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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 05:16

Le sit-in des journalistes de Dar Assabah se poursuit pour le 5e jour


altLes journalistes de Dar Assabah observent samedi leur sit-in pour le 5ejour consécutif. Ils protestent contre le nouveau directeur général imposé par le gouvernement.

 

 

Soutenus par leurs collègues d’autres médias ainsi que par des hommes politiques et des représentants de la société civile, ils menacent de faire la grève le 11 septembre si le gouvernement ne revient pas sur sa décision.

 

Un appel au soutien des journalistes de Dar Assabah a été lancé vendredi par des représentants de la société civile.

 

Les confrères contestent la nomination par le gouvernement du nouveau directeur général Lotfi Touati, ancien commissaire de police (et ancien rédacteur en chef adjoint au ‘‘Quotidien’’, journal francophone de Dar Al Anwar) connu pour son appartenance à l’ancien régime avant de changer de camp au lendemain du 14 janvier et de devenir un thuriféraire zélé du parti islamiste Ennahdha, au pouvoir.

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Samedi matin, à l’entrée de Dar Assabah était noire de monde et la présence d’un grand nombre d’agents de sécurité était plus que remarquable. Parmi les figures politiques présentes, on citera Mohsen Marzouk (Nida Tounes), Brahim Gassas (l'Appel de la Tunisie- ex-Al-Aridha Chaabia-), Yassine Brahim, Maya Jeribi (Parti Républicain), Hamma Hammami (parti des travailleurs), Saïd Aïdi, des militants comme les avocats et les représentants de la Ligue des droits de l'Homme: Bochra Bel Haj Hamida, Saïda Garrache, Abdessatar Moussa, Salah Zghidi, des artistes comme Lotfi Ebdelli, Taoufik Jebali et autres comme Om Zied, Fahem Boukaddouss, Abdelkarim Hizaoui, Slim Boukhdhir… Le collectif du 17 décembre de Sidi Bouzid était aussi du sit-in.


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«Lotfi Touati dégage», «Liberté de la presse tunisienne», «Ma plume ne se prosternera pas», «Gouvernement, lève ta main sur les médias»…, lit-on notamment sur les affiches brandies par les journalistes qui ont fait une marche symbolique autour du siège de Dar Assabah en entonnant l'hymne national. La nomination aujourd'hui d'une nouvelle secrétaire a encore attisé la colère des journalistes et les employés contre leur nouveau directeur général qui a déclaré aux médias qu'il est à la fois le directeur et le responsable de la ligne éditoriale des journaux du groupe Dar Assabah. 

 

 

 

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Lotfi Touati, nouveau directeur de Dar Assabah avoue avoir travaillé 31 ans au ministère de l’intérieur


Lotfi Touati, directeur général de Dar Assabah a déclaré sur les ondes de la radio nationale qu’il était un policier et qu’il a travaillé au sein du ministère de l’intérieur durant 31 ans.

Il a assuré qu’il n’est pas nahdhaoui, et qu’il écrivait ses articles avec toute objectivité.

Dans un autre contexte, Touati a nié les intentions qu’on lui prête de s immiscer dans la ligne éditoriale du journal, indiquant que c’est la mission du rédacteur en chef de déterminer la ligne éditoriale .

Le directeur général a évoqué la censure du numéro portant la pétition des journalistes,  expliquant qu’il n’était pas contre l’impression de cette version, mais qu’il aurait préféré qu’elle soit imprimée dans un simple article sans lui consacrer toute une page.

Il a dit également qu’il n’a jamais vu un journal être dirigé par 3 rédacteurs en chef, soulignant qu’il informera le syndicat de la situation « catastrophique » de l’institution et qu’il travaillera d’arrache-pied pour l’amélioration des salaires des journalistes du journal et des agents qui y travaillent  tunisienumerique

 

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Des artistes tunisiens s’attaquent à l’injustice par une campagne artistique

 

Artistes Tunisiens : Résistance et solidarité

Convoquée par un juge d’instruction, l’artiste Nadia Jelassi s’est trouvée le 28 août dernier dans la posture d’une criminelle à côté d’hommes balafrés et menottés dans une salle au Palais de Justice : « Mettez-vous tout droit, tournez-vous à droite, tournez-vous à gauche » … Mesurée, passée à la règle, à l’épreuve anthropométrique, elle est accusée de trouble à l’ordre public pour avoir “osé” exposer les bustes de femmes voilées sur des cailloux évoquant une scène de lapidation. Contrairement à l’annonce du ministre de la culture Mehdi Mabrouk qui avait promis de poursuivre les artistes en justice, c’est plutôt le Procureur de la République qui le fera.

 

Interview (Ar) avec Nadia Jelassi au sujet de la plainte du Procureur de la République qui a été déposée contre elle


 

Un autre artiste, Mohamed Ben Slama a été également convoqué par le juge d’instruction mais il n’est pas actuellement en Tunisie. Il avait exposé le tableau de la femme au couscous et un autre où on voit des fourmis sortir du cartable d’un écolier. Sur le mur, ces fourmis forment des lettres transcrivant l’expression de louange religieuse « Sobhanahallah » (Gloire à Dieu). Les deux artistes tunisiens risquent entre six mois et cinq ans de prison.

Artiste plasticienne, professeur et chef de département des arts plastiques à l’école des Beaux Arts à Tunis, Mme Jelassi a été choquée de voir le juge d’instruction prompt à la passer à l’épreuve anthropométrique. “Quelle intention aviez-vous quand vous avez fait cette installation ?” lui dit-il. Selon Mme Jelassi, juger un artiste selon ses intentions serait une injustice. Rentrée chez elle, elle se met une règle au milieu du visage pour reproduire ce qu’ elle a vécu. Sa photo fera le tour du facebook et des réseaux sociaux.

Nadia Jelassi

Des artistes et citoyens tunisiens se saisiront de suite de sa cause pour se montrer solidaires en faisant la même chose avec quelques 

variations.

Accusé d’avoir troublé l’ordre public, chaque artiste, en se mettant virtuellement à l’épreuve anthropométrique reconnaît qu’il peut être le suivant poursuivi en justice et accusé de criminel selon l’article 121 du code pénal.

Il est signaficatif de rappeler qu’entre le 1 er et le 10 juin, aucun trouble ou problème n’a été signalé au Palais Abdellia lors de l’exposition du “Printemps des arts” à Tunis. Ce n’est qu’après l’intervention de deux rcdistes qui ont poussé les salafistes à s’insurger que la polémique d’”atteinte au sacré” a été lancée.

Le lendemain, mardi 12 juin, lors d’un point de presse au Palais du gouvernement à la Casbah, les ministres de la culture, des droits de l homme et des affaires religieuses ont désigné délibérément les artistes de “blasphémateurs” puisqu’ils auraient “touché au sacré”.

Passé dans tous les médias tunisiens, ce point de presse a donné le feu vert à l’émeute en mettant à l’index les artistes jugés “hérétiques”. Des imams ont suivi la vague. Houcine Labidi, prêcheur à la mosquée Zitouna, appellera trois fois de suite à faire couler le sang des artistes.

Le soir même, des islamistes et des casseurs se joindront au “jihad” en répondant violemment et ce en cassant et incendiant des bâtiments publics. Un couvre-feu est décrété. Plus de 160 personnes seront arrêtées pour être libérées ultérieurement… Les 27 artistes qui ont été menacés de mort préparent encore leur dossier pour déposer une plainte avec tous les documents et preuves nécessaires. Entre temps, ils vivent dans la terreur. Plusieurs d’entre eux ont déménagé après les attaques perpétrées contre eux et leurs familles.


Intervieu (Ar) avec Amor Ghedamsi, Secrétaire général du Syndicat des artistes plasticiens tunisiens au sujet de la situation actuelle des artistes
 nawaat

 

 

 

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Des artistes tunisiens s’attaquent à la censure par la dérision

 

Nadia Jelassi, une artiste tunisienne, s’est retrouvée il y a trois jours au Palais de justice de Tunis, à poser pour des photos anthropométriques, accusée de troubles à l’ordre public. De retour chez elle, elle reproduit l’humiliation vécue en se photographiant avec une règle sur le visage, et poste cette photo sur sa page Facebook.


Nadia Jelassi (via Nawaat)

Aussitôt, d’autres Tunisiens se solidarisent avec elle, et reproduisent la même scène, parfois de manière cocasse, raconte le site indépendant Nawaat.org, qui commente :

« Chaque artiste, en se soumettant virtuellement à l’épreuve anthropométrique, reconnaît qu’il peut être le suivant poursuivi en justice et accusé d’acte criminel selon l’article 121 du code pénal. »


Solidarité avec Mme Jelassi (via Nawaat)

Le « trouble » à l’ordre public dont est accusé Nadia Jelassi remonte à une exposition de juin dernier, restée célèbre parce que la galerie qui la montrait futattaquée par des militants salafistes.

Nadia Jelassi, une artiste plasticienne, professeur et chef de département des arts plastiques à l’école des Beaux Arts à Tunis, y montrait une oeuvre représentant les bustes de femmes voilées sur des cailloux évoquant une scène de lapidation.

Nawaat rapporte qu’un autre participant à cette exposition, Mohamed Ben Slama, a été également convoqué par le juge d’instruction mais il n’est pas actuellement en Tunisie. Il avait notamment exposé un tableau où l’on voit des fourmis sortir du cartable d’un écolier. Sur le mur, ces fourmis forment des lettres transcrivant l’expression de louange religieuse « Sobhanahallah » (Gloire à Dieu). rue89

 

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