Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 08:22

Jugement de Moubarak :  peine de prison à vie

___________________________

Hosni Moubarak condamné à une peine de prison à vie


LE CAIRE (Reuters) - L'ancien président égyptien Hosni Moubarak, renversé l'an dernier après 30 années de pouvoir, a été condamné samedi à la réclusion à perpétuité pour avoir donné l'ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants pendant la "révolution du Nil" au début de l'année 2011.

Le 5 janvier dernier, le ministère public avait requis la peine de mort à l'encontre de l'ex-raïs.

Dès le verdict prononcé, samedi, Hosni Moubarak, qui est âgé de 84 ans, a été transféré à la prison de Tora au Caire. Victime d'un malaise à son arrivée, il a été admis dans l'aile médicalisée de la prison.

Mais ce verdict, qui sonne comme un précédent pour les régimes autoritaires de la région, n'a apparemment pas été suffisant aux yeux de milliers d'Egyptiens qui ont ensuite envahi les rues en signe de protestation.

Certains voulaient une condamnation à mort de l'ancien raïs, d'autres craignaient qu'il ne puisse faire appel pour des raisons de procédure.

Des manifestants se sont rassemblés sur la place Tahrir au Caire, lieu central du soulèvement qui a conduit à l'éviction de Moubarak le 11 février 2011. A Alexandrie, deuxième ville du Pays, certains scandaient : "assez de discussions, nous voulons une exécution !"

Ce verdict intervient à un moment difficile pour l'Egypte, deux semaines avant le second tour de l'élection présidentielle, qui verra s'affronter Mohammed Morsi, candidat des Frères musulmans, et Ahmed Chafik, le dernier Premier ministre d'Hosni Moubarak.

Habib al Adli, ancien ministre de l'Intérieur d'Hosni Moubarak, a également été condamné à la perpétuité. Mais six autres hauts responsables de la sécurité ont été acquittés, de même que les deux fils de l'ancien "raïs", Alaa et Gama, les faits de corruption qui pesaient contre eux étant considérés comme prescrits.

Des échauffourées ont éclaté au tribunal du Caire après l'énoncé du verdict. L'ancien chef d'Etat égyptien était présent sur une civière au tribunal et portait des lunettes de soleil. Il a écouté le verdict en restant de marbre. Il a été acquitté des chefs de corruption.

"Le peuple veut que le pouvoir judiciaire soit nettoyé", ont scandé des gens à l'intérieur de l'enceinte de l'école de police dans la périphérie du Caire, où était prononcé le jugement.

FEU VERT À DE FUTURS ABUS

A l'extérieur du bâtiment, des opposants à l'ancien raïs criaient : "Dieu est grand". Soha Said, femme d'une victime de la "Révolution du Nil" en janvier 2011, criait : "je suis si heureuse, je suis si heureuse".

Plutôt que l'apaisement que recherchaient de nombreux Egyptiens, beaucoup voient en ce procès et l'acquittement de haut responsables de la sécurité, la preuve que l'ordre ancien est encore en place pour une grande part.

Pour les Frères musulmans, l'ancien président doit être rejugé.

"Le ministère public ne s'est pas totalement acquitté de son devoir dans la collecte des preuves adéquates pour condamner l'accusé pour avoir tué des manifestants", a déclaré Yasser Ali, porte-parole officiel de Mohamed Morsi.

Celui-ci a promis que s'il était élu, il ferait en sorte que son prédécesseur reste en prison. "Il n'est pas possible de libérer Moubarak", a-t-il déclaré à Reuters jeudi.

Environ 850 personnes ont trouvé la mort lors des violences qui ont accompagné la révolte de 18 jours qui a conduit au renversement d'Hosni Moubarak.

Ahmed Chafik a pour sa part déclaré sur sa page Facebook que la condamnation de Moubarak prouvait que personne n'était au-dessus de la loi. Il a laissé entendre qu'il n'était pas dans son intention de restaurer l'ordre ancien, comme certains l'en soupçonnent.

Pour l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, la condamnation d'Hosni Moubarak est un "message fort pour les futurs dirigeants égyptiens qu'ils ne sont pas au-dessus de la loi". Mais l'ONG souligne que l'acquittement des assistants du ministre de l'Intérieur sur la base de preuves insuffisantes souligne que l'accusation n'a pas réussi à établir pleinement les responsabilités dans la mort des manifestants en janvier 2011, "ce qui donne le feu vert à de futurs abus de la police."

Hosni Moubarak et les autres accusés ont été jugés par un tribunal ordinaire tandis que 12.000 civils ont dû faire face à des tribunaux militaires en vertu de l'Etat d'urgence en vigueur depuis 1981 et seulement levé samedi.

Le procès de l'ancien raïs et des autres accusés a concerné uniquement la période de six jours qui a suivi le début de la révolution le 25 janvier 2011.

Au cours du procès qui a commencé le 3 août 2011, Hosni Moubarak s'était contenté de confirmer son identité et avait nié les accusations.   par Edmund Blair et Dina Zayed; tempsreel.nouvelobs


 

_____________________________________________________________________________________

Hosni Moubarak risque la peine capitale

 

La justice égyptienne doit rendre samedi son verdict dans le procès de l’ex-président Hosni Moubarak, premier dirigeant balayé par le Printemps arabe à comparaître en personne devant les juges et contre qui la peine capitale a été requise. 

M. Moubarak, 84 ans, est accusé de corruption et d’implication dans la mort de plus de 800 manifestants, tués en janvier-février 2011 pendant la révolte qui l’a renversé, ce qu’il a nié. 

Son ancien ministre de l’Intérieur, Habib el-Adli, et six ex-hauts responsables de la sécurité sont poursuivis pour les mêmes raisons. 

Ses deux fils, Alaa et Gamal, sont eux jugés pour corruption dans le même procès qui a commencé le 3 août 2011, six mois après le départ de M. Moubarak, poussé à la démission par le soulèvement populaire. 

Mais certains craignent que justice ne soit pas vraiment rendue, en raison du manque de preuves tangibles apportées à l’audience contre l’ancien président. 

Le verdict intervient entre les deux tours de l’élection présidentielle, qui doit mettre fin à une période de transition tumultueuse et émaillée de violences meurtrières. 

Ce scrutin, qui s’est tenu pour la première fois depuis des décennies librement et sans intimidations, est l’un des changements majeurs connus par le pays depuis la «révolution du 25 janvier» 2011 et l’incarcération de M. Moubarak en avril de la même année. 

Les islamistes des Frères musulmans, longtemps interdits et régulièrement cibles de vagues d’arrestations sous le régime déchu, sont aujourd’hui la première force politique du pays après avoir remporté les législatives. 

Leur candidat à la magistrature suprême, Mohammed Morsi, affrontera au second tour les 16 et 17 juin le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq. 

Mais en dépit de décennies de violations des droits de l’Homme, d’arrestations politiques et de torture institutionnalisée selon plusieurs ONG, l’ancien président pourrait être acquitté, ou bien faire appel s’il était jugé coupable. 

Au cours de la trentaine d’audiences, les familles des victimes présumées de M. Moubarak ont regardé avec appréhension et colère les témoins appelés à la barre se contredire ou même innocenter l’ancien chef de l’Etat et ses responsables de l’accusation de meurtre. 

Le Parquet a requis la peine de mort contre M. Moubarak, affirmant avoir assez de preuves. 
Mais les témoins ont brossé un tout autre tableau. 
libe

 

__________________________________________________________________________

Des milliers d'Égyptiens exigent la disqualification de l'ex-premier ministre

 

Des milliers de personnes ont manifesté dans différentes villes d'Égypte, vendredi, pour demander qu'Ahmed Shafiq, un ancien haut responsable du régime d'Hosni Moubarak, soit disqualifié du second tour de l'élection présidentielle.

Ahmed Shafiq, qui a été le dernier premier ministre de Moubarak, est l'un des deux gagnants du premier tour de la présidentielle du mois dernier. Au second tour des 16 et 17 juin, il affrontera le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi.

Ce deuxième tour qui divise les Égyptiens reproduit en quelque sorte la dynamique de l'ancien régime, où les Frères musulmans étaient la seule opposition autorisée. Les jeunes militants laïques qui ont été à l'origine du soulèvement contre le régime, l'an dernier, se sentent laissés de côté.

À Alexandrie, sur la côte méditerranéenne, au moins 7000 personnes se sont rassemblées pour demander qu'Ahmed Shafiq soit exclu du second tour compte tenu de son passé de haut responsable de l'ancien régime. Certains manifestants ont brandi des chaussures dans les airs en guise d'insulte contre le candidat.

Des rassemblements plus modestes ont également eu lieu au Caire, à Port-Saïd, à Suez, dans le nord du Sinaï et dans au moins six autres provinces.

Ahmed Shafiq se présente comme un homme fort qui rétablira la loi et l'ordre après 16 mois d'instabilité en Égypte, marqués notamment par de nombreuses manifestations et un vide dans l'organisation de la sécurité. Peu après l'annonce des résultats du premier tour cette semaine, le quartier général de M. Shafiq au Caire a été incendié par des manifestants en colère.

Les opposants estiment que M. Shafiq, un militaire de carrière, est soutenu par le conseil militaire qui a pris les commandes du pays après le renversement de Moubarak. Les quatre présidents de l'Égypte moderne étaient tous issus des rangs militaires.

Ahmed Shafiq a récemment loué la «glorieuse révolution» qui a renversé le président Moubarak et a promis qu'il ne rétablirait pas l'ancien régime. Il a également tenté de se débarrasser de son image de candidat antirévolution et de faire oublier ses propos dénigrant les jeunes manifestants à l'origine du soulèvement populaire qui a poussé Moubarak à la démission.

Mais de nombreux Égyptiens ne veulent ni d'un «vestige» de l'ère Moubarak ni d'un islamiste comme président. Vendredi, les manifestants ont critiqué les deux candidats.

«Je suis ici parce que je ne veux pas de Shafiq ni de Morsi. Shafiq a fait couler le sang de nos enfants. J'ai payé d'avance le prix de cette révolution», a déclaré Magda, mère d'un manifestant tué durant le soulèvement de l'an dernier. «Quant aux Frères musulmans, ils sont déjà au Parlement et qu'ont-ils fait?»

Des manifestants ont scandé des slogans contre les deux candidats et contre le conseil militaire. D'autres ont déclaré qu'ils avaient l'intention de boycotter le scrutin.

«Je ne veux d'aucun des candidats parce qu'ils ne sont pas avantageux pour nous et pour le pays», a dit un manifestant au Caire, Ahmed Abdel-Fattah.

Les militants pro-démocratie demandent également l'application d'une loi récemment adoptée par le nouveau Parlement, qui interdit aux responsables de l'ancien régime de participer aux élections pendant 10 ans.

Ahmed Shafiq a été brièvement disqualifié de la course avant le premier tour, mais il a été réintégré 24 heures plus tard après que la commission électorale eut référé la nouvelle loi à la Cour constitutionnelle. La cour doit livrer son jugement sur la question quatre jours avant le second tour. 
985fm.ca

 

 

__________________________________________________________________

"Si Chafik est élu, la révolution est morte"

 

Écrivain égyptien parmi les plus populaires, Alaa El Aswany est aussi un commentateur avisé de la politique de son pays. Ayant suivi de près et même participé à la révolution place Tahrir en 2011, il se pose en défenseur de ses principes. Et donne dans une interview pour Courrier international son sentiment sur les résultats du premier tour de la présidentielle.

Alaa El Aswany (2007).

D’après les premiers résultats officiels, les deux candidats qui sortent gagnants du premier tour de l’élection présidentielle en Egypte sont Mohamed Morsi (24,3% des voix), islamiste, candidat des Frères musulmans et Ahmed Chafik (23,3%), ancien Premier ministre d’Hosni Moubarak, candidat soutenu par l’armée. Que vous inspire ce résultat ? 


Dès samedi 26 mai, Hamdin Sabahi [candidat à la présidentielle, député indépendant que Alaa El Aswany a soutenu ouvertement] et Amr Moussa [également candidat, ex-ministre des Affaires étrangères de 1991 à 2001] ont accusé accusations Ahmed Chafik d'être à l'origine d'irrégularités dans le vote. Si ce n’est pas vrai, il faudra bien accepter les résultats. Si c’est vrai, la révolution les refusera. Sur mon 
compte twitter (suivi par 350 000 personnes), j’ai écrit que j’étais partisan d’un front des forces révolutionnaires avec les Frères musulmans pour faire barrage à Chafik. Que les choses soient claires : je ne suis absolument pas favorable aux Frères musulmans, mais un vrai révolutionnaire doit lire la situation attentivement et le retour le Chafik, protégé par le Conseil militaire, signifierait la fin de la révolution.
 
Avez-vous été étonné ou déçu de constater qu’un an après la révolution égyptienne, un ancien Premier ministre du gouvernement Moubarak récolte près d'un quart des suffrages ? 
 
Je ne suis pas étonné. Les militaires ont appliqué un plan similaire à celui de la Roumanie avec Ceausescu : faire  pression sur la population (en augmentant par exemple le prix de la nourriture) et faire en sorte que la chaos s’installe. Cela fait des mois que la police ne travaille plus au Caire... Et maintenant que l’insécurité règne, on nous présente des soi-disant héros, des gens comme Ahmed Chafik qui promet de ramener l’ordre dans le pays. N’oublions pas non plus que les militaires agitent l’épouvantail islamique depuis le début de la révolution. Le plan prévoyait aussi de séparer les révolutionnaires et de les massacrer. C’est ce qui a été fait. Le plan a donc été parfaitement appliqué. Mais ça ne marchera pas, la révolution va gagner.
 
La révolution n'a pas échoué, selon vous ? 
 
Non je ne crois pas. Les deux candidats représentatifs de l’ancien régime, Ahmed Chafik et Amr Moussa [ancien ministre des Affaires étrangères de Moubarak], ceux qu’on appelle les 'fouloul' (littéralement : les survivants de l’armée battue) ne rassemblent que 30% des voix. Cela veut dire que  70% de la population est favorable au changement. Le problème, c’est qu’il y avait bien trop de candidats : les voix se sont éparpillées. C’est de notre faute. Mais c’est normal que la révolution fasse des fautes. 
 
Le 2 mars 2011, au plus fort de la Révolution égyptienne, lors d’un débat télévisé sur On TV, vous aviez affronté Ahmed Chafik qui venait d’être nommé Premier ministre par un gouvernement Moubarak à l’agonie. Le lendemain, Chafik quittait le pouvoir. Pouvez-vous nous rappeler l’échange que vous aviez eu avec lui ? 
 
Au cours de ce débat qui a duré environ 2h30, j’ai essayé de m’en tenir à ma ligne : me comporter comme n’importe quel citoyen à l’égard d’un ministre. Je suis toujours resté poli. A un moment donné, je lui ai demandé de parler des centaines de personnes blessées alors qu’il était encore Premier ministre [le 2 février, la répression des manifestations antigouvernementaux connue comme la bataille des chameaux avait fait au moins trois morts et des centaines de blessés]. Ça l’a énervé. Ensuite je lui ai dit que Moubarak était son maître. C’en était trop pour lui. Il a perdu son self contrôle et il crié : "Qui êtes vous ?" au lieu de "comment osez vous?", je suppose. Plutôt que de lui répondre que j’étais un écrivain égyptien très populaire, je lui ai répondu que j’étais un citoyen et qu’en tant que tel j’avais le droit de lui poser toutes les questions puiqu’en tant que ministre, il est censé œuvrer pour le peuple égyptien.  
 
Quels scénarios envisagez-vous dans les jours à venir ? 
 

Personnellement, je suis partisan d'un front anti–Chafik. Khaled Ali [militant d’extême gauche, candidat au premier tour de la présidentielle] m’a dit qu’il comptait organiser une conférence dans la semaine [mercredi 30 ou jeudi 31] avec tous les partisans d’une société séculaire. Les défenseurs de la Révolution doivent négocier et poser leurs conditions aux Frères musulmans pour que les idéaux de la révolution ne soient pas trahis et afin d’arriver à un accord pour soutenir le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi [depuis, lundi 28 mars, huit partis libéraux de gauche ont annoncé au contraire qu'ils ne comptaient soutenir ni Ahmed Chafik, ni Mohamed Morsi]. Ensemble, les islamistes et les partisans de la gauche pourraient vaincre Chafik. Un vrai révolutionnaire n’est pas quelqu’un de romantique. Il doit être pragmatique et se poser la question : que puis-je faire pour sauver la révolution ? Aujourd’hui si les Egyptiens ne font rien et restent chez eux, ce sont les suppôts de Moubarak qui resteront dans le pays. 
courrierinternational

 

_________________________________________

Partager cet article

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Égypte : Élections _ Constitution
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : thala solidaire.over-blog.com
  •  thala solidaire.over-blog.com
  • : ThalaSolidaire est dédié à la ville de Thala, ville phare de la Révolution tunisienne. Thala est une petite agglomération du centre-ouest de la Tunisie. Elle est connue pour son histoire antique, ses sources, ses carrières de marbre, devenues une sorte de tragédie écologique et économique, sa résistance et sa misère. Thala solidaire a pour objectif de rassembler toutes les voix INDIGNÉES pour donner à cette terre ainsi qu'à toutes autres terres un droit à la vie et à la dignité…
  • Contact

Recherche

Vidéos

Catégories