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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 02:31

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Le président reconnaît le lynchage d'un opposant

 

Le président tunisien Moncef Marzouki a dénoncé vendredi un lynchage, au lendemain de la mort dans des violences d'un opposant, alors qu'un chef d'un parti d'opposition a qualifié le crime de premier assassinat politique depuis la révolution de 2011.

C'est un Tunisien qui a été piétiné, comment une telle opération de lynchage est-elle possible en Tunisie?, a déclaré M. Marzouki dans un entretien à la télévision tunisienne, évoquant une atrocité absolue, inacceptable qui met à mal la cohésion nationale.

Il est le premier responsable à reconnaître que le coordinateur du parti d'opposition Nidaa Tounès à Tataouine (sud), Lotfi Naguedh, a bien été tué dans des affrontements après une manifestation qui a dégénéré et non d'une crise cardiaque comme l'affirme le ministère de l'Intérieur.

Avant lui, l'ex-Premier ministre tunisien et chef de Nidaa Tounès, Béji Caïd Essebsi avait dénoncé le premier assassinat politique depuis la révolution, accusant les islamistes au pouvoir, Ennahda, et son allié de centre-gauche, le Congrès pour la République (CPR) de M. Marzouki, d'être responsables de la manifestation.

Il a aussi évoqué, lors d'une conférence de presse à Tunis, un lynchage, montrant une vidéo où l'on voit une personne présentée comme la victime traînée au sol et frappée par une foule.

Le corps a été transporté à Tunis vendredi où une autopsie doit avoir lieu, selon M. Essebsi.

Les islamistes d'Ennahda ont de leur côté accusé dans un communiqué diffusé jeudi soir les partisans de Nidaa Tounès d'avoir provoqué les violences en jetant des cocktails molotov sur les manifestants.

M. Marzouki a appelé tous les partis du pays à faire leur introspection pour éviter de nouvelles violences, alors que les forces politiques échangent des accusations virulentes.

La manifestation de jeudi à Tataouine avait été organisée par la Ligue de protection de la révolution, une organisation proche des islamistes.

Une partie de la classe politique et plusieurs ONG ont dès lors appelé à la dissolution de ce mouvement accusé d'être derrière plusieurs actes de violences.

La semaine dernière, cette organisation avait promis aux ennemis de la révolution et aux caciques de l'ancien régime de leur faire regretter de ne pas s'être suicidés, affirmant préparer des surprises de gros calibre pour les exterminer tous.

Les partisans du gouvernement accuse Nidaa Tounès de rassembler des tenants du président déchu, Zine El Abidine Ben Ali.

M. Essebsi, deuxième Premier ministre de transition après la révolution de 2011, a fondé ce parti cet été et connaît, selon des sondages, une popularité croissante. romandie

 

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 Alliant le militant spontané à l’homme d’Etat ferme, Marzouki a, enfin, séduit

 

Dans son interview accordée, vendredi soir 19 octobre 2012 à la chaîne Nessma TV, le président de la République, Moncef Marzouki, a agréablement surpris les Tunisiens qui, enfin, ont eu l’impression qu’ils ont face à eux un vrai homme d’Etat et un président de tous les Tunisiens. Un président réaliste, ferme, sûr de lui, franc et, surtout, sans populisme, ni démagogie.
 

Un président qui a tranché et pris position, sans détours, à propos de toutes les questions de l’heure, même les plus embarrassantes.

Actualité oblige, le drame de Tataouine a été le premier dossier à traiter. Tout en déplorant que les choses dégénèrent, il a condamné et dénoncé vigoureusement et sans équivoque, l’assassinat d’un citoyen tunisien, père de six enfants, il a fustigé avec la même vigueur le comportement de ces ligues dites de protection de la révolution qu’il n’a pas hésité de traiter de milices qui n’ont aucun légitimité à s’arroger le droit « d’assainissement et de nettoyage, termes chers à M. Abbou.

Ces ligues n’ont plus aucune raison d’être après les élections du 23 octobre 2011 et l’avènement de l’Assemblée nationale constituante et la formation d’un gouvernement. Leur existence est contradictoire avec celle de l’Etat. Ces propos contrastent, avec les affirmations de Rafik Abdessalem, ministre des Affaires étrangères qui les a défendues, le jour même, bec et ongles et clamé avec force qu’elles ont pleinement le droit de poursuivre leur mission de protéger la révolution qui n’est pas encore achevée.

Répondant à une question sur ses attentes en cette journée du 23 octobre 2012, M. Marzouki indique qu’il s’agit d’un événement et d’une date historiques et hautement symboliques, mais qu’il n’appréhende guère, appelant, par la même occasion, les citoyens à ne rien stocker.

« Tout se passera bien. Je suis de nature optimiste », affirme t-il en substance, car j’ai confiance en l’intelligence collective des Tunisiens qui, à chaque fois que le pays semble se trouver au bord du gouffre, le peuple tunisien a cette faculté d’avoir le sursaut nécessaire pour éviter le pire et reprendre du poil de la bête.

C’est ainsi qu’après la forte tension ayant régné sur le pays, ces derniers jours, tout le monde s’est ressaisi. Il y eut deux événements qui ont aidé à cela. Il a cité, d’abord, l’accord intervenu au sein de la Troïka à propos du système politique, l’accélération de la mise sur pied des trois instances indépendantes des élections, de l’information et de la magistrature et la date des élections présidentielles et législatives.

Il a mentionné, ensuite, l’initiative pour un débat national lancée par l’UGTT qu’il a saluée et à laquelle il a participé, en dépit de l’absence d’Ennahdha et du CPR, afin de démontrer qu’il reste au dessus des considérations partisanes et qu’il demeure le président de tous les Tunisiens.

M. Marzouki a profité de cette occasion pour dire, tout haut, qu’il est contre toute exclusion, alors que son parti, plus particulièrement son secrétaire général, Mohamed Abbou, est le grand champion en la matière avec son fameux projet de loi d’exclusion et de privation de citoyens tunisiens de leurs droits élémentaires politiques et civiques, donc de citoyenneté.

Le président de la République a enchaîné qu’il ne faut plus craindre un retour de la tyrannie et de l’hégémonie pour la simple raison que le peuple tunisien est devenu libre et a aboli de son dictionnaire, le mot « peur » 

C’est dire que les différentes forces politiques et les composantes de la société civile sont, désormais, plus convaincuse que jamais de la nécessité de parvenir à un consensus, d’après Moncef Marzouki qui révèle, presque sous forme de confidence, qu’il a un rêve lui tenant à cœur : offrir au peuple tunisien la Constitution le 14 janvier 2013 avant d’organiser les élections, de préférence, avant l’été prochain.

Mais ceci exige l’accélération de la création de l’Instance indépendante des élections, avouant qu’elle aurait dû être là depuis longtemps, et de l’Instance indépendante de la magistrature, car seule une justice indépendante peut offrir la garantie d’un scrutin neutre et démocratique.

Revenant au fond de la Constitution et en réponse à une question sur les droits de la femme et sur l’atteinte au sacré, le président de la République a été catégorique : personne ne touchera au Code du statut personnel (CSP), au principe de l’égalité entre l’homme et la femme et à la dimension universelle des droits de l’Homme ainsi qu’à la suprématie des lois internationales.

A propos du phénomène des salafistes, M. Marzouki estime que tant qu’ils se comportent dans un cadre respectant les lois du pays et loin de toute violence, ils seront traités dans le respect et auront la liberté d’exprimer leurs opinions. Mais tout recours à la violence sera considéré comme étant une ligne rouge à ne pas franchir.

Dans le même ordre d’idées, il s’est prononcé contre toute loi spéciale sur le terrorisme, les contrevenants devant être jugés selon les lois tunisiennes et d’une manière humanitaire sans retour à la torture et autres pratiques humiliantes.

Profitant de cette opportunité, il a réitéré sa position vis-à-vis des propos tenus par Rached Ghannouchi dans la fameuse vidéo avec les salafistes tout en assurant que chacun est libre d’avoir ses points de vue à condition qu’il n’essaie pas de les imposer à autrui et de respecter l’unique contrat unissant tous les Tunisiens, en l’occurrence la Constitution.

La question de l’information a été, bien entendu, abordée. Et à M. Marzouki de se montrer, étonnamment, fair-play. « Malgré les critiques, souvent destructrices, me tournant souvent en dérision, je me suis juré d’accepter les règle du jeu. Sinon, je reflèterai l’image d’un homme non démocrate », a-t-il dit en substance.

Abordant le volet de a justice transitionnelle, M. Marzouki reconnaît que le dossier a pris énormément de retard et qu’il est temps d’accélérer les procédures en la matière afin de trancher les différentes affaires y afférentes, notamment celles touchant aux hommes d’affaires qui souffrent d’une situation floue, nuisant et à leurs intérêts et à ceux u pays.
Il ajoute que la situation sociale dans le pays souffre déjà d’une tension lourde, d’où l’impératif de régler cette question qui handicape la dynamique économique nationale.

Pour conclure, Moncef Marzouki a promis qu’il se comportera, jusqu’au dernier jour à Carthage, comme étant le président de tous les Tunisiens et que s’il devait se présenter pour un mandat présidentiel, il le ferait savoir au dernier moment.

En se montrant sous son meilleur jour, alliant la spontanéité et la sincérité de l’homme militant et défenseur des droits de l’Homme, le président de la République a parlé en tant qu’homme d’Etat ferme et responsable. S’agit-il d’une attitude sincère ou de propos manœuvriers en ces moments où on entre presque dans la dernière ligne droite de cette seconde étape transitoire ? L’avenir se chargera d’y répondre. En attendant, prenons-le au mot… hbusinessnews


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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Gouvernement Hamadi Jebali
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