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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 19:11
Des dizaines de milliers d'Egyptiens sont descendus dans les rues samedi au 5e jour de leur révolte sanglante sans précédent contre le président Hosni Moubarak.

L'allocution télévisée du chef de l'Etat vendredi soir n'a pas apaisé la colère de la population, qui manifestait samedi pour la cinquième journée consécutive. Dans l'après-midi, la police a ouvert le feu sur les manifestants autour de la place Tahrir, dans le centre de la capitale, après que des milliers de personnes ont tenté de prendre d'assaut le ministère de l'Intérieur. On dénombrait selon des témoins au moins trois morts, dont les cadavres étaient portés par la foule. Selon des responsables égyptiens et témoins des manifestations, violences et affrontements ont fait 48 morts et au moins 2250 blessés depuis mardi, dont 41 morts depuis vendredi.

Accroché au pouvoir

D'après la télévision d'Etat, le couvre-feu doit commencer dès 16h ce samedi et durer jusqu'à dimanche 8h, ce qui est plus long que la nuit précédente (de 18h à 7h).

Même si son avenir semblait sombre, M. Moubarak, au pouvoir depuis 29 ans, donne l'impression de vouloir s'accrocher au pouvoir en annonçant des réformes et la formation dans la journée d'un nouveau gouvernement

«On veut que Moubarak parte, pas seulement son gouvernement», déclarait un manifestant, Mohammed Mahmoud. «Nous n'arrêterons pas de manifester jusqu'à ce qu'il parte».

Inquiétudes des autres pays

La communauté internationale a exprimé ses vives inquiétudes, le président américain Barack Obama appelant, lors d'un entretien téléphonique, M. Moubarak «à prendre des mesures concrètes pour tenir ses promesses», et à «s'abstenir d'utiliser la violence contre les manifestants pacifiques».

Mais les promesses, en deçà des revendications de la population pour de meilleures conditions de vie -lutte contre le chômage et la pauvreté et la liberté d'expression-, n'ont pas entamé la détermination de la rue à le chasser.

Les manifestations continuent malgré tout

Aux cris de «Moubarak va-t-en» ou «Celui qui aime l'Egypte ne détruit pas l'Egypte», des dizaines de milliers de manifestants, déchirant ses portraits et conspuant son nom, se sont retrouvés sur la grande place Tahrir, proche de nombreux bâtiments officiels au Caire.

L'armée, épine dorsale du régime, a été appelée en renfort d'une police dépassée par les événements, et le couvre-feu, instauré au Caire, à Alexandrie et à Suez, a été étendu samedi de 16H00 (14H00 GMT) à 08H00. Des hélicoptères survolaient la capitale.

Présente avec ses blindés, l'armée a enjoint la population de «respecter le couvre-feu» le soir et de ne pas se rassembler dans les lieux publics la journée.

A Rafah, ville frontalière de la bande de Gaza, le siège de la Sûreté de l'Etat a été attaqué par des manifestants et les heurts ont coûté la vie à trois policiers, selon les témoins.

A Ismaïliya, sur le canal de Suez, des heurts violents ont éclaté entre forces de sécurité et des milliers de manifestants et à Alexandrie (nord), deuxième ville de pays, des centaines de personnes ont manifesté alors que plusieurs commissariats étaient toujours en flammes.

Au Caire, les habitants ont parallèlement entrepris de déblayer les rues après les pillages et les incendies provoquées par les manifestants au siège du parti au pouvoir et à de nombreux commissariats de police. Un supermarché du géant français Carrefour a été pillé.

Appel à un gouvernement de transition

M. Moubarak, qui s'est exprimé vendredi après un silence marqué pendant quatre jours, «doit partir», a déclaré M. ElBaradei à la chaîne France24.

«Je continuerai à participer (à la contestation), peu importe ce que cela implique, pour m'assurer que le régime de Moubarak parte (...) C'est un régime dictatorial qui a échoué sur les fronts économiques et politiques», a dit l'ex-chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la paix en 2005.

Les Frères musulmans, principale force d'opposition, ont appelé à «un gouvernement de transition sans le parti (au pouvoir) qui organise des élections honnêtes et une passation pacifique du pouvoir».

En attendant, le gouvernement a présenté sa démission, au moment où le chef d'état-major égyptien, Sami Anan, rentrait au pays après avoir écourté une visite aux Etats-Unis.

Près de 50 morts

Selon le ministère de la Santé, 38 personnes ont été tuées vendredi, ce qui porte à 48 le nombre de morts depuis mardi, en majorité de civils. En outre, 2.500 personnes ont été blessées (dont 1.000 policiers).

Vendredi a été la journée la plus meurtrière depuis le début du mouvement inspiré par la Révolte du jasmin qui a chassé Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir en Tunisie. Des manifestations massives lancées à l'issue de la prière hebdomadaire avaient dégénéré en émeutes.

Selon les services de sécurité, 60% des postes de police du pays ont été incendiés, dont 17 au Caire.

Les services de téléphonie mobile, coupés comme l'Internet pour contrecarrer les manifestations, étaient partiellement rétablis en milieu de matinée. Mais l'Internet ne semblait toujours pas accessible. Ces deux services ont joué un rôle-clé dans le lancement des manifestations.

Seule note positive en faveur de M. Moubarak, la «solidarité» exprimée au président égyptien par le roi saoudien Abdallah et le président palestinien Mahmoud Abbas.

De crainte d'une escalade, la bourse du Caire restera fermée dimanche ainsi que les banques.

Manifestations à Londres contre le président Moubarak

Quelques dizaines de personnes ont réclamé samedi à Londres aux abords de l'ambassade d'Egypte le départ du président égyptien Hosni Moubarak, défié par des dizaines de milliers de manifestants pour le cinquième jour consécutif.

Les manifestants étaient réunis en deux groupes séparés, tenus à distance l'un de l'autre par les forces de l'ordre. Le premier était rassemblé à l'appel de l'organisation islamiste «Hizb-ut-Tahrir». «Go, Mubarak go», scandaient des dizaines d'hommes et de femmes, certains invoquant le nom d'Allah.

Leurs banderoles appelaient à l'instauration du «Khilafah», un califat suivant la loi islamique.

Non loin de là, un autre groupe se disant sans affiliation politique a réuni quelques dizaines de personnes, dont des étudiants.

«Nous voulons montrer notre solidarité avec ceux qui manifestent en Egypte», a expliqué un des organisateurs, Rafik Bedair, 36 ans. «Nous appelons Moubarak à partir, afin de libérer la population. Le discours de vendredi n'était que la prolongation des promesses que nous entendons depuis trente ans», a dit ce médecin. (afp)
Lien :  http://mobile.20min.ch/fr/front/15751536f/Manifestations-g%C3%A9antes-au-Caire

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Égypte : Élections _ Constitution
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