Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 17:42

 

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Israël : la révolte de femmes contre la ségrégation sexuelle imposée par les "haredim" ("craignant Dieu").


La discrimination contre les femmes prônée par certains Juifs ultra-orthodoxes, les "haredim" a dégénéré ces derniers jours, dans la ville de Beit Shemesh, près de Jérusalem, où vit cette importante population religieuse. 

Mais qui son ces fauteurs de troubles ? Les "haredim" font partie d'une communauté composée d'hommes qui ne travaillent pas, mais qui se consacrent essentiellement à l’étude des textes sacrés, la charge de gagner un revenu retombant sur les femmes. Or ces dernières n'ont pas le droit de travailler dans un milieu mixte homme – femme, et de plus leurs très nombreuses grossesses (une moyenne de 10 enfants par foyer) rebutent les employeurs. 

De plus la chasteté de la femme préoccupe énormément cette société ultra-orthodoxe. Elle doit non seulement cacher ses cheveux, ses bras et jusqu’à ses chevilles, mais le moindre contact physique avec un homme qui n’est pas son mari lui est interdit. L'homme "haredim" ne doit jamais se retrouver seul avec une femme autre que la sienne, et même en public tout contact physique avec une autre femme lui est défendu. D'où la création de passages piétons séparés pour les hommes et les femmes dans certaines zones haredim, et aussi l'organisation de bus dans lesquels la séparation des sexes est imposée, les hommes ayant des places réservées à l'avant, et les femmes à l'arrière. 

La tension entre cette communauté et les autres israéliens a commencé a enfler suite à la diffusion de photographies sur Facebook, prises par une jeune femme israélienne de 28 ans, Tanya Rosenblit, avec son téléphone portable, dans un bus de la compagnie publique Egged dans lesquels les ultra-orthodoxes imposent la séparation des sexes : les hommes à l'avant et les femmes à l'arrière.

C'était le vendredi 16 décembre, elle devait aller à un rendez-vous de travail à Jérusalem. Comme elle prenait ce bus 451 très spécifique, elle s'était habillée en conséquence pour ne pas choquer les autres passagers, jupe aux chevilles et manches longues. Seul sont découverts ses cheveux et son visage.

Mais peine perdu, elle fut agressée par un "haredim" qui n'avait pas supporté qu'elle se soit assise derrière le chauffeur, malgré les abjurations de ce dernier à la faire asseoir à l'arrière du bus. L'ultra-orthodoxe a empêché le bus de partir. Un groupe d'agités ultra-religieux s'était alors formé dehors,pendant que d'autres à l'intérieur du bus la traitaient de "shikse" un terme très péjoratif qui désigne une femme non juive. La police appelée à la rescousse, lui a demandé d'aller à l'arrière du bus, ce qu'elle a refusée. Puis tout s'était calmé, pendant que l'agresseur resté près du chauffeur récitait des prières.

A cet instant personne n'était au courant de ce clash, ce n'est que plutart lorsque ces photos ont été vues sur Facebook, et que des journalistes s'en sont emparés à la fin du shabbat qu'il a commencé à faire le "buzz". Le lendemain matin tout le monde connaissait, Tanya Rosenblit, grâce aux télévisions, aux radios aux journaux et aussi aux sites internet, la nouvelle "Rosa Parks"! 

Dans une lettre publiée par le Yediot Aharonot, le journal le plus lu en Israël, elle écrit que sous le couvert de la sainteté, enfreindre la liberté de choix et le droit au respect de chacun, c'est là la vraie provocation, en ajoutant : "Comment se fait-il que la société israélienne de 2011 n'ait pas encore intériorisé cette idée-là !". Une réflexion qui a trouvé un large écho au sein de l'opinion publique israélienne.

C'est alors que le vendredi 23 décembre, était diffusé par une chaîne de télévision un reportage tourné dans le ville de Beit Shemesh, une ville de 80 000 habitants, située à 30 km à l'ouest de Jérusalem, est  qui est majoritairement peuplée par des Juifs religieux, parmi lesquels une importante communauté de "haredim", en pleine expansion. Dans ce reportage un "intégriste juif" estimait qu'il était "permis de cracher sur une fille si elle n'est pas correctement vêtue", ce qui a suscité de nombreuses réactions indignées dans le pays.

Samedi, 24 décembre, un homme soupçonné d'avoir craché sur une femme ultra-orthodoxe et lancé une malédiction a été arrêté. Alisa Coleman est une immigrante britannique mère de 4 enfants. Alors qu'elle aidait des écolières à monter dans le bus en direction de l’école sioniste-religieuse "Orot Banot", réservée aux filles, elle a été attaquée par plusieurs hommes lui reprochant de ne pas être habillée de façon décente.

Une écolière de huit ans, Hadassah Margolis, originaire de Beit Shemesh, a été insultée et a été victime de crachats la semaine dernière, alors qu'elle se rendait en classe, sous prétexte qu'elle n'était pas "vêtue décemment". Une mère de trois enfants, Myriam Marcus, arrivée de New York depuis 2007 et qui vit dans le même bâtiment que la famille Margolis a précisé que ces agressions ne sont pas un phénomène nouveau. Elle a été injuriée  et on lui a craché dessus, alors qu'elle était à un arrêt de bus avec son fils, parce qu'elle portait des sandales. 

Le 25 décembre, le Premier ministre isrélien, Benjamin Netanyahu, a fait une déclaration au début du conseil des ministres, dans laquelle il appel à réprimer "toutes les manifestations de discrimination envers les femmes" en ajoutant qu'Israël est un État "démocratique, occidental, libéral"

Suite à cette déclaration, une équipe de journalistes, travaillant pour une chaîne de télévision, était venue filmer dans Beit Shemesh, les panneaux enjoignant aux femmes de ne pas s'arrêter devant une synagogue. Ils ont été pris à parti par des intégristes religieux qui ont brisé les vitres des véhicules de la télévision et endommagé le matériel qui s'y trouvait à l'intérieur. La police a du intervenir, pour extraire les journalistes de ces groupes de personnes pleines de haine.

La police a enlevé des parcartes, dans l'artère principale de Beit Shemesh, exhortant à séparer les hommes des femmes, ainsi que les nombreux écriteaux demandant aux  femmes à se vêtir "modestement", avec des manches et des jupes longues. Or celles-ci ont été réinstallées après leur départ.

Lundi 26 décembre, des heurts violents ont eu lieu entre des policiers et des centaines de "haredim". Un policier a été blessé par un jet de pierre. Ils ont molesté des journalistes de la chaîne 10 de la Télévision israélienne qui tournaient dans cette ville en leur ordonnant de "dégager". Ils ont également brulé des poubelles et lancé des oeurfs sur les policiers.

La presse a relayé récemment les prises de position de femmes ultra-orthodoxes se rebellant contre cette pratique de discrimination dans les bus, et cela a attiré l'attention de l'opinion publique sur ce problème. Des organisations féministes se sont alors opposées également à la pratique de certains publicitaires qui consistait à faire disparaître des images de femmes des affiches dans les quartiers "haredim" sous la presson de cette communauté, et les avaient remplacé par des images d'hommes.

Frances Raday, professeur émérite de droit à l'Université hébraïque de Jérusalem, spécialisée dans le droit des femmes déclare que depuis sa création, l'État d'Israël est beaucoup trop tolérant vis-à-vis de la position d'intolérance des ultra-orthodoxes vis à vis des femmes et qui refusent l'égalité homme-femme, pourtant inscrite dans la loi fondamentale israélienne. Selon elle, il ne fait rien pour inverser cette tendance à la radicalisation de cette frange de la population religieuse israélienne, qui a tendance à gagner du terrain.

Aujourd'hui une manifestation de militants de la laïcité est prévue à Beit Shemesh contre ces violences. Ils espèrent 10.000 participants. Pour prouver que ces violences sont le fait d'extrémistes, des juifs orthodoxes ont fait savoir qu'ils souhaitaient y participer.

source lepost.

 

 

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Le printemps arabe va-t-il se retourner contre les femmes ?

Les « tests de virginité » pratiqués par les militaires egyptiens sont désormaisinterdits. C'est grâce à Samira Ibrahim Mohammed, 25 ans, que la Cour d'Etat a rendu ce jugement ce 27 décembre. La jeune femme avait voulu porter plaintepour elle et « toutes les Egyptiennes ».

Le 9 mars, elle a été arrêtée sur la place Tahrir avec dix-sept autres militantes. Accusée de vandalisme et d'insultes à un représentant de l'ordre, Samira a ététorturée par les militaires. Elle a été électrocutée, humiliée et les officiers lui ont fait passer un test de virginité. L'ONG Human Rights Watch a recueillison témoignage.

Le 20 décembre, elle faisait partie des quelques 2 000 femmes rassemblées sur la place Tahrir pour dénoncer les violences perpétrées par le pouvoir militaire.

Elles ont notamment réagi à la vidéo qui a ému la communauté internationale : on y voit une femme voilée, deshabillée, frappée et trainée sur la chaussée par des soldats.

 

Dans un communiqué publié quelques heures après la manifestation, l'armée a assuré qu'elle prendrait « toutes les mesures légales pour que les responsables de ces atteintes rendent des comptes ». Mais certains remettent en cause la véracité des images.

« La révolution ne fait que commencer »

Le 10 décembre, trois militantes ont reçu leprix Nobel de la paix : la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, sa compatriote Leymah Gbowee et la YéméniteTawakkul Karman, figure de proue du printemps arabe.

Elles sont nombreuses à s'être mobilisées au cours des manifestations. Mais près d'un an après le début des révoltes arabes, la condition de la femme est au centre des interrogations.

Au Yémen, pour deux femmes qui témoignent dansun article de La Croix, :

« La révolution ne fait que commencer, elle va durer des années »

Elles rêvent encore d'aller boire un café ou de pouvoir courir dans la rue sans s'attirer les railleries des passants.

Au Maghreb, les craintes d'une dégradation de la condition des femmes sont renforcées par lesvictoires des partis islamistesaux récentes électionsen Tunisieet en Egypte.

En Egypte,aucune femmen'a été intégrée dans le comité nommé en février pour amender la constitution. Les autorités militaires égyptiennes ont imposé à l'ensemble des partis politiques de proposerau minimum une candidate sur leurs listes.

Mais ils n'exigent pas que les femmes soient bien placées. La participation des femmes a la vie politique n'est doncpas garantie.

« Respecte ma prière, respecte ma bière »

A Tunis, la faculté des lettres de la Manouba est devenue l'emblème del'oppositionentre laïques et salafistes. Desislamistes ont fait le siège de l'université début décembre. Ils revendiquent la création d'une salle de prières dans l'université, et l'autorisation du port du niqab pour les étudiantes.

Fadila Laouani,interrogéepar l'AFP, rétorque :

« On ne va pas engager des fonctionnaires pour regarder le visage des filles à l'entrée de chaque salle de classe. Pas question d'accepter le niqab. »

A Tunis, deux enseignantes ont été molestées par des élèves, leurs tenues vestimentaires étant jugées indécentes. Des faits similaires ont été recensés dans d'autres universités.

Chaïma et Rima, étudiantes à Gamès,interviewéespar Le Point, ont protesté avec une pancarte :

« Respecte ma prière, respecte ma bière, respecte mon voile, respecte ce que je dévoile. »

L'arrivée des islamistes pourrait mettre en péril le statut des femmes dans la société tunisienne, en partie acquise grâce à Habib Bourguiba. Peu de temps après son arrivée au pouvoir en 1956, le père de l'indépendance et chantre de la laïcité a proclamé lecode du statut personnel, un ensemble de lois progressistes qui abroge la polygamie, la répudiation et légalise le divorce.

Le féminisme, combat trop occidental ?

Pour Maryam Alkhawaja militante des droits de l'homme au Bahrein,interrogéepar le Huffington Post, un « sentiment anti-Occident » empêchera le féminisme de se diffuser au Moyen-Orient :

« Nous devons être capable de créer un mouvement propre à nos sociétés qui dit que les femmes sont égales aux hommes. Ce sera plus difficile si c'est perçu comme une notion occidentale importée et imposée aux habitants du Moyen-Orient. »

Amnesty International a publiéune tribunesur son site dans laquelle ils dénoncent des changements qui tardent à venir :

Peut-être ne devrions-nous plus être surpris par la lenteur avec laquelle sont concrétisées les promesses concernant les femmes dans les situations de conflit.

Même lorsque l'on parle des viols commis en temps de guerre, sans doute la question relative aux droits des femmes prêtant le moins à controverse, la communauté internationale et les Etats, à titre individuel, traînent des pieds.

Beaucoup prennent l'exemple de l'Iran pour émettre des doutes sur les bienfaits, pour les femmes, du Printemps arabe. Le droit de vote a été accordée aux femmes en 1963, mais le renversement du Shah a laissé place à une stricte réglementation du statut des femmes.

source rue89

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Femmes et révolution
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