Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 06:00

La fin du double discours d’Ennahdha?

 

 

Où en est le parti Ennahdha depuis son accès au gouvernement? Soumis à l’exposition et à l’évaluation permanentes, le parti comme les membres nahdhaouis du gouvernement ne semblent plus en mesure de manier  l’art du double discours et les références religieuses sans conséquences.

 

«Il faut couper les mains et les pieds des sit-inneurs et les crucifier.» a déclaré en arabe le 24 janvier l’élu du parti Ennahdha, Sadok Chourou en pleine séance plénière de l’Assemblée Nationale Constituante. Il faisait référence à un verset du Coran. Connu pour faire partie de l’aile radicale d’Ennahdha et ancien secrétaire général du parti dans les années 80 puis emprisonné sous le régime ben Ali, le personnage a montré une nouvelle facette du parti face à un président de l’Assemblée Constituante qui se contente de remercier le concerné sans relever ce dérapage. Face à la polémique qui a suivi, le député a déclaré que « Le Mouvement Ennahda s’en tient à son autorité et au discours islamiques, qui constituent l’un de ses avantages et de ses principes fondateurs » et a parlé d’une exagération des médias selon le site Magharebia.


Plus tard dans la semaine, un autre député Oussama Sghaier annonce le recours aux armes sur Twitter pour couper court à l’instabilité «nombreux sont ceux qui n’ont pas compris que le gouvernement ne manque pas d’armes, mais, c’est dans l’intérêt de la Tunisie et d’un projet d’une stabilité à long terme, qu’il préfère lancer le débat». Si ce genre de déclarations choque sur les réseaux sociaux, elles n’en restent pas moins attendues de la part des radicaux du parti Ennahdha. Cependant, ce discours qui mêle la référence religieuse et la politique commence à dominer progressivement le parti qui peine à maintenir une façade modérée.

Le dérapage de Sadok Chourou à l’Assemblée

 

Un projet de constitution qui pose question

Habib Kehder, nouvellement nommé à l’Assemblée, rapporteur au sein de la commission chargée de la Constitution, annonce la couleur du projet de constitution d’Ennahdha dès le vendredi 3 février sur la radio Mosaïque FM. Il déclare sans détours que la chariaa a été une source d’inspiration pour le projet constitutionnel. A l’article 10, se trouve en effet une phrase stipulant que la chariaa serait une source d’inspiration. Si la déclaration a fait polémique sur les réseaux sociaux, reste à savoir quel usage est fait de cet article et si son intégration n’a pas juste une valeur symbolique pour un parti qui voudrait satisfaire son aile radicale. Un autre article, cependant, peut prêter à débat. L’article 20, stipule des limites à la liberté d’expression pour toute atteinte aux sacralités religieuses. Si les conditions à la liberté d’expression restent un sujet de débat en Tunisie, la référence perpétuelle à la religion ou à la loi coranique de la part d’un parti qui ne veut pas s’affirmer comme parti religieux et qui prône un discours modéré peut paraître inquiétant.


L’interprétation de ces déclarations pose question. Pour certains, comme le blogueur keftegi c’est «l’amateurisme» en matière de gouvernance qui semble être la cause de ces sursauts publics. Ennahdha, dont beaucoup de membres sont majoritaires au sein du nouveau gouvernement, se trouve dans une position critique. Chacun de ses gestes est épié par l’opposition mais aussi par une société civile toujours en revendication révolutionnaire comme le montre la multiplication des sit-ins. Pour la population postrévolutionnaire, le gouvernement reste la cause de tous les maux, quelque soit le parti majoritaire, l’épreuve du pouvoir reste aujourd’hui un test en Tunisie. Pour d’autres comme un journaliste du siteNawaat.org, il s’agit au contraire de l’affirmation d’une certaine aile radicale de la Nahdha, appréciée des jeunes militants et qui tente de se rapprocher du mouvement salafiste par un discours religieux. Si les rapports entre le parti Ennahdha et les salafistes reste ambigu et méconnu, l’inaction du gouvernement face à des sujets sensibles comme l’occupation de sit-inneurs salafistes à la faculté de la Manouba, pose question.


Quant au début de politique d’ouverture amorcée par le premier ministre Hamadi Jebali, celle-ci semble peu crédible face aux déclarations des députés à l’Assemblée. Ce dernier qui avait défendu la liberté d’expression en condamnant l’agresseur du journaliste Zied Kriechen lors du procès Nessma TV et qui recevait les partis d’opposition pour «discuter», a également fait un faux pas le lundi 6 février en s’exprimant sur le sort des Tunisiens en Syrie. A la suite de l’annonce de la possible expulsion de l’ambassadeur syrien en Tunisie, des inquiétudes se sont fait sentir quant aux représailles que pourraient encourir les Tunisiens en Syrie. Hamadi Jebali s’est alors exprimé en déclarant «Que dieu les protège».
La référence à la religion dans le discours politique ne semble plus être un gage de crédibilité mais au contraire une manière de cacher un certain «amateurisme» comme en témoigne le blogueur Kefteji.


Le bras de fer avec les médias

L’autre point de discorde entre le gouvernement et la société réside dans la confrontation avec les médias. La neutralité n’est pas de mise lorsqu’il s’agit de parler du gouvernement et les médias se plaisent à relayer chacun des dérapages du parti. L’anglais de Rached Ghannouchi à Davos tout comme son interview à un média israélien réjouit les plumes. La guerre médiatique devient alors celle de l’image et à qui aura le meilleur détracteur. On peut le voir dans les deux unes des journaux les plus orientées politiquement. Le quotidien Le Maghreb qui se dit de ligne éditoriale «moderniste» mais réputé anti-ennahdha titre sur Béji Caïd Essebssi et son communiqué du 26 janvier, qui appelle à une sortie de crise. En bas, de la page figure Sadok Chourou et ses récentes déclarations qui ont fait la polémique. Sur le journal Al machrek, qui semble s’aligner progressivement sur une ligne pro-gouvernement, la Une est bien différente, Sadok Chourou figure en gros plan et Béji Caïd Essebssi en petit.

Les deux unes opposées de quotidiens populaires le même jour


Rivalité médiatique entre les journaux qui s’alignent comme sous l’ancien régime à la politique du gouvernement, ceux qui sont ouvertement partisans et ceux qui sont de l’opposition sans l’affirmer vraiment, le manque de neutralité dans les médias montre la division progressive entre les pour et les contre, les «modernistes» et les «conservateurs».Quelle place tient Ennahdha dans ce paysage médiatique où le juste milieu n’a pas été encore trouvé ? Il semble que le parti tire profit de ce manichéisme ambiant en s’affirmant comme  «victime» parfois à juste titre, d’un dénigrement médiatique. Mais par là-même, il entretient ainsi la mauvaise réputation des médias héritée de la censure dictatoriale alors qu’il mène la même propagande via certains organes de presse partisans comme son hebdomadaire Al Fajr. Quant aux médias eux-même, les réflexes de l’ancienne dictature ne sont jamais loin. pour un employé de la Télévision nationale tunisienne qui a préféré rester anonyme, «La façon dont le journal télévisé s’aligne progressivement sur l’agenda du gouvernement est un premier indice.» Quant à la censure qui touche à la religion ou aux moeurs, celle-ci est plus que jamais d’actualité avec le report du procès Nessma et l’approche du procès concernant l’Agence Tunisienne d’Internet et la censure des sites pornographiques. les décisions de la justice sur ces deux affaires risquent de faire jurisprudence. dans les deux cas, les membres nahdhaouis du gouvernement sont concernés. Dans le cas de Nessma TV, beaucoup des avocats de la partie civile qui ont porté plainte contre la chaîne sont d’obédience nahdhaouie. Quant à l’ATI, c’est une société anonyme mais sous tutelle du gouvernement.


L’épreuve du pouvoir peut déstabiliser un parti politique ou au contraire révéler sa vraie nature. Il semble que si les membres d’Ennahdha doivent assumer une phase transitionnelle instable, ils confirment avec de moins en moins de réserves leur projet de société.

par Lilia Blaise

source slateafrique

 

 

_____________________________________________________________

Ennahdha se sert du ministère des affaires religieuses pour augmenter sa popularité !


 

Pour fêter l’anniversaire du prophète Mahomet, le ministère des affaires religieuses organise la 39ème conférence islamique intitulée : « Les principes de la Révolution et sa finalité, partant de la biographie du prophète », et ceci le jeudi et vendredi 2 et 3 Février 2012, à Kairouan.

 

Ce mélange entre politique et religieux a choqué bon nombre de monde, si bien que la nouvelle de cette conférence a parcouru le Web et les réseaux sociaux. En effet, beaucoup ne comprennent pas comment les principes de la Révolution pourraient être ralliés à la vie du prophète, et se rappellent le discours insipide du ministère des affaires religieuses au temps de Ben Ali lorsqu’on disait, par exemple, que le prophète prenait l’avis de ses disciples et amis avant de prendre une décision et que l’islam était par voie de conséquence une religion qui prône la démocratie. Il s’agit là encore de citer vainement quelques exemples de la vie du prophète où il défendait la dignité des hommes et leurs libertés pour associer la Révolution à l’islam de manière sommaire.

 

Le comment de la chose sera sans doute tordu, mais c’est bien le « pourquoi » qui inquiète plus les internautes, surtout venant du ministère des affaires religieuses occupé en ce moment par Ennahdha. S’agit-il d’une façon subtile de s’approprier la Révolution en faisant croire que les principes défendus par les révolutionnaires sont purement islamiques et par voie de conséquence l’effet du courant islamiste, qui partage ces principes, est d’avoir engendré la Révolution tunisienne ? Jouant sur l'amalgame entre islam et le courant islamique politique d'Ennahdha, il faut deux jours de conférences au ministère des affaires religieuses pour vendre aux gens son poison, mais il faut sûrement moins de temps pour se rendre compte de la supercherie et encore moins pour prendre conscience de la tentative du parti au pouvoir, là encore, de mettre la main sur une institution sensible de l’état pour se faire une notoriété.

par Mohamed Anis Abrougui

source tiwinoo

 

 

________________________________________

Quand le parti Ennahdha sortira t-il de l’ambivalence ?


 

Le citoyen tunisien peut légitimement se demander quels desseins véritables le parti Ennahdha poursuit et quelles priorités réelles il s’est fixées.

par Zouheir Jamoussi


 

Depuis les élections générales d’octobre 2011, qui lui ont permis de détenir l’essentiel du pouvoir exécutif, le parti islamiste s’est livré à des pratiques politiques incohérentes et contradictoires qui ne sont de nature ni à rassurer l’opinion publique, ni à favoriser la cohésion nationale si nécessaire pour faire face à une situation socio-économique d’une extrême gravité.

 

La dichotomie «laïcs et gauchistes» et «islamistes»

Une première hypothèse consisterait à penser que la priorité pour Ennahdha est de mobiliser, par-delà les clivages politiques, toutes les forces vives et toutes les ressources du pays pour tenter de surmonter cette crise dont la gravité est unanimement reconnue. Ses appels à la formation d’un gouvernement d’union nationale après son succès électoral pouvait faire penser à une ouverture sincère dans ce sens.

L’hypothèse contraire serait de supposer que le parti islamiste entend gouverner un pays délibérément divisé selon une ligne idéologique et religieuse artificielle, tracée et exploitée durant la campagne électorale par un parti Ennahdha s’érigeant en sauveur de l’islam en Tunisie et désignant les adeptes de la laïcité, mal compris, comme des mécréants et des ennemis de Dieu.

Les toutes dernières déclarations de Sadok Chourou, membre de l’Assemblée constituante issu d’Ennahdha, rapportées par nos médias le 30 janvier, confirment la dichotomie établie dans le discours du parti Ennahdha entre «laïcs et gauchistes» d’une part et «islamistes» d’autre part.

Quelques faits plaident d’ailleurs en faveur de cette seconde hypothèse. Je pense notamment à l’impunité dont semblent jouir les auteurs d’agressions intolérables perpétrées en particulier contre les journalistes et les universitaires et, plus généralement, contre les libertés et les droits des citoyens.

 

Ne pas fâcher les Salafistes ! 

Les agissements des Salafistes à Sejnane et leur interminable «sit-in» qui a paralysé la Faculté de la Manouba, pour ne prendre que ces exemples, n’ont pas suscité de la part du gouvernement des réactions à la mesure de la gravité des dépassements commis, loin s’en faut. Dans le cas de la faculté, tout porte à croire que le gouvernement s’est contenté de compter les coups en spectateur, peut-être misant dangereusement sur l’abdication du droit et de la légalité au sein de l’institution.

Pourtant, avant la formation de l’actuel gouvernement, Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, avait, si j’ai bonne mémoire, ébauché (du bout des lèvres, il est vrai) ce qui aurait pu servir de base à une sortie de crise : tout en soulignant que le port du niqab faisait partie des libertés tant revendiquées, il avait ajouté que cela dérogeait pourtant quelque peu aux habitudes vestimentaires tunisiennes et que, par ailleurs, les règlements internes devaient être respectés. Cependant, le gouvernement de Hamadi Jebali semble persister dans sa détermination à ne pas fâcher les Salafistes. L’action du gouvernement veut-elle donc se situer essentiellement dans le cadre prioritaire d’une réforme de la vie politico-religieuse en Tunisie dans le sens opposé aux engagements officiels d’Ennahdha ?

 

D’étranges accoutrements venus d’ailleurs 

A quel islam veut-on d’ailleurs «convertir» un peuple tunisien très majoritairement imprégné des préceptes, valeurs et culture islamiques et enrichi, tout au long de son histoire, par son ouverture aux saines influences des autres cultures ? Faut-il rappeler que, comme en Algérie, l’attachement inébranlable à l’identité arabo-musulmane a été, dans notre pays, un facteur déterminant dans les diverses phases de la longue lutte contre le colonialisme. Voilà, cependant, qu’on veut substituer à cette tradition musulmane si profondément enracinée en Tunisie, une culture de rechange importée, dont on prétend qu’elle s’inspire de l’islam originel. Mais qu’on pardonne au Tunisien moyen de ne pas reconnaître le visage tolérant de l’islam dans ces mines délibérément rébarbatives et ces étranges accoutrements venus d’ailleurs.

En fait, ces manifestations culturelles apparaissent comme les signes avant-coureurs d’une volonté de pénétration et d’embrigadement politiques manifestée par un petit pays qui a tout à apprendre de notre Tunisie en matière de libération nationale.

Certes, les dissensions au sein même du sunnisme moyen-oriental expliquent la recherche d’alliances politico-religieuses à l’échelle du monde arabe, voire du monde islamique. Plus encore, le conflit entre chiisme et sunnisme qui secoue toute la région du Golfe est perçu par certains pays frères, eu égard à leur structure démographique particulière, comme une menace pour leur unité nationale et une illustration des visées hégémoniques iraniennes.

Cependant, s’il est vrai que la Tunisie ne peut être indifférente à ces réalités politiques régionales, elle n’a pas pour autant vocation à servir de pion sur l’échiquier moyen-oriental ou de vassal à un seigneur inféodé. Force nous est de reconnaître que ces dissensions, qui sont en permanence attisées par les amis du sionisme expansionniste, ne peuvent profiter qu’aux ennemis de l’islam. A cet égard, l’idée de «normalisation des relations avec Israël», souvent évoquée depuis quelque temps en Tunisie, alors même que se propage implacablement le cancer de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens, devrait choquer tous les Tunisiens, quelle que soit leur appartenance politique. Mais revenons en Tunisie.

 

Les Salafistes : alliés ou adversaires d’Ennahadha ?

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les Salafistes sont les alliés politiques réels mais inavoués ou les adversaires redoutés du parti Ennahadha. Dans ses propos rapportés par les médias du 30 janvier, M. Chourou ne «tranche» pas : «Ennahdha soutient la prédication salafiste» mais n’est pas d’accord avec les «pratiques politiques» des Salafistes. Il se trouve justement que rien de clair ni de décisif n’est fait par le gouvernement pour mettre un terme à ces «pratiques». Pourtant le fait est là : le parti majoritaire au gouvernement ne peut continuer à gouverner conformément à l’engagement qu’il a solennellement pris de respecter les libertés et les droits des citoyens, tout en s’interdisant de mettre fin aux agissements inacceptables d’une minorité qui veut imposer sa loi.

Tout se passe, en effet, comme si le gouvernement ménageait cette minorité en lui concédant un espace de non-droit où elle peut donner libre-cours à son agressivité en toute impunité. Mais l’impunité jusqu’où, jusqu’à quand?

Il est curieux à cet égard que le parti Ennahdha crie au sabotage politique et se plaigne que les oppositions, les médias et les syndicats s’acharnent contre lui et entravent l’action gouvernementale.

Mais ce n’est là qu’une contre-vérité de plus. Encore une fois, le parti islamiste veut abuser l’opinion publique : car l’opposition, comme Ennahdha le sait pertinemment, n’a pas pour cible la politique gouvernementale en matière de redressement économique et social du pays, ni le gouvernement lui-même, mais bien l’ambivalence d’Ennahdha et les dangers que ce parti fait courir aujourd’hui aux libertés et au droit en Tunisie. Plus que jamais, en effet, les oppositions doutent de la sincérité de l’engagement du gouvernement à protéger les libertés, le droit et le processus démocratique.

 

Les fissures de la troïka 

Maintenant, si, par bonheur, l’objectif du parti Ennahdha est de tenir son engagement en faveur de la démocratie et des libertés, et que sa priorité, telle que l’impose la situation du pays, est de relever l’énorme défi socio-économique, alors il n’existe pour lui d’autre voie que celle du rassemblement et de la cohésion nationales. Mais est-il imaginable qu’une telle cohésion puisse voir le jour dans le climat de suspicion et de méfiance que suscite et exacerbe de jour en jour l’ambivalence de ce parti ?

A cet égard, l’alliance politique conclue entre Ennahdha, le Congrès pour la République (Cpr) et Ettakatol, et connue sous le nom de «troïka », pouvait, dans un premier temps, apparaître comme le signe d’une ouverture politique prometteuse. Or, déjà des fissurations apparaissent dans l’édifice de la troïka, et les partenaires du parti islamiste, pressés par leur base, ne cachent plus leur embarras et leur frustration.

Peut-être l’expérience brève mais combien difficile du pouvoir et la complexité de la situation, à laquelle il a du mal à faire face, auront-elles fait comprendre au parti Ennahdha qu’il se condamne inéluctablement à l’isolement politique total, s’il ne renonce pas à l’ambivalence comme mode de gouvernement.

* Universitaire à la retraite.

source kapitalis

 

 

_________________________________________________________________

 

Les Frères Musulmans au seuil du pouvoir


Paris – Au seuil du pouvoir, les Frères Musulmans devront faire le dur apprentissage de la gestion quotidienne des conflits sociaux du pays et veiller à la neutralisation des interférences externes dans la détermination de la nouvelle diplomatie égyptienne; un fait qui suppose la prise en compte des profondes aspirations d’un peuple frondeur et tombeur de la dictature et les impératifs de puissance que commande la restauration de la position de l’Egypte dans le Monde arabe. Sur fond de concurrence avec la mouvance rivale salafiste, cette épreuve est infiniment plus redoutable que près de cinquante ans d’opposition déclamatoire souvent à connotation sinon démagogique à tout le moins populiste.

 

1- Ce que Nasser pensait de Frères Musulmans

En Egypte, les partis religieux ont totalisé près des deux tiers des sièges du Parlement. En Tunisie En-Nahda a raflé 41,47% des sièges et au Maroc, les islamistes ont obtenu 107 des 395 du parlement.
La montée en puissance des Frères musulmans dans le Monde arabe à la faveur des consultations post printemps arabe, sur fond de drainage massif de pétrodollars, remet en mémoire les relations conflictuelles entre Nasser, à l’époque le chef charismatique du combat nationaliste arabe, et la confrérie, la plus ancienne formation politique d’Egypte, et sans doute du Monde arabe.

A l’intention des lecteurs arabophones, voici que Nasser pensait des Frères Musulmans

 

 

Et piour les lecteurs non arabophones, ci-joint un résumé des propos de Nasser tels qu’ils ont été diffusés dans ces deux vidéos:

Sur la 1ère vidéo

Nasser indique avoir cherché à nouer une coopération avec les Frères musulmans d’Egypte, en 1953, à son arrivée au pouvoir: La première revendication de responsable de la confrérie a été d’imposer le port du voile aux personnes de sexe féminin. «J’ai refusé car je considérai cela comme un retour en arrière. Mon interlocuteur n’avait pas réussi à imposer le voile à sa propre fille et il voulait l’imposer aux dix millions de femmes égyptiennes».

Sur la 2eme vidéo

«L’impérialisme et le colonialisme ont fourni armes et argent aux Frères Musulmans. Lors d’un de mes entretiens avec le dirigeant de la confrérie, l’homme à barbe m’a déclaré que le socialisme est contre la religion. …
Réponse de Nasser: Mais la religion prescrit elle que le pouvoir soit détenu exclusivement par une seule famille , que cette famille dispose de toutes les ressources du pays et de réduire l’ensemble de la population au statut d’esclaves?

Un des aspects de la question, notamment la collaboration avec les Etats-Unis et l’Arabie saoudite a été traité dans «Les Révolutions arabes et la malédiction de Camp David» René Naba, Editions Bachari Mai 2011 (1).

 

II- Quand la CIA finançait les Frères musulmans.

De son côté, le journaliste Ian Hammel a apporté des informations complémentaires dans un article paru dans l’hebdomadaire français le Point en date du 6 décembre 2011 et intitulé «Quand la CIA finançait les Frères musulmans».
Dans le papier de Ian Hammel, on y lit notamment: «Les services secrets américains ont longtemps soutenu la confrérie, née en 1928 en Égypte. Saïd Ramadan, mort à Genève en 1995, fondateur des Frères musulmans et père de Hani et Tariq Ramadan.

Le Fonds E 4320, conservé aux archives fédérales à Berne, concerne Saïd Ramadan, le gendre d’Hassan Al-Banna, fondateur des Frères Musulmans égyptiens. Poursuivi par le régime nassérien, réfugié en Suisse en 1959, Siad a crée le Centre Islamique de Genève, le premier institut de ce genre en Europe. Il est par ailleurs l’un des fondateurs de la Ligue Islamique Mondiale inspirée parles Saoudiens.

Une note confidentielle des services secrets suisses datant du 17 août 1966 évoque la « sympathie » de la BUPO, la police fédérale sur la protection de l’État, pour Saïd Ramadan. Elle ajoute: « Il est très certainement en excellents termes avec les Anglais et les Américains. » Un autre document, daté du 5 juillet 1967, se montre encore plus précis. Saïd Ramadan est présenté comme un « agent d’information des Anglais et des Américains. De plus, je crois savoir qu’il a rendu des services – sur le plan d’informations – à la BUPO. »
Toujours est-il qu’une réunion, présidée par le chef du service du Ministère public fédéral, du 3 juillet 1967, décide d’accorder un permis de séjour à Saïd Ramadan, alors que ce dernier aurait dû être expulsé le 31 janvier 1967. Les raisons de cette tolérance ? La possibilité « que les amis de Saïd Ramadan prennent le pouvoir dans les mois à venir dans l’un ou l’autre État aujourd’hui qualifié de progressiste ou socialiste ».

 

Saïd Ramadan et le président américain

Ces documents déclassés vont dans le même sens que l’ouvrage publié en septembre dernier par le journaliste américain Ian Johnson, lauréat du prix Pulitzer, Une mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident (*), on découvre que les Allemands, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont utilisé les Tchétchènes, les Kazakhs, les Ouzbeks, les musulmans vivant en URSS contre les communistes athées. Les Américains ont ensuite pris le relais, soutenant les islamistes contre le bloc communiste et ses satellites. En juillet 1953, une délégation de musulmans est invitée aux États-Unis, et reçue à la Maison-Blanche, parmi eux Saïd Ramadan.
Le 28 octobre 2011, dans un article intitulé « Le rôle mobilisateur de Saïd Ramadan », le site francophone Oumma.com montre la photo du président Dwight Eisenhower entouré des membres de la délégation. Saïd Ramadan est à sa droite. Le président américain estime que, dans ses relations avec les dirigeants arabes, « notre foi en Dieu devrait nous donner un objectif commun : la lutte contre le communisme et son athéisme », relève Ian Johnson. Quelques années plus tard, Saïd Ramadan, réfugié en Europe, traite avec Bob Dreher, un agent de la CIA installé à Munich.

Saïd Ramadan obtient en 1959 un doctorat en droit de l’université de Cologne pour sa thèse La charia, le droit islamique, son envergure et son équité. Il brûle d’envie d’étendre son influence à l’Europe entière. « Installé à Genève, il considérait Munich, à une journée de route de son domicile, comme l’endroit idéal où établir une sorte de base avancée », lit-on dans Une mosquée à Munich. La CIA finançait-elle directement Saïd Ramadan et les Frères musulmans en Europe? Ian Johnson reste prudent, dans la mesure où une partie des archives de l’agence de renseignements ne peut être consultée. « Tout indique que Dreher et l’Amcomlib eurent recours aux moyens financiers et politiques à leur disposition pour donner un coup de pouce au principal représentant des Frères musulmans en Europe », écrit-il. L’Amcomlib, ou American Committee for Liberation from Saïd Ramadan, de nationalité égyptienne, voyageait à cette époque avec un passeport diplomatique jordanien. Apparemment, le gendre d’Hassan el-Banna ne manquait pas de subsides, Une mosquée à Munich raconte ainsi qu’il roulait en Cadillac (2).

Décédé en 1995 à Genève, Saïd Ramadan est notamment le père de l’islamologue Tariq Ramadan, et de Hani Ramadan, qui lui a succédé à la tête du Centre islamique de Genève. Interrogé sur les liens éventuels de son père avec les services secrets américains et européens, ce dernier n’a pas souhaité nous répondre.

 

III – Rached Ghannouchi

Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste tunisien An Nahda, longtemps la bête noire des Occidentaux, s’est vu distingué par le magazine Foreign Policy comme «l’un des plus grands intellectuels de l’année 2011».

Parmi ces 100 plus grands intellectuels figurent une brochette de belliciste à tout crin: Dick Cheney, ancien vice-président de George Bush jr, un des artisans de l’invasion de l’Irak, de même que Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat de George Bush, le sénateur John Mac Cain, le président français Nicolas Sarkozy, le couple Bill et Hilary Clinton, le ministre de la défense de Bush jr et de Barack Obama, Robert Gates, le premier ministre turc Recep Teyyeb Erdogan et l’incontournable roman enquêteur Bernard Henri Lévy.

Et sur le plan arabe, outre Rached Ghannouchi, figurent Waddah Khanfar, l’ancien directeur islamiste de la chaine Al Jazira, époux de la nièce de Wasfi Tall, l’ancien premier ministre jordanien bourreau des Palestiniens lors du septembre noir jordanien de 1970, Waël Al-Ghoneim, responsable pour l’Egypte du moteur de recherche américain Google et animateur du soulèvement égyptien sur Facebook, ainsi que l’ancien Directeur de l’agence atomique de Vienne Mohamed Baradéï et le politologue palestinien Moustapha Barghouti, que nous aurions souhaité être distingué par un autre aréopage que Freedom House ou Global Voice Project.
Rached Ghannouchi a mis à profit son séjour pour rendre visite au « Washington Institute for Near East Policy», très influent think tank fondé en 1985 par M. Martin Indyk, auparavant chargé de recherche à l’American Israel Public Affairs Committee ou AIPAC, le lobby israélien le plus puissant et le plus influent aux Etats-Unis.
Le chef islamiste, longtemps couvé médiatiquement par la Chaine Al Jazira, a pris soin de rassurer le lobby pro israélien quant à l’article que lui-même avait proposé d’inclure dans la constitution tunisienne concernant le refus du gouvernement de collaborer avec Israël.

En trente ans d’exil, cet ancien nassérien modulera sa pensée politique en fonction de la conjoncture, épousant l’ensemble du spectre idéologique arabe au gré de la fortune politique des dirigeants, optant tour à tour, pour le nassérisme égyptien, devenant par la suite adepte de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny (Iran), puis de Hassan Al Tourabi (Soudan), pour jeter ensuite son dévolu sur le turc Recep Tayeb Erdogan, avant de se stabiliser sur le Qatar, soit sept mutations, une moyenne d’une mutation tous les quatre ans.
Du grand art qui justifie a posteriori le constat du journaliste égyptien Mohamad Tohi3ma «Les Frères Musulmans, des maitres dans l’art du camouflage et du contorsionnement mercuriel», article paru dans le journal libanais «Al Akhbar» en date du 1er octobre 2011 reprenant une tribune de Mohamad Tohi3ma, directeur du quotidien égyptien «Al Hourriya». Du grand art. En attendant la prochaine culbute. La prochaine chute ?

Au seuil du pouvoir, les Frères Musulmans d‘Egypte devraient faire preuve d’innovation, par le dépassement du conflit idéologique qui divise le pays depuis la chute de la monarchie, en 1952, en une sorte de synthèse qui passe par la réconciliation de l’Islam avec le socialisme. Cesser d’apparaitre comme la roue dentée de la diplomatie américaine dans le Monde arabe, en assumant l’héritage nassérien avec la tradition millénaire égyptienne, débarrassant la confrérie de ses deux béquilles traditionnelles ayant entravé sa visibilité et sa crédibilité, la béquille financière des pétromonarchies rétrogrades et la béquille américaine de l’ultralibéralisme.

Sous la direction de la confrérie, l’Egypte, épicentre du Monde arabe, devrait prendre en outre l’initiative historique de la réconciliation avec l’Iran, le chef de file de la branche rivale chiite de l’Islam à l’effet de purger le non dit d’un conflit de quinze siècle résultant de l’élimination physique des deux petits fils du prophète, Al-Hassan et Al-Hussein, acte sacrilège absolu fruit sinon d’un dogmatisme, à tout le moins d’une rigidité formaliste.

Répudier la servilité à l’égard des Etats-Unis, bannir le dogmatisme régressif sous couvert de rigueur exégétique, concilier Islam et diversité, en un mot conjuguer Islam et modernité…Tel est le formidable défi des Frères Musulmans au seuil du pouvoir dont la réussite pourrait conférer une légitimité durable et un magistère moral indiscutable à une confrérie dont la mutation pourrait impulser une dynamique de changement à l’épicentre de la gérontocratie pétro monarchique du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, le foyer de l’intégrisme et de la régression sociale, condition indispensable au relèvement du Monde Arabe.

source oumma

 

______________________________________________

Quel avenir pour les juifs tunisiens ?


votetunisieD’une communauté estimée à près de 100 000 personnes en 1956, il ne reste aujourd’hui que 1 500 Juifs en Tunisie, résidant essentiellement à Tunis et à Djerba. L’invitation faite par le nouveau président tunisien aux chefs religieux, reçus successivement le 19 décembre 2011, nous a offert un condensé des tiraillements politiques que connaît actuellement la Tunisie, et en conséquence un prisme intéressant pour penser le devenir des derniers Juifs de ce pays.

 

Dilemme quant à la place du religieux dans l’État, tout d’abord. Au lendemain de la victoire des islamistes d’Ennahda aux premières élections véritablement démocratiques et de la constitution d’une coalition avec deux partis séculiers, il s’agissait de trouver un compromis entre deux volontés en apparence inconciliables : pénétration plus ou moins forte de l’islam dans l’ensemble de la vie publique comme le souhaite les islamistes, ou sécularisation de l’État comme le veulent les autres membres de la coalition.

Le choix a été fait de recevoir consécutivement et séparément les chefs des 3 religions, seul scénario qui permettait de préserver l’indétermination entre deux volontés politiques opposées. Que l’on en juge plutôt : n’inviter que le grand rabbin et l’archevêque aurait signifié que l’islam n’avait besoin d’être représenté ce jour là, puisqu’il était déjà partout. Recevoir ensemble les dignitaires des trois religions aurait adressé le signal d’un Etat dégagé de toutes considérations religieuses, ce qui ne correspond pas non plus à la réalité politique de la Tunisie d’hier, ni à celle que les Tunisiens veulent construire aujourd’hui. Rappelons par exemple que l’ancienne constitution votée en 1959 mentionne expressément le fait que le Président doit être musulman, et que la mini-constitution votée début décembre 2011 a confirmé ce point.

En Tunisie, tous les citoyens sont égaux en droit, mais les musulmans demeureront formellement un peu plus égaux que les autres. Verra-t-on la Tunisie devenir la première véritable démocratie musulmane, comme il existe déjà de nombreuses démocraties chrétiennes ? C’est la première question, cruciale pour les Juifs de ce pays, que cette rencontre a posé, par les modalités même de son organisation.

La seconde hésitation porte sur la place que le pouvoir est prêt à octroyer dans les faits aux citoyens juifs au sein de cette Tunisie nouvelle. Elle est illustrée par une déclaration faisant suite à la rencontre entre le Président Marzouki et le grand rabbin Bittan : au ministre israélien Silvan Shalom qui depuis Jérusalem invitait le 6 décembre 2011 les derniers juifs tunisiens à venir s’installer en Israël, le Président Moncef Marzouki, a répondu quelques jours après en invitant l’ensemble des Juifs tunisiens ayant quitté le pays depuis l’indépendance à revenir s’y installer.

Ce pied de nez adressé à un responsable politique israélien témoigne de la volonté apparente du chef de l’État tunisien de garantir la protection et le bien-être de ces concitoyens juifs. Mais qu’en est-il du gouvernement islamiste? Car si il se déclare lui aussi être prêt sur le principe à protéger tous les tunisiens, il se fait beaucoup plus hésitant dans les faits. À ce jour, Ennahda ne s’en est jamais directement pris aux juifs, mais les dirigeants de ce parti ne semblent pas s’apercevoir qu’ils leur rendent progressivement l’air plus lourd. Ces derniers mois, ils ont été à juste titre inquiétés par les positions du parti désormais au pouvoir. On citera notamment :

1/ La position prise par le Président d’Ennahda en faveur de la légalisation du parti salafiste Ettarhir, lors d’une interview sur le plateau d’une chaine privée de la TV tunisienne. Pour rappel, Ettarhir est l’organisateur de la manifestation antisémite du 14 février 2011 devant la synagogue de Tunis durant laquelle des manifestants, déployant bannières du djihad ont hurlé: «Khaybar Khaybar ya yahud, jaysh Muhammad sawfa ya‘ud » « Ô Juifs souvenez-vous de Khaybar, l’armée de Mahomet reviendra ». L’hypothèse de la légalisation future d’un parti ayant proféré des menaces de mort antisémites a de quoi préoccuper sérieusement les juifs tunisiens.

2/ La volonté affichée pendant un temps par Ennahda de voir mentionner l’interdiction de toute normalisation avec « l’entité sioniste » dans la prochaine constitution. Même si ce parti semble y avoir finalement renoncé, on ne peut ignorer que toute diabolisation d’Israël aura des répercussions directes sur la sécurité des juifs tunisiens.

3/ Encore dernièrement, le gouvernement tunisien envisageait de poursuivre judiciairement, vraisemblablement par rétorsion aux propos tenus par Silvan Shalom, les tunisiens qui se rendrait en Israël, criminalisant ainsi les liens, même familiaux ou spirituelles, que les juifs tunisiens peuvent entretenir à ce pays.

Pour la communauté juive tunisienne, les signaux inquiétants s’amoncellent, mais il s’agit à chaque fois d’interrogations, de suggestions, qui n’ont pour l’instant jamais été suivies de décisions concrètes.

Il convient donc pour les juifs de Tunisie d’être particulièrement vigilants dans les prochaines semaines : être prêts à l’hypothèse d’un départ, mais faire aussi le crédit à la coalition actuelle de la volonté annoncée – et à ce jour non encore démentie par une quelconque décision – de respecter les juifs en tant que citoyens et de les protéger en tant que communauté.

Dès les premières heures, j’ai vibré avec les jeunes tunisiens qui avaient décidé d’en finir avec un pouvoir autoritaire et corrompu. J’ai pensé et continue de croire que mieux valait le désordre ponctuel à l’injustice ; il ne faut pas qu’une fois la stabilité retrouvée, la justice progresse pour tous, sauf pour les derniers juifs de Tunisie.

 (Article paru dans l’Arche, N°636, février 2012) laregledujeu

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Religion _ L'Islam politique _ Salafistes_ Chokri
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Liste d'articles

Voir tous les articles de la catégorie "Religion _ L'Islam politique _ Salafistes_ Chokri"

Présentation

  • : thala solidaire.over-blog.com
  • thala solidaire.over-blog.com
  • : Culture Musique Littérature Politique Économie Actualité
  • : ThalaSolidaire est dédié à la ville de Thala, ville phare de la Révolution tunisienne. Thala est une petite agglomération du centre-ouest de la Tunisie. Elle est connue pour son histoire antique, ses sources, ses carrières de marbre, devenues une sorte de tragédie écologique et économique, sa résistance et sa misère. Thala solidaire a pour objectif de rassembler toutes les voix INDIGNÉES pour donner à cette terre ainsi qu'à toutes autres terres un droit à la vie et à la dignité…
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Recherche

Catégories

Calendrier

Octobre 2014
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Liens intéressants

Partager

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés