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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 03:39

Impunité saoudienne

 

Les libertés fondamentales ne sont pas mieux respectées en Arabie saoudite qu’en Iran. Est-ce donc à son statut de premier pays exportateur de pétrole et d’allié des Etats-Unis que la monarchie wahhabite doit d’être miraculeusement épargnée par la « communauté internationale » ? L’Arabie saoudite peut en tout cas intervenir à Bahreïn, y écraser une protestation démocratique, exécuter soixante-seize personnes en 2011 (dont une femme accusée de « sorcellerie »), menacer du même châtiment un blogueur qui a diffusé sur son compte Twitter un dialogue imaginaire avec le Prophète, condamner les voleurs à l’amputation, proclamer les chefs d’inculpation de viol, de sodomie, d’adultère, d’homosexualité, de trafic de drogue, d’apostasie passibles de la peine capitale, sans que, hormis le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, nul ou presque semble s’en émouvoir. Ni le Conseil de sécurité de l’ONU, ni le G20, dont l’Arabie saoudite est membre, ni le Fonds monétaire international (FMI), dont la directrice générale vient de saluer le « rôle important » joué par Riyad dans la stabilisation de l’économie mondiale.

La même monarchie s’obstine-t-elle à interdire aux femmes — qui déjà ne peuvent pas se déplacer en voiture sans mari ou chauffeur — de participer aux Jeux olympiques ? Cette violation de deux articles au moins de la charte sportive (1) ne suscite pas, elle non plus, beaucoup de remous. A supposer que l’Iran se fût rendu coupable d’un tel apartheid sexuel, une campagne internationale de protestations eût déjà été lancée.

Le traitement de faveur permanent dont bénéficie la dynastie wahhabite vient de trouver une nouvelle illustration avec les déclarations du premier ministre tunisien. M. Hamadi Jebali a loué ses hôtes saoudiens lors d’une de ses premières visites officielles à l’étranger. Or Riyad, qui appuya jusqu’au bout le clan Ben Ali, refuse d’extrader le dictateur déchu et sert de refuge à sa fortune mal acquise. L’argent des pays du Golfe encourage par ailleurs les provocations des salafistes tunisiens et finance des chaînes de télévision qui propagent dans le pays une lecture moyenâgeuse de l’islam.

En janvier 2008, le président français Nicolas Sarkozy prétendait que,« sous l’impulsion de sa majesté le roi Abdallah », l’Arabie saoudite développait une « politique de civilisation ». Quatre ans plus tard, ce pays, où règne la corruption, est surtout devenu le fer de lance du sunnisme ultraconservateur dans le monde arabe. Les gérontes de Riyad, qui assimilent les protestations de la jeunesse saoudienne à une« nouvelle forme de terrorisme », ne se soucient du droit des peuples que pour l’opposer aux régimes de leurs rivaux régionaux, « radicaux » ou chiites. Le royaume se croit sans doute abrité des tempêtes populaires par son saupoudrage social d’une fraction de la rente pétrolière, par le mépris que la majorité sunnite voue aux 10 à 20 % de chiites qui grondent dans l’est du pays, par la crainte de l’Iran enfin. L’indulgence internationale dont bénéficie la monarchie saoudienne lui procure un bouclier de plus.

Serge Halimi

(1) L’article 4 de la charte olympique dispose que «  chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte  ». L’article 6 précise que «  toute forme de discrimination à l’égard d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe, est incompatible avec l’appartenance au mouvement olympique  ».

 

source monde-diplomatique

 

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L'Arabie saoudite avance ses pions en Irak

Les princes saoudiens Abdel Aziz et Mohammad Ben Nayef à Ryad. Selon les analystes, les efforts entrepris par l'Arabie saoudite pour se réconcilier avec l'Irak visent à le convaincre de renoncer à son soutien au régime syrien. Ryad espère ainsi contrer l'influence exercée par son rival l'Iran sur l'Irak. FAHAD SHADEED/
Les princes saoudiens Abdel Aziz et Mohammad Ben Nayef à Ryad. Selon les analystes, les efforts entrepris par l'Arabie saoudite pour se réconcilier avec l'Irak visent à le convaincre de renoncer à son soutien au régime syrien. Ryad espère ainsi contrer l'influence exercée par son rival l'Iran sur l'Irak. FAHAD SHADEED/ AFP


Bagdad et Ryad, en froid depuis l'invasion par l'Irak du Koweït en 1990, ont annoncé coup sur coup ces derniers jours plusieurs mesures de rapprochement, dont la nomination d'un ambassadeur saoudien et des visites réciproques de hauts responsables. Un réchauffement qui intervient peu avant la tenue d'un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, où le dossier syrien figurera en première ligne.

 

Selon les analystes, les efforts entrepris par l'Arabie saoudite pour se réconcilier avec l'Irak visent à le convaincre de renoncer à son soutien au régime syrien. Ryad espère ainsi contrer l'influence exercée par son rival l'Iran sur l'Irak.

 

L'Irak est pris entre les pays du Golfe qui appellent au départ du président syrien Bachar el-Assad et l'Iran, fervent soutien du régime de Damas. "Les Saoudiens veulent que l'Irak soit plus avec les pays du Golfe", estime Mahmud Othman, un député kurde indépendant. "Ils veulent être avenants avec l'Irak pour l'attirer vers leur position, contre l'Iran et la Syrie", dit-il.

 

Selon M. Othman, le Moyen Orient se partage actuellement en deux camps : les pays arabes sunnites et la Turquie d'un côté, l'Iran et les chiites de l'autre. "L'Irak va se trouver dans une situation difficile", prévient-il, rappelant que le pays, majoritairement chiite et dirigé par cette communauté, comporte une importante minorité sunnite qui a perdu le pouvoir avec la chute de Saddam Hussein en 2003.

 

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a longtemps entretenu des relations houleuses avec Ryad, qui aurait soutenu son rival Iyad Allaoui lors des législatives de 2010. Mais l'Arabie saoudite a annoncé en février la prochaine nomination d'un ambassadeur non résident, le premier à ce poste depuis 1990. Et les deux pays viennent d'annoncer une relance de leur coopération sécuritaire, annonciatrice d'une "nouvelle phase de coopération en matière de politique, d'économie et de sécurité", selon le ministre adjoint de l'Intérieur Adnane al-Assadi.

 

Malgré cela, Ryad aura fort à faire pour concurrencer l'Iran, très influent en Irak, dont il est un important partenaire commercial, et qui a accueilli des opposants à Saddam Hussein. "L'Arabie saoudite devra faire des pas de géant pour rattraper l'Iran en Irak", juge Reidar Visser, auteur du site www.historaie.org consacré à l'Irak. Bagdad va "se servir de ce réchauffement autant que possible et pourrait même l'utiliser pour marquer un peu de distance avec l'Iran. Mais l'Arabie ne détiendra jamais les clés du pouvoir comme l'Iran en Irak", note-t-il.

"L'influence iranienne en Irak est bien implantée. Elle est assez forte et existe depuis que l'opposition s'y est exilée" sous Saddam Hussein, renchérit M. Othman. "L'Arabie saoudite pourrait avoir de bonnes relations avec les sunnites d'Irak mais pas davantage. Ils ne peuvent pas contrebalancer l'influence iranienne dans l'Irak d'aujourd'hui. Les Iraniens ont le dessus", estime-t-il.

 

Pour le commentateur politique Tariq al-Maamouri, la volonté de rapprochement saoudienne témoigne d'une reconnaissance tardive du fait que "l'Irak a commencé à se remettre en selle". "L'Irak va jouer un rôle dans le monde arabe et la région et, internationalement, les Saoudiens ne peuvent plus passer outre", souligne-t-il.

 

Mais d'autres sources sont plus circonspectes: "Personnellement, je ne pense pas que ce soit un genre de rapprochement définitif", estime un diplomate occidental, interrogé sur l'arrivée annoncée d'un ambassadeur. "Je pense qu'il y a encore une énorme, énorme quantité de méfiance et de soupçons mutuels. Je pense que c'est une étape positive, mais que c'est tactique, pas stratégique".

 

Selon lui, il s'agirait plutôt pour Ryad de présenter "une position cohérente pour le sommet arabe, où l'ambassadeur pourra être dépêché".

source lorientlejour

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Printemps arabe ! Et africain ! Amérique Latine
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