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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 04:47

Les autonomistes de l'Est peuvent-ils réussir ?


 

La spectaculaire déclaration d'autonomie de la Cyrénaïque le 6 mars peut déboucher sur la désintégration de la Libye, comme elle peut aboutir au renforcement du Conseil national de transition (CNT). Analyse des forces en jeu.

En appelant à un retour au fédéralisme (en vigueur jusqu'en 1963), le président du haut conseil de transition de Brega, Ahmed Zoubaïr Al-Senoussi, cousin de l'ancien roi Idriss Senoussi et membre du CNT, a fortement déstabilisé le déjà très fragile patron du conseil, Mustapha Abdeljalil.

Mais ce dernier a contre-attaqué aussi sec depuis Misrata, la ville-symbole de la résistance contre Mouammar Kadhafi, où s'est forgé l'esprit de la révolution. Il a immédiatement menacé de recourir à la force contre les "autonomistes".

Un blocus sur la Cyrénaïque (gel des salaires des fonctionnaires, etc.) est évoqué. Le temps joue en la défaveur du CNT : les autonomistes appellent à bouder de facto l'élection de l'Assemblée constituante, le 23 juin. Ce boycott, s'il est suivi, pourrait entériner la partition.

Abdeljalil va donc jouer sur deux tableaux dans les semaines à venir. A l'international, il vient de recevoir l’appui de l’Egypte, qui a proclamé son attachement à l’unité de la Libye, tout comme l'Organisation de la coopération islamique, contrôlée par l’Arabie Saoudite. Or l'Est libyen est économiquement très dépendant de l'Egypte. Le Caire devrait aussi œuvrer en sous-main pour modérer l'influence du Qatar, qui attise la flamme sécessionniste. Abdeljalil a aussi reçu le soutien, déterminant, d'Ibrahim Dabbashi, le représentant libyen à l’ONU, originaire de Benghazi ; il avait joué un rôle-clé dans l'adoption de la résolution 1970, le 26 février 2011.

Sur le plan intérieur, le patron du CNT a aussi entrepris de rallier autour de lui les différentes milices pour rappeler aux "sécessionnistes" qu'ils n'ont peut-être pas les moyens militaires de leurs ambitions. Premier acte fort : les miliciens de Zintan viennent de remettre l'aéroport de Tripoli au ministère de l’intérieur. De son côté, le conseil local de Misrata devrait transférer la semaine prochaine au CNT le contrôle des infrastructures portuaires, aéroportuaires et des checkpoints terrestres. Ce qui devrait forcer les Berbères, qui contrôlent les points de passage avec la Tunisie, à se positionner à leur tour. Cercle vertueux ?

source cameroonvoice

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Après la Lybie voilà ce qui attend la Syrie

 

La proclamation d'autonomie de la Cyrénaïque pourrait ouvrir la voie à une partition du pays. Cela fait presque un an que les grandes puissances occidentales ont, à l'initiative de la France, reconnu le Conseil national de transition (CNT) des anciens rebelles anti-Kadhafi comme le seul pouvoir légitime en Libye. Il y a six mois, Moustapha Abdeljalil, le président du CNT, était reçu comme un chef d'État à Paris, à l'occasion d'une grande conférence internationale consacrée à son pays. Toutes les délégations se félicitèrent de cette nouvelle Libye, débarrassée de son tyran, déterminée à construire la démocratie chez elle, à y rétablir la prospérité et à consolider la paix dans la région.

Le problème est que le CNT n'est toujours pas parvenu à restaurer l'autorité de l'État, que ce soit dans les provinces ou même à Tripoli, la capitale. Le 6 mars, des chefs de grandes tribus se sont réunis à Benghazi pour proclamer l'autonomie de la Cyrénaïque - région s'étendant de la frontière égyptienne aux portes de Syrte - dans le cadre d'un État fédéral, dont les deux autres provinces devaient être la Tripolitaine et le Fezzan. Le but de cette manœuvre est limpide: la quasi-totalité des champs pétroliers se trouvent en Cyrénaïque et ses habitants n'ont plus envie de partager cette fabuleuse richesse avec les autres Libyens.

Le CNT n'avait même pas été tenu informé de cette initiative unilatérale. Le 7 mars, M. Abdeljalil réagit avec «fermeté» ; il condamna les «séditieux», invoquant un «complot de l'étranger» - une formule classique de la rhétorique des gouvernants arabes en difficulté. Le chef du CNT est même allé jusqu'à brandir la menace d'user de la force contre les sécessionnistes en puissance. Mais, très vite, il est revenu à la réalité. Dans un entretien à la télévision satellitaire qatarienne al-Jazeera - qui est devenue le média d'information le plus écouté par la population libyenne -, le président Abdeljalil a reconnu que son gouvernement de transition n'avait pas suffisamment de forces pour amener les séparatistes à résipiscence. Cet homme pieux, ancien juge promu ministre de la Justice par Mouammar Kadhafi du temps de l'affaire des infirmières bulgares - expérience qui ne démontre pas nécessairement ses qualités d'homme d'État -, a ensuite blâmé son gouvernement pour avoir créé, par son inefficacité, les conditions de cette regrettable initiative autonomiste.

Cacophonie.

Dans cet extraordinaire aveu d'impuissance, le patron du CNT a aussi reconnu que son gouvernement n'avait pas la force nécessaire pour reprendre le contrôle de lieux aussi symboliques que les aéroports ou les postes frontières terrestres. Jeudi, dans un geste d'apaisement, des milices qui avaient contribué à faire tomber le régime de Kadhafi se sont déclarées prêtes à remettre aux autorités centrales de transition des sites stratégiques dont elles avaient pris le contrôle pendant la révolte. Cette cacophonie n'est pas de bon augure. Ce n'est pas encore la guerre intérieure, mais c'est par ce genre de déclarations qu'ont, dans l'histoire, débuté maintes guerres civiles. Un éclatement violent de la Libye - dont Aqmi (al-Qaida au Maghreb islamique) ferait immédiatement son miel - déstabiliserait mécaniquement tous ses voisins sahéliens, dont plusieurs sont des amis de la France.

L'Otan avait-elle prévu un tel scénario? On voudrait l'espérer. Car lorsqu'on s'engage à «protéger les populations civiles», il vaut mieux le faire jusqu'au bout, et pas seulement jusqu'au bel instant médiatique de la chute d'un tyran.

par Robert Magnani

source blogs.mediapart

 

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Échanges entre acteurs sociaux  

 


 

Échanges entre citoyens 

 

 

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Mohammed Al Harizi. Porte-parole du CNT libyen

Nous croyons à la décentralisation et non au fédéralisme

 

 

Après la déclaration, mardi, de l’autonomie de la région de l’Est, les craintes concernant une sécession du pays ou une guerre civile sont perceptibles. Le CNT fait le point.

-Vous avez nié toute menace de sécession du pays malgré les craintes exprimées par le CNT. La région de l’Est vient pourtant de déclarer son autonomie…

Le peuple libyen bénéficie pour la première fois de la liberté d’expression. Une minorité peut librement exprimer sa position. Le groupe qui s’est soulevé à Benghazi et a proclamé l’autonomie de la Cyrénaïque est minoritaire et ne représente pas toute la région de l’Est. Nous déplorons que cette décision ait été prise sans le moindre dialogue avec les autorités. Mais le peuple s’est exprimé. Des manifestations condamnant la séparation de la région ont eu lieu un peu partout en Libye.


-Des experts internationaux voient dans l’option fédérale un bon compromis. Qu’en pensez-vous ?

Nous voulons que le peuple libyen puisse décider pour lui-même. Nous avons mis en place une feuille de route et tâchons de l’appliquer. Dans environ quatre mois, nous disposerons d’une Constitution et le peuple décidera à travers les urnes de ce qui est bon pour lui. Nous respecterons son choix. Mais il n’est pas raisonnable qu’une minorité impose son choix au peuple. Cependant, nous ne pensons pas que le fédéralisme convienne au peuple libyen et croyons plus à la décentralisation. Il s’agit d’opter pour des gouvernorats administratifs qui disposeront chacun d’une part d’autonomie administrative et d’un budget qui leur est propre. Ce système conviendrait plus aux Libyens. Mais je répète, c’est au peuple de décider.


-L’idée d’un Etat fédéral n’est donc pas à écarter…

L’idée n’est pas populaire. En témoignent les manifestations qui lui sont hostiles, et cela même au niveau de la région de l’Est. Le fédéralisme est pour beaucoup de Libyens  synonyme de sécession. Il a d’ailleurs pour but de rassembler des parties divisées et non de diviser un pays. Durant la lutte contre le régime d’El Gueddafi, la région de l’Est aurait pu déclarer son autonomie quand elle était la seule à être libérée, mais elle a opté pour la lutte avec la région de l’Ouest jusqu’à la chute du régime. Les Libyens manifestaient alors pour un seul pays et une seule capitale.


-Le spectre de la guerre civile plane-t-il plus sur la Libye, si l’Est décide de prendre les armes pour défendre son autonomie, d’autant que le Président a déclaré ne pas écarter l’utilisation de la force ?

Le Président entendait par-là la force de la loi qui ne permet pas de ne pas prendre en considération la volonté du peuple. Nous n’utiliserons pas  les armes. Beaucoup de victimes sont déjà tombées. Nous ne voulons plus de conflits.


-Le CNT parle d’un complot. Les séparatistes seraient aidés par des pays étrangers …

Parmi ces séparatistes, certains se sont sentis délaissés par le gouvernement actuel et dénoncent la centralisation. Mais d’autres sont des loyalistes à l’ancien régime. Nous disposons d’informations concernant un soutien étranger matériel de la part de pays qui ne souhaitent pas voir les révolutions arabes aboutir. Je m’abstiendrai de les nommer.


-Beaucoup vous rejettent la même accusation et remettent en question votre légitimité, vous qui avez été directement soutenu par des pays tiers…

 Le soutien étranger dont nous avons bénéficié répondait aux demandes du peuple libyen, de la Ligue arabe et d’un consensus international et avait pour but de protéger un peuple et le libérer des Gueddafi. Ceci s’est fait en toute légalité et n’avait pas pour but de diviser le pays.

source elwatan

 

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Manifestations en Libye contre une autonomie de la Cyrénaïque

 

 

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi après la grande prière dans les deux plus grandes villes de Libye, Tripoli et Benghazi, pour dénoncer les projets d'autonomie de la Cyrénaïque, province de l'est du pays où se trouve l'essentiel des réserves de pétrole.

Pour les manifestants, cette autonomie serait le prélude à une partition du pays.

A Benghazi, capitale de la Cyrénaïque d'où est parti l'an dernier le soulèvement contre Mouammar Kadhafi, des élus ont annoncé mardi dernier la création d'un "conseil provincial" chargé d'administrer les affaires de la région, délaissée selon eux pendant les plus de quarante ans de règne du "guide" défunt.

"Nous voulons un seul pays, c'est pour cela que nous nous sommes battus (...) Nous nous mobilisons tous pour dire 'non' au fédéralisme", a déclaré Taha, 18 ans, dans la foule des 5.000 manifestants rassemblés place des Martyrs à Tripoli.

A Benghazi, sur la place Tahrir, entre 3.000 et 4.000 personnes ont également dénoncé les projets d'autonomie, qui visent à revenir à la Constitution des années 1950, quand le pays était divisé en trois provinces quasi autonomes - la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan.

Peu auparavant, lors de la grande prière, un orateur avait appelé la population à s'opposer aux idées fédéralistes. "Nous devons faire en sorte que la Libye reste un seul pays, une seule famille", avait lancé le religieux. "Sinon ce sera la partition, le retour en arrière."

"Nous sommes contre l'idée d'un système fédéral et nous sommes prêts à donner nos vies pour défendre l'unité de la Libye", a assuré à Reuters Hakim Abdoulrahman Hamad, maire de la ville de Tobrouk, à l'est de Benghazi. "Oui à la liberté, non à la partition. Le choix du type de gouvernement doit être laissé au Parlement, par des voies démocratiques."

Dès mardi soir, le président du Conseil national de transition (CNT) au pouvoir en Libye, Moustapha Abdeljalil, a estimé que la déclaration d'autonomie des élus de Cyrénaïque risquait d'être fatale à l'unité du pays.

"J'appelle mes frères, le peuple libyen, à être attentifs et sur le qui-vive concernant ces conspirations qui sont fomentées contre eux (...)", a-t-il dit. "J'ai le regret de dire que des pays (étrangers) ont financé et soutenu ce complot dans l'Est."

Les quelque 3.000 délégués qui participaient au "Congrès du peuple de Cyrénaïque" organisé en début de semaine à Benghazi ont désigné Ahmed el Senoussi, apparenté à l'ancien roi Idriss 1er et ancien détenu sous Kadhafi, à la tête de ce "conseil provincial".

Une plus grande autonomie de la Cyrénaïque inquiéterait en outre les compagnies pétrolières étrangères, qui s'attendent à devoir renégocier leurs contrats avec cette nouvelle entité.

source tempsreel.nouvelobs

 

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Réactions populaires bien encadrées, comme au bon vieux temps

 

 

 

 

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Libye : l'après Kadhafi
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commentaires

Fethi 11/03/2012 11:21

Bien fait pour eux. Voilà ce qui arrive quand on arme tout un peuple.
Qu'ils appellent Bernard Henri Lévy au secours

Rock and Law 11/03/2012 09:32

J'espère que s ava bien se passer. :)

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