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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 06:05

Après la révolution, le spectre de la vengeance

Les «Tawargas», la peur au quotidien. Accusés d’avoir collaboré avec les forces du régime Kadhafi, ils sont les nouveaux parias de la Libye. (David Wagnières)

 
Les «Tawargas», la peur au quotidien. Accusés d’avoir collaboré avec les forces du régime Kadhafi, ils sont les nouveaux parias de la Libye. (David Wagnières)

 

Dans plusieurs quartiers de Tripoli,des commandos anti-kadhafistes musclés brûlent de passer à l’acte

Le cas des «Tawargas» est le plus emblématique des risques d’exactions en Libye, après quarante-deux ans de dictature et de manipulations tribales orchestrées, en chef bédouin avisé, par le défunt colonel Kadhafi. Cette minorité, composée de descendants d’esclaves noirs, vivait dans la ville du même nom, à la lisière de Misrata, au centre du pays. L’enrôlement de nombreux «Tawargas» dans les forces kadhafistes qui assiégèrent sauvagement la ville d’avril à juin 2011 et les rumeurs d’effroyables tueries ont fait d’eux des parias à vie, obligés de fuir leurs immeubles brûlés et pillés par les forces révolutionnaires. Epuration ethnique. Tache sanglante sur la Libye libre.Ils sont arrivés à l’aube. Sitôt forcés les barrages tenus par les étudiants de l’école navale en banlieue de Tripoli, Imad et ses «thuwars» de Misrata ont planté leurs pick-up armés de mitrailleuses devant les anciens logements des cadets, occupés depuis l’automne par environ quatre cents familles de déplacés «Tawarga». Sur le sol jonché d’ordures, Ahmed Achoura désigne l’endroit où lui et les responsables du campement durent se regrouper, sommés par les assaillants de désigner en leur sein les «criminels de guerre», soi-disant responsables de viols collectifs. Bilan: sept morts, dont trois enfants. Tous tués alors qu’ils s’enfuyaient, paniqués, vers le front de mer voisin.

 

La traque aux «Tawargas» reste, par son ampleur, un phénomène isolé. Elle masque en revanche d’autres préparatifs sinistres. Dans le quartier kadhafiste d’Abu Salim, face à Bab al-Aziziya, l’ancienne forteresse du dictateur aujourd’hui détruite et ouverte à tout vent, des commandos font des incursions régulières. Les miliciens de Zenten, qui contrôlent toujours l’aéroport, ont, dit-on, dressé des listes immeuble par immeuble. Les pro-Kadhafi y sont désignés comme les «algues», référence à la couleur verte de la Jamahiriya. Les HLM construits à la va-vite par le régime Kadhafi dans les années 1970 pour héberger les familles de fonctionnaires, de policiers ou de militaires sont souvent perquisitionnés. Des avertissements explicites sont peints en arabe sur les murs. Les alertes contre la «cinquième colonne» de kadhafistes infiltrés sont ressassées. La délation est encouragée.

source letemps


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À Misrata on empêche les déplacés de rentrer chez eux (HRW)


 

Les autorités de la ville libyenne de Misrata empêchent des milliers de déplacés de rentrer chez eux dans deux villages livrés aux pillages et aux saccages de la part des milices, a dénoncé mardi Human Rights Watch (HRW).


"Tomina et Kararim sont des localités fantômes parce que les autorités de Misrata empêchent les gens qui avaient fui de rentrer chez eux", souligne Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch.


"Certaines milices de Misrata ont pris les armes pour en finir avec l'oppression qu'ils rétablissent à présent en opprimant les autres", a-t-il déploré dans un rapport de HRW après une visite dans la région fin janvier.

 


Les villages de Tomina et Kararim, qui comptaient chacun 5.000 habitants, avaient servi pour lancer des attaques et assiéger le fief rebelle de Misrata au cours du conflit qui a mis fin l'an dernier au régime de Mouammar Kadhafi.


"Des groupes armés de Misrata sont en train de piller et détruire leurs maisons ouvertement, comme ils l'ont fait pendant des mois dans (la localité voisine de) Touarga", théâtre de violences similaires ayant provoqué le déplacement de 30.000 civils, a indiqué l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York.


Les autorités de Misrata accusent les habitants de Tomina, Kararim et Touarga d'avoir combattu aux côtés des forces de l'ancien régime et commis des atrocités contre la population de Misrata pendant le conflit, selon HRW.


HRW a appelé les autorités de Misrata à ordonner aux milices qu'elles contrôlent de cesser leurs pillages et la destruction des maisons et de déployer une force de protection pour faciliter le retour des déplacés. "Les autorités de Misrata peuvent certainement faire beaucoup plus pour permettre le retour maintenant et protéger les propriétés civiles", a-t-il dit. 


Les autorités militaires locales contrôlent Misrata, supervisant 250 milices et gérant des points de contrôle jusqu'à 80 km au sud de la ville côtière, relève HRW. Le rapport se base sur des entretiens avec les habitants des deux villages au sud de Misrata, précise HRW.

source lorientlejour

 

 

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Plus de 100 morts dans des combats entre tribus au sud

 

 


Plus de 100 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dans des combats opposant depuis une dizaine de jours des tribus du sud-est désertique de la Libye, a-t-on appris mardi de sources tribales.

Depuis le début des combats, 113 personnes ont été tuées et 241 blessées parmi les Toubous, a indiqué à l'AFP le chef de cette tribu, Issa Abdelmajid, tandis que la tribu des Zouwaya a fait état de 23 morts et plus de 50 blessés parmi ses membres.

Selon un membre de cette tribu, trois personnes ont été tués mardi et treize autres blessées.

Selon M. Abdelmajid qui est un ex-opposant de l'ancien régime de Mouammar Kadhafi, six enfants de sa tribu figurent parmi les personnes tuées dans les combats.

Contacté par l'AFP, le porte-parole du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) Mohamed Harizi, n'était pas en mesure de confirmer ces bilans.

Les affrontements entre les deux tribus avaient éclaté le 12 février dans la ville de Koufra au sud-est de la Libye, frontalier du Tchad, du Soudan et de l'Egypte.

M. Harizi a indiqué que la situation était toujours critique à Koufra.

Le CNT a décidé d'envoyer des forces la bas pour sécuriser la ville et les frontières sud et empêcher d'élements étrangers d'entrer en Libye, a-t-il dit, affirmant que des brigades d'ex-rebelles ont commencé à se diriger vers Koufra.

M. Abdelmajid a dénoncé un plan d'extermination des Tobous, appelant la communauté internationale à intervenir pour arrêter les combats.

Il a ajouté avoir appelé le CNT à l'aide. Mais nous n'avons reçu aucune réponse jusqu'à maintenant, a-t-il dit.

De son côté, le porte-parole du Conseil local de Koufra, Younes Zwei, de la tribu des Zouwaya, a indiqué que la ville combattait des Tchadiens et des Soudanais, dont plusieurs d'entre eux ont été tués ou arrêtés.

Les Toubous qui vivent aussi dans les pays frontaliers comme le Niger et le Tchad contestaient leur marginalisation sous l'ancien régime de Mouammar Kadhafi qui refusait d'accorder la citoyenneté à certains de leurs membres, invoquant leurs origines tchadiennes.

Selon M. Zwei, certains combattants étrangers arrêtés étaient en possession de documents d'identité, falsifiés.

Koufra, une ville de 40.000 habitants située au sud-est de la Libye, frontalier du Tchad, du Soudan et de l'Egypte, est un point de passage stratégique de contrebandiers du désert.

Selon une source du CNT qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat, les tribus s'affrontent pour le contrôle de la contrebande dans cette région.

Quand Issa Abdelmajid a été chargé par le chef du CNT (Moustapha Abdeljalil) de surveiller les frontières sud, les Tobous ont pris ainsi le contrôle de la contrebande, ce qui a poussé les Zouwaya à réagir, a expliqué la même source.

source romandie

 

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Les autorités de Misrata n’ont rien fait pour empêcher des pillages dans deux villages voisins

(Tripoli, le 21 février 2012) - Les autorités de la ville de Misrata et de la région avoisinante entravent le retour chez soi de milliers d’habitants de Tomina et de Kararim, et n'ont pas empêché les milices locales de piller et d’incendier des maisons dans ces deux villages, a indiqué Human Rights Watch aujourd'hui.

Ces abus sont semblables à ceux subis par environ 30.000 personnes déplacées qui avaient dû fuir la ville voisine de Tawergha, mais qui ont également été empêchées de rentrer chez elles pendant au moins cinq mois, a ajouté Human Rights Watch.

Les autorités de Misrata ont cherché à justifier ces violations à Human Rights Watch en expliquant que les habitants de Tomina, de Kararim et de Tawergha avaient combattu aux côtés des forces de Mouammar Kadhafi et avaient commis des atrocités contre les habitants de Misrata lors du conflit de 2011.

« Tomina et Kararim sont aujourd’hui des villes fantômes parce que les autorités de Misrata empêchent des milliers d’habitants qui avaient dû fuir de retourner chez eux », a observé Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch, qui a récemment visité ces villages et a rencontré des résidents déplacés. « Des groupes armés originaires de Misrata sont en train de piller et de détruire ouvertement leurs maisons tout comme cela a été le cas pendant des mois dans la ville de Tawergha. »

Vidéo : visite de la ville de Tawergha, abandonnée et en partie saccagée, en octobre 2011 (en anglais) : 


Les autorités de Misrata devraient d’une part immédiatement ordonner aux milices qu'elles contrôlent de cesser leurs pillages et la destruction de maisons,  et d’autre part déployer des forces de sécurité pour protéger la zone touchée et faciliter le retour des personnes déplacées, selon Human Rights Watch. Les commandants et les membres de milices responsables de crimes devraient faire l’objet d’enquêtes et de poursuites judiciaires.

Alors que le Conseil national de transition et le gouvernement de transition ont été incapables de contrôler les centaines de milices opérant dans toute la Libye, les autorités militaires locales de Misrata semblent avoir une influence sur plusieurs des 250 milices originaires de cette ville. Le Conseil militaire de Misrata gère manifestement  des points de contrôle, jusqu’à 80 kilomètres au sud de cette ville côtière.

source HRW

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Libye : l'après Kadhafi
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