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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 04:02

"Inquiétude" de la présidence après des profanations de mosquées

 

La présidence tunisienne a exprimé dimanche sa "consternation" et son "inquiétude" après des actes de profanation dans des mosquées à Ben Guerdane (sud) et Tunis, et a mis en garde contre "des tentatives de semer la discorde et diviser la société".

La présidence "suit avec inquiétude les violations répétées du sacré et des symboles de l'unité et de l'identité nationale", selon une déclaration du porte-parole du chef de l'Etat Moncef Marzouki.

Des corans ont été retrouvés déchirés jeudi dans des mosquées de Ben Guerdane, ville du sud tunisien frontalière avec la Libye, et des oeufs jetés sur les murs. A Tunis, des étoiles de David ont été taguées sur les murs de la mosquée El Fath, d'où partent souvent les manifestations organisées le vendredi par la mouvance salafiste.

La déclaration fait également référence à un incident qui a profondément choqué les Tunisiens début mars, lorsqu'un salafiste a tenté de remplacer le drapeau national par le drapeau noir de l'islam sur le toit de la Faculté des Lettres de la Manouba.

"Ces actes visent à diviser et opposer le peuple sur des questions comme l'identité, la sacralité du drapeau national et le caractère intouchable des symboles du sacré", ajoute la présidence.

Pour sa part, le Parti démocrate progressiste (PDP, opposition), a condamné "le ciblage de lieux saints dans une tentative désespérée d'instiller la sédition dans la communauté nationale".

"La concomitance de ces attaques dans plusieurs endroits du pays témoigne d'une stratégie de certaines mouvances en vue de semer la discorde entre Tunisiens et de les entraîner dans le terrain de la haine et des conflits", ajoute le communiqué du PDP.

Ces événements surviennent dans un contexte tendu en Tunisie, où l'opposition entre les "camps" islamiste et progressiste éclipse désormais toutes les autres questions, en raison notamment de plusieurs incidents violents ces derniers mois liés à des groupes de la mouvance salafiste. maghrebemergent

 

 

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Qui sont les salafistes tunisiens?

Dans cette interview, Samir Amghar*, spécialiste des mouvements islamistes, estime qu’Ennahdha et les salafistes sont rivaux, mais complémentaires. Il y a comme «une division du travail politique implicite entre les deux mouvements».

Propos recueillis par Samir Bouzidi

 

Samir Bouzidi : Les Tunisiens s’expliquent mal l’émergence rapide de la mouvance salafiste dans leur pays en rupture totale avec leur tradition religieuse. Les salafistes tunisiens étaient-ils constitués sous Ben Ali ? En Egypte ou en Libye, les salafistes étaient aux premiers rangs dans les affrontements, comment expliquez-vous la discrétion des salafistes tunisiens pendant la révolution tunisienne ?


Samir Amghar :La mouvance salafiste était implantée sous Ben Ali. Elle est le fruit du retour de diplômés tunisiens partis en Arabie saoudite, étudier dans les universités islamiques. Ils ont connu un développement important, produit du succès des chaînes satellitaires salafistes très appréciées des Tunisiens. Elle était tolérée par le régime car elle développait auprès des Tunisiens un discours strictement religieux et très critique à l’égard des islamistes d’Ennahdha. Cependant, les salafistes tunisiens ont vécu le départ de Ben Ali comme une véritable délivrance. Ils sont restés très prudents car ils n’étaient pas du tout organisés et craignaient un échec de la révolution et une répression du régime.

De nombreux responsables salafistes à travers le monde ont salué cette révolution. Selon le chercheur Romain Caillet, «le courant salafiste jihadiste, qui prône ouvertement la lutte contre l’Occident et tous les régimes arabes, a tenté pour sa part de s’approprier cette révolution : Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) l’a saluée, tandis qu’Abū Basīr at-Tartūsī, prédicateur jihadiste installé à Londres, l’a qualifiée d’«Intifada populaire islamique».


La montée en puissance rapide et régulière des salafistes depuis le 14 janvier traduit une organisation et des moyens notoires. Que savez-vous sur leur mode de fonctionnement (leaders, associations, lieux de rassemblement, etc.) et leurs sources de financement ? En particulier, l’Arabie Saoudite qui a financé publiquement le développement des réseaux salafistes en Europe dans les années 90 soutient-elle les salafistes tunisiens ? Est-il envisageable qu’ils soient financés par des forces contre-révolutionnaires qui auraient un intérêt au chaos ?


Ils ne sont pas organisés en partis politiques mais en associations religieuses et de bienfaisance. Ils contrôlent un certain nombre de mosquées dont la grande mosquée de Msaken près de Sousse. Ils bénéficient du soutien de certains théologiens saoudiens qui se rendent en Tunisie pour y donner des conférences. C’est le cas, par exemple, de Muhammad Mûssa Sharîf, qui est venu dans la mosquée de Msaken.


 
Samir Amghar et son dernier ouvrage


Je ne sais rien du financement éventuel des salafistes en provenance de l’Arabie saoudite. Les réseaux sont opaques et il est difficile d’avoir des informations sur le sujet. Toujours est-il que l’Arabie saoudite a vu dans un premier temps d’un mauvais œil les événements en Tunisie avant de rattraper le train en marche pour «contrôler» celle-ci via les prédicateurs salafistes. L’objectif pour l’Arabie saoudite n’est pas de ralentir le processus de démocratisation mais plutôt de disposer de relais pro-saoudiens en Tunisie afin de défendre les intérêts stratégiques du royaume des Al Saoud. N’oublions pas que l’Arabie saoudite aspire à devenir une puissance politique dans la région d’autant plus que se joue entre ce pays et l’Iran une guerre froide.


Dans votre livre ‘‘Le salafisme d’aujourd’hui’’, vous avez identifié trois principaux courants chez les salafistes : les quiétistes (synonyme : passifs), les politiques et les jihadistes.  Où situez-vous les salafistes tunisiens ? Quelles sont leurs caractéristiques principales et discriminantes ?


Il semblerait que les salafistes quiétistes soient complètement débordés par les deux autres tendances (politique et jihadiste) parce que les quiétistes s’opposent à toute politisation de l’islam et à toute opposition au régime. Il y a en Tunisie une volonté d’organiser la mouvance salafiste en parti politique à la manière du parti Al-Nour en Egypte, d’autant plus que l’exemple de l’Egypte et le succès électoral des salafistes dans ce pays inspirent de nombreux salafistes en Tunisie.

Le but de cette tendance est de créer in fine un Etat et une société conformes aux préceptes coraniques. Quant à la tendance jihadiste, ultra-minoritaire, elle use de l’agit-prop et de la violence politique afin de faire pression sur le gouvernement pour une plus grande islamisation de la société.

 

La mouvance tunisienne est-elle susceptible d’avoir noué des connexions internationales (Algérie, France…) ? En particulier, les Tunisiens étant bien représentés dans les réseaux salafistes en Europe (France et Italie notamment), avez-vous identifié des mécanismes d’ influence (et de support) entre leurs cellules et  la Tunisie ?


Beaucoup de prédicateurs salafistes actifs actuellement en Tunisie étaient auparavant réfugiés en Europe et notamment en France. C’est le cas de Béchir Ben Hassan, Khemais Mejri ou encore Abou Ayoub Attounoussi. Certains avaient fréquenté les milieux jihadistes du Londonistan en Grande-Bretagne. Tandis que d’autres ont longtemps vécu dans la péninsule arabique et entretiennent de bonnes relations avec certains théologiens de cette région du monde.


Neutralisation des mosquées, actions punitives dans les universités et contre les médias, invitation de prêcheurs étrangers controversés, profanation du drapeau…, les coups de force des salafistes se multiplient depuis 1 an avec un sentiment général de clémence voire d’impunité de la part du gouvernement. L’hypothèse d’une répartition des rôles avec Ennahdha : le terrain pour les salafistes et l’action politique pour Ennahdha est elle plausible ? Une telle alliance contre nature entre deux courants rivaux est-elle pérenne ?


Je ne pense pas qu’Ennahdha et les salafistes sont rivaux. Ils agissent sur des terrains différents. A ce titre, ils sont complémentaires. Il y a à mon sens, une division du travail politique implicite entre Ennahdha et les salafistes. Ces derniers ont des positions qu’Ennahdha ne pourrait pas avoir. Le pari est le suivant pour Ennahdha : si une alliance avec les salafistes a lieu, c’est dans l’objectif de les incorporer et de les mettre sous contrôle.


La stratégie vis-à-vis des salafistes fait l’objet de tiraillements réguliers entre pragmatiques et radicaux au sein d’Ennahdha. Comment Ennahdha en tant que parti de gouvernement peut-il réussir à concilier ce double impératif : rallier une société civile tunisienne majoritairement laïque et consolider sa base électorale très conservatrice ?


La situation pour Ennahdha est très délicate. Le parti islamiste aspire à montrer sa capacité à gérer les affaires politiques avec modération et sans radicalisme afin, par exemple, de ne pas inquiéter les chancelleries occidentales. En cela, il prend comme exemple l’Akp en Turquie, mais en même temps, il y a chez les islamistes tunisiens une tentation identitaire très forte pour satisfaire une base électorale très conservatrice.

L’enjeu est, tout en participant au système politique, de conserver son potentiel mobilisateur et contestataire. Le but est donc d’apparaître comme des forces stabilisatrices, tout en continuant à porter les frustrations politiques et sociales d’une partie de la population tunisienne. D’autant plus qu’en l’absence de programme politique économique et social structuré, les islamistes se positionnent plus facilement sur des questions religieuses. C’est une forme de populisme.


A cela s’ajoute qu’ils subissent des pressions des salafistes dans le domaine religieux. Et Ennahdha est obligé de se rallier sur les positions salafistes pour éviter de se voir dépasser par les salafistes sur le sujet.


Quelle doit-être la stratégie de la société civile pour contrecarrer cette menace de l’extrémisme religieux ?


Il faut rééquilibrer les forces politiques et sociales. Il faut cesser d’avoir une lecture religieuse de la société tunisienne, opposant religieux et laïcs. La situation est beaucoup plus complexe que cela. Si opposition il y a, elle serait entre conservateurs et progressistes. Pour l’instant, le rapport de force est en faveur des conservateurs. De plus, les partis politiques de gauche comme de droite doivent avoir un programme politique, économique et social cohérent.

N’oublions pas que la révolution tunisienne est plus imputable à des revendications économiques et sociales. C’est là, à mon sens que le sort de la Tunisie se jouera plus que sur un débat identitaire et religieux. Les personnes qui ont voté pour Ennahda attendent ce parti sur les questions économiques et sociales. Et les islamistes risquent de voir leur crédibilité politique disparaître s’ils ne respectent pas leurs promesses électorales en matière économique.


Quelle évolution prédisez-vous pour les partis islamiques en Tunisie ?


Difficile à dire. A l’arrivée au pouvoir des islamistes en Tunisie, je pensais qu’ils se social-démocratiseraient, qu’ils deviendraient des partis de gouvernement. Au vu des événements en Tunisie, je serais plus prudent.

Une évolution des islamistes vers la dé-radicalisation politique implique nécessairement que des rapports de forces les amènent à se transformer. Autrement dit, en s’alliant à d’autres organisations politiques non islamistes, ils seront obligés de se transformer. Or, en l’espèce, les partis auxquels ils se sont alliés (Cpr et Ettakatol) ne pèsent pas assez lourd car très divisés. Donc ce contexte, Ennahdha a comme les mains libres.

* Sami Amghar est l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment ‘‘Le salafisme d’aujourd’hui’’ et de ‘‘Les islamistes au défi du pouvoir’’ (Ed. Michalon) kapitalis

 

 

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السلفيون ماضون في “أفغنة” تونس و “النهضة” متواطئة لأسباب انتخابية



أعادت «الغارة» التي شنتها عناصر سلفية على كلية الآداب في ضاحية منوبة شمال العاصمة تونس الأسبوع الماضي، إبراز الخطر الذي يشكله السلفيون على التجربة الديموقراطية اليافعة في البلد، بخاصة بعدما نزعوا العلم التونسي عن سطح الكلية ووضعوا مكانه رايتهم ذات اللون الأسود. وأثارت العملية موجة استنكار واسعة اضطرت معها الأحزاب الممالئة لهم إلى انتقادهم علناً. غير أن موقعة منوبة، التي أسفرت عن إصابة ما لا يقل عن خمسة طلاب هاجمتهم عناصر أتت من خارجها، ليست سوى الجزء العائم من جبل الثلج الذي تشكله الحركات الأصولية العنيفة التي تصول في البلد من دون أن تقوى الدولة على ردعها.

منذ الأيام التي تلت انتصار الثورة التونسية غادر مئات العناصر السلفية المرتبطين بتنظيم «القاعدة» أو بفروعها، السجون ليشكلوا جماعات قليلة العدد، إلا أنها لا تتردد في اللجوء إلى استخدام العنف مع مجتمع اعتاد، بحكم مزاجه وتاريخه، على الاعتدال والوسطية.

ويرفض مثقفون كثر تسمية هؤلاء بالسلفيين، بالنظر إلى أن الحركة السلفية التي ظهرت في أواخر القرن التاسع عشر وبواكير القرن العشرين كانت جزءاً من حركة الإصلاح والتنوير القائمة على التغيير السلمي. أما السلفيون الحاليون فأطلقوا العنان لملاحقة السيدات في الشوارع من أجل حملهن على ارتداء الحجاب أو النقاب، وأغاروا على مكتبات لتمزيق كتب وحجب أخرى، مع تهديد اصحابها بحرق المحلات إن لم يمتثلوا. كما غزوا المنتجعات على السواحل صيفاً لطرد النساء وفرض الجلباب على الجميع، وكانت آخر تظاهرة أقامها السلفيون في مدينة سوسة، أحد المنتجعات الرئيسية في البلد، لطرد السياح منها، ما سيدمر قطاعاً كان يُؤمن نحو خُمس إيرادات البلد من العملة الصعبة.

من أفغانستان إلى العراق والجزائر

من الصعب التغافل عن الارتباط بين السلفيين الجهاديين التونسيين وشبكة «القاعدة» الدولية، فأبرز عناصرهم متورطون في هجمات مسلحة، سواء في داخل تونس أم خارجها. ونفذ سلفيون جهاديون تونسيون عمليات انتحارية شهيرة في العراق بعدما كانوا حاضرين أيضا في أفغانستان. وعاد كثير منهم إلى بلدهم بعد الثورة، وهم يتحركون اليوم علناً بمعرفة أجهزة الأمن. وكان الرأي العام عرف بوجودهم عندما جرت أكبر عملية ملاحقة لعناصرهم في أواخر 2006 في أعقاب اكتشاف معسكر تدريب في جبل طبرنق جنوب العاصمة تونس، كان يُديره أسعد ساسي الذي تدرب مع «الجماعة السلفية للدعوة والقتال» الجزائرية، والتي تشكلت منها لاحقاً «القاعدة في بلاد المغرب الإسلامي». وتسلل ساسي مع عناصر مدربة أخرى بينــــها موريتاني إلى تونــــس لتنفـــــيذ عمليات، إلا أن الجيش التونسي اكتشف المعسكــــر وطوقه يوم 23 كانون الأول (ديسمبر) 2006، قبل أن يُقتل ساسي في معارك دارت في مدينة سليمان عند سفوح جبل طبرنق بعد عشرة أيام من المعركة الأولى، وألقي القبض على باقـــــي عناصر المجموعة. ومن ضمن القياديين السلفيين العاملين في تونس اليوم سيف الله بن حسين الذي يتزعم تنظيماً يُعرف بـ «أنصار الشريعة»، وهو تلميذ للأردني أبو قتادة ويُنسب اليه أنه أدار معسكراً لتدريب المغاربيين في أفغانستان قبل اعتقاله وسجنه في تونس.

واستطاع بن حسين وعناصر مجموعة سليمان مغادرة السجن بعد الثورة ليشكلوا مجددا جماعات ضغط ركزت نشاطها في البدء على المناطق الحدودية مع ليبيا لمؤازرة اللاجئين، ومنعت فرقاً موسيقية ومسرحية جاءت للترفيه عنهم من تقديم أي عروض. والأرجح أن السلفيين الجهاديين التونسيين جزء لا يتجزأ من شبكة دولية، فتسمية «أنصار الشريعة» هي نفسها التي يعمل تحت لوائها أيضا السلفيون القاعديون في اليمن. كما أن أسلوب السيطرة على مدن صغيرة وإبعاد السلطات المحلية منها لإعلان تطبيق الشريعة هو نفسه المستخدم في اليمن وتونس على السواء. ولولا تدخل القوى الأمنية لمساندة الأهالي لأحكم السلفيون قبضتهم على مدينتي منزل بورقيبة في العام الماضي وسجنان في مطلع العام الجاري، من أجل تطبيق الحدود. وأظهرت إحدى القنوات التلفزيونية المحلية عناصر سلفية تعتقل مواطناً في مدينة القيروان بعدما اتهمته بالسرقة، وكانت تستجوبه وتحاول إقناعه بالتوبة لما داهمتها قوات الأمن وأخذته منها.

بهذا المعنى يسعى السلفيون المرتبطون بـ«القاعدة» إلى إقامة حكم إسلامي وإن في معقل صغير، أملاً بتوسعة الإمارات لاحقاً. وشكلت «إمارة سجنان» إنذاراً قويا فتح عيون النخب على الخطر الداهم، ما حمل السلطات على التحرك لإنهائها، لكن بعد أيام. ومن الغريب أن تتشابه أخبار اليمن وتونس في باب الإمارات السلفية، على رغم المسافة الكبيرة التي قطعها التونسيون في مجال التحديث منذ القرن التاسع عشر نخبة ومجتمعاً ودولة. وتعكس الأزياء التي يرتديها السلفيون طبيعة المشروع الذي يرومون جر البلد إليه، وهو نموذج حركة «طالبان» الأفغانية. ففي الأشهر الأولى التي أعقبت اطاحة النظام السابق، بدت القمصان البيض واللحى الطويلة في الشوارع التونسية مشهدا آتياً من كهوف التاريخ، فشعر الناس إزاءه بخليط من الاستغراب والاستفزاز. لكن ثمة اليوم تطويعاً للمجتمع تحت عنوان أن هؤلاء يحكمون باسم الله، وهي عملية أبعد من أن تكون سلمية، وما الاعتداء على كلية الآداب في منوبة سوى أحدى تجليات ذلك العنف الوافد على المجتمع من أواسط آسيا.

حسابات انتخابية؟

غير أن السلفيين ليسوا وحدهم في هذه المعركة الرامية الى مسح المكاسب التي حققها المجتمع منذ نحو قرن، عندما انطلقت حركات الإصلاح الاجتماعي فأدخلت الفتاة إلى المدرسة وحررت المرأة من القيود الغريبة عن الاسلام. يدعم السلفيين اليوم كل من «حزب التحرير» الذي لم يحصل على إجازة العمل القانوني، لكنه يتحرك بحرية كاملة، و «جمعية الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر» التي شكلها عناصر من حزب «النهضة» الحاكم، والتي قبلت تغيير اسمها إلى «الجمعية الوسطية» لامتصاص موجة الغضب التي أثارها الاعلان عنها. ويبدو التآلف جلياً بين المكونات الثلاثة من خلال وسائل العمل التي تركز في الدرجة الأولى على استخدام المساجد ساحة للتعبئة، وبخاصة بعد صلاة الجمعة، مع أن الحزب الحاكم يردد في خطابه الرسمي أنه ملتزم النأي بأماكن العبادة عن السجالات السياسية. وتدعم التحالف من خلال مواقف قيادة «النهضة» الداعية إلى إجازة «حزب التحرير» والتيار السلفي بدعوى ترويضهما وتوريطهما بمقتضيات العمل الشرعي، وترافع أعضاء بارزين في «النهضة» مثل المؤسسين صادق شورو وحبيب اللوز عن المواقف المتشددة نفسها في المجلس التأسيسي. إلا أن محللين رأوا ان خلف هذا الموقف أهدافاً انتخابية ترمي لجعل التنظيمين ذراعاً طويلة لحزب «النهضة» في الحملة الانتخابية المقبلة، على نمط شبيه بعلاقة الإخوان في مصر بحزب «النور» السلفي. ورأى آخرون أن التودد للسلفيين يرمي الى طمأنة الجناح المتشدد داخل «النهضة» الذي لا تختلف طروحاته عن طروحات السلفيين، والذي التقى معهم في جميع معاركهم وأوصل صوتهم إلى المجلس التأسيسي.

خلط أوراق

وتُعتبر المخاوف التي تبديها النخب التونسية من هذا السيناريو مشروعة، إذ إن التعاطي مع التيار السلفي القائم على العنف بوصفه اجتهاداً من الاجتهادات، يخلط الأوراق ويفتح باب الاحتراب الفكري والاجتماعي على مصراعيه. لا بل إن الأخطر هو أن يُترك من يدعون (ويعملون) لإخضاع المجتمع إلى رؤاهم بقوة السلاح طلقاء، فيُفاجأ المجتمع ومعه أجهزة الأمن بجماعات تُعد لتفجيرات وتخطط لأعمال عنف مستثمرة مناخ الحرية. وهذا ما حصل لدى كشف مجموعة مسلحة في منطقة بئر علي بن خليفة (جنوب) كانت تنقل سلاحاً من ليبيا إلى شمال تونس لتنفيذ عمليات إرهابية، وأثبتت التحقيقات طبقاً لتصريحات وزير الداخلية، أن بعض عناصرها ينتمون الى مجموعة سليمان الذين أخلي سبيلهم بعد الثورة (قُتل منهم اثنان وأسر ثالث خلال الاشتباكات مع قوات الجيش في بئر علي).

لم تكن تلك هي العملية الأولى بعد الثورة، إذ جندل أعضاء من التنظيم ضابطاً سامياً خلال عملية كانت قرية الروحية (شمال) مسرحاً لها في العام الماضي قبل تمكن الجيش من السيطرة عليهم. وما من شك في أن لهذا التنظيم امتداداً اقليمياً في الجزائر، واستطراداً في منطقة الساحل والصحراء، يصله بتنظيم «القاعدة»، وترى الحكومة ان أقوم السبل لمجابهته هو إهداؤه ترخيصاً للعمل الشرعي كي يتخلى عن العنف، مثلما يُفتي بذلك بعض قياديي «النهضة»، ! لقد بدت تونس طيلة القرن الماضي في مقدمة المجتمعات العربية التي تملك مناعة اجتماعية عالية وقدرة على السير الحثيث نحو التحديث، مع المحافظة على مقومات شخصيتها العربية الاسلامية. وإذا ما تغاضى أهلها اليوم عن خطر تفكيك تلك المناعة ومضوا في التساهل مع أيديولوجيات العنف، بدافع الانسياق وراء حسابات انتخابية، سيدفعون البلد إلى نفق الصراعات العقيمة التي عرفها المشرق، ويُفككون التماسك الذي ميزه عن سواه ربما إلى غير رجعة.

عبد الرؤوف المالكي

elwazir

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