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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 02:12

Israël attaque Gaza : Michel Collon teste un média

 

Peut-on faire confiance aux médias ?

Peut-on faire confiance, par exemple, au quotidien Le Soir ?

Michel a testé quelques coupures de presse de cette semaine consacrées à deux thèmes :

 

1. La préparation de la nouvelle guerre contre Gaza.

 

2. Les solutions à la crise économique et sociale. Où on peut vérifier ce que vaut l'info du Soir. Où on constate qu'on veut nous mettre dans la peau de certaines gens avec qui nous n'avons rien à voir. Quand le langage prépare la guerre et quand le langage nous impose la pensée néolibérale... michelcollon.info


 

 

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Gaza, assassinats et désinformation

 

Pour comprendre l’escalade à Gaza, il faut toujours rappeler quelques données sur ce territoire (360 kilomètres carrés, plus de 1,5 million d’habitants, soit plus de 4 500 personnes par kilomètre carré — ce qui en fait un des endroits de la planète où la densité de population est la plus élevée), occupé depuis 1967 par Israël. Même si l’armée s’en est retirée, ses accès avec le monde extérieur sont toujours contrôlés par Israël ; la circulation à l’intérieur même de cette mince bande de terre est limitée et le blocus mis en place depuis des années perdure : pour les Nations unies, Gaza reste un territoire occupé.

Les données qui suivent sont fournies par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires dans les territoires palestiniens (OCHA oPt), dans un document de juin 2012 intitulé : « Five Years of Blockade : The Humanitarian Situation in the Gaza Strip » :

- C’est en juin 2007 que le gouvernement israélien a décidé d’intensifier le blocus de ce territoire, qui était déjà sévèrement « contrôlé ». 

- 34 % de la population (et la moitié des jeunes) est au chômage. 

- 80 % de la population dépend de l’aide alimentaire. 

- Le PNB par habitant était, en 2011, 17 % en dessous de celui de 2005 (en termes constants).

- En 2011, un camion par jour sortait de Gaza avec des produits pour l’exportation, soit moins de 3 % du chiffre de 2005. 

- 35 % des terres cultivables et 85 % des eaux pour la pêche sont partiellement ou totalement inaccessibles aux Gazaouis à la suite des restrictions israéliennes. 

- 85 % des écoles doivent fonctionner en « double service » — un le matin, l’autre l’après-midi —, en raison de la surpopulation.

Toute guerre s’accompagne d’une propagande intense et le gouvernement israélien est passé maître dans cet art. Déjà lors de l’offensive de décembre 2008-janvier 2009, on avait assisté à un déferlement médiatique (Marie Bénilde, « Gaza : du plomb durci dans les têtes »). Des intellectuels français, dont l’inénarrable Bernard-Henri Lévy, avaient contribué à cette désinformation.

L’homme assassiné par Israël, Ahmed Jabari, était le chef de l’aile militaire du Hamas (sur cette organisation, lire « Qu’est-ce que le Hamas ? »). Nombre de médias le présentent comme « un terroriste » responsable de toutes les attaques contre Israël. La réalité est assez éloignée de ce portrait — au-delà même de l’usage du terme « terrorisme », pour le moins ambigu. Une nouvelle fois, c’est un journaliste israélien Aluf Benn qui fait remarquer (« Israel killed its subcontractor in Gaza », Haaretz, 15 novembre) :

« Ahmed Jabari était un sous-traitant, en charge du maintien de la sécurité d’Israël dans la bande de Gaza. Cette qualification paraîtra sans aucun doute absurde pour tous ceux qui, au cours des dernières heures, ont vu Jabari décrit comme un “archi-terroriste”, “le chef du personnel de la terreur” ou “notre Ben Laden”.

C’était pourtant la réalité durant ces cinq années et demi. Israël a exigé du Hamas qu’il observe la trêve dans le sud et la fasse appliquer par les nombreuses organisations armées dans la bande de Gaza. L’homme à qui avait été confiée cette tâche était Ahmed Jabari. »

Il suffit de regarder les graphiques publiés par le ministère des affaires étrangères israélien lui-même sur les tirs de roquettes (« Palestinian ceasefire violations since the end of Operation Cast Lead », 14 novembre 2012), pour se rendre compte que, de manière générale, la trêve a bien été observée. Elle a été rompue par des raids de l’armée israélienne les 7 et 8 octobre 2012, puis les 13 et 14 octobre, provoquant une escalade qui a continué sans discontinuer depuis. Et, à la veille de l’assassinat de Jabari, une trêve avait été finalisée par l’Egypte, ce que confirme le témoignage du militant de la paix Gershon Baskin, repris dansHaaretz, « Israeli peace activist : Hamas leader Jabari killed amid talks on long-term truce », 15 novembre)

Chaque escalade fait suite à des assassinats ciblés de militants palestiniens à Gaza. Ces exécutions extra-judiciaires sont une pratique ancienne du gouvernement israélien (à laquelle les Etats-Unis se sont ralliés depuis longtemps). Vous avez dit « terrorisme » ? (lire « De Gaza à Madrid, l’assassinat ciblé de Salah Shehadeh », par Sharon Weill, Le Monde diplomatique, septembre 2009).

Le scénario avait été exactement le même en 2008. Alors que la trêve était respectée du côté palestinien depuis juin 2008 (« List of Palestinian rocket attacks on Israel, 2008 », Wikipedia), c’est l’assassinat de sept militants palestiniens en novembre qui devait déboucher sur une escalade et l’opération « Plomb durci ».

Sur les violations par Israël des cessez-le-feu au cours des dernières années, on pourra lire Adam Horowitz, « Two new resources : Timeline of Israeli escalation in Gaza and Israel’s history of breaking ceasefires » (Mondoweiss, 14 novembre 2012).

D’autre part, il est difficile de parler d’un affrontement entre deux parties : les F-16 israéliens et les roquettes palestiniennes ne sont pas des armes équivalentes. Le bilan humain, depuis la trêve de janvier 2009 qui a suivi l’opération « Plomb durci », le confirme.

L’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem dresse le compte des Palestiniens et des Israéliens tués à Gaza depuis le 19 janvier 2009 jusqu’au 30 septembre 2012 (« Fatalities after operation “Cast Lead” ») :

271 Palestiniens (dont 30 mineurs) contre 4 Israéliens.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes... Alain Gresh http://blog.mondediplo

 

 

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Lettre de Palestine     Vivre sous les bombes à Gaza

Vendredi 16 novembre 2012, par Claude Sarah Katz

 

Jeudi 15 novembre, 9:30

Hier, les forces armées israéliennes ont lancé une nouvelle vague de bombardements aériens et maritimes sur la bande de Gaza. Cela signifie qu’une population de 1,8 million de personnes, prisonnière — au sens plein du terme — dans une étroite bande de terre entre une « frontière » à la technologie hyper-sophistiquée et une mer patrouillée sans interruption par la marine de guerre, va subir aléatoirement la mort venue du ciel.

Combien ? Le grand hôpital de la ville de Gaza, Shifa, a accueilli toute la nuit la ronde des ambulances. Les informations circulent, essentiellement par Facebook, mais je ne peux vous faire un point maintenant : le quartier où je vis, et probablement une grande partie de la bande de Gaza, est sans électricité — donc sans routeur. Concernant les morts de l’après-midi d’hier et de la première partie de la nuit, on en compte une dizaine, ainsi qu’une centaine de blessés. Très mauvais signe, Israël a baptisé l’opération en cours « Pilier de défense » (« Pillar of Defence »). Veut-elle rééditer « Cast Lead » (« Plomb durci ») ? Souvenez-vous : 1 400 morts en quelques trois semaines, fin 2008-début 2009…

Devant la disproportion effarante des forces, une population civile, coincée entre barbelés et mer, littéralement écrabouillée par une très puissante armée, la « communauté internationale » va-t-elle réagir ? Nullement — en tout cas pas sans y être contrainte par l’opinion publique. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni cette nuit et a décidé de ne rien dire. Cela donne dans les dépêches d’agence des titres quasi anodins (comme : « UN takes no action on Israel strikes »). Un des participants aurait déclaré que le fait que cette réunion ait eu lieu était déjà un signe positif. Merci pour les familles qui mourraient sous les bombes des F16 israéliens au même moment.

Comment peut-on en arriver là ? Que les puissants qui nous gouvernent aient leur propre vision du partage du monde et de ses richesses, et que dans cette vision les populations soient une simple variable d’ajustement, soit. Mais la presse ? Les organisations populaires ? On arrive à ce déni de toute justice, ce déni du droit de vivre pour les Gazaouis, par une longue série de mensonges et de désinformation.

Cela commence et finit par le renvoi dos à dos, au mieux, des « protagonistes ». A titre d’exemple, le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, lequel exprime au premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ses « préoccupations devant la détérioration de la situation dans le sud d’Israël et dans la bande de Gaza, ce qui inclut (which includes) l’escalade alarmante des tirs indiscriminés de missiles et les assassinats ciblés par Israël de responsables militaires du Hamas » [1].

Ainsi, d’un côté, les terroristes palestiniens lancent des roquettes sur des objectifs « indiscriminés » — donc la population civile —, et de l’autre Israël, qui tue « proprement » un important chef militaire du Hamas. Au regard de la réalité du terrain, des bombes qui explosent autour de nous, des images affreuses d’enfants brûlés, c’est simplement ignoble — mais inattaquable en droit, grâce à l’astucieux « qui inclut ».

Alors, ne pas perdre de vue d’autres éléments, autrement importants, dont l’absence rend ce tableau parfaitement mensonger.

Non, Gaza n’est pas un endroit qui pourrait être calme et vivable si des fous furieux ne s’acharnaient pas à lancer des roquettes sur le paisible Israël. Gaza suffoque avec un nœud coulant au cou. Aucune décision sur sa vie ne lui appartient. Toute la vie économique a été tuée par l’interdiction d’exporter. Gaza est une cage où une puissance étrangère décide de tout, la quantité des denrées qui entrent ou n’entrent pas, les lieux où les gens pourront rester en vie et ceux où ils seront abattus, le moment où ses chars entreront arroser quelques kilomètres carrés de leurs engins explosifs et les moments où on pourra avoir l’impression de vivre. Je suis à Gaza depuis treize jours, mes notes quotidiennes sont faites de corps déchiquetés, de parents à bout de pleurs et du silence des comas. La mort à Gaza est comme la colonisation en Cisjordanie : quel que soit l’état des négociations de paix, la colonisation avance au même rythme en Cisjordanie, et quel que soit l’état de la résistance, l’armée israélienne tue quotidiennement à Gaza. Cette phrase n’est pas une envolée rhétorique mais un constat statistique.

Chaque fois que la population de Gaza tente de relever la tête, le nœud coulant se serre un peu davantage [2]. A titre d’exemple : les accords d’Oslo, marché de dupes s’il en fut, dessinent une zone accessible à la pêche pour les bateaux de Gaza d’une largeur de 20 miles nautiques (37 kilomètres). Pour punir les Gazaouis, après le déclenchement de la seconde Intifada, cette zone est ramenée arbitrairement, et du seul droit du plus fort, à 12 miles en 2000, puis à 6 miles en 2003. Depuis 2006, elle a est restreinte à 3 miles, limite imposée par des navires de guerre omniprésents. De ce minuscule espace de pêche, les bateaux ne peuvent ramener qu’une misère et l’ensemble de l’activité est sinistrée [3]. Si on oublie cet aspect du constat, le mépris, la brutalité, le traitement de cette population comme étant privée de tous droits, ne survivant que selon le bon plaisir de son vainqueur, on ne peut rien comprendre à l’existence d’une résistance.

C’est la même logique qui préside aux bombardements d’aujourd’hui : se venger sur la population civile des actions de résistance. Ceci a un nom : punition collective. Et appartient, en droit international, à la catégorie crime de guerre.

Nous savons bien tous, ou croyons savoir, que résister est non seulement un droit, mais un devoir. Ici la résistance est petite et morcelée, décimée par les assassinats dits « ciblés », confrontée à une terrible machine de guerre, mais elle existe. Et comme toute résistance, c’est à elle qu’on impute les malheurs de la population. Relisez le texte de l’Affiche rouge et ce que les nazis avaient écrit sur cette affiche placardée dans tout Paris :« Des libérateurs ? La libération par l’armée du crime ! ». Ceux dont nous nous rappelons avec affection et respect les actions, les résistants sur le sol français, étaient désignés alors comme terroristes, responsables de la « malheureuse » nécessité, pour l’armée d’occupation allemande, de procéder en représailles à des prises d’otages et à des exécutions sommaires.

 

17:00

Ce qui a commencé hier, ce qui se poursuit aujourd’hui, c’est le bombardement de la population civile. Ce qu’écrit Le Monde dans son édition du jour, et accessible sur la Toile — « Israël menait jeudi 15 novembre un deuxième jour d’offensive contre les groupes armés dans la bande de Gaza. Une frappe aérienne a provoqué la mort de trois militants palestiniens, a-t-on appris de sources médicales »  [4] —, est de la pure désinformation. Le responsable de l’hôpital Shifa, le docteur Medhat Abbas, a compté pour nous, en milieu de journée, 90 frappes, visant les lieux les plus variés : maisons, routes, terrain vagues, fermes. On déplore 13 morts (pour une moitié des combattants, pour l’autre des civils, dont le plus jeune avait 11 mois et le plus âgé 65 ans) et 147 blessés — dont une partie ne survivra pas. Ce genre de bilan signe une stratégie : terroriser la population.

Peu ou prou, la résistance riposte. Avec plus de force que lors de l’opération « Plomb durci ». Une coordination de l’ensemble des mouvements semble se mettre en place. La population en soutient le but. Dans les pleurs et des cris de rage, même au chevet des enfants mourants, c’est incontestablement le refus de plier qui se fait entendre.

Plutôt que de s’aventurer dans de savantes discussions sur les appartenance partisanes de tel ou tel groupe de résistants, les analystes politique devront compter avec la population de Gaza.

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Claude Sarah Katz est démographe, retraitée du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), spécialiste en analyse de données à l’université Al Azhar de Gaza. Elle est actuellement envoyée spéciale du mensuel CQFD à Gaza.

Notes

[1] « UN Security Council meets, takes no action on Israel strikes », Ma’an News Agency, 16 novembre 2012.

[2] Lire le témoignage de Noam Chomsky, qui s’est rendu sur place du 25 au 30 octobre, « Impressions de Gaza », Palestine Solidarité, 10 novembre 2012.

[3] Lire Joan Deas, « A Gaza, la mer rétrécit », Le Monde diplomatique, août 2012.

[4] « Israël tue le chef militaire du Hamas et annonce une opération armée à Gaza », Le Monde, 15 novembre 2012.

http://blog.mondediplo.net 

 

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Comment  le peuple juif fut inventé

Il n’y a pas plus eu de peuple juif que de peuple chrétien et de peuple musulman. Selon l’historien israélienShlomo Sand, l’expression « peuple juif » n’apparait qu’au XIXe siècle.

Quant à l’exil des juifs, après la chute du temple de Jérusalem en 70 après J.-C., c’est, selon l’auteur de« Comment le peuple juif fut inventé »(éd. Fayard), un pur mythe chrétien antijuif du IIIe siècle.

Au VIIe siècle, la plupart des populations juives se seraient islamisées. Conséquence : « Les chances que les Palestiniens soient des descendants des Judéens de l’Antiquité sont beaucoup plus grandes que celles des juifs. »

Shlomo Sand a été tourné en ridicule par des historiens israéliens (et critiqué par d’autres), mais salué par l’un d’eux (décédé en 2010), l’historien Tony Judt,ancien sioniste convaincu devenu un partisan de la création d’un Etat palestinien.

 

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Les enfant palestiniens qui ne verront jamais Palestine


 

 

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Pourquoi Obama ne va pas s’en prendre à Israël

Barack Obama, Benjamin Netanyahu

La victoire d’Obama aux élections présidentielles la semaine dernière suscite un malaise général en Israël. Mais l’approche de la Maison Blanche envers Netanyahou risque peu de changer de manière significative.

Les sondages menés hors USA peu de temps avant le jour du scrutin montraient qu’Obama était le candidat préféré dans tous les pays sauf deux : le Pakistan et Israël. Mais contrairement au Pakistan, où les deux candidats se partageaient une même impopularité, il n’a obtenu que 22 % en Israël contre 57 % en faveur de Romney.

Au vu de ces chiffres, on ne s’étonnera pas que le Premier Ministre de l’aile droite, Benjamin Netanyahou, ne fasse que peu d’efforts pour cacher ses sympathie politiques, imposant un accueil de héros à Romney lorsque celui-ci visita Jérusalem cet été et se produisant en vedette dans plusieurs de ses publicités électorales.

Ehud Olmert, un précédent Premier Ministre israélien, a accusé Netanyahou de « cracher » à la face du Président et mis en garde Israël contre une vengeance possible d’Obama pendant son second mandat (cf « Olmert descend Bibi en flammes à propos de l’Iran et de sa relation à Obama » article de Dan Ephron dans The Daily Beast du 6 novembre).

La sagesse générale veut que le président, déchargé des soucis de sa réélection, cherchera à se venger, à la fois de l’intransigeance de Netanyahou dans le processus de paix et de son intrusion dans la campagne étatsunienne.

Les dessinateurs de presse ont résumé la situation la semaine passée. Le quotidien libéral Haaretz montrait un Netanyahou suant à grosse gouttes et mettant prudemment sa tête dans la gueule du lion Obama, tandis que le Jerusalem Post de droite montrait Netanyahou s’exclamant « Oh ! la poisse ! » à la lecture des grands titres.

Parmi les Israéliens et de nombreux observateurs, le sentiment est qu’un Obama en second mandat exercera une pression bien plus forte sur Israël à la fois pour faire de grandes concessions aux dirigeants palestiniens et pour mettre un terme à la posture agressive envers l’Iran pour sa supposée intention de construire une tête nucléaire.

 

Ambiance euphorique

Mais une telle idée est chimérique. L’approche de la Maison Blanche envers Netanyahou risque peu de changer de manière significative.

L’état d’esprit euphorique de Netanyahou s’étalait en évidence pendant le scrutin américain : son gouvernement annonçait le projet de construire plus de 1.200 maisons pour colons juifs à Jérusalem-Est, capitale présumée d’un futur état palestinien (cf « Israël fait avancer la construction de 1.200 maisons à Jérusalem-Est » article du Guardian du 6 novembre.

La réalité, Netanyahou le comprend fort bien, c’est qu’Obama a maintenant les mains liées au Moyen-Orient tout aussi étroitement que pendant son premier mandat.

Obama s’est brûlé les doigts précédemment quand il a tenté d’imposer un gel des colonies. Il n’y a aucune raison  de croire que les lobbyistes israéliens d’extrême-droite à Washington, menés par l’AIPAC, faciliteront la tâche du Président cette fois-ci.

Et comme le notait Ron Ben Yishai, journaliste israélien aguerri, Obama aura en face de lui le même Congrès, qui « est traditionnellement le bastion du soutien quasi inconditionnel à Israël » (cf « Obama est mieux pour Israël » Ynet, 6 novembre).

Obama ne se fait peut-être pas de souci à propos de sa réélection, mais il ne voudra pas transmettre un héritage empoisonné au prochain candidat démocrate à la présidence, ni embourber son dernier mandat dans des confrontations désastreuses avec Israël. On se souvient encore trop douloureusement du coup raté de Clinton pour forcer un accord de paix – même s’il était en réalité bien plus généreux pour Israël que pour les Palestiniens – à Camp David, aux derniers jours de son second mandat.

Et en dépit de son antipathie personnelle à l’égard du Premier Ministre israélien, Obama sait aussi que mis à part le conflit israélo-palestinien, ses politiques y sont soit alignées sur Israël soit dépendantes de la bonne volonté de Netanyahou à collaborer.

 

Revanche limitée ?

Obama comme Netanyahou désirent que l’accord de paix Egypte-Israël tienne le coup. Tous deux doivent s’assurer que la guerre civile en Syrie ne connaisse pas une escalade qui la fasse échapper à tout contrôle, comme semblaient l’indiquer les tirs transfrontaliers sur le plateau  du Golan ces derniers jours. Tous deux préfèrent des dictateurs pro-occidentaux répressifs dans la région plutôt que de nouveaux islamistes.

Et bien sûr, tous deux veulent coincer l’Iran pour ses ambitions nucléaires. Jusqu’à présent, Netanyahou a consenti à contre-coeur à la ligne US – “donner une chance aux sanctions” – et a atténué sa rhétorique d’attaque. La dernière chose dont la Maison Blanche ait besoin, c’est d’un Netanyahou fâché exhortant ses cohortes de Washington à saper la politique étatsunienne.

Il reste un mince espoir aux opposants de Netanyahou, c’est qu’un président américain mécontent prenne malgré tout une petite revanche et fasse tourner les tables en interférant dans les élections israéliennes de janvier prochain. Il pourrait soutenir des opposants plus modérés, comme Olmert ou Livni,  si ceux-ci choisissent de se présenter et commencent à sembler crédibles.

 

Mais même cela resterait un pari risqué

Quelle que soit la composition de la prochaine coalition gouvernementale en Israël, il est évident qu’elle mènera des politiques guère différentes de l’actuelle. Cela ne fait que refléter le virage à droite des électeurs israéliens, comme l’indique un sondage de ce mois : 80 % des électeurs croient à présent qu’il est impossible de faire la paix avec les Palestiniens.

En fait, étant donné l’état d’esprit en Israël, une tentative trop manifeste d’Obama d’épauler un des opposants à Netanyahou risquerait actuellement de réduire leurs chances de succès. Netanyahou a déjà démontré aux Israéliens qu’il peut défaire le président US dans un combat les yeux dans les yeux. Beaucoup d’Israéliens vont sans doute conclure que personne n’est mieux placé pour tenir en échec un Obama antipathique pendant son second mandat.

Confronté au consensus populaire israélien et au soutien du Congrès à la ligne dure avec les Palestiniens, Obama est un champion improbable du processus de paix – et même de la modeste ambition actuelle de la Palestine d’obtenir le statut d’observateur aux Nations Unies. Le vote à ce sujet doit avoir lieu le 29 novembre, le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas espérant apparemment que l’anniversaire du Plan de partition de 1947 de la Palestine fournira une résonance émotionnelle.

Entre-temps, les principaux partis israéliens bataillent pour mettre la main sur le grand réservoir de votes de droite. La semaine dernière, Shelly Yacimovich, leader du parti travailliste dans l’opposition, a nié que son parti soit « de gauche », montrant combien c’est  devenu un vilain mot en Israël. Elle a soigneusement évité de faire allusion aux questions palestiniennes ou diplomatiques.

Et le grand espoir de la politique israélienne, l’ancienne étoile télévisuelle Yair Lapid, est rapidement devenu comme un écho de Netanyahou. La semaine dernière, il est allé jusqu’à refuser de s’opposer publiquement aux ultimes parties palestiniennes de Jérusalem-Est, arguant que les Palestiniens pourraient être forcés à renoncer à leur capitale putative (“Lapid : Si Israël reste ferme, les Palestiniens renonceront à Jérusalem-Est” cf Haaretz 8 novembre )

La réalité est que la Maison Blanche est à la colle avec un gouvernement israélien, avec ou sans Netanyahou, qui rejette un accord avec les Palestiniens. Comme la violence éclate à nouveau à Gaza – comme c’est arrivé pendant la dernière ligne droite de la dernière élection israélienne – il semble bien que nous en soyons pour quatre années de plus dans le même bateau.    Jonathan Cook mondialisation.ca

 

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Manifs de solidarité avec le peuple palestinien et avec Gaza 

 

 

Des citoyens palestiniens et d'autres pays arabes s'expriment ....

 

 

 

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