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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 20:04

Ghannouchi, version naturelle sans fards

 

 

 

____________________________________________________________________De la Tunisie 

Rached Ghannouchi mis à nu 

 

«Ne vous fiez pas à votre victoire d’aujourd’hui, Ennahdha était il y a quelques années enfouie sous les décombres, si ce n’est que le peuple voulait cette religion qu’elle porte. Les Laïcs sont encore là contrôlant les médias, l’économie, l’Administration et l’armée. Nous ne pouvons nous fier, ni à l’armée ni à la police. Que vous soyez nombreux ne doit pas vous donner de l’assurance. Les autres (les laïcs) détiennent toutes les structures de l’Etat »… 

Doit-on expliquer les grands mouvements de mutations ainsi que les nouvelles nominations qui ont eu lieu ces derniers mois autant au ministère de l’Intérieur qu’à celui de la Défense nationale par la position du premier responsable du parti Ennahdha qui s’exprime clairement lors de cette rencontre filmée à son insu au mois d’avril dernier avec des fidèles dont des salafistes ?

 

Les propos du chef du parti Ennahdha ont été condamnés par Mohamed Bennour, porte-parole du parti Ettakattol, principal allié du parti islamiste qui a déclaré sur les ondes de Mosaïque FM : « ces déclarations sont dangereuses et notre parti est catégoriquement contre. Nous sommes très rassurés en ce qui nous concerne que l’armée et la police ne soient pas sous l’emprise des partis. Et nous considérons le salafisme djihadiste très dangereux et en totale contradiction avec la démocratie ».

 

Rached Ghannouchi n’est pas de cet avis, puisqu’il rassure les salafistes en leur disant : « Aujourd’hui, nous avons un ministère des Affaires religieuses et pas seulement une mosquée et nous avons un gouvernement bien à nous. Je voudrais rassurer les jeunes salafistes et les inciter à plus de patience. Celui qui veut lancer une radio a désormais la possibilité de le faire, celui qui veut une télévision y serait d’autant plus autorisé. Vous pouvez organiser des camps, inviter des prêcheurs. Tout cela vous est permis, alors pourquoi autant d’impatience ? ».

 

Rached EL Ghannouchi prévient ses disciples sur le risque de se montrer trop confiants quant aux réalisations politiques d’Ennahdha citant à ce propos l’exemple algérien: « Rappelez-vousl’Algérie, nous étions sûrs qu’il n’y aurait pas de retour en arrière, nous avions les épaules solides avec 80% des voix. Il s’est avéré que notre appréciation était fausse. Les mosquées ont été mises de nouveau sous l’autorité des laïcs et les islamistes sont devenus des parias. Ceci pourrait aussi bien arriver en Tunisie si nous ne sommes pas vigilants. Car l’élite laïque en Tunisie est plus puissante que celle d’Algérie et l’islam algérien est plus fort que l’islam tunisien ».

Pour Rached Ghannouchi, le sage est celui qui sait préserver une conquête, la mettre en sûreté et la consolider dans l’attente d’autres acquis et victoires : « Ce que nous avons réalisé en une année est à peine concevable et cette réalisation n’est pas encore définitive. Voyez les complots qu’on organise autour de nous, ces groupements qui se rassemblent tour à tour contre l’islam et contre nous. Alors au lieu de faire peur aux gens, il faut sécuriser nos acquis et les renforcer. Nous devrions commencer par affermir notre tissu associatif et implanter nos écoles partout sur le territoire national. Les gens ne connaissent pas l’islam. Ceux, parmi nous, qui gouvernent aujourd’hui ne connaissent rien aux rouages de l’administration. Tous ceux qui travaillent sous leurs ordres complotent contre eux. Il va aussi falloir du temps avant qu’il y ait des personnes qui travaillent pour eux et non contre eux »…

 

Un peu plus loin dans sa conversation très révélatrice pour ce qui est de ses véritables desseins, Ghannouchi s’exprime clairement sur sa position d’introduire la chariaa dans la Constitution : « Y a-t-il urgence à mettre la chariaa dans la Constitution ? Avons-nous intérêt à nous lancer dans cette bataille ? Aujourd’hui, nous disons au peuple tunisien ‘’dhahirian’’ (en apparence), que l’islam est la religion d’Etat. Pour ce qui est de la Chariaa, il y a une partie de l’élite tunisienne qui détient le pouvoir et qui en a peur ».

 

Amer Laarayedh, chef du bureau politique Ennahdha, invité sur les ondes de Mosaïque FM, estime pour sa part qu’il y a eu une volonté délibérée de déformer les propos de Rached, lequel, comme de tradition, ne pensait pas ce qu’il disait ou a été mal compris. « Car son objectif était plutôt de calmer les ardeurs des salafistes » (sic…).

 

Ceci dit, que cette vidéo ait été filmée au mois d’avril ne change rien au cœur du problème et à l’objectif ultime de Rached Ghannouchi : implanter un Emirat islamiste en Tunisie. Et à l’entendre parler, on n’a pas besoin d’être très perspicace pour comprendre ce que dissimule son discours « modéré ».

 

Le peuple tunisien a souffert pendant trop d’années des duperies des uns et des autres pour qu’il croit aveuglement ce que les nouveaux gouvernants lui débitent à longueur d’année, de mois et de jours. Assez de mensonges, la Tunisie mérite mieux et plus.   Amel Belhadj Ali

 

 

_____________________________________________________De l'Algérie

Quand Rached Ghannouchi explique «l’islamisation de la Tunisie » par « étapes »

 

Mauvais temps chez Ennahdha. Le parti au pouvoir, fortement contesté aujourd’hui, est ébranlé par une vidéo de son chef historique, Rached Ghannouchi. S’adressant à des salafistes, il leur explique comment « islamiser » la Tunisie par étapes. Le leader islamiste prend l’Algérie en exemple.


La vidéo a fait le tour de la toile et des médias. S’entretenant avec un groupe de salafistes, Rached Ghannouchi, dévoile sa vision et sa stratégie de procéder par étapes pour régner dans la durée. Il rappelle à ses interlocuteurs qu’« en 1991, on pensait que l’Algérie avait atteint un point de non‑retour, mais on s’est trompé. Il y a eu un retour en arrière et les mosquées sont revenues aux mains des laïques ». Et d’ajouter que « cela risque d’arriver en Tunisie », surtout que « la mouvance laïque est plus forte en Tunisie et que les islamistes algériens sont plus forts que ceux de Tunisie ».

 

Les propos de Rached Ghannouchi, le même qui affirmait à l’AFP il y a peu, l’existence d’« un danger salafiste », ont confirmé les craintes de ceux qui ne croient pas à un parti « islamiste modéré ». Il faut dire qu’à entendre Ghannouchi, cela n’existe réellement pas. « Nous avons le pouvoir » mais « ils [les laïques, NDLR] ont la main sur l’économie, les médias, l’administration », note‑t‑il, ajoutant qu’« il n’est pas sûr d’avoir la police et l’armée » sous la coupe d’Ennahdha.


Bien conscient qu’Ennahdha « renaît de ses cendres pour se retrouver au pouvoir » alors qu’on ne s’y attendait pas, Ghannouchi ne manque pas de citer l’ancien Premier ministre Béji Caied Essebsi : « El Béji ne cessait de répéter pendant toute une année que nous ne pourrions pas dépasser 20 % et qu’on serait par conséquent maîtrisable. Vous voyez bien qu’il se trompait et nous avons créé une grande surprise ». Mais il se rend compte que « ce n’est pas définitif » car « ils se rassemblent aujourd’hui », dit‑il en parlant de l’opposition. Ghannouchi veille à rassurer les salafistes tout en leur demandant de s’armer de patience. « Celui qui veut lancer une radio a désormais la possibilité de le faire, celui qui veut une télévision y serait d’autant plus autorisé. Vous pouvez organiser des camps, inviter des prêcheurs. Tout cela vous est permis, alors pourquoi autant d’impatience ? » leur lance‑t‑il, en expliquant qu’il faut du temps pour consolider les acquis et s’imposer. Concernant la non‑inscription de la chariaâ dans la Constitution, le leader islamiste estime que le texte n’est pas important. « Les textes de loi ne valent que ce qu’on peut en faire »,affirme‑t‑il.


Durant la matinée, et alors que la vidéo faisait le tour de la toile, les dirigeants d’Ennahdha ont évité toute réaction Il a fallu attendre midi pour avoir un membre du bureau politique, Ameur Laarayedh, sur les ondes d’une radio privée. Pour la défense de son Cheikh, il parlera de « montage » et de « manipulation », de « propos sortis de leur contexte »et de « mauvaises interprétations » des médias. Pour tenter de justifier les propos dérangeants du fondateur d’Ennahdha, Ameur Laareyedh rappelle « la politique de répression des islamistes sous Ben Ali », mais en vain, il s’en sort mal et devient rapidement agressif avec le journaliste. « L’objectif d’Ennahdha n’est pas de diviser le pays, preuve en est la coalition tripartie au pouvoir », argumente‑t‑il. Mais justement, avec ses déclarations, Rached Ghannouchi trahit les valeurs républicaines défendues par les deux alliés de son parti, aussi bien le Congrès pour la République de Moncef Marzouki, qu’Ettakatol de Mustapha Ben Jaâfar. D’ailleurs, la réaction du porte‑parole d’Ettakatol, Mohamed Bennour, n’a pas tardé et n’a pas été complaisante : « Ces déclarations sont dangereuses, contraires à nos valeurs et s’opposent à la démocratie ».


Cette vidéo embarrassante s’avère exister sur le channel YouTube d’un présumé salafiste depuis le mois d’avril 2012. Dans un communiqué publié durant l’après‑midi, Ennahdha précise qu’elle a été filmée au mois de février 2012, et qu’il s’agit d’une campagne pour dénigrer le parti. Loin de convaincre, cette précision apportée par le parti au pouvoir justifie, aux yeux de certains observateurs, toutes les nominations partisanes faites par Ennahdha dans les administrations et les médias publics. Rached Ghannouchi, évitera quant à lui toute déclaration aux médias. « Il a beaucoup de choses à faire », justifie maigrement Ameur Laareydh. Entretemps, sur YouTube, on découvre d’autres extraits vidéo de cette rencontre de Rached Ghannouchi avec les salafistes, où il leur explique ses intentions et sa stratégie. Finalement, le chef des « islamistes modérés » est mis à nu… tsa-algerie.

 

________________________________________________________________________De l'Europe 

Le chef du parti islamiste joue les salafistes contre les laïcs


Le chef du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, a demandé aux salafistes de faire preuve de sagesse pour asseoir leur pouvoir face aux laïcs qui contrôlent encore médias et institutions, dans une vidéo largement relayée mercredi sur les réseaux sociaux.

Ennahda a aussitôt affirmé que la rencontre entre son chef et un groupe de jeunes salafistes remontait au mois de février et que ses déclarations avaient été l'objet d'un montage pour les sortir de leur contexte.

Rached Ghannouchi y opposait les salafistes qui doivent préserver leurs acquis avec sagesse aux laïcs qui peuvent rebondir après leur échec aux élections d'octobre 2011.

Il mettait en garde contre la résurgence du Rassemblement constitutionnel démocratique (parti de l'ex-président Ben Ali, dissous en mars 2011), déclarant: l'armée et la police ne sont pas sûres et les Rcdistes sont de retour.

Je dis à nos jeunes salafistes de patienter (...) pourquoi se précipiter? Prenez votre temps pour capitaliser les acquis, ajoute-t-il, leur conseillant de créer des télévisions, des radios, des écoles, des universités ...

M. Ghannouchi mettait aussi en garde contre un retournement de la situation contre les islamistes. Croyez-vous qu'il n'y aura pas de retour possible en arrière? C'est ce que nous avions cru vivre en Algérie dans les années 90, mais notre jugement était erroné: les mosquées sont retombées dans les mains de laïcs et les islamistes ont été de nouveau persécutés, poursuit-il.

Selon lui il y a eu régression en Algérie, alors même que le camp laïc y était moins fort qu'en Tunisie et que les islamistes y étaient plus puissants.

Et d'ajouter que malgré leur échec aux élections, les forces laïques dominent toujours les médias, l'économie, l'administration, les institutions.

Sur les dérapages sécuritaires, M. Ghannouchi a indiqué que la police échappait à l'autorité du ministre de l'Intérieur Ali Larayedh (islamiste).

La police échappe encore à notre autorité parce quen grande partie, elle est liée aux laïcs!, lance le chef islamiste qui a une forte influence sur le gouvernement.

M. Ghannouchi a ironisé sur l'absence de mention de la charia (loi islamique) dans la future constitution: Bataille inutile, du moment que le mot islam est présent, cest du pareil au même!, prêche-t-il.

Cette vidéo, qui a suscité un début de polémique, a été truquée, a déclaré Amer Larayedh, un dirigeant d'Ennahda, affirmant que le discours du chef islamiste tenu en février et diffusé en avril avait été manipulé avant d'être posté mercredi par des anonymes sur le net.

L'opposition a qualifié de très grave le contenu de la vidéo illustrant le double discours d'Ennahda. M. Ghannouchi jette le discrédit sur des institutions, cet homme leur doit des explications, a réagi Issam Chebbi du Parti républicain (centre) sur radio Mosaïque FM.

Le gouvernement dirigé par Ennahda est accusé de laxisme envers les salafistes, alors que M. Ghannouchi avait qualifié les salafistes jihadistes de danger et prôné la fermeté dans la foulée de l'attaque de l'ambassade américaine à Tunis, le 14 septembre. romandie

 

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La caméra cachée dévoile Mourou et Ghannouchi

ghannouchiLa vidéo de Rached Ghannouchi, diffusée dans la soirée du mardi 9 octobre sur les réseaux sociaux est censée avoir été enregistrée en mode caméra cachée. Sauf qu’il ne s’agit pas de la première fois que les dirigeants d’Ennahdha sont filmés à l’insu de leur plein gré.

 

Les propos tenus par Mourou, le cofondateur du mouvement islamique lors de sa rencontre avec Wajdi Ghanim, ont également été rapportés par une caméra indiscrète.

 

Rached Ghannouchi, le président d’Ennahdha, que d’aucuns présentent comme étant le vrai dirigeant de la Tunisie actuel, est plutôt réputé pour son rigorisme, à la limite de l’intransigeance. Alors que son camarade de toujours, le très tunisois Abdelfattah Mourou, apparaît tout en rondeur, avec un sens de l’humour aiguisé, couplé à un rire facile qui suscite la sympathie.

 

Les discours de l’un et de l’autre apparaissent très différents. Une question d’accent, d’abord. Quand Mourou a l’intonation gouleyante des beldis de vieille souche, c’est dans les tons rocailleurs que Ghannouchi s’exprimera. Lorsque le Cheikh Abdelfattah multipliera les bons mots à la tunisoise, le Cheikh Rached préférera l’arabe classique aux consonances golfiques. On conviendra cependant, que sous l’objectif des caméras cachées, les deux personnages assument de troublantes ressemblances.

 

Dans cette vidéo qui n’a pas fini de susciter des remous, Rached Ghannouchi affirmera clairement que «l’appareil de l’Etat est encore détenu par les adversaires». Mais qu’entretemps, il se propose de fournir «toutes les autorisations nécessaires pour lancer des radios, des chaînes de télévision, des associations». Islamiques bien sûr. Elément intéressant, Ghannouchi dressera la comparaison avec la situation tunisienne actuelle avec celle de l’Algérie des années 80. Il soulignera «qu’il faut être patient, pour garantir les acquis» qui ne sont, selon lui, guère irréversible…

 

C’est en substance, le même langage que tiendra Mourou en février dernier, face à Wajdi Ghanim, le prédicateur salafiste égyptien, et grand militant de l’excision féminine. Le cheikh Mourou fera ainsi remarquer à son hôte, «malgré les apparences, nous sommes faibles. Nous appuyons sur les boutons mais les commandes ne répondent pas. Parce qu’elles sont encore entre les mains de nos adversaires». Il s’agit donc d’un travail de longue haleine, «pour se réapproprier les leviers du pouvoir». Quant aux moyens préconisés, Mourou ira jusqu’à proposer, de «séduire les enfants, pour mieux les opposer à leurs parents».

 

 

 

Il apparait donc que dans les discours privés, dont la teneur n’est dévoilée «qu’accidentellement», les différences entre les ténors d’Ennahdha sont infimes. A l’abri des oreilles indiscrètes, modérés, colombes, et faucons, tiennent sensiblement le même langage.

 

On constatera également que les sujets des discussions ébruitées, ne s’intéressent ni au chômage, ni au développement économique, encore moins aux problèmes sociaux de nos régions. Alors que durant la campagne électorale, c’est l’exemple turc qui a été mis en avant, avec le chiffre mirobolant des 400 000 emplois à créer en une année. Or manifestement, pour Montplaisir, la Sublime Porte, n’a guère d’attrait au-delà du marketing électoral. Le hanéfite Erdogan pourra toujours se rhabiller, c’est plutôt la secte wahhabite qui les excite.  

Ceux qui croyaient percevoir une lutte de tendances au sein même d’Ennahdha en seront pour leurs frais. Si même Mourou, réputé modéré tient finalement le même discours que Ghannouchi en privé, les Sadok Chourou (celui qui a appelé à démembrer les contestataires), et autres Habib Ellouze, ne peuvent que s’en féliciter. Faut-il vraiment attendre la diffusion des déclarations tenues par Samir Dilou dans l’intimité de son salon pour se convaincre qu’à Ennahdha, on ne parle que d’une seule voix ?  

Soufia Ben Achour mag14

 

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