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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 04:58

Livre :   Naomi Klein,  La Stratégie du choc, la montée d'un capitalisme du désastre 


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L'UE toujours sceptique après l'adoption du plan de rigueur

 

L'adoption d'un nouveau plan de rigueur a provoqué de violentes manifestions, dimanche soir dans le centre d'Athènes.

 

Si l'adoption d'un nouveau plan de rigueur en Grèce a donné lieu à de violentes manifestations dans les rues de la capitale, elle suscite au contraire la satisfaction chez les représentants de l'Union européenne. Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel, a salué "expressément" lundi le vote du Parlement grec de nouvelles mesures d'économies, dimanche soir, vote qui selon lui "démontre la bonne volonté de la Grèce à entreprendre des réformes difficiles".

Il a souligné que, pour l'Allemagne, très critiquée en Grèce par les manifestants, il ne s'agissait pas "d'économiser pour économiser", mais de "libérer les forces productives" grecques. Profitant de l'occasion pour justifier la politique rigoriste imposée par l'Union européenne, M. Seibert a ajouté que "si les privatisations(promises par le gouvernement grec) allaient plus vite, il y aurait sûrement plus d'investissements".

UNE "AVANCÉE CRUCIALE" POUR L'UNION EUROPÉENNE

De son côté, la Commission européenne voit dans ce vote une "avancée cruciale"vers l'octroi, en contrepartie, de prêts de 130 milliards d'euros et vers l'effacement d'une partie de la dette du pays.

Le commissaire aux affaires économiques européen, Olli Rehn, s'est par ailleurs dit "confiant dans le fait que les autres conditions" imposées par la zone euro à Athènes en échange d'une deuxième tranche d'aide "seraient remplies d'ici à l'Eurogroupe de mercredi 15 février", date de la réunion au cours de laquelle les ministres des finances européens doivent décider d'octroyer ou non leur feu vert au nouveau plan de soutien en faveur d'Athènes. Un accord sur la participation du secteur privé à la restructuration de la dette grecque pourrait par ailleurs êtreannoncé après la réunion de l'Eurogroupe mercredi, selon des sources proches des négociations.

D'ici là, Athènes doit trouver 325 millions d'euros d'économies supplémentaires dans le budget 2012 et obtenir la promesse écrite des partis politiques qu'ils appliqueront le programme après les élections anticipées, prévues au printemps.

"NOUS SOMMES ENCORE LOIN DU BUT"

Deux conditions qui ne sont toujours pas remplies. C'est pourquoi le ministre de l'économie allemand, Philipp Rösler, tient à rester prudent. "Il faut attendre de voirce qui viendra ensuite", a-t-il déclaré lundi, à la télévision allemande. "Nous avons effectué un pas dans la bonne direction mais nous sommes encore loin du but", a-t-il ajouté. De son côté, le ministre des affaires étrangères autrichien, Michael Spindelegger, se montrait plus sévère, estimant qu'"adopter le plan d'austérité est une chose, l'appliquer en est une autre".

La perspective d'élections législatives en avril, dont la tenue a été confirmée lundi par le porte-parole du gouvernement, explique les réticences des partis grecs àendosser des mesures très impopulaires et les craintes de l'Europe de ne pas lesvoir appliquées.lemonde

 

______________________________________________________Reportage

Rigueur : les Grecs répondent à l’Europe par le feu

Centre-ville en flammes, guérilla, violences policières : alors que les activistes et les familles manifestaient, le Parlement a voté un nouveau plan d'austérité. Reportage.

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Des policiers près d'un bâtiment en flammes à Athènes, le 12 février 2012 (Panayiotis Tzamaros/Reuters)

 

(D'Athènes) Lacrymos, Molotov, matraques et incendies : dimanche, autour du Parlement grec, la manifestation du début d'après-midi a tourné en guérilla urbaine avant même le coucher du soleil, jusqu'au chaos au milieu de la nuit.

L'Eglise orthodoxe huée, ça commence fort

Dès le début de l'après-midi, une foule très familiale, dont beaucoup de personnes âgées – ceux qui ont connu la dictature des colonels et sa chute en 1973 – peuplait la place Syntagma. Le Parlement discutait d'une nouvelle cure d'austérité censée économiser 3,3 milliards d'euros en rabotant un peu plus le salaire minimum, porté à 586 euros brut sur quatorze mois, et la fonction publique de 15 000 emplois.

Parmi les syndicats et sous un soleil inattendu, le cortège des prêtres orthodoxes défilait sous des huées excitées. Traditionnellement intouchable, la faillite économique du pays met en danger l'assise de l'Eglise orthodoxe et de ses prêtres salariés par l'Etat comme fonctionnaires.

Mais apparemment, personne ne croit en l'effectivité des mesures annoncées en mars 2010 visant à imposer l'Eglise sur ses propriétés foncières, estimées à 130 000 hectares, et sur ses dons et legs en espèces. Quelques jeunes ont commencé à lancer des boulettes de papiers sur les prêtres, avant que d'autres ne les retiennent.

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Le compositeur et ancien ministre Mikis Theodorakis, qui manifestait dimanche, victime des gaz lacrymogènes (Stefosis via Twitter)

La routine des gaz lacrymogènes

Je n'ai pas tout de suite compris pourquoi la moitié de la foule – 80 000 personnes selon la police – portait des lunettes de piscine, des masques à gaz ou avait le visage peinturluré de blanc.

Dès 17 heures, les forces anti-émeutes bombardent généreusement la vaste place Syntagma de gaz lacrymogènes, par grenades ou par armes à propulsion. Puis les ruelles adjacentes, rendant la foule captive en bloquant les sorties. Ensuite les stations de métro les plus proches, sur le même principe.

A travers les vitres des quelques cafés ouverts, les télévisions locales montrent des images d'incendie et de vandalisme, et alarment contre le vol d'armes à feu dans des boutiques cambriolées par les « violents manifestants anarchistes ».

Pendant ce temps, les manifestants, toutes générations confondues, cèdent peu à la panique et semblent rompus aux attaques lacrymogènes, souvent doublées ou triplées à quelques secondes d'intervalle dans les petites ruelles. Lorsqu'elles sont suffisamment loin, la foule applaudit et siffle comme au théâtre – c'est l'ironie grecque, m'explique-t-on.

LES AFFRONTEMENTS À ATHÈNES . Le 12 février 2012

De près, on rigole moins. La police bombarde à vue au milieu des attroupements, les gaz prennent aux yeux et à la gorge et il faut surtout faire attention à ne pas piétiner des enfants ou des vieux qui seraient tombés parterre.

Après la dizaine de minutes d'aveuglement et de vomissements, Vassili, 72 ans, le regard protégé par un masque de plongée, me donne de la pommade alcaline blanche à étaler sur le visage pour apaiser l'irritation du gaz. Il explique :

« Malaka, nous les vieux on doit faire attention aux attaques cardiaques, à cause de ce gaz à larmes. Mais on vient préparés et en connaissance de cause. Depuis deux ans, c'est routinier. »

Guérilla urbaine, la vraie

A partir de 22 heures, la foule est plus jeune, les familles se sont éloignées du centre et ça commence à sérieusement déraper. Aux mégots, canettes, pierres et chaises lancés sur leur passage, les policiers répondent à la matraque, sans ralentir leurs motos.

Au fil des heures, les lignes de feu séparant policiers et manifestants se font plus nombreuses : les flammes sont censées dissiper les gaz lacrymogènes que les forces anti-émeutes balancent sans répit.

Au fil des attaques policières, on court tous en groupe de ruelles en arcades pour éviter les gaz. Alors que la police fend la foule en crachant sur les manifestants, près de moi un homme saisit une bonbonne de gaz par la porte ouverte d'un restaurant sur sa cuisine. Il la balance sur une moto bleue. Tout le monde court, la bonbonne explose et la moto prend feu.

Les flics font demi-tour, menottent ceux qu'ils peuvent attraper et lancent des grenades à gaz à deux mètres. Une vingtaine de manifestants est à terre, l'ambulance arrivera cinq minutes plus tard.

En escalade de tensions, alors que le vote du Parlement est décalé de minuit à 1 heure, des lanceurs de cocktails Molotov déclenchent plusieurs incendies autour des places Syntagma et Omonia. La foule est solidaire et s'entraide volontiers : on se relève, on se donne à boire, on partage des cigarettes.

Les forces anti-émeutes finissent par atteindre leur objectif : dissiper tout attroupement sur la rue bordant l'entrée du Parlement. C'est de meilleur goût pour les photos.

Un vote sans surprise

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Un café Starbucks d'Athènes pris pour cible (via Twitter)

A 1h20 ce lundi matin, le Parlement a finalement rendu public un vote sans surprise :

  • 194 députés ont voté en faveur duplan d'austérité,
  • 74 le refusent,
  • 5 ont voté blanc
  • et 27 députés n'étaient pas présents.

Pasok, le parti socialiste et Neo Dimokratia, le parti conservateur, avaient rappelé en début de discussion que les députés ne votant pas conformément à la ligne de leur parti en seraient renvoyés.

Sur le chemin du retour, des policiers essaient sans succès de défoncer la porte d'un squat. Par la fenêtre, un homme jette une brique et rate de peu un agent

 

 

source rue89


_________________________________________________Chronologie.

 

Deux ans d'austérité

 

Depuis que le pays est en crise, les gouvernements successifs tentent d'appliquer une politique drastique en échange de l'aide de l'UE et du FMI. Chronologie.

(c) Afp

 

Fin 2009

Le gouvernement socialiste de Georges Papandréou, fraichement élu, découvre une situation financière catastrophique. La droite a minimisé l’ampleur du déficit : il s’élève à 12,7% du PIB. La dette publique à 125%. Les mauvaises nouvelles s’enchaînent : le pays est dégradé par les agences de notation, et les taux d’intérêt auxquels la Grèce peut emprunter s’envolent.


Mai 2010

Première aide européenne. Athènes lance un SOS dès 2010. Après plusieurs semaines, l’Union européenne et le FMI se portent au secours du pays. Début mai, une aide exceptionnelle de 110 milliards d'euros sur trois ans est débloquée. Un prêt financé à hauteur de 80 milliards d'euros par les pays de la zone euro, le reste étant pris en charge par le FMI. En contrepartie, l’Union européenne exige un plan d’assainissement des finances publiques.

Salaires, retraite, fiscalité: répondant aux injonctions de ses créanciers, le gouvernement engage un vaste plan de rigueur. Le principal taux de TVA passe de 19 à 21%. Sont également réévalués les impôts sur les successions et les donations, les taxes spéciales sur la consommation : la taxe sur l'alcool grimpe de 20%, le tabac de 63%. Les carburants n'échappent pas à la règle.

Une nouvelle grille d'impôts sur le revenu est mise au point. Dans le nouveau barème, le taux de 40% s'applique aux revenus supérieurs à 60.000 euros, contre 75.000 euros auparavant. Le gouvernement tente de mettre en place un volet répressif : fraude fiscale, impôt sur les constructions illégales, nouvelles taxes dites "vertes", taxes sur les jeux d'argent et les bénéfices des entreprises sont instaurés.


2,4 milliards d'économies dans les dépenses

Coté dépenses, les autorités tablent sur une baisse de 2,4 milliards d'euros. Les fonctionnaires, principales cibles, voient leur 13e mois et leur 14e mois de salaire amputés respectivement de 30% et de 60%. Dans les entreprises publiques, tous les salaires sont réduits de 7%, les primes de 30%.

Les pensions du secteur public et du secteur privé sont gelées. Mais la réforme majeure est celle des retraites. Le gouvernement prévoit d'ici 2013, de reculer de cinq ans l'âge de départ pour les femmes, soit un départ à 65 ans, aligné sur celui des hommes. La durée de cotisations est allongée à 40 annuités contre 37 auparavant.

Le plan prévoit également des mesures pour renforcer la flexibilité du marché du travail, faciliter les licenciements et ouvrir à la concurrence une série de professions protégées.


29 juin 2011

Le plan de rigueur de 2010 n’a pas eu les effets escomptés. Si la dépense publique a bien diminué, les recettes fiscales n’ont pas été la hauteur. En cause, une récession plus grave que prévue :- 4,2% au lieu de -3,5% envisagée.

Le 29 juin 2011, les députés grecs adoptent d’une courte majorité un plan révisé de redressement budgétaire sur plusieurs années. Ce deuxième plan renforce et durcit l’austérité en vigueur dans le pays. 28,4 milliards d’euros d’économie sont planifiées jusqu’en 2015. Outre des hausses d’impôts, les critères d'allocations sociales sont durcis, notamment pour le chômage. Seul un fonctionnaire partant à la retraite sur dix est remplacé. Un calendrier de privatisations courant jusqu’à 2015 doit rapporter à l’Etat 50 milliards d’euros.

L’Union européenne s’impatiente de voir les mesures porter leurs fruits. Au lendemain de ce vote, le ministre allemand des affaires étrangères, Wolfgang Schaüble, déclare : "Les privatisations doivent commencer maintenant".

L’adoption de ce plan d’austérité ouvre la voie au déboursement des 12 milliards d’euros promis par l’Union européenne et le FMI. Il s’agit de la cinquième tranche du plan de sauvetage de mai 2010.


21 juillet 2011

Second plan d’aide et participation des créanciers privés. Au soir du 21 juillet, la zone euro parvient à un compromis : un nouveau plan d’aide de 109 milliards d’euros est accordé à la Grèce, en échange de la "contribution volontaire du secteur privé". Les banques s'engagent à effacer 21% de leurs créances. Georges Papandréou, le premier ministre, se félicite de ce "plan Marshall de type européen".

En contrepartie, la troïka (Union européenne, FMI et BCE) s’engage à suivre "avec beaucoup d’attention la mise en œuvre rigoureuse du programme" de désendettement. Chaque trimestre, elle envoie dans le pays des observateurs pour surveiller l’avancée des réformes.


2sepre 2011

La troïka menace de suspendre ses versements. Elle dénonce la lenteur de l’exécution des mesures votées ainsi que le dérapage continu des comptes publics.


20 octobre 2011

En réaction, les députés grecs approuvent de nouvelles mesures de régulation des dépenses. Dans la rue, les manifestations populaires se font de plus en plus violentes. Plusieurs jours de grève générale sont décrétés.


27 octobre 2011

La zone euro renforce le plan de juillet. Un nouveau plan de sauvetage de l’euro voit le jour. Il prévoit d'effacer 50% des créances grecques, soit 100 milliards d'euros. Ainsi la dette grecque devrait être ramenée à 120% du PIB. Les contestations des économistes se font de plus en plus entendre : aussi longtemps que l’on n’aide pas la Grèce à renouer avec la croissance, le pays "reste une machine à fabriquer de la dette".


7 décembre 2011

Sous l’égide d’un nouveau premier ministre, Lucas Papademos, un troisième budget d’austérité est voté. Nouvelles hausses d’impôts, baisses des salaires des fonctionnaires, réductions du nombre de salariés dans le secteur public : le traitement de choc envisagé est toujours le même. Le niveau de vie d’une grande partie de la population continue à être remis en question.


20 janvier 2012

L’étau des créanciers se resserre sur la Grèce. La troïka débute de nouvelles discussions avec les autorités hellènes afin d’envisager d’autres réformes, conditions nécessaires à la mise en œuvre du deuxième prêt européen.


2 février 2012

Le FMI et l’Union européenne exigent que le gouvernement de coalition formé du parti socialiste et de la droite s’engage sur des mesures de renforcement budgétaire supplémentaires. Des négociations s'ouvrent entre les deux parties. Certains observateurs parlent du chantage européen.


L’Eurogroupe pose trois conditions à Athènes. L’une d’entre elle stipule que le pays doit élaborer un plan pour trouver "des économies supplémentaires à hauteur de 325 millions d’euros" dans le budget 2012. Pourtant, la Grèce est parvenue à réduire son déficit de 5 points en 2010, ce qui, selon les économistes, est exceptionnel.


10 février 2012

Le gouvernement de Lucas Papademos, dévoile de nouvelles mesures. Cette fois-ci, toujours à la demande des créanciers, c’est le coût du travail qui est en ligne de mire : le salaire minimum est réduit de 22%, à 586 euros brut par mois, et même de 32% pour les jeunes de moins de 25 ans. Les salaires du privé sont gelés, 15.000 emplois publics doivent être supprimés courant 2012, certaines pensions de retraites sont encore rognées. Les dépenses liées à la santé et à la défense sont réduites respectivement d'un milliard et de 300 millions d'euros. Les investissements publics sont diminués de 400 millions. Les privatisations doivent rapporter 4,5 milliards.


12 février 2012

Le vote définitif de ces mesures au Parlement, est la condition sine qua non exigée par les bailleurs. Elle autorise le déblocage des prêts décidés par l’UE. Aide indispensable alors qu’Athènes, le 20 mars prochain, doit rembourser 14,5 milliards d’euros de dettes, sous peine de faire défaut.

par Forence Malleron

source nouvelobs

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Crise économique
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