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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 03:40

Cliquer pour contacter l’Association tunisienne de soutien des minorités

 

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L'Association tunisienne de soutien des minorités accuse des militants pro-islamistes de l'avoir attaquée

 

L'Association tunisienne de soutien des minorités, qui lutte contre l'antisémitisme et l'homophobie, a accusé mercredi une organisation controversée de militants proches des islamistes au pouvoir d'avoir vandalisé et cambriolé ses locaux.

 

"Notre local a été vandalisé et cambriolé, nous venons de porter plainte. Nous savons très bien qui a fait ça, c'est la Ligue de protection de la révolution qui nous a menacés à plusieurs reprises", a déclaré à l'AFP Yamina Thabet, la présidente de l'assocation.

 

Elle a précisé que les sections de la Ligue dans les quartiers du Kram et de la Goulette (banlieue de Tunis) avaient mis en garde l'association, via le réseau social Facebook et oralement, contre des représailles à cause de l'organisation le 29 décembre d'une commémoration de la déportation des juifs tunisiens durant la Seconde guerre mondiale.

 

"Ils nous ont traités de sionistes, et d'autres choses que je n'ose pas répéter. Ils nous ont dit 'on v'a s'occuper de vous'", a ajouté Mme Thabet.

 

Selon elle, le ministre de l'Intérieur Ali Larayedh a promis de "se charger lui-même de l'affaire".

 

La Ligue de protection de la révolution, sorte de milice favorable aux islamistes d'Ennahda qui dirigent le gouvernement, est au coeur de plusieurs scandales.

 

Elle est accusée d'avoir attaqué en décembre les locaux du principal syndicat du pays, l'UGTT, et d'être responsable du meurtre en octobre d'un militant de l'opposition dans le sud du pays. De nombreux partis et ONG ont demandé la dissolution de cette organisation.

L'Association tunisienne de soutien des minorités est très active dans les domaines de la lutte contre l'antisémitisme et la reconnaissance des droits des homosexuels, alors que l'homosexualité est passible de trois ans de prison en Tunisie.

 

En décembre, cette ONG a porté plainte pour incitation à la haine contre un imam de la banlieue de Tunis, dont un prêche appelant à un génocide divin des juifs avait été diffusé à la télévision en direct le 30 novembre. Jeuneafrique

 

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Yamina Thabet, présidente de l'ATSM

 

 

 

___________________________________________________Une des contributions à l'Histoire de la Tunisie initiée par  l’Association Tunisienne de Soutien aux Minorités......__________


 

Colloque sur le statut des juifs tunisiens, lors de l’occupation allemande

 

Pour la première fois en Tunisie, la question du statut des Juifs tunisiens, lors de la Seconde Guerre mondiale, a été débattue lors d’un colloque organisée par l’Association Tunisienne de Soutien aux Minorités (1).

Les historiens Abdelkarim Allagui et Habib Kazdaghli sont revenus sur une période relativement méconnue du grand public tunisien. Serge Moati, Sophie Bessis, Claude Nataf ont rappelé la situation des juifs tunisiens sous occupation allemande.

L’objectif de cette démarche était de mieux connaître ce qui s’est réellement passé afin de se prémunir des réflexes nécessaires à la détection des dérives antisémites qui se propagent aujourd’hui en Tunisie post-révolutionnaire. Était présent également, François Gouyette, ambassadeur de France à Tunis.

Il faut rappeler que plusieurs lacunes historiographiques planent sur l’histoire des Juifs de Tunisie pendant la Seconde Guerre mondiale. D’abord, le manque de sources, tant écrites qu’orales, sur les camps de Tunisie, limite le travail de recherche. Il faut savoir qu’une forte censure de la presse a été mise en place dès novembre 1942, date qui correspond à l’arrivée du représentant du maréchal Pétain, Georges Guilbaud. Tous les journaux sont interdits, pour ne publier plus qu’un seul quotidien en français.

Dans les années qui suivent la fin du conflit mondial, les Juifs tunisiens commencent à émigrer massivement, vers la France ou Israël. Ce mouvement migratoire, accentué à partir de 1956 avec la décolonisation et la reprise du pays par les Tunisiens musulmans, a contribué à la dispersion de la communauté juive tunisienne, ce qui rendra difficile la récolte d’informations et de témoignages sur la question de la Shoah en Tunisie.

La Tunisie fut le seul territoire français hors métropole, à subir une occupation allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale : six mois entre novembre 1942 et mai 1943, un temps trop bref pour procéder à un massacre massif de la population juive locale, mais suffisant pour la terroriser, avec en particulier une rafle de 4000 hommes en décembre 1942, envoyés dans des camps de travail ou sur les lignes de front, où hélas une cinquantaine, presque tous très jeunes, furent tués ; une poignée de résistants et de militants antifascistes furent aussi déportés en Europe, où ils furent assassinés …

Durant ces six mois terribles d’occupation, des jeunes hommes de la communauté furent conduits vers l’un des plus grands Camps de Travail forcé du coté de Bizerte (au nord de la Tunisie).

Les familles des travailleurs forcés, quand à elles, subissaient l’humiliation et toute l’injustice de l’occupant nazi. Les Juifs de la ville de Sousse avaient même porté l’étoile jaune qui eut une fonction de marquage, désignant les Juifs aux nazis lors des rafles.

Durant le Rafle des Juifs de Tunis, le jour du 9 décembre 1942 (le 2 Tevet 5703) quelques 2 000 juifs furent arrêtés. Des centaines d’entre eux ont trouvé la mort et plusieurs d’entre eux ont trouvé la route de la déportation.

Si les citoyens juifs tunisiens étaient progressivement réduits dès 1942 au statut de sous-citoyens, par contagion de lois antisémites de Vichy, la situation des Juifs n’était pas idéale avant l’occupation allemande, car ces derniers étaient souvent traités de manière inéquitable par les tribunaux tunisiens.

Cette discrimination était d’ailleurs le prétexte d’interventions et de pressions auprès du Bey de Tunisie et de son gouvernement. Les juridictions tunisiennes ne cessaient de faire preuve d’une particulière sévérité à l’égard de cette fraction de la population locale. En 1857, l’affaire « Batou Sfez » (2) allait être l’occasion pour la France et la Grande-Bretagne d’intervenir au nom de la défense des droits de l’homme. Grâce à l’intervention des puissances européennes, cette communauté échappa au statut séculaire de la dhimma. 

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(1) Extrait Vidéo du colloque : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=hZdStFR1DJc

(2) Batou Sfez était un cocher juif qui fut accusé d’avoir injurié le Prophète, lors d’une altercation avec un musulman. Il fut inculpé, jugé coupable en dépit de ses protestations d’innocence et condamné à la peine capitale. L’émotion et l’indignation furent vives dans la communauté juive. La France et la Grande-Bretagne exercèrent une pression politique et militaire telle que le Bey dut céder et proclamer une série de réformes rassemblées en un Pacte fondamental.   Ftouh Souhail

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie_ Amazighs_ Minorités
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