Samedi 10 mars 6 10 /03 /Mars 05:11

Les forces syriennes ont lancé plusieurs assauts vendredi contre des régions rebelles tuant près de 50 civils en majorité à Idleb, à la veille de la première mission à Damas de l'émissaire international Kofi Annan, selon des militants.

Alors que la répression ne montrait aucun signe de répit un an après le début de la révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad, l'opposition syrienne a annoncé la défection d'une dizaine d'officiers de l'armée, dont six généraux et quatre colonels, tout en minimisant sa portée.

M. Assad peut néanmoins toujours compter sur l'appui de son allié russe qui s'est opposé à un nouveau projet de résolution à l'ONU, avant une réunion vendredi soir au Caire du chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avec M. Annan, puis samedi avec ses homologues arabes critiques de l'attitude russe.

Mettant à profit l'incapacité de la communauté internationale à parler d'une seule voix sur la Syrie, le régime Assad a envoyé ses forces mater les hauts lieux de la contestation, notamment à Idleb (nord-ouest), Homs (centre) et Hama (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans l'offensive la plus sanglante, 24 civils ont péri à Idleb, dont au moins 13 dans la localité d'Aïn Larose, a précisé l'ONG. D'autres villages ont également été attaqués.

Alors qu'un nombre important de chars étaient massés dans le district de Jabal al-Zaouia à Idleb, les militants pro-démocratie ont dit craindre une opération d'envergure semblable à celle à Baba Amr, quartier de Homs repris par l'armée le 1er mars après un mois de bombardements sanglants et dévastateurs.

"Le plus grand nombre de déserteurs (en Syrie) sont à Jabal al-Zaouia", a expliqué le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Dans d'autres secteurs rebelles de la province de Homs, 16 civils ont été tués dont 10 dans la chute d'obus et de roquettes et trois dans la dispersion d'une manifestation anti-régime. Quatre civils ont péri à Hama et un autre à Alep (nord) par des tirs sur les manifestants, a ajouté l'OSDH.

Au chapitre de l'aide internationale, la responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, a déclaré après sa mission en Syrie être parvenue à un accord avec le régime pour une "mission d'évaluation humanitaire préliminaire".

A la suite de cette annonce, la Chine a offert à la Syrie une aide humanitaire de deux millions de dollars, selon les médias officiels. D'après l'ONU, quelque 1,5 million de personnes ont besoin d'une aide alimentaire et plus de 25.000 réfugiés sont recensés dans les pays voisins.

Comme tous les vendredis depuis le 15 mars 2011, des dizaines de milliers de Syriens sont descendus dans les rues. Alep, où les manifestants ont scandé "Assad Dégage!" ou "Assad, tes jours sont comptés, que Dieu maudisse ton âme", a connu sa plus grande mobilisation depuis un an, selon des militants.

Les manifestants ont aussi appelé à travers le pays à l'armement des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL).

Avant sa mission à Damas, M. Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, a mis en garde contre davantage de militarisation qui aggraverait la situation, une position répétée par les Etats-Unis et la France.

Selon le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, M. Annan rencontrera samedi "matin" M. Assad et quittera Damas dimanche après des rencontres avec des responsables gouvernementaux et de la "société civile". Il se rendra ensuite dans d'autres pays de la région et verra "des dirigeants de l'opposition hors de Syrie".

M. Ban a fait état de "trois priorités" pour la mission Annan: "un cessez-le-feu immédiat", "une solution politique globale" et "un accès et une aide humanitaires".

M. Annan aura cependant la tâche ardue tant les positions des protagonistes sont éloignées.

Le régime Assad ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation et se targue du "soutien du peuple syrien" pour étouffer la contestation qu'il assimile à "des actes terroristes". L'opposition, quant à elle, refuse tout dialogue avec M. Assad et exige son départ.

De surcroît, les divisions internationales persistent. Moscou a rejeté un nouveau texte américain au Conseil de sécurité de l'ONU exigeant du régime l'arrêt "immédiat" des violences et appelant l'opposition à "s'abstenir de toute violence" au cas où le pouvoir se plierait aux exigences de cette résolution.

Les Etats-Unis ont d'ailleurs dit ne "pas (être) très optimistes" quant à un accord sur une résolution, tout en soulignant que les discussions allaient bon train. "Il y un travail important qui est en cours" pour que les positions évoluent, a souligné la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui rencontrera M. Lavrov lundi à New York.

Moscou et Pékin ont opposé leur veto à deux résolutions contre le régime Assad, malgré la poursuite des violences qui ont fait quelque 8.500 morts, en majorité des civils tués dans la répression, selon l'OSDH.

Les tractations diplomatiques interviennent au moment où de nouvelles défections au sein de l'armée ont été annoncées, après la première démission d'un membre du gouvernement syrien, le vice-ministre du Pétrole Abdo Hussameddine, qui a dénoncé la "brutalité" du régime.

Mais selon un opposant syrien, Fahd al-Masri, "les défections ne pourront avoir du poids que lorsque des brigades et divisions entières déserteront l'armée".

Les Etats-Unis ont conseillé vivement à ceux qui soutiennent encore le régime de "réfléchir à deux fois" avant d'obéir "aux ordres de tuer des innocents", comparant le régime Assad à une "famille de la mafia".

source tempsreel.nouvelobs

 

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Défection simultanée de treize haut gradés syriens

 

Une scène devenue quotidienne en Syrie, des opposants assistent aux funérailles de Ammar el-Assaad, tué par des tirs des forces de sécurité à Khaldieh, près de Homs. Photo Reuters
Une scène devenue quotidienne en Syrie, des opposants assistent aux funérailles de Ammar el-Assaad, tué par des tirs des forces de sécurité à Khaldieh, près de Homs. Photo Reuters

Des dizaines de milliers de personnes dans les rues ; plus grande mobilisation en un an à Alep ; au moins 77 morts hier.

Au lendemain de la démission du vice-ministre syrien du Pétrole, une dizaine d’officiers de haut rang de l’armée régulière ont fait défection et sont arrivés hier en Turquie, selon l’agence officielle turque Anatolie et l’opposition syrienne. Ces militaires se trouvaient à Damas, Homs et Lattaquié, a précisé l’agence, citant des sources locales en Turquie où 12 100 Syriens, selon un dernier bilan obtenu de source officielle, ont trouvé refuge depuis le début en mars 2011 de la révolte. Au total, « six généraux de brigade, quatre colonels, un lieutenant-colonel, un commandant et une femme lieutenant (première femme à quitter les rangs de l’armée régulière) ont fait défection ces dernières 48 heures », a précisé un responsable de l’opposition syrienne à Paris, Fahd el-Masri, indiquant qu’ils allaient « se rallier » à l’Armée syrienne libre (ASL) du colonel Riad el-Assaad et au Conseil militaire révolutionnaire supérieur créé par le général déserteur Moustapha el-Cheikh.
 
Pendant ce temps, la répression ne montrait aucun signe de répit, à la veille de l’arrivée à Damas de l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan. Au moins 77 civils dont 10 enfants ont encore été tués hier à travers le pays, dont au moins 13 dans l’assaut contre la localité de Aïn Larose dans la province rebelle d’Idleb, selon la chaîne satellitaire al-Arabiya. L’armée a également attaqué quatre autres villages, Chaghourit, al-Laj, Hamimat et as-Sahn dans cette province, a précisé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Alors qu’un nombre important de chars et de soldats se sont rassemblés dans le district de Jabal el-Zaouia, les militants prodémocratie craignaient une opération d’envergure semblable à celle menée à Baba Amr, quartier de Homs repris par l’armée le 1er mars, « le plus grand nombre de rebelles » se trouvant dans ce district, a expliqué le président de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Parallèlement, comme tous les vendredis depuis mars 2011, des dizaines de milliers de Syriens sont descendus dans les rues pour dénoncer le régime de Bachar el-Assad et en hommage à la communauté kurde dont le soulèvement il y a huit ans à Qamichli avait été maté dans le sang. Les rassemblements ont eu lieu notamment à Alep qui a connu sa plus grande mobilisation depuis un an, ont rapporté des militants et l’OSDH, Hama, Der ez-Zor, al-Hara, Idleb, Homs, Maarat an-Naaman, Deraa, Hassaka, Lattaquié, Daraya, Qara, Sayyedeh Zeinab, Houla et plusieurs quartiers de Damas.
 
Les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser la foule à Alep et Houla, tandis que deux manifestants ont été tués à Homs et un à Jarablos, selon l’OSDH. Dans le même temps, des militants ont indiqué que les chabbiha ont mené des perquisitions dans plusieurs localités dont al-Tabaqa, Enkhel et dans un quartier de la capitale, al-Qaboun. Signalons en outre que la plupart des habitants du village d’Akou ont fui, manque d’eau et d’électricité. La chaîne al-Arabiya a par ailleurs cité des opposants qui ont assuré qu’un massacre avait eu lieu dans le quartier de Bab el-Dreeb.
Dans le même temps, des milliers de membres de l’opposition islamiste en Jordanie ont manifesté à Amman en soutien à la révolte syrienne.

« Mission préliminaire »
 
Sur le plan humanitaire, la responsable des opérations de l’ONU, Valerie Amos, a déclaré être parvenue à un accord avec le régime syrien pour une « mission d’évaluation humanitaire préliminaire » dans les zones de conflits. La diplomate britannique, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse à Ankara, a précisé avoir demandé au régime de Bachar el-Assad un accès illimité pour l’aide humanitaire aux zones les plus touchées, mais Damas a demandé un délai avant de donner une réponse.
 
Rappelons que Mme Amos s’est rendue cette semaine en Syrie, où elle a notamment pu se rendre compte de la situation à Homs et rencontrer des représentants du pouvoir syrien et du Croissant-Rouge arabe syrien. Hier, elle a visité un camp de réfugiés syriens en Turquie. Le nombre de réfugiés franchissant la frontière turque a augmenté ces derniers jours, depuis que les insurgés ont fui le quartier de Baba Amr.
 
L’ONU a précisé que quelque 1,5 million de personnes avaient besoin d’une aide alimentaire. Selon l’organisation, plus de 25 000 réfugiés sont recensés dans les pays voisins de la Syrie, et les violences ont déplacé entre  100 000 et 200 000 personnes à l’intérieur du pays.
source lorientlejour

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"Les rebelles sont armés de lance-roquettes des années 70"

 

CHAT - Après la diffusion de leur reportage "Syrie : la liberté ou la mort" dans "Sept à Huit", Christophe Dubois et Pedro Brito da Fonseca ont répondu vendredi aux internautes de TF1 News. Armement des rebelles, atrocités, traitement du conflit dans les médias : voici une sélection de leurs réponses.


Christophe Dubois (g.) et Pedro Brito da Fonseca (d.)


Fin février, Christophe Dubois (g.) et Pedro Brito da Fonseca (d.), deux journalistes de l'émission de TF1 "Sept à Huit", ont passé une dizaine de jours avec les rebelles de l'Armée syrienne libre  dans la région d'Idleb, la principale ville du nord-ouest de la Syrie, non loin de la frontière avec laTurquie. Leur reportage "Syrie : la liberté ou la mort" a été diffusé dimanche 4 mars.

Vendredi, invités d'un chat sur TF1 News, ils ont répondu aux questions des internautes. Voici une sélection de cette séance de questions-réponses (vous pouvez également relire l'intégralité du chat en cliquant sur le lien suivant : "Syrie : relisez le chat avec les reporters de "Sept à Huit").


Karim : Avez-vous vu de vos propres yeux les atrocités dont les médias parlent ? 


Christophe Dubois/Pedro Brito da Fonseca :
 Nous avons effectivement pu constater plusieurs types d'atrocités. Tout d'abord, des exécutions sommaires. Nous avons vu des corps retrouvés dans les canalisations d'une ville située à quelques kilomètres d'Idleb, vraisemblablement exécutés. Nous avons vu aussi sept cadavres à Idleb. Apparemment des civils, eux aussi exécutés d'une balle dans la tête. Difficile, en revanche, d'identifier les auteurs de ces tueries. Ce qui est sûr, c'est que cela entretient un climat de terreur. Nous avons aussi rencontré la famille d'un enfant de quatre ans, mort après avoir reçu un éclat d'obus dans le corps. Tout ceci illustre la réalité de cette guerre qui fait beaucoup de victimes civiles.

Karine : Les rebelles diffusent de nombreuses images sur les sites de partage. Sont-ils bien équipés en matériel vidéo, en ordinateurs ?


C.D./P.B-d-F. :
 De nombreux Syriens filment les évènements, les manifestations, les confrontations avec l'armée de Bachar al-Assad à l'aide de leur téléphone portable pour rendre compte de ce qui se passe sur le terrain. Il y a là un véritable enjeu de communication. La difficulté n'est pas tant le matériel que les coupures d'électricité et du réseau internet. Certains Syriens disposent également de matériels satellitaires pour envoyer les vidéos, mais cela reste exceptionnel.


TF1 News : Dans son rapport annuel publié mercredi, l'Institut international d'études stratégiques, le think thank britannique, indique qu'en dehors d'une intervention ou du moins d'une aide militaire étrangère, les rebelles ne peuvent pas renverser militairement Assad. D'après ce que vous avez vu de leur équipement, est-ce aussi votre sentiment ?

 
C.D./P.B-d-F.
 : Effectivement, les rebelles de l'armée syrienne libre n'ont pas les moyens militaires de renverser le régime de Bachar al-Assad. Ils en sont conscients et nous l'ont d'ailleurs rappelé sans arrêt. Ce que nous avons vu, ce sont des Kalachnikov et des lance-roquettes des années 70, ainsi que des grenades artisanales... et même une catapulte ! Comment faire face aux chars et à l'aviation syrienne ? L'Armée libre dispose néanmoins d'un atout considérable : la maîtrise du terrain. Cela  complique les offensives de l'armée régulière, comme on l'a vu à Homs dès lors qu'il s'agit de déloger les rebelles maison par maison, rue par rue...
 

"Les rebelles se défendent de toute dimension communautaire"

 


Marc : Dans votre reportage, les insurgés font plusieurs références à l'islam, voire au jihad. Peut-on alors craindre une dérive islamiste de la rébellion, argument avancé notamment par les Etats-Unis pour refuser de livrer des armes ?


C.D./P.B-d-F. :
 Lors de notre reportage, nous avons noté que les groupes de l'Armée syrienne libredisposaient de guides religieux. La référence à l'islam et à la religion est permanente. Cependant, il est difficile de faire la part des choses entre la dimension "culturelle" et "traditionnelle" de ces références à la religion et la part idéologique et politique. La région où nous étions est à majorité sunnite, qui est hostile au régime de Bachar al-Assad, de confession alaouite. Cependant, les insurgés se défendent de toute dimension communautaire dans leur combat.

Mat : Avez-vous constaté la présence d'éléments "exterieurs" à la  Syrie, par exemple des combattants liés à Al-Qaïda, comme l'affirme le régime ?


C.D./P.B-d-F. :
 Nous n'avons pas vu de combattants étrangers. Notre expérience est cependant limitée à une région, en l'occurrence le nord-ouest de la Syrie. Nous avons en revanche entendu parler de la présence de "djihadistes" venant d'Irak. Mais nous ne l'avons pas constaté par nous-mêmes.

 

"Très difficile d'entrer en Syrie sans les rebelles"

 

Nicolas : Le traitement du conflit est simpliste : c'est la bataille d'un "camp de gentils" contre un "camp de méchants". Faites-vous bien votre travail en totale impartialité ?


C.D./P.B-d-F. :
 Notre objectif n'est pas de dire qu'il y a un camp des gentils et un camp des méchants. Nous essayons de rendre compte avec le plus d'impartialité possible de ce que nous pouvons voir sur le terrain. Si nous avons réalisé notre reportage en suivant des groupes proches de l'Armée syrienne libre, c'est tout simplement que, jusqu'à présent, il est très difficile d'entrer en Syrie autrement. Nous avons conscience des contraintes d'un tel exercice. Et nous essayons d'en tenir compte dans notre approche de la situation.


Elie : Cela ne sert à rien de perdre du temps ici. Vous êtes payés pour mentir. Respectez votre métier... 
C.D./P.B-d-F. :
 Dans ce reportage, nous avons choisi de raconter de l'intérieur le fonctionnement de l'Armée syrienne libre et d'évoquer le quotidien des Syriens dans cette guerre, tout en restant d'ailleurs prudent sur certaines choses que nous avons vues. Je ne vois pas en quoi cela constitue un mensonge.


 «La peur est souhaitable dans ce genre de situation»

 

 

Eric : Avez-vous eu peur pour votre vie une fois sur place ? Les combats entre l'armée du régime et les insurgés semblent tellement inégaux qu'il aurait été difficile de vous faire protéger en cas d'attaque.


C.D./P.B-d-F. :
 On nous pose souvent cette question de la peur. Il faut savoir que pour évoluer sur ce genre de terrain, nous avons été accompagnés de personnes très soucieuses de notre sécurité. Cela a contribué à nous mettre en confiance. Quoiqu'il en soit, la peur est normale, voir souhaitable. Elle est un excellent conseiller pour ne pas prendre de risques inconsidérés. Ce qu'il faut redouter sur ce type de terrain, c'est l'angoisse.


Miral : C'est un peu personnel mais avez-vous des familles... Est-ce que ce n'est pas trop dur pour elles quand vous partez dans des pays en conflit ?


C.D./P.B-d-F.
 : Nous avons évidemment des familles avec qui nous avons longuement échangé avant de partir. La seule difficulté est de mesurer en permanence le risque pris par rapport à l'enjeu. Nous avons pu envoyer de courts messages quasiment tous les jours pour rassurer nos proches.

 

«Les rebelles veulent surtout une aide financière et matérielle»

 

 

Jean : Quelles précautions deviez-vous prendre pour filmer sans vous faire repérer par l'armée syrienne ? 


C.D./P.B-d-F. :
 Entre la frontière turque et Idleb, nous avons évolué dans une zone tenue par l'Armée syrienne libre.  Nous nous sentions relativement en sécurité. La situation est devenue plus délicate lorsque nous avons souhaité rentrer dans Idleb. Nous avons dû nous y prendre à deux reprises car la ville était entourée des chars de l'armée régulière. Il fallait donc être particulièrement vigilant. La décision de filmer se fait alors en concertation avec les personnes qui nous accompagnent car elles ont généralement une bonne appréciation des risques.


Angelle6369 : Pourquoi attendons-nous le bon vouloir de la Chine et de la Russie pour enfin intervenir et arrêter le massacre de pauvres innocents ?


 
 C.D./P.B-d-F. : Il est évidemment rageant de voir autant de morts et autant d'inaction de la part de la communauté internationale, qui se contente pour le moment de "bonnes paroles". Il est cependant certain qu'une intervention militaire dans le contexte actuel risquerait de dégénérer en un conflit régional, voire mondial. Nous avons rencontré des rebelles qui ne souhaitent d'ailleurs pas particulièrement une intervention étrangère directe, mais plutôt une aide matérielle et financière. Depuis peu, des militaires et responsables politiques de haut rang commencent à se retourner contre le régime. C'est peut-être le signe d'un début de 'révolution de palais", même s'il faut rester très prudent sur ce point. 
REVOYEZ CI-DESSOUS LE REPORTAGE

DE CHRISTOPHE DUBOIS ET PEDRO BRITO DA FONSECA

 

source tf1.fr/monde

 

 

_______________________________________L'autre point de vue

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Alain Juppé ne défend pas les minorités... il fabrique des révolutions
L'héritage occidental pousse au raisonnement colonialiste


Pour envahir l’Irak, les dirigeants des États unis se sont ouvertement servis de l’opposition « extérieure ». Avant même le retrait de leur armée, ils reconnaissaient que ce choix a été à l’origine de nombreuses erreurs d’appréciation qui, sur le terrain, leur ont coûté très cher. Aujourd’hui, tout ce qui leur reste est le prix exorbitant d’une guerre qui était censée ne durer que quelques mois.

 

Il ne semble pas que cette leçon ait servi à l’OTAN et à ses alliés, et surtout pas à notre ministre des Affaires étrangères. Non seulement il use du même procédé en espérant faire passer le Conseil d’Istanbul, de  Tunisie, ou de l’Union Européenne [le CNS] pour le représentant légal du peuple syrien qui le rejette ; mais il ose s’adresser aux chrétiens du Moyen-Orient en tant que protecteur alors qu’il est clair qu’il n’en fera pas des «collabos» ; attitude qu’en bon gaulliste il devrait considérer comme allant de soi.

 

En effet, dans une tribune intitulée « Les chrétiens d’Orient et les printemps arabes » [1], Monsieur Juppé appelle les chrétiens de Syrie à  « participer » à sa propre vision de la Syrie future et leur assure qu’il a beaucoup insisté sur la question du respect des « minorités » auprès du CNS « qui a vocation à rassembler l’opposition syrienne » ! Il ignore que, malgré les attaques terroristes, le peuple syrien vient d’adopter une Constitution qui démontre, entre autres, qu’une solution politique est possible… CNS ou pas !

 

Dans une interview télévisée sur la chaîne ANB, Monsieur Michel Samaha, homme politique libanais et ancien ministre de l’information, répond à sa sollicitude et à sa notion de « minorités »… si inattendue de la part d’un ministre d’État Français où la laïcité fait loi.

 

Mouna Alno-Nakhal (Biologiste)

07/02/2012


 

Non… Alain Juppé ne défend pas les minorités !

 

Non… Alain Juppé ne défend pas les minorités lorsqu’il écrit : « Les chrétiens d’Orient sont inquiets. Inquiets pour la pérennité de leur présence dans une région qui est leur région depuis 2000 ans. Inquiets pour le respect de leurs droits dans un contexte de bouleversements majeurs. Inquiets face à la montée des tensions liées au confessionnalisme. Je veux leur dire que j’entends, que je comprends leurs craintes ».

 

Je voudrais rappeler que Juppé n’est pas De Gaulle pour se permettre de déclarer un « Je vous ai compris » équivalent à celui adressé autrefois aux Algériens réclamant leurs droits nationaux… Il n’est pas De Gaulle et il ne s’adresse pas aux Algériens…

 

Je dis qu’il a fait alliance et a fabriqué des révolutions désormais livrées aux Takfiristes [2]… Je lui dis qu’il est responsable de la mise en pièces, aujourd’hui même, des croix tombales du cimetière chrétien en Libye [3]… Monsieur Juppé, vous en êtes responsable au même titre que l’État que vous représentez ; puisqu’avec Bernard Henri Levy, vous avez revendiqué avoir fabriqué et réussi la révolution libyenne. Est-ce là le modèle que vous nous proposez ?

 

Nous refusons vos propos, comme nous refusons que vous nous qualifiiez de minorités, alors que vous considérez les musulmans français comme des citoyens à part entière appartenant à une communauté particulière.

 

Nous ne sommes pas des minorités dans nos patries respectives… Nous sommes des citoyens en pleine possession de notre citoyenneté, mais nous sommes chrétiens et nous nous soumettons à Dieu à travers l’Évangile, tout comme le musulman se soumet à Dieu à travers le Coran… Cette coexistence nous convient depuis toujours… nous la vivons bien, et notre culture commune en est l’expression.

 

La question est : « Pourquoi monsieur Juppé a-t-il écrit cet article ? ». Il l’a fait, parce que L’Église catholique de France, et ceux qui sont concernés par ce qui se passe au Moyen-Orient, commencent à exprimer leur inquiétude face aux prises de position de la France… de son Ministère des Affaires étrangères… de son Président… autant de comportements qui mettent en danger ces soi-disant minorités… Or, que nous dit Alain Juppé ?

 

Il nous dit : «De fait, les chrétiens d’Irak ont payé un lourd tribut au cours des dernières années... ». Mais vous, qu’avez-vous fait ? Ils ont payé, en effet ! Je ne veux pas me mêler de défendre tel ou tel régime, mais je dis que les chrétiens d’Irak n’ont pas payé ce tribut du temps de Saddam Hussein… Ils l’ont payé sous l’occupation américaine… Ils l’ont payé sous l’occupation de l’Occident colonisateur…  Ils l’ont payé, et nous avec, comme tribut à l’extrémisme religieux Takfiriste qui les a menacés, assassinés, obligés à quitter leurs maisons et leurs quartiers… et qui a dynamité leurs églises en la présence de l’Occident… des soldats de l’Occident… des gouvernements de l’Occident. Les Irakiens ne sont pas responsables de cela… les responsables, c’est vous !

 

Vous poursuivez : «En Egypte, les coptes occupent une place particulière, enracinés dans la longue histoire du pays, ils ont souffert de violences, d’exactions, de discriminations…». Votre Excellence et Monsieur le ministre des Affaires étrangères de la France… vous qui parrainez et prêchez pour une meilleure alliance avec les factions islamistes qui ont pris le pouvoir en Libye… que pensez-vous de ce qui s’est passé au moment des fêtes de Noël ? Pour la première fois dans l’Histoire de l’Égypte, des fatwas ont été prononcées pour interdire aux musulmans d’adresser leurs vœux aux chrétiens… les magasins tenus par des musulmans se sont vus interdire de vendre tout objet en relation avec cette fête… les chrétiens ont été maltraités dans leurs propres villages… Je ne suis pas pour les guerres de religion. Je ne suis pas pour le choc des civilisations. Je considère que le peuple égyptien est un et indivisible. Le musulman et le chrétien égyptiens sont aussi des citoyens à part entière…

 

J’ai moi-même souffert de cette volonté manifeste de diviser depuis 1860 au Liban, division dont nous avons hérité génération après génération, et qui n’a cessé d’être renforcée par les consulats successifs des protectorats ottomans, puis occidentaux, distinguant des minorités : druze, chrétienne, catholique, orthodoxe, maronite, sunnite… tout en laissant de côté les chiites. Je sais comment les ambassades ont, de tout temps, nourri les guerres civiles usant d’étiquettes religieuses… comment les chefs de clans ont conduit à ce que le pays échappe à la concitoyenneté !  Mais, depuis toujours, la Syrie a su se prémunir contre ce type de problème, grâce à l’intelligence de son peuple et de ses dirigeants.

 

Nous ne voulons donc pas vous entendre dire que « la France ne les abandonnera pas »… Nous voudrions que vous nous laissiez tranquilles… Nous voudrions que vous cessiez de nous manipuler, que vous cessiez de jouer avec notre destin, et que vous vous comportiez exactement comme vous l’a conseillé le Patriarche Bechara el-RaÏ lorsqu’il vous a rendu visite et qu’un clash a eu lieu entre lui, vous, et le Président… parce qu’il n’était pas d’accord avec votre manière de nous considérer… Vous voulez nous aider ? Alors, aidez nos États, aidez nos citoyens, et travaillez à régler notre problème avec Israël…

 

Votre héritage occidental vous pousse encore aujourd’hui à raisonner comme la puissance colonialiste que vous avez été. Vous prétendez vouloir nous protéger, mais nous n’avons pas besoin de vous… Nous saurons parfaitement nous protéger les uns les autres, si vous arrêtiez de soutenir les Takfiristes dans nos pays… Vous dites que le régime du Président Al-Assad est dictatorial… Admettons… Mais vous… vous cherchez à le remplacer par ces mêmes Takfiristes à qui vous avez livré la Libye…Et désormais, une partie de l’Égypte… Sans oublier, ce dont je suis témoin, les problèmes que commence à vous poser la Tunisie…

 

Maintenant que vous avez fermé votre Ambassade en Syrie, alors que le Président Hafez el-Assad vous avait ouvert la porte en 1996… Je dois en conclure que vous avez décidé de quitter progressivement la Syrie et le Liban et, par conséquent, de renoncer définitivement à votre présence au Moyen-Orient. Soit !

 

par Michel Samaha

source mondialisation

 

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
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