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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 02:58

 Arrêt des poursuites à l'encontre de la jeune femme violée par des policiers

Tunisie. Arrêt des poursuites à l'encontre de la jeune femme violée par des policiers

 

 

 

 

 

 

L'accusation d'atteinte à la pudeur, retenue par la chambre d'accusation à l'encontre de la jeune femme violée par des policiers et de son compagnon, a finalement été rejetée par la justice.

 Le juge de la 13e chambre de première instance de Tunis, qui a annoncé cette décision ce matin, a par ailleurs retenu l'accusation de viol à l'encontre des deux policiers et celle de corruption à l'encontre de leur collègue, qui n'a pas participé au viol mais a extirpé de l'argent au compagnon de la jeune femme.

Les 3 agents resteront donc en détention et seront bientôt jugés. kapitalis

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Non-lieu pour la Tunisienne violée par des policiers

 

 

Manifestation à Tunis le 29 septembre 2012 après le viol d'une femme par deux policiers.

 

Manifestation à Tunis le 29 septembre 2012 après le viol d'une femme par deux policiers. (Photo Zoubeir Souissi. Reuters)

 

La jeune femme était visée par une procédure concernant une «atteinte à la pudeur».

 

Une jeune femme tunisienne violée par des policiers a vu jeudi les poursuites pour atteinte à la pudeur à son encontre abandonnées et ses tortionnaires ont été inculpés pour viol dans cette affaire qui a fait scandale en Tunisie et à l'étranger.

«Les accusations ont été abandonnées pour manque de preuves. Et le juge a décidé de traduire (en justice) deux policiers pour viol, et un troisième pour corruption», a indiqué à l’AFP Me Bochra Belhaj Hmida. «La jeune femme et son fiancé ont bénéficié d’un non-lieu», a indiqué une autre avocate, Me Emna Zahrouni, à l’antenne de Mosaïque FM.

Le viol de cette jeune femme de 27 ans début septembre par deux agents de police a entraîné un vaste scandale après que la victime s’est vue menacée d'être poursuivie pour «atteinte à la pudeur», un délit passible de six mois de prison. «Je suis très contente bien que je m’attendais à être innocentée, je suis contente que les deux autres vont être condamnés. C’est le début de notre victoire», a dit la victime, dont l’anonymat a été préservé, à l’antenne de la radio Shems-FM.

Les policiers affirmaient avoir surpris la jeune femme et son fiancé en train d’avoir des relations sexuelles dans leur voiture, garée dans une banlieue de Tunis. Selon le parquet, c’est alors que deux des agents ont violé leur victime à tour de rôle dans leur véhicule. Le troisième policier avait pour sa part conduit le petit ami de la jeune femme jusqu'à un distributeur de billets pour lui extorquer de l’argent.

Cette affaire a entraîné une vaste mobilisation de la société civile et de la classe politique tunisiennes. Des opposants, des ONG et des médias estimaient que les déboires judiciaires de la victime illustraient la politique à l'égard des femmes menée par les islamistes d’Ennahda qui dominent le gouvernement tunisien. Ces derniers, bien qu’ils le réfutent, sont accusés de chercher à revenir sur les droits des femmes en Tunisie.

Très critiquées, les autorités, tout en condamnant le viol, soulignait que la justice faisait son travail en enquêtant sur les accusations portées à l’encontre de la victime et de son fiancé. Le ministre tunisien de la Justice, Noureddine Bhiri avait été particulièrement conspué après qu’il a estimé début octobre que l’intérêt porté par les médias étrangers à cette affaire témoignait d’un complot contre le gouvernement.

Les Tunisiennes bénéficient du Code de statut personnel promulgué en 1956 instaurant l'égalité des sexes dans certains domaines, une situation unique dans le monde arabe. Elles restent cependant discriminées dans plusieurs cas, notamment en ce qui concerne les héritages.

Les islamistes d’Ennahda avaient déclenché un large mouvement de contestation en août en proposant d’inscrire dans la nouvelle Constitution la «complémentarité» des sexes et non l'égalité, un projet abandonné finalement en septembre après une vaste mobilisation de la société civile. 

 

 

 

 

 

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Un début de justice pour la jeune fille violée par des policiers

Le juge d’instruction a tranché jeudi 29 novembre pour un non-lieu en faveur de la jeune fille violée par des policiers et accusée d’outrage à la pudeur. Pour l’une de ses avocates, Bochra Bel Haj H’mida, cette décision devrait «encourager à dénoncer toute forme d’impunité».

«Je m’y attendais mais sur le coup, j’ai été vraiment émue par la nouvelle», annonce Bochra Bel Haj H’mida, militante des droits de l’homme et avocate de Myriam, jeune fille violée par des policiers le 3 septembre 2012 à Tunis. Le jeudi 29 novembre, le juge d’instruction du Tribunal de première instance de Tunis a prononcé un non-lieu en faveur de la jeune fille et de son petit ami qui avaient été aussi accusés d’outrage à la pudeur. La nouvelle a été annoncée par l’une des avocates de la jeune fille Emna Zahrouni à la radio tunisienne Mosaïque FM.

Manifestation de soutien en faveur de la jeune fille violée le 29 septembre à Tunis. Crédit Photo: Amine Boufaied

Les trois policiers seront quant à eux transférés vers la chambre d’accusation. Aucune date n’a été fixée pour leur procès à l’heure actuelle. Deux d’entre eux sont accusés de viol, le troisième de chantage car il avait tenté de monnayer des pots-de-vin avec le fiancé de la jeune fille. S’ils sont déclarés coupables de viol, ils peuvent encourir une peine de cinq ans de prison selon l’article 227 bis du Code pénal tunisien avec des circonstances aggravantes dues à leur fonction. «C’est un signal très fort et cela devrait encourager toutes les jeunes filles violées ou victimes d’abus à parler», déclare Bochra Bel Haj H’mida.

Manifestation en faveur de la jeune fille violée devant le Tribunal de Tunis le 2 octobre, Crédit Photo: Amine Boufaied

En octobre, le cas de la jeune fille violée avait fait scandale lorsqu’elle avait été convoquée devant le juge d’instruction non pas en tant que victime mais en tant qu’accusée pour«outrage à la pudeur». Elle aurait été «trouvée dans une position indécente» selon les premières déclarations du Ministre de la justice. La société civile et les associations féministes s’étaient alors mobilisées pour faire pression sur un jugement qui transformait un crime en une affaire de mœurs.

Une femme parlementant avec un policier en civil lors de la manifestation du 29 septembre. Crédit Phto: Amine Boufaied

Mais pour l’avocate Bochra Bel Haj H’mida, cette première décision juridique doit aussi encourager à la réforme du système policier en Tunisie : 

«Certains policiers étaient très mal à l’aise avec cette affaire et n’ont pas soutenu leurs collègues. Il faut rappeler que certaines pratiques comme celles des pots-de-vin ou du harcèlement sont monnaie courante. Pour l’instant, le policier n’est pas sur un pied d’égalité avec le citoyen devant la justice mais cette affaire pourrait changer les choses.»

L’avocate révèle que la victime et son fiancé sont «très soulagéssurtout après la campagne de diffamation dont ils ont été victimes». Un article anonyme sur le site électronique Babnet publié vendredi 5 octobre avait mis en doute la véracité du rapport médical qui attestait du viol. L’article avait été très partagé sur les réseaux sociaux tunisiens. le site Nawaat.org avait dû publier un démenti des avocats. L’affaire reste à suivre selon Bochra Bel Haj h’mida qui espère que la justice ira jusqu’au bout et restera «impartiale»lors du procès des policiers.  

Le témoignage de la jeune fille sur la chaîne EttounissiaTV le 29 octobre:

Lilia Blaise slateafrique

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Femmes et révolution
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