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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 13:42

 

Mohammed Ghannouchi a annoncé lundi la formation d'un gouvernement d'union nationale.
Mohammed Ghannouchi a annoncé lundi la formation d'un gouvernement d'union nationale. Crédits photo : state tv/AP

Alors que de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer le maintien dans la nouvelle équipe d'anciens ministres de Ben Ali, le premier ministre tunisien assure que ceux-ci ont les mains propres et que les autres seront jugés. Les trois ministres du syndicat UGTT ont néanmoins démissionné.

Conscient que son gouvernement d'union nationale ne soulève pas l'enthousiasme des révolutionnaires, le premier ministre tunisien tente de convaincre. Tous les ministres qui ont été maintenus dans le gouvernement alors qu'ils avaient servi sous le régime Ben Ali ont «les mains propres», a-t-il ainsi assuré mardi sur Europe 1.

«Ils ont du mérite. Grâce à leur dévouement, ils ont réussi à réduire la capacité de nuisance de certains. Ils ont manoeuvré, tergiversé, gagné du temps pour préserver l'intérêt national», a-t-il insisté. «Ils ont gardé leur portefeuille parce que nous avons besoin d'eux dans cette phase» de construction démocratique, s'est encore justifié le chef du gouvernement, soulignant le «grand enjeu de la sécurité» dans cette période de transition. Mohammed Ghannouchi répondait ainsi aux critiques d'une partie de l'opposition, mécontente du maintien de huit ministres de Ben Ali dans le gouvernement d'union nationale formé lundi.

 

Manifestation dispersée à Tunis

 

Mardi, les voix contestant ce gouvernement se sont multipliées. La puissante centrale syndicale UGTT, qui a joué un grand rôle dans la «révolution de jasmin», a affirmé qu'elle ne le «reconnaît pas», appelant ses trois représentants au gouvernement à s'en retirer. Dans la foulée, les ministres concernés ont annoncé leur démission. De son côté, le mouvement islamiste Ennahda a dénoncé un «gouvernement d'exclusion nationale». Dans la rue, une centaine de personnes a par ailleurs de nouveau manifesté mardi à Tunis. À leur tête se trouvait Sadok Chourou, ancien président du mouvement Ennahda, libéré le 30 octobre après avoir passé 20 ans en prison pour ses activités politiques. «Le nouveau gouvernement ne représente pas le peuple et doit tomber. Non au RCD (le parti de Ben Ali, ndlr)», a-t-il déclaré.

Rompant avec la retenue observée la veille lors d'une manifestation similaire, les forces de l'ordre ont fait usage pour disperser les manifestants de grenades lacrymogènes et de matraques. L'état d'urgence interdit en effet toujours les rassemblements de plus de trois personnes en Tunisie.

 

Tous les partis autorisés à participer aux élections

 

Gagner la confiance des Tunisiens est d'autant plus crucial pour le chef du gouvernement que sa propre reconduction à ce poste est contestée, lui qui était le dernier premier ministre du président déchu. Soucieux de donner des gages aux révolutionnaires, le premier ministre a promis que «tous ceux qui ont été à l'origine de ce massacre (la répression des manifestations, ndlr) rendront des comptes à la justice». Et d'assurer au passage n'avoir lui-même jamais donné l'ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants.

Évoquant par ailleurs le processus électoral, Mohammed Ghannouchi a déclaré que «tous les partis politiques seront autorisés à participer aux élections, à égalité de chances». Il a précisé en revanche que son homonyme Rached Ghannouchi, chef du mouvement islamiste Ennahdha (interdit sous Ben Ali) en exil à Londres, ne pourra retourner en Tunisie que «s'il y a une loi d'amnistie» effaçant sa condamnation à la prison à vie, datant de 1991. Sur ce sujet, un des porte-parole du leader islamiste à Paris a annoncé que Ennahda «n'aura pas de candidat à la présidentielle» mais veut participer aux législatives, estimant qu'«il n'y aura pas de transition démocratique sans Ennahda». Enfin, interrogé sur le point de savoir si la rumeur désignant Leïla Trabelsi, la seconde épouse de Ben Ali, comme la véritable dirigeante du pays à la fin du règne chaotique du président, le premier ministre a répondu: «On a l'impression».

 

Lien :  http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/18/01003-20110118ARTFIG00498-tunisie-le-gouvernement-conteste-tente-de-se-defendre.php

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Janvier 2011 (le mois de la révolution)
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