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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 07:33

Les Frères musulmans présenteront leur numéro 2 comme candidat à la présidentielle


Photo AFP

Afp

 

Les Frères musulmans, première force politique d'Egypte, ont annoncé samedi leur intention de présenter leur numéro deux, Khairat al-Chater, comme candidat à la première présidentielle du pays depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011.

"Le bloc parlementaire du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ) va nommer Khairat al-Chater comme son candidat à la présidentielle" de mai, a annoncé sur sa page Facebook le PLJ, issu de la confrérie des Frères musulmans.

Le guide suprême de la confrérie, Mohamed Badie, a confirmé la nomination de M. Chater lors d'une conférence de presse, et a lu un bref communiqué du candidat, qui n'était pas présent.

"Je ne peux qu'accepter la décision des Frères musulmans de me nommer comme leur candidat à l'élection présidentielle. Par conséquent, je vais démissionner de mon poste d'adjoint du guide", a-t-il écrit dans le communiqué.

Le PLJ, qui domine le Parlement, avait dit qu'il réfléchissait à la possibilité d'avoir un candidat après avoir affirmé pendant des mois qu'il privilégiait un soutien à un candidat de consensus.

Les Frères musulmans ont souligné que la nomination de M. Chater ne constituait pas un revirement, mais qu'elle était nécessaire. "La révolution et le processus démocratique sont réellement menacés", a déclaré le secrétaire général de la confrérie, Mahmoud Hussein.

M. Chater, un professeur d'ingéniérie de 61 ans ayant fait fortune dans les affaires, a rejoint l'organisation islamiste en 1981, après des années de militantisme étudiant, avant de devenir membre de son conseil exécutif en 1995.

Le régime de semi-clandestinité imposé par le régime Moubarak aux Frères musulmans, alternativement tolérés ou réprimés, lui a valu plusieurs séjours en prison.

Son empire commercial est réputé la première source de financement de la confrérie, dont les revenus et les circuits financiers sont toutefois très mal connus.

L'élection présidentielle, dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai, est la première depuis la chute du régime de Hosni Moubarak, chassé par une révolte populaire après trois décennies au pouvoir.

Ce scrutin est censé clore une transition agitée, au cours de laquelle l'armée au pouvoir, portée aux nues pendant le soulèvement populaire de l'an dernier, est devenue la cible des militants ayant mené la révolte contre l'ancien régime.

M. Chater devrait affronter notamment le salafiste Hazem Abou Ismaïl, partisan d'un islam rigoriste, l'ex-secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa et l'ex-membre des Frères musulmans Abdel Moneim Aboul Foutouh.

Le dépôt des candidatures s'achève le 8 avril, date à laquelle les candidats pourront commencer leur campagne.

Les relations se sont tendues ces dernières semaines entre le conseil militaire au pouvoir et les Frères musulmans qui réclament avec de plus en plus d'insistance le départ du gouvernement nommé par les militaires.

Cette nomination risque d'accentuer les tensions.

M. Hussein a souligné que l'appel de la confrérie à limoger le gouvernement avait été ignoré, en évoquant par ailleurs des "menaces de dissoudre le Parlement".

Selon lui, "un ou plusieurs membres du régime déchu" envisagent de se présenter à la magistrature suprême, et cela est une preuve qu'il existe un projet de ramener au pouvoir l'ancien régime.

Le chef du PLJ, Mohammed Moursi, a aussi affirmé que la nomination d'un candidat "ne constituait pas un changement de principes". "L'Egypte a besoin d'un candidat parmi nous qui puisse assumer les responsabilités", a-t-il dit aux journalistes.

"L'Egypte a des problèmes qui n'ont toujours pas été résolus", a ajouté M. Moursi, en citant les pénuries de carburants et de gaz ainsi que l'insécurité. "Tout cela nous a poussés vers l'Exécutif". lavoixdunord

 

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Le salafiste Abou Ismaïl dépose sa candidature en fanfare
 

Des partisans du salafiste Hazem Abou Ismaïl, candidat à la présidentielle égyptienne, au Caire.

Des partisans du salafiste Hazem Abou Ismaïl, candidat à la présidentielle égyptienne, au Caire. © AFP

 

Le salafiste Hazem Abou Ismaïl a déposé officiellement vendredi sa candidature pour l'élection présidentielle égyptienne, se rendant au siège de la commission électorale accompagné d'un important cortège.

 

Selon des témoins, des dizaines de véhicules avec à leur bord des partisans du candidat ultraconservateur sont partis d'une mosquée pour déposer les 30.000 parrainages d'électeurs nécessaires pour se présenter à la première présidentielle depuis la chute en février 2011 de Hosni Moubarak.

 

Devant la mosquée, ils ont scandé "Obama regarde, Cheikh Hazem est un grand savant", faisant référence au président américain Barack Obama.

Les portraits de M. Abou Ismaïl, partisan d'un islam rigoriste sur le modèle de celui prôné par l'Arabie saoudite, sont de plus en plus présents dans les rues du Caire.

 

Clore la transition

 

L'élection présidentielle, prévue les 23 et 24 mai, est censée clore une transition agitée, au cours de laquelle l'armée au pouvoir, portée aux nues pendant le soulèvement populaire de l'an dernier, est devenue la cible des militants ayant mené la révolte contre l'ancien régime.

M. Abou Ismaïl affrontera notamment l'ex-secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, l'ex-membre des Frères musulmans Abdel Moneim

Aboul Foutouh et Salim al-Awwa, de tendance islamiste.

 

Les partis représentés au Parlement, dominé par les islamistes, peuvent désigner un candidat.

Les Frères musulmans, première force politique du pays, qui avaient dit qu'ils annonceraient leur appui à un "candidat de consensus" à l'issue du processus d'enregistrement des candidats, pourraient finalement désigner l'un de leurs dirigeants pour se présenter à la présidentielle.  Jeuneafrique

 

 

 

 

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Les dessous d’un bras de fer

 

La tension s’amplifie entre militaires et Frères musulmans laissant craindre la fin de la lune de miel qui a caractérisé leurs relations depuis la chute de l’ancien régime.


Une escalade verbale marque actuellement les relations des Frères musulmans qui dominent 44 % des sièges parlementaires avec le Conseil militaire qui assure la gestion de la phase transitoire. L’insistance des Frères à former un gouvernement pour remplacer celui de Kamal Al-Ganzouri, nommé par les militaires, est considérée comme le détonateur de la crise.


Les ministres du cabinet d’Al-Ganzouri sont accusés de bouder les séances parlementaires en réaction aux invectives des députés qui les appellent à démissionner. Une attitude « hautaine » dénoncée par le président de l’Assemblée du peuple, Saad Al-Katatni. « L’absence du gouvernement est un outrage prémédité au Parlement que ces ministres prennent à la légère. Il paraît que le pouvoir en place n’a pas encore réalisé que les choses ont changé et que ce Parlement n’est pas le fruit d’élections truquées », s’est insurgé Hussein Ibrahim, chef de la majorité à l’Assemblée du peuple.

 

De son côté, le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) s’en est pris dimanche aux Frères musulmans à propos du gouvernement. Il a exprimé son « extrême indignation » à propos d’un communiqué des Frères au ton inhabituellement dur dans lequel ils s’interrogeaient samedi sur les raisons pour lesquelles le pouvoir militaire soutient le gouvernement.

 

Les Frères musulmans, première force politique d’Egypte, avaient mis en garde samedi le pouvoir militaire contre son soutien continu au gouvernement, accusé de compromettre les acquis de la révolution. « Si quelqu’un a l’intention de recréer l’ancien régime corrompu avec de nouveaux visages, le peuple est prêt à agir afin de raviver sa révolution et d’empêcher le navire de couler aux mains de gens n’ayant aucun sens des responsabilités », avait prévenu la confrérie samedi. Les Frères musulmans ont qualifié les performances du gouvernement de « plus grand échec », évoquant les violences, les ingérences dans les affaires judiciaires, la lenteur des réformes, la pénurie de carburant et la baisse des réserves de change.

 

Depuis son entrée en force au Parlement, le Parti Liberté et Justice (PLJ), issu des Frères musulmans, met la pression sur le pouvoir militaire, à la tête de l’Etat depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, pour qu’il limoge le gouvernement et nomme le PLJ à la tête d’un nouveau cabinet. « Quand nous avons appelé à la démission du gouvernement, son chef a refusé, et malheureusement, cela a été soutenu par le Conseil militaire», a regretté le PLJ.

 

Le CSFA, qui continue à soutenir le gouvernement de Kamal Al-Ganzouri, a appelé « tout le monde à ne pas oublier les leçons du passé, à éviter les erreurs du passé et à regarder vers l’avenir avec un esprit de coopération».

 

Le mois dernier, un procès a été intenté auprès de la Cour suprême constitutionnelle mettant en cause la constitutionnalité des récentes élections parlementaires, un scrutin complexe remporté par les islamistes. Les islamistes disent craindre que le Conseil militaire au pouvoir ne pousse en faveur des poursuites judiciaires s’ils persistent à réclamer le limogeage du premier ministre Ganzouri.

 

Le politologue Ammar Ali Hassan a déclaré à la presse qu’il possède des informations selon lesquelles le Conseil militaire aurait menacé ouvertement les Frères d’invalider les élections parlementaires et de dissoudre le Parlement s’ils ne renoncent pas à la motion de censure du gouvernement.

 

« La légitimité du Parlement n’est pas en question. Et ces tentatives de la part des vestiges du régime déchu de provoquer des polémiques stériles sur la constitutionnalité de la loi électorale ne visent qu’à faire plonger le pays dans le chaos », affirme Mohamad Morsi, président du PLJ. Selon Morsi, le véritable débat doit porter sur la capacité du gouvernement actuel de concrétiser les aspirations de la révolution et de répondre aux besoins quotidiens des citoyens.

 

« Nous comprenons qu’à ce stade critique, la performance du gouvernement peut ne pas être à la hauteur des aspirations de tout le monde », a affirmé l’armée dans un communiqué diffusé dimanche à la télévision publique. « Mais nous affirmons que l’intérêt national est notre premier objectif et que nous n’épargnerons aucun effort, aucune mesure ou décision pour réaliser l’intérêt de la nation et de ses citoyens », indique le communiqué.

 

« Certains imaginent qu’ils peuvent mettre les forces armées et le Conseil suprême sous pression et l’empêcher de mener à bien sa mission patriotique durant la transition », déclare l’armée, tout en affirmant qu’elle ne se laissera pas décourager dans sa mission qui consiste à gérer la transition, tout en appelant les Egyptiens à s’unir.

 

Rupture prévue ?


« Inspirés de l’expérience de la rédaction de la  Constitution en Tunisie, les Frères tentent maintenant à islamiser la Constitution et à prendre les rênes du pouvoir en formant leur propre gouvernement. Des rôles qui paraissent dépasser de loin la transaction tacite qu’ils avaient conclue avec les militaires », estime le politologue Gamal Zahrane.

 

« Pour sortir de leur clandestinité, les Frères se sont laissé utiliser par les militaires comme une force anti-révolutionnaire. Ils ont ainsi perdu une chance d’or en pariant sur les militaires. C’était naïf de leur part de croire que les militaires leur permettront de s’emparer de la scène politique », ajoute Zahrane.

 

Le député libéral, Mohamad Abou-Hamed, s’intéresse de son côté au timing de la crise. « Depuis sa nomination, ce gouvernement a été la cible de critiques provenant de tous les courants politiques. Pourquoi les Frères musulmans ne se sont pas rendu compte de l’échec du gouvernement de Ganzouri avant ? », se demande Abou-Hamed. Selon lui, les Frères n’ont joué la carte de l’escalade que lorsqu’ils se sont sentis en perte de popularité. « Les Frères ont voulu faire d’une pierre deux coups : couvrir leur lamentable performance au sein du Parlement en imputant les crises économiques au gouvernement, et  exercer en même temps plus de pression sur les militaires pour obtenir des concessions », estime Abou-Hamed.

 

Abdel-Khaleq Farouq, directeur du Centre du Nil pour les études économiques et stratégiques, estime lui aussi que le bras de fer entre les islamistes et les militaires est « artificiel ». Selon lui, il s’agit d’une tentative pour détourner l’attention publique loin des tentatives islamistes pour dominer la rédaction de la Constitution. « C’est une manœuvre classique de la confrérie pour échapper aux critiques qui les visent, soit en ce qui concerne la formation de l’assemblée constituante qu’ils veulent monopoliser, soit en ce qui concerne leur partenariat soupçonné avec les militaires », pense Abdel-Khaleq.

L’évolution des événements révélera l’ampleur de la crise entre l’armée et les islamistes et son sérieux .

par May Al-Maghrabi  hebdo.ahram

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