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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 03:56

Gaza : « Nous les ramènerons au Moyen Age »


Le 17 novembre, selon le quotidien Haaretz, le ministre de l’intérieur israélien Eli Yishai déclarait à propos de Gaza : « The goal of the operation is to send Gaza back to the Middle Ages. Only then will Israel be calm for forty years. » (« Le but de cette opération est de renvoyer Gaza au Moyen Age. Alors seulement, nous serons tranquilles pour quarante ans. »)


Il s’agit là d’une déclaration « humaniste » d’un Etat démocratique. En général, les civilisés menacent de ramener les barbares à l’âge de pierre (on aurait pu penser qu’ils y étaient déjà) ; ici, le ministre israélien se révèle plus modéré : après tout, le Moyen Age, c’est mieux que la préhistoire...


Le général Curtis LeMay, responsable du Strategic Air Command de l’armée américaine, déclarait à propos du Vietnam qu’il écrasait sous les bombes dans les années 1960 : « My solution to the problem would be to tell [the North Vietnamese Communists] frankly that they’ve got to draw in their horns and stop their aggression or we’re going to bomb them into the Stone Age. And we would shove them back into the Stone Age with Air power or Naval power—not with ground forces. » (« Ma solution au problème est de dire franchement aux communistes nord-vietnamiens d’être prudents et d’arrêter leurs agressions, ou nous allons les bombarder assez pour les ramener à l’âge de pierre. Et nous le ferons avec nos forces aériennes et navales, pas avec nos troupes au sol) Mission With LeMay : My Story (1965), p. 565.) LeMay a affirmé plus tard qu’il avait simplement voulu dire que les Etats-Unis avaient la capacité de ramener le Vietnam à l’âge de pierre, pas qu’ils le feraient.


Dans un article sur le cinéma américain et la guerre, paru dans Le Monde diplomatique d’avril 2002 (« Filmer le conflit du Vietnam », disponible sur leDVD-rom du Monde diplomatique), Ignacio Ramonet écrit :

« Un officier américain raconte aux enfants d’une école ses impressions sur l’Indochine : “Les Vietnamiens, dit-il, sont très retardataires, très primitifs ; ils salissent tout. Sans eux, le Vietnam serait un beau pays.” On y perçoit fort clairement le regret d’une solution radicale (“no people, no problem”) du genre “solution indienne” que le général William Westmoreland, chef du corps expéditionnaire, a dû être tenté d’appliquer sans scrupules car, affirme-t-il, “les Orientaux attachent moins de prix à la vie que les Occidentaux”. »

 

Dans une interview, il devait déclarer : « The Oriental doesn’t put the same high price on life as does a Westerner. Life is plentiful. Life is cheap in the Orient. » (« L’Oriental n’accorde pas même prix qu’un Occidental à la vie. La vie est abondante. La vie ne vaut pas cher en Orient. ») On croirait entendre certains responsables israéliens parlant du prix de la vie chez les Palestiniens.

 

A la veille de l’offensive contre l’Irak, après l’invasion du Koweït, le 2 août 1990, le président Bush père déclarait également « Nous les ramènerons à l’âge de pierre » (on retrouve cette citation dans beaucoup de textes, mais je n’ai pas trouvé de références précises – date, origine, etc . : si un lecteur les trouve, merci de les transmettre).

 

Ajout et merci à Zulficar Al-Ansari pour ces précisions : C’est en fait le secrétaire d’Etat américaine James Baker qui a prononcé ces paroles lors de la réunion du 8 janvier 1991 qu’il avait tenue avec son homologue irakien à Genève à la veille de la guerre.

 

Dans un autre article du Monde diplomatique, (« Gagner la paix », février 1991), Ignacio Ramonet écrit : « Dès le 19 janvier [1991], Washington estimait que l’Irak « doit être détruit militairement, indépendamment du fait qu’il se retire du Koweït ». Et François Mitterrand admettait : “Il faut naturellement [sic !] détruire le potentiel militaro-industriel de l’Irak.” »

 

En avril 2010 encore, un ministre israélien déclarait, dans une interview auSunday Times britannique, que si un missile du Hezbollah touchait son pays, Israël « détruira[it] l’infrastructure de la Syrie et la ramènera[it] à l’âge de pierre » (cité par Y-Net, « Report : Israel threatens to send Syria back to Stone Age », 18 avril 2010).

 

En septembre 2012, la presse révélait que l’armée israélienne avait des plans pour « ramener l’Iran à l’âge de pierre » (« Israel could send Iran ‘back to the stone age’ with electromagnetic bomb »The Times of Israel,9 septembre 2012).

 

Et si vous vous interrogez sur le droit international, méditez cette phrase d’un expert allemand de la fin du XIXe siècle :

 

« Le droit international ne devient que des phrases si l’on veut également en appliquer les principes aux peuples barbares. Pour punir une tribu nègre, il faut brûler ses villages, on n’accomplira rien sans faire d’exemple de la sorte. Si, dans des cas semblables, l’empire allemand appliquait le droit international, ce ne serait pas de l’humanité ou de la justice, mais une faiblesse honteuse. »(cité dans Alain Gresh, De quoi la Palestine est-elle le nom ?)

http://blog.mondediplo.net/

 

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 Gaza : But ultime de l’agression israélienne en fonction des circonstances !

 

Gaza caricature

Certains, naïfs, pourraient croire que l’agression israélienne en cours contre Gaza avec un armement US financé, directement ou indirectement, par de l’argent arabe, est une réaction au lancement d’une roquette ayant visé une cible militaire en Israël suite à une énième provocation dans un contexte de blocus qui dure depuis 5 ans, en violation du droit international et humanitaire. Un droit et des règles qui n’ont pas leur place dans l’esprit colonialiste sioniste…

Les véritables raisons de cette opération israélienne portant le nom symbolique de « Colonne de nuée » ou de « Pilier de défense » résident dans le fait que le « front d’attaque » contre les Arabes et les Musulmans, tirant profit des systèmes dépendants et inféodés, en a eu besoin pour avancer dans son projet de liquidation de l’« Axe de la résistance », et donc le projet de liquidation de la « Cause palestinienne » voulue par Israël et ses bailleurs de fonds. Tel est le principal objectif de cette opération que les exécutants ne peuvent avouer publiquement, par crainte de retomber dans les erreurs des guerres de 2006 [Liban] et de 2009 [Gaza] où l’impossibilité d’atteindre l’objectif, ostensiblement prédéfini, s’est transformée en défaite pour Israël. C’est pourquoi l’agression a été lancée sans précision sur son « but ultime ». Il n’empêche que nous y voyons nombre d’objectifs d’ordre militaire, politique et stratégique :

 

Objectifs militaires

Israël veut mettre un terme à la consolidation des forces de la Résistance à Gaza, maintenant que ses dirigeants locaux ont refusé de prendre le chemin tracé depuis les événements en Syrie et d’obéir à ceux, d’entre eux, qui ont pactisé avec les « ourbanes » essentiellement représentés par les dirigeants qataris notoirement inféodés aux USA et à Israël. D’où trois objectifs principaux :

1. Liquidation des dirigeants militaires et politiques insoumis, pour laisser place à ceux qui ont capitulé en s’associant au projet occidental ; ce qui signifie qu’à Gaza, tout dirigeant récalcitrant qui refuse de déposer les armes est menacé.

2. Destruction, autant que possible, de l’arsenal de roquettes que la Résistance a pu accumuler depuis l’opération « Plomb durci » sur Gaza en 2008- 2009.

3. Domestication de la situation à Gaza pour en arriver à un statu quo qui paralyserait, limiterait, voire anéantirait la Résistance, comme cela se passe en Cisjordanie à cause de la répression sécuritaire imposée par les « organes du pouvoir d’Oslo », en coopération avec les services de sécurité israéliens.

Objectifs stratégiques et militaires

 Israël et l’Occident, sous leadership US, veulent tester les gouvernements nouvellement constitués dans la galerie du « printemps arabe » mensonger [1], pour s’assurer de la validité de leur transaction « Pouvoir mondial pour nous, contre autorité locale pour vous » [2] avant de se précipiter à s’engager plus en avant, politiquement et militairement, sur le terrain de la crise syrienne ; d’autant plus qu’il est désormais certain que la réalisation de leurs objectifs en Syrie exige qu’ils s’assurent des véritables dispositions de ces gouvernements concoctés à la hâte et sous bannières religieuses, notamment pour ce qui concerne la liquidation de la Résistance dans la bande de Gaza.

Mais Israël a des objectifs plus directs en relation aussi bien avec ses prochaines élections législatives qu’avec la récolte de renseignements utiles sur l’organisation militaire, les plans et les armes adoptés par la Résistance pour fortifier son front intérieur depuis 2006 et 2009 ; afin de rétablir la force de dissuasion israélienne et de restaurer son prestige avant toute action contre le Liban, la Syrie, ou l’Iran.

Plan en quatre étapes

 Pour atteindre ses objectifs, il semble qu’Israël ait adopté un plan suffisamment souple pour lui permettre de s’adapter à toutes les éventualités, de telle sorte qu’il puisse le suspendre à tout moment sans s’infliger une nouvelle défaite, faute d’avoir pu atteindre son but ultime ; celui d’occuper à nouveau et momentanément la bande de Gaza. Nous pensons que ce plan est censé se dérouler en plusieurs étapes :

1. La première étape est telle que nous l’avons constatée, intensive, et menée essentiellement par l’aviation. Elle vise la liquidation du maximum possible de dirigeants intra-muros et de roquettes stockées, avec le sempiternel argument de ne cibler que des terroristes et d’épargner les civils ! À ce stade, Israël peut considérer avoir atteint son objectif en assassinant Ahmad al-Jaabari, l’un des plus importants dirigeants de la Résistance, et en ayant prétendument détruit une grande partie de l’arsenal en stock.

2. La deuxième étape est censée suivre, si l’environnement local et international s’y prête, sans oublier que la décision israélienne dépendra aussi de la riposte de la Résistance. Sa mise en œuvre consistera probablement à assiéger la bande de Gaza sur une profondeur allant de 3 à 5 Kms pour interdire, autant que faire se peut,  l’utilisation des roquettes et détruire un maximum de tunnels ; ce qui empêcherait le réapprovisionnement. Là aussi, Israël pourrait prétendre avoir atteint son objectif.

3. La troisième étape consisterait à occuper des couloirs d’une largeur de 2 à 3 Kms à l’intérieur même de Gaza, afin de diviser le terrain en plusieurs compartiments qu’il suffira d’encercler pour ne pas avoir à s’engager dans une confrontation directe avec les combattants en pleines zones résidentielles.

4. La quatrième étape autoriserait l’occupation de toute la bande de Gaza et l’éradication de l’organisation de la Résistance ; ce qui rappelle le procédé adopté en 1982 au Liban. D’ailleurs, Israël a commencé la préparation des deux dernières étapes en demandant le rappel de 75 000 réservistes [3] et en conditionnant l’opinion internationale à accepter et sa décision et ses conséquences !

C’est ce que nous pouvons déduire à partir de la conduite des opérations sur le terrain, et désormais il est devenu très clair que la suspension ou la poursuite de l’agression jusqu’à son but ultime dépendent de deux facteurs :

1. Le premier facteur relève des performances de la Résistance, en particulier de sa gestion des tirs pour suffisamment inquiéter l’ennemi et produire l’effet dissuasif souhaité. Ici, nous rappelons qu’il n’est pas nécessaire d’intensifier les tirs car leur fonction n’est pas de détruire, mais de dissuader. Sur ce point, nous jugeons que le résultat est pour le moment positif, d’autant plus que certaines surprises sont venues  confondre le camp d’en face, notamment les frappes précises de cibles dans la région de Tel-Aviv.

2. Le deuxième facteur relève des réactions régionales et en particulier de celle de l’Égypte qui pourrait peser presqu’autant que les performances de la Résistance, quoique nous constatons, au moment où nous rédigeons cette analyse, que les prises de position internationale, régionale et de certains des pays arabes  travaillent plutôt en faveur d’Israël et l’encouragent à poursuivre son agression ; ce qui nous rappelle, là aussi, l’environnement  de la guerre de 2006 contre le Liban.

Ceci dit, la question est de savoir si la complicité de ces pays arabes sera aussi manifeste contre Gaza que contre la Syrie, maintenant que nous avons assisté à la trahison de leur « Ligue ». Sinon, comment expliquer leur soumission à Israël alors qu’ils ont sorti leurs griffes contre la Syrie et le peuple syrien ? Telle restera notre opinion et notre souci sans révision aucune, tant que l’Égypte ne menacera de geler ou d’annuler les accords de Camp David, ne brisera le siège de Gaza par la réouverture, sans conditions, du passage de Rafah, permettant à la Résistance de se défendre par les armes ; tant que les « ourbanes » ne cesseront de coopérer avec les USA sur les dossiers arabes et régionaux, à commencer par le dossier syrien ; et tant que ces pays arabes ne se dirigeront vers l’Assemblée générale des Nations Unies pour condamner les agressions israéliennes et les sommer de cesser de s’opposer à la reconnaissance de la Palestine en tant qu’ État observateur.

Faute de telles prises de position, nous considérons que leurs déclarations sont creuses avec pour seules valeurs, l’incitation d’Israël à poursuivre son agression et la confirmation de leur collusion avec l’ennemi. D’un autre côté, il n’est pas possible de s’en remettre aux vœux pieux de l’Occident ou aux déclarations israéliennes en  espérant que l’agression cesse. Cette agression ne s’arrêtera que par la dissuasion armée d’une Résistance, soutenue par son Axe véritable et par les fermes positions des pays arabes, initiées par l’Égypte. Dr Amin /www.mondialisation

 

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