, un professeur de mathématiques tunisien de 44 ans, mais on reste circonspect, car "la transition ne doit pas être assurée par des gens du gouvernement Ben Ali mais des gens choisis par les Tunisiens a insisté Tarek Klabi, du collectif Solidarité Maghreb.

Entre autres réactions populaires dans le monde arabe, on notera qu'au Maroc, des marocains ont chanté l'hymne tunisien et qu'au Caire, des dizaines d'Egyptiens se sont joints à des ressortissants tunisiens devant l'ambassade de Tunisie pour célébrer la chute de Ben Ali que certains espèrent exemplaire. Ainsi, entre autres slogans, on a pu entendre "Ecoutez les Tunisiens, c'est votre tour les Egyptiens".

De source proche des autorités françaises, il a été confirmé que la France ne "souhaite pas" accueillir le président déchu, notamment pour ne pas mécontenter la communauté tunisienne de l'Hexagone, néanmoins, la rumeur de son arrivée ne retombe pas.

Enfin, dans la soirée, le président américain Barack Obama rendant hommage au "courage" et "à la dignité" du peuple tunisien a appelé à l'organisation "dans un proche avenir" d'élections "libres et justes" en Tunisie (voir le communiqué, en anglais...).

 

 

 

22h : les rues de Tunis désertes, des manifestants au Bourget

Alors que dans le centre-ville de Tunis, en état d'urgence, les rues sont désertes, à Paris dans le VIIe arrondissement, environ deux cents personnes ont manifesté leur joie à proximité de l'ambassade tunisienne, mais n'ont pu accéder au bâtiment, la rue étant barrée par la police. Faisant suite aux rumeurs annonçant l'arrivée de Ben Ali, une vingtaine de Tunisiens arborant leur drapeau se sont rassemblés près de l'aérogare, en présence là aussi d'un dispositif policier inhabituel. Sur Twitter, les spéculations vont bon train quant à la destination du président en fuite, certains évoquant le Royaume-Uni, d'autres un pays du Golfe.

Parmi les dernières réactions de politiciens français, le maire PS de Paris et natif de Tunis Bertrand Delanoë a appelé sur France 2 à la tenue d'"élections transparentes" car c'est "ce qui compte pour l'avenir des Tunisiens". De son côté la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, a déclaré "on peut se demander pourquoi un pays comme la France n'a pas donné plus tôt les signes nécessaires pour que cet étau se desserre". "Quoi qu'il en soit" la question apparaît désormais assez secondaire, puisque "les Tunisiens se sont libérés eux-mêmes".

 

21h : Ben Ali en fuite, mais pour où ?

Alors que Paris a officiellement pris acte "de la transition constitutionnelle annoncée par le Premier ministre Ghannouchi" et qu'un avion transportant une fille et une petite fille de Ben Ali aurait atterri à l'aéroport du Bourget, selon Le Monde, les autorités françaises auraient clairement indiqué qu'elle ne souhaitait pas accueillir l'ancien président tunisien qui a fui son pays ce vendredi après-midi.

De même, alors que des rumeurs ont annoncé Ben Ali à Malte et en Italie, le chef de la diplomatie maltaise Tonio Borg a indiqué qu'il n'avait reçu aucune information allant dans ce sens et le ministre des Affaires étrangères italien a parlé de rumeurs infondées. Selon un porte-parole du ministère maltais des Affaires étrangères, l'avion de Zine El Abidine Ben Ali aurait survolé l'espace aérien de Malte, en direction du nord, vers 19h GMT.

Alors qu'en début de soirée Nicolas Sarkozy et François Fillon tenaient réunion à l'Elysée sur la situation en Tunisie, le ministre des Affaires étrangères a assuré que la France n'avait reçu "aucune demande d'accueil" de la part du président en fuite, mais que si cela devait se produire, elle examinerait cette requête "en accord avec les autorités constitutionnelles tunisiennes".

De source policière citée par RTL, bien qu'il ne soit pas forcément le bienvenu en France, le Falcon qui transporte Ben Ali ferait bel et bien route vers Paris où la police se préparerait à son arrivée, probablement au Bourget ou à l'aéroport militaire de Villacoublay.

Dans un communiqué, la présidence indique que "la France souhaite l'apaisement et la fin des violences" et affirme que "seul le dialogue peut apporter une solution démocratique et durable à la crise actuelle". En tout état de cause, alors qu'il a beaucoup été reproché à la classe politique hexagonale son silence, voire son soutien au président déchu, l'Elysée assure que "la France se tient aux côtés du peuple tunisien dans cette période décisive".

Entre autres réactions, la Maison Blanche a déclaré que le peuple tunisien "a le droit de choisir ses dirigeants", l'association Reporters sans frontières appelant à "une rupture totale avec les années de répression" a salué le départ d'un "prédateur de la liberté de la presse", tandis que la patronne du Parti socialiste Martine Aubry a estimé que ce départ "doit permettre la transition démocratique" et a invité les autorités françaises à "s'engager sans ambiguïté en faveur de la démocratie en Tunisie'.

Sans faire expressément allusion à la prise de pouvoir du Premier ministre tunisien sortant Mohamed Ghannouchi, le porte-parole du PS Benoît Hamon a par ailleurs affirmé que "la plus mauvaise issue serait que le peuple tunisien se libère d'un régime autoritaire pour que cette liberté nouvelle lui soit confisquée par un autre régime autoritaire".

 

Retour sur une journée historique pour la Tunisie

Près d'un mois après l'immolation de Mohamed Bouazizi qui a déclenché une vague de contestation sans précédent en Tunisie, largement réprimée dans le sang, le peuple semble avoir eu raison de Zine el-Abidine Ben Ali qui a fui le pays ce vendredi 14 janvier à bord de l'avion présidentiel, quelque 23 ans après son accession au pouvoir.

Au terme d'une nouvelle journée de manifestations à laquelle ont participé des milliers de Tunisiens représentant toutes les couches de la population, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, avocats en robe noire ou encore infirmières en blouse blanche, le président tunisien Ben Ali, qui hier s'était engagé à quitter le pouvoir en 2014 a finalement cédé à la pression de la rue.

Tout au long de la semaine, alors que ce dernier n'a cessé de souffler le chaud et le froid, entre promesses de réformes économiques et politiques et répression, la révolte d'une partie de la jeunesse qui au début des événements dénonçait surtout la misère et le chômage a définitivement pris des airs de révolution, la population insensible à son discours d'hier ne réclamant plus seulement l'ouverture du régime, mais franchement le départ du chef de l'Etat autoritaire, accusé notamment de piller les richesses du pays au profit d'un clan familial.

Dans la journée, Ben Ali manifestement acculé, avait d'abord annoncé le limogeage de son gouvernement puis il avait étendu le couvre-feu à tout le pays entre 17h et 7h, et, bafouant son engagement de la veille, avait interdit tout rassemblement, les policiers étant autorisé à faire feu.

Alors que l'armée prenait le contrôle de l'aéroport international de Tunis-Carthage et que l'espace aérien national fermait, on a appris en début de soirée que Ben Ali avait quitté le pays à bord de l'avion présidentiel, selon des rumeurs insistantes en direction de Paris, ce que l'Elysée a infirmé, ou peut-être vers Malte a indiqué le journal britannique The Guardian.

Si le dictateur est tombé dans des conditions qui reste à préciser, notamment quant au rôle joué par l'armée, il n'est pas dit que le régime change du jour au lendemain... Intervenant sur la chaîne publique TV7, le Premier ministre sortant Mohamed Ghannouchi en poste depuis plus de onze ans a en effet annoncé qu'il assurait l'intérim à la tête de l'Etat, d'ici à l'organisation d'élections. Officiellement, il n'a pas entériné la chute de Ben Ali, mais a évoqué l'incapacité temporaire de celui qu'il semble toujours considérer comme le président légitime.

Théoriquement, selon la constitution tunisienne, le président de la chambre des députés doit accéder aux fonctions en cas de vacance du pouvoir. Ce dernier se tenait aux côtés de M. Ghannouchi lors de sa brève allocution télévisée, ce qui sous-entend un accord au sommet de l'Etat.

Alors que plus tôt dans la journée, Ben Ali avait annoncé des élections législatives anticipées dans les six mois, son successeur intérimaire qui a appelé les Tunisiens à l'unité n'a pas encore précisé son calendrier politique ni ses intentions, mais il s'est engagé à "mettre en oeuvre toutes les réformes sociales et politiques qui ont été annoncées en collaboration avec les partis politiques et les composantes de la société civile".

Alors que le couvre-feu est en vigueur et que des tirs retentissent toujours dans les rues, la situation reste tout à fait confuse dans le pays. Vu de Twitter, si de nombreux Tunisiens saluent la chute de Ben Ali, avec l'autoproclamation de son premier ministre au pouvoir, ils sont aussi beaucoup à évoquer une confiscation de la "révolution de jasmin".

 

Lien : http://www.metrofrance.com/info/la-revolution-tunisienne-heure-par-heure/mkan!aHt2ydpG6NN4/

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Journée historique du 14 janvier 2011
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