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Grève générale et manifestations anti-austérité pendant le sommet
européen
La gare centrale d'Athènes fermée le 18 octobre 2012 en raison de la grève générale (Photo Panagiotis Tzamaros. AFP)
Des milliers de gens sont descendus dans la rue jeudi en Grèce pour protester contre
l'austérité et tenter de convaincre les dirigeants européens réunis à Bruxelles qu'un nouveau budget d'austérité n'est pas tenable pour le pays en récession grave.
Sous la bannière "FMI-UE dehors, effacement de la dette", des manifestants ont commencé de
défiler dans le centre d'Athènes jeudi, alors que les services publics et les transports étaient fortement perturbés par le quatrième appel à la grève générale lancé par les syndicats depuis le
début de l'année.
Aucun train ne roulait, aucun ferry ne partait vers les nombreuses îles du pays, aucun taxi ne
circulait, la liaison ferroviaire entre Athènes et l'aéroport était suspendue, seul le métro et certaines lignes de bus fonctionnaient à Athènes, et deux stations du centre étaient fermées sur
ordre de la police.
Dans les rues d'Athènes, la police recensait 25.000 manifestants dans différents cortèges en
milieu de journée.
"La pauvreté s'étend, les emplois disparaissent et la Grèce coule. La Grèce va mourir si les
mesures d'austérité tirées du mémorandum (avec les créanciers, NDR) ne s'arrêtent pas" dit Dimitris Sandis, employé d'une société pharmaceutique dans un des cortèges.
Plus loin Aliki Vassiloudi, 40 ans, journaliste au chômage, estime que les manifestants veulent
avoir "des emplois, une dignité et par-dessus tout vivre comme des Grecs et non comme des inférieurs serviles".
De fait, la troïka des bailleurs de fonds du pays (UE-BCE-FMI) et le gouvernement de coalition
dirigé par le Premier ministre conservateur Antonis Samaras se sont séparés mercredi sans accord total sur le programme d'ajustement économique du pays prévoyant de nouvelles coupes budgétaires
d'au moins 11,5 milliards d'euros, à mettre en place en échange d'un prêt de 31,5 milliards d'euros.
La Commission européenne a publié un communiqué optimiste mercredi soir soulignant que les
autorités grecques et la troïka "se sont mises d'accord sur les principales mesures nécessaires pour (...) ouvrir la voie à une finalisation de l'examen".
Lors du sommet européen jeudi et vendredi, la Grèce ne devait pas être évoquée, le rapport de
la troïka préalable au déblocage des 31,5 milliards d'euros n'étant pas prêt.
Le Premier ministre conservateur Antonis Samaras espère néanmoins recevoir du sommet un signal
de soutien européen pour faire accepter à son opinion le nouveau train de rigueur, dont le vote au parlement, à une date toujours indéterminée, risque de porter à son comble la tension
sociale.
M. Samaras, qui participait à la réunion des dirigeants européens conservateurs à Bucarest
mercredi soir, a estimé que dans la société grecque, où le taux de chômage atteint désormais 25%, "les gens ne sont pas des pièces détachées". "Nous devons maintenir la cohésion" a-t-il dit en
promettant que son pays irait de l'avant avec les réformes requises par les partenaires européens et les bailleurs de fonds.
La Grèce, qui traverse sa cinquième année de récession consécutive, a demandé deux ans
supplémentaires à ses partenaires pour mener à bien les réformes et réduire ses déficits, tandis qu'un débat idéologique pro ou anti austérité fait rage entre les économistes du monde entier
sur la nature des remèdes à apporter au malade Grèce et au malade zone euro.
"L'Espagne et la Grèce sont en dépression, pas en récession. Et ceci est dû à l'austérité" a
affirmé mercredi à New Delhi, Joseph Stiglitz, Prix Nobel d'économie, ancien conseiller du président américain Bill Clinton, et professeur à Columbia University à New York.liberation
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Affrontements entre police et manifestants
Des affrontements ont opposé la police à de petits
groupes de manifestants anti-austérité jeudi à Athènes, tandis que le gros du défilé réunissant 25.000 personnes selon la police s'écoulait dans les rues de la capitale grecque, a constaté une
journaliste de l'AFP. (c) Afp
Des affrontements ont opposé la police à de petits groupes de manifestants anti-austérité
jeudi à Athènes, tandis que le gros du défilé réunissant 25.000 personnes selon la police s'écoulait dans les rues de la capitale grecque, a constaté une journaliste de l'AFP.
Un petit groupe de jeunes a fait reculer la police qui bloquait le passage devant les
grands hôtels de la place Syntagma, en face du parlement, et la police a répondu par l'envoi de gaz lacrymogènes, a constaté une journaliste.
Les policiers se sont massés devant les hotels pour les protéger, laissant le reste du
défilé avancer, pendant que quelques dizaines de jeunes cagoulés et masqués continuaient à harceler les forces de l'ordre en bas de la place, notamment en lançant des cocktails
molotov.
La police estime le nombre de manifestants à 25.000 à Athènes et 17.000 à Salonique dans le
nord du pays.
Les syndicats ont appelé à cette journée anti-austérité le jour du sommet européen de
Bruxelles qui doit tenter de trouver des solutions pour consolider l'Europe et la zone euro. Ils contestent le recours massif aux politiques d'austérité pour sortir de la crise.
Le principal syndicat du privé GSEE a d'ailleurs annoncé dans la journée qu'il allait se
joindre à une journée d'action européenne le 14 novembre, égalemnet annoncée par les syndicats portugais. tempsreel.nouvelobs
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