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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:03
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Le nord du mali isolé : Tombouctou aux mains d’Aqmi


Après avoir pris tout le nord-est du Mali et depuis samedi le contrôle de la ville de Gao (nord-est) qui abritait l’état-major régional de l’armée (Kidal), les groupes islamistes liés à la nébuleuses Al Qaîda et au mouvement Azawad (MNLA) ont mis la main sur Tombouctou, située à 800 km au nord-est de Bamako. Et, sitôt conquise, cette ville historique a été soumise.
Les islamistes du mouvement armé Ançar Eddine, dirigé par Iyad Ag Ghaly, ex-figure des rébellions touareg des années 1990, viennent de planter leur étendard sur la terre historique et touristique de Tombouctou. Selon des sources locales citées par l’AFP, l’«émirat» islamique a déjà commencé à régenter la vie dans cette ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco.


Les animateurs du mouvement Ançar Eddine qui contrôlent Tombouctou distribuaient hier des vivres pris à un service public et à la Croix-Rouge, selon des responsables locaux. «Les islamistes de Ançar Eddine organisent des distributions de vivres avec l’appui de certains membres de l’association des jeunes musulmans de Tombouctou», a dit à l’AFP Driss Haïdara, employé à la direction du Trésor de Tombouctou, un service qui relève du ministère de l’Economie et des Finances.

 

Deux responsables de la direction régionale de la sécurité alimentaire de Tombouctou (qui dépend du ministère de l’Agriculture) et de la Croix-Rouge locale ont affirmé à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, que les vivres distribués aux habitants étaient des stocks de leurs services réquisitionnés par les islamistes. Et pour faire accepter son «émirat» aux populations, le leader d’ Ançar Eddine, Iyad Ag Ghaly, a rencontré lundi soir les imams de Tombouctou, une ville de d’environ 30 000 habitants où il compte instaurer la loi islamique, selon un fonctionnaire de l’agglomération.  

 

Moubayaâ des imams de la ville  

 

Grand centre intellectuel de l’islam et ancienne cité marchande prospère des caravanes surnommée «la perle du désert», Tombouctou est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.  
La directrice générale de cette organisation onusienne, Mme Irina Bokova, a d’ailleurs exprimé hier sa «vive préoccupation» face aux risques que font peser les combats autour du site de Tombouctou, au nord du Mali, classé au patrimoine mondial, et rappelé l’obligation internationalement reconnue des pays à sauvegarder leur patrimoine en temps de guerre. «J’appelle les autorités maliennes et les factions belligérantes à respecter le patrimoine et les engagements du pays en tant que signataire de la convention de 1972 sur le patrimoine mondial», a-t-elle déclaré dans un communiqué rendu public hier.  

 

Les craintes que soulèvent la situation au Mali a provoqué aussi la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU qui a examiné, hier, la crise née du coup d’Etat mené le 22 mars dernier par des militaires mutins. La réunion a été convoquée à la demande de la France. Les 15 pays membres devraient adopter une déclaration commune sur cette question, selon un diplomate américain, dont le pays assure en avril la présidence tournante du Conseil.

 

Peur sur Tombouctou

 

Cette réunion intervient au lendemain du sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) tenu à Dakar et à l’issue duquel les participants ont décidé d’imposer des sanctions aux militaires qui ont pris le pouvoir au Mali. La Cédéao a ainsi décidé de «la mise en place immédiate» de sa force militaire «d’attente» dans ce pays, théâtre d’une rébellion touareg dans le nord. «Nous avons décidé de la mise en place immédiate de la force d’attente de la Cédéao, en demandant au comité des chefs d’état-major de se réunir dès cette semaine à Abidjan pour voir les modalités d’activation de cette force», a déclaré le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de l’organisation.

 

La junte malienne, qui multiplie les contacts en Afrique, a réagi aux décisions du sommet, indiquant avoir «pris acte» des sanctions imposées par l’organisation régionale et rester à la disposition de la médiation burkinabé.
Son chef, le capitaine Amadou Sanogo, a souligné que le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) créé après le renversement du président Amadou Toumani Touré, considère que «la priorité de toutes ses actions reste l’intérêt supérieur de la nation malienne et l’urgence du recouvrement de l’intégrité territoriale du pays face à la crise dans la partie Nord». Amadou Sanogo a réitéré l’engagement du Comité «à aller rapidement et dans les heures à venir à la mise en place d’une convention nationale avec l’ensemble des forces vives du pays afin d’amorcer la mise en place des structures d’une transition convenable à toutes les parties». Mais les Maliens, pris entre deux feux, craignent que leur pays ne bascule définitivement dans le chaos.

Les trois chefs d’Al Qaîda à Tombouctou

 

Trois des principaux chefs d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) – Abou Zeïd, Mokhtar Belmokhtar et Yahya Abou Al Hammam – sont présents à Tombouctou (nord du Mali) aux côtés du leader touareg islamiste Iyad Ag Ghaly qui contrôle la ville, a appris mardi l’AFP de sources concordantes. Ces trois hommes, de nationalité algérienne, sont à Tombouctou où «ils ont participé à une rencontre entre Iyad Ag Ghaly et les imams de la ville», a déclaré une source sécuritaire, ce qu’a confirmé le proche d’un des imams ayant assisté à la rencontre.

 

«Oui, tous les trois sont là. Abou Zeïd a affirmé qu’il est heureux d’être sur la terre musulmane du Mali», a affirmé ce dernier. Ils ont fait de l’ancien camp de l’armée malienne de Tombouctou leur «base», selon la source sécuritaire. La plupart des treize otages occidentaux détenus au Sahel, dont six Français, ont été enlevés par ces trois hommes.

 

Selon des témoins, Iyad Ag Ghaly, chef du mouvement Ançar Eddine maîtrise totalement la ville de Tombouctou, appuyé par la branche maghrébine d’Al Qaîda, mais il lui reste à convaincre davantage les chefs religieux pour asseoir définitivement leur autorité : d’où la rencontre avec les imams. Selon le responsable d’une société privée de Tombouctou, deux jeunes, arrêtés dans la ville pour vol, devraient «subir ce soir la dure loi de la charia», la loi islamique qu’Ançar Eddine veut imposer par «la lutte armée» dans tout le Mali. «D’après ce que j’ai compris, les islamistes veulent conquérir d’autres villes maliennes», a affirmé ce responsable.  

Les hommes d’Ançar Eddine et d’AQMI ont chassé de Tombouctou les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) qui avaient pris le contrôle dimanche sans rencontrer de résistance. elwatan

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L'ONU demande un cessez-le-feu


Des Maliens originaires du nord du pays se sont réunis hier à Bamako.<br />
Photo : Agence Reuters Luc Gnago
Des Maliens originaires du nord du pays se sont réunis hier à Bamako.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé hier un cessez-le-feu immédiat dans le nord du Mali, où la composante laïque de la rébellion touareg, aujourd'hui supplantée par les groupes islamistes, a annoncé la fin de ses opérations militaires.

Dans une déclaration proposée par la France, les 15 membres du Conseil de sécurité ont aussi réclamé le retour à un gouvernement légitime à Bamako où une junte militaire a renversé le président Amadou Toumani Touré il y a deux semaines.

Profitant du putsch de Bamako, swa rebelles touaregs et des groupes islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou, sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée et désorganisée, coupant de fait le pays en deux.

Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ont depuis lors pris le dessus sur le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA).

La montée en puissance de ces islamistes, qui ont annoncé leur intention d'imposer la charia dans leur zone, a suscité l'inquiétude au sein de la communauté internationale.

Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont «inquiétés de la présence dans la région du groupe terroriste AQMI», ce qui pourrait «déstabiliser encore davantage la situation».

Depuis Bamako, la junte du capitaine Amadou Sanogo a dénoncé «de graves violations des droits de la personne» dans le nord, et plus particulièrement à Gao, depuis «l'invasion des combattants MNLA, Ansar Dine et AQMI».

Le nord du Mali est aujourd'hui un trou noir, devenu totalement inaccessible à la presse et aux organisations internationales. De nombreux habitants ont fait état de saccages et pillages à Gao et Tombouctou.

Trois groupes distincts se partagent le contrôle de Goa, selon un député local, Abdou Sidibé: les touareg du MNLA, les islamistes d'Ansar Dine et d'un groupe dissident d'AQMI, et enfin des trafiquants et groupes criminels.

À Tombouctou, les hommes d'Ansar Dine et les moudjahidines d'AQMI ont chassé le MNLA, dont seuls une vingtaine d'hommes sont cantonnés près de l'aéroport, et mis fin aux pillages au nom de leur nouvel ordre islamique, selon des habitants. Ansar Dine a renforcé sa position militaire dans la ville, en déployant des engins blindés.

Plus aucun service ne fonctionne, la ville n'a plus d'électricité depuis la mi-journée et l'eau pourrait bientôt être coupée, selon une source humanitaire malienne sur place. Les nouveaux maîtres de la ville ont demandé aux populations de faire des réserves d'eau. Les bureaux de la société nationale de téléphone (Sotelma) ont été incendiés, avec donc un risque de coupure du téléphone. Deux responsables d'AQMI ont par ailleurs remis à une association locale de nombreux exemplaires du Coran et des vêtements, selon un autre témoin.

Report

À Bamako, les putschistes ont annoncé hier soir le report de la convention nationale qui devait s'y ouvrir aujourd'hui, à leur initiative, première étape d'une «transition» voulue par les putschistes, mais dont ils n'ont pas précisé la durée. Ils affirment avoir consulté différentes parties qui ont souhaité «une meilleure préparation matérielle» et précisent que «la nouvelle date sera annoncée d'un commun accord avec l'ensemble des sensibilités concernées».

Un front antijunte, rassemblant une cinquantaine de partis politiques et une centaine d'associations et organisations syndicales, a rejeté toute participation à une telle convention. Une coalition pro-junte, le Mouvement populaire du 22 mars (MP22), a, elle, exhorté la junte «à demeurer fermes et à désormais rejeter entièrement les diktats des impérialistes français et occidentaux».

Soumise depuis lundi à un embargo diplomatique, économique et financier imposé par ses voisins, la junte s'est vu infliger mardi de nouvelles sanctions par l'Union africaine (UA) et les États-Unis. Elle reste également sous la menace d'une intervention militaire ouest-africaine, alors que les chefs d'état-major de la CEDEAO se retrouvent aujourd'hui à Abidjan pour activer une force régionale déjà en alerte.

Les négociations se poursuivent néanmoins, et le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Djibrill Bassolè, se trouvait hier à Bamako pour y rencontrer le chef de la junte. ledevoir
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La junte dépassée par l'avancée des islamistes
Les militaires maliens ont investi Bamako, mercredi 21 mars

Les militaires maliens ont investi Bamako, mercredi 21

 L'ONU s'inquiète de la rapidité et de l'ampleur de la rébellion...

Profitant du putsch de militaires contre le président Amadou Toumani Touré le 22 mars, les rebelles touareg et des groupes islamistes ont pris le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou. Le pays est coupé en deux.

Qui mène la danse côté assaillants?

Les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), au nord du Mali, semblent dépassés par les islamistes de l'organisation Ansar Dine et d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique), au moins dans la ville de Tombouctou, aux mains des salafistes. Ces derniers disent vouloir imposer la charia (loi islamique). Selon des témoignages, dans les rues de la ville, plusieurs bars et débits d'alcool ont été saccagés et des femmes sont désormais voilées. Le MNLA dit «se démarquer» de ces «réseaux mafieux».

Qu'en est-il de la junte?

Elle a perdu toute légitimité. Basée à Bamako, elle est complètement dépassée par les événements et se cherche une porte de sortie. Elle pourrait rendre le pouvoir. Elle a dénoncé mercredi «les graves violations des droits de l'homme» dont serait victime la population dans le nord du Mali.

Quels sont les enjeux?

Eviter d'abord que les islamistes gagnent l'ensemble du pays. Certains rebelles, avec Aqmi, pourraient envisager de s'emparer de l'ensemble du territoire malien pour en faire une république islamiste. L'autre enjeu, ce sont les risques de crise humanitaire. Les assauts des rebelles ont déplacé plus de 200 000 personnes dans le nord du pays. A cela s'ajoute la menace d'une crise alimentaire à cause de la sécheresse et de la désorganisation de l'aide extérieure due aux combats.

Et puis il y a le risque de contagion.

L'incendie peut rapidement se propager aux pays voisins du Niger, de l'Algérie, du Tchad ou du Nigeria en butte, eux aussi, à des menaces sécessionnistes ou à des mouvements terroristes. 20minutes

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Mali
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