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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 02:54

 

 

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Nouveaux heurts entre pro et anti-Morsi

 

15 personnes ont été blessées pendant les heurts à Alexandrie, deuxième ville du pays, à la veille du référendum.

 

A Alexandrie, des accrochages ont d'ores et déjà eu lieu. (Ahmed Ramadan/AP/SIPA)

A Alexandrie, des accrochages ont d'ores et déjà eu lieu. (Ahmed Ramadan/AP/SIPA) 

Haute tension en Egypte à la veille d'un vote crucial. 15 personnes ont été blessées vendredi 14 décembre lors de heurts à Alexandrie, deuxième ville d'Egypte, entre partisans et adversaires d'un projet de Constitution soumis samedi à un référendum.

A Alexandrie, dans le nord du pays, des groupes des deux camps ont échangé des jets de pierres et des voitures ont été brûlées. La police est intervenue pour tenter de rétablir le calme, rapportent des témoins. Selon les services médicaux, 15 personnes ont été blessées dans les accrochages.

Au Caire, quelque 2.000 partisans du président Mohamed Morsi se sont rassemblés devant une mosquée de l'est de la capitale à l'appel de partis islamistes afin de soutenir le projet de loi fondamentale, élaboré en grande partie par les Frères musulmans au pouvoir.

L'opposition, qui appelle au "non", devait organiser des marches en direction du palais présidentiel, gardé par l'armée et situé à Héliopolis, dans la banlieue du Caire.

Une grave crise politique

Les Egyptiens sont invités ce samedi et le 22 décembre à se prononcer lors d'un référendum sur la nouvelle constitution.

Cette consultation intervient alors que le pays traverse sa plus grave crise politique depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011 : le Caire et plusieurs grandes villes ont été touchés par desviolences lors des trois dernières semaines, dans lesquelles au moins huit personnes sont mortes et des centaines ont été blessées, après que le président et Frère musulman Mohamed Morsi a renforcé ses pouvoirs.

Pro et anti-Morsi devaient se mobiliser une dernière fois avant le début du vote afin de défendre leurs positions. Les Frères musulmans soutiennent évidemment cette nouvelle loi fondamentale, synonyme, pour eux, d'un pas en avant nécessaire vers la démocratie.

"Je pense qu'il va y avoir du sang"

De l'autre côté, les libéraux, les laïcs et l'opposition chrétienne avaient rendez-vous sur la place Tahrir. Ils veulent convaincre les Egyptiens de voter "non" samedi. "Je pense qu'il va y avoir du sang et beaucoup d'antagonisme pendant ce référendum. Il n'est donc pas normal qu'il ait lieu", redoute Ahmed Said, membre du Front national du salut, la principale coalition. S'ils estiment que la consultation ne se déroule pas de manière transparente, ils pourraient même la boycotter.

Les opposants à la constitution lui reprochent son caractère religieux, et le fait qu'elle ne refléterait pas les besoins et envies de toute la population égyptienne. L'opposition s'inquiète aussi du risque que pourrait faire peser ce texte sur les minorités, comme les 10% de Chrétiens coptes, déjà régulièrement cibles d'attaques et d'attentats.

L'armée, qui est restée neutre depuis le regain des violences, va mobiliser de grands moyens pour encadrer ce référendum. Près de 120.000 militaires et 6.000 chars seront déployés, principalement dans les grandes villes. Ils viendront épauler 130.000 policiers.

La nouvelle constitution, adoptée malgré tout ?

Depuis le printemps arabe et la chute de Hosni Moubarak, l'organisation des Frères musulmans a remporté toutes les élections. Son influence devrait permettre l'adoption du texte, qui se déroule en deux temps : d'abord ce samedi dans 10 gouvernorats au Caire et à Alexandrie. Puis une deuxième journée, le 22 décembre, dans les 17 autres gouvernorats du pays.

Par ailleurs, beaucoup d'Egyptiens émettent le souhait d'avancer et de passer à autre chose. Ils pourraient être amenés à voter "oui" même s'ils considèrent que la nouvelle loi fondamentale n'est pas adéquate. tempsreel.nouvelobs.

 

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Les Églises chrétiennes d’Égypte ne boycotteront pas le référendum constitutionnel

Rassemblement chrétien de prière, jeudi 13 décembre au Caire.

Rassemblement chrétien de prière, jeudi 13 décembre au Caire.

En marge d’une rencontre entre le nouveau patriarche copte-orthodoxe Tawadros II et une délégation des Églises catholiques égyptiennes, les responsables chrétiens d’Égypte ont annoncé qu’ils ne soutiendront pas le boycott du référendum sur le projet de constitution prévu les samedi 15 et 22 décembre.

Alors que ce boycott est au centre du conflit politique et social qui agite le pays depuis des semaines, les plus hautes autorités ecclésiales d’Égypte recommandent au contraire à leurs fidèles de se rendre aux urnes et de voter selon leur conscience.

Officiellement, lors de cette rencontre entre le patriarche Tawadros II et les responsables catholiques, « les questions politiques n’étaient pas à l’ordre du jour », comme l’a expliqué à l’agence vaticane Fides Mgr Botros Fahim Awad Hanna, évêque de curie des coptes-atholiques. « Mais même dans ce contexte, le patriarche Tawadros a répété que nous encouragerons nos fidèles à se rendre aux urnes, sans fournir d’indications explicites de vote et en les invitant à choisir librement, en suivant leur conscience », a-t-il souligné.

 TOUS LES CHRÉTIENS APPELÉS À PARLER D’UNE SEULE VOIX

Selon lui, « si les Églises en Égypte s’étaient prononcées en faveur du boycott, elles se seraient exposées et auraient pu être accusées de fomenter l’opposition, ce qui aurait été une catastrophe », a-t-il ajouté, insistant sur le fait que « même parmi les groupes politiques qui mènent la protestation prévaut le choix de participer au référendum et de voter, plutôt que de déserter les urnes ».

Le nouveau patriarche copte-orthodoxe a confirmé son attitude prudente, marquant une certaine distance de son Église avec les questions strictement politiques.

« Étant dans le temps de l’Avent, nous avons proposé au patriarche Tawadros d’annoncer trois jours de jeûne pour demander une solution pacifique aux problèmes et aux conflits qui accablent actuellement le pays, a précisé Mgr Botros Hanna. Il a conseillé de différer l’initiative, déclarant que nous devons être prudents. En ce moment, une initiative de ce genre pourrait être interprétée de manière équivoque, comme une tentative de transformer la pratique chrétienne du jeûne en une forme de protestation politique. »

Lors de la rencontre, le pape copte a manifesté le désir de vivre de manière toujours plus intense la charité fraternelle. Dans le contexte actuel en particulier, a-t-il souligné, tous les chrétiens sont appelés à parler d’une seule voix.

La délégation catholique, conduite par l’évêque d’Assiout, Mgr Kyrillos William, vicaire patriarcal des coptes-catholiques, était formée d’une quarantaine de personnes, dont six évêques de rites différents, une quinzaine de prêtres, des laïcs et des supérieures des congrégations féminines présentes en Égypte. la-croix.

 

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Les zones grises de la Constitution

      

Les opposants à Mohamed Morsi appellent à refuser un texte controversé

La population égyptienne est appelée à voter sur un projet de constitution samedi. L’opposition au président Morsi a décidé de dire non à ce texte adopté le 30 novembre à la hâte par une assemblée constituante dominée par les islamistes, malgré le boycott des libéraux, des chrétiens et des coptes. Les Frères musulmans, de leur côté, incitent à accepter le nouveau projet de loi «pour la stabilité». Alors que le vote glisse vers un plébiscite pour ou contre le président Mohamed Morsi, le texte reste matière à controverse.

 

Pourtant, selon Nathalie Bernard-Maugiron, spécialiste du droit égyptien, «sur le papier, c’est une bonne Constitution. Si son processus de fabrication s’était mieux déroulé, elle ne poserait pas tant de problèmes». Les pouvoirs politiques sont plus équilibrés avec un mandat présidentiel limité à deux mandats de quatre ans. Du coup, impossible en théorie d’occuper le pouvoir comme l’a fait l’ancien président Hosni Moubarak pendant près de trente ans. Autre progrès, le chef de l’Etat ne peut plus nommer le premier ministre ou décréter l’état d’urgence sans consulter le parlement.

 

Mais le texte laisse une large place à l’appréciation de la future majorité au pouvoir. Parmi les points de tension, le rôle de la religion, qui a donné lieu à des débats houleux au sein de l’assemblée constituante.

Quelle charia?

Finalement, par souci de consensus, l’article 2 de l’ancien texte a été maintenu tel quel: «Les principes de la loi islamique sont la source principale de la loi.» Mais l’article 219 jette le trouble en précisant que les principes de la charia s’inspirent de la doctrine sunnite de l’islam, des règles et de la jurisprudence. «Jusqu’ici, la Haute Cour constitutionnelle a interprété l’article 2 de manière très libérale, limitant sa portée, indique Nathalie Bernard-Maugiron. Le nouveau texte permet une interprétation plus large.» Et, potentiellement, plus conservatrice.

En outre, l’article 4 confère à l’Université Al-Azhar un rôle consultatif «pour les affaires relatives à la loi islamique», ouvrant la voie à une ingérence de l’institution islamique dans le processus politique. «Tant qu’elle ne fait que rendre des avis, ce n’est pas un problème. Al-Azhar était déjà consultée par le passé», relativise la spécialiste, pour qui la nouvelle Constitution octroie certes une place plus grande à la religion, mais n’instaure pas un Etat théocratique. letemps

 

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Ce que dit le texte de la Constitution égyptienne

 

Les 15 et 22 décembre, le peuple égyptien se prononce par référendum pour ou contre le projet de nouvelle Constitution. La tension est vive dans le pays entre les adversaires et les partisans islamistes du président Morsi. Globalement, l'opposition rejette ce texte, car à ses yeux trop favorable aux thèses islamiques.

Le fossé s'ouvre dès le début des travaux de rédaction. La première assemblée constituante élue est vite dissoute. Certains de ses membres considèrent que les représentants religieux sont trop nombreux. La seconde ne change rien à la donne.


Du coup, certains membres de l'opposition boycottent les travaux. Une construction bien mal engagée qui inévitablement fait naître les critiques quant à son contenu. Dans ce texte de 236 articles, ceux traitant du rôle de la religion dans la politique sont mis en avant par l'opposition laïque, pour démontrer la dérive islamique du futur régime.
 
Les relations entre l'Etat et l'Islam
L'article premier donne le ton. Il définit le peuple égyptien comme «faisant partie de la nation islamique». Une définition qui n'existait pas dans la précédente constitution.
  
Mais c'est le second article, un article pourtant déjà présent dans la constitution de 1971, qui constitue la pierre d'achoppement. Il y est dit que l'islam est«religion d'Etat». Et surtout, que «les principes de la charia» sont «la source principale de la législation». Plus loin, un article tente d'expliquer les principes de la charia en retenant la seule doctrine sunnite.
Ainsi, le texte ouvre à une double interprétation. Les plus inquiets, quant à une islamisation de la société, retiennent l'emploi du mot charia. Les autres rappellent qu'elle n'est pas la source unique de la Constitution.
 
L'article 4, quant à lui, constitutionalise le rôle de l'Université Islamique Al-Azhar. Elle devient l'autorité religieuse suprême du pays, indépendante, et son cheik ne peut être destitué. Ses membres doivent être consultés pour toute question relatives à la loi islamique. Rôle consultatif ou bien guide suprême ? Là aussi, les thèses s'affrontent.
 
Le droit des femmes
Dans l'article 10, il est dit que «l'Etat doit procurer des services de santé maternelle et infantile gratuits et faciliter la conciliation pour les femmes de leurs devoirs envers leur famille et envers leur travail...» De bonnes intentions diront certains, mais le texte est suffisamment flou pour être utilisé de façon restrictive. D'autant que l'article rappelant l'égalité entre les hommes et les femmes a été abandonné. Les islamistes voulaient une référence à la charia rejetée par les laïcs. Mais l'article 33 affirme «l'égalité des citoyens devant la loi sans discriminations».

Les partisans du président Morsi et des Frères musulmans appellent à voter oui lors du référendum. © AFP/Mahmoud Khaled 
Les partisans du président Morsi et des Frères musulmans appellent à voter oui lors du référendum. © AFP/Mahmoud Khaled


La liberté d'expression
 

L'article 44 interdit l'injure ou l'insulte envers «tous les messagers et prophètes religieux». Certains veulent y voir une limitation possible de la liberté d'expression qui est pourtant protégée dans un autre article. De même, la liberté de culte est garantie, mais uniquement pour les trois grandes religions.

Du bien et du moins bien

La torture est désormais interdite par la Constitution, de même que la détention arbitraire. Le mandat du Président est de quatre ans renouvelable une seule fois. 
Le Parlement voit ses pouvoirs étendus. Il peut renverser un gouvernement par deux votes successifs et il peut former des commissions d'enquête.
Mais l'armée conserve sa toute puissance. Son bugdet n'est pas contrôlé par le Parlement. Le poste de ministre des Armées doit être tenu par un officier en activité. Enfin, un civil peut être jugé par un tribunal militaire.
 
Le poids des Frères musulmans

Beaucoup d'observateurs voient dans ce projet de Constitution le résultat de la lutte d'influence entre laïcs et religieux. De nombreux articles tentent de ménager la chèvre et le chou, et conduisent à un flou dangereux. Courrier International cite un spécialiste égyptien des questions constitutionnelles, Zaid al-Ali. Selon lui, les auteurs de la Constitution ont raté l'occasion de s'attaquer aux problèmes du pays, trop focalisés sur leurs désaccords.
Mais, malgré les appels au boycott, la Constitution devrait obtenir un vrai plébiscite. Les Frères musulmans savent très bien mobiliser l'électorat, au demeurant pour faire approuver un texte qu'ils ont marqué de leur empreintegeopolis

 

 

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Égypte : Élections _ Constitution
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