Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 18:35

 

_________________________________________________________________________________________________________

L'ex-porte-parole de Kadhafi arrêté près de Bani Walid assiégée

Moussa Ibrahim, lors d'une conférence de presse le 29 juillet 2011 à Tripoli

Les autorités libyennes ont annoncé samedi l'arrestation d'un des derniers sbires de Mouammar Kadhafi, son porte-parole Moussa Ibrahim, un an jour pour jour après la mort du dictateur à l'issue de huit mois de conflit armé.

Quelques heures plus tôt, les autorités avaient déploré le fait que le pays n'avait pas été "totalement libéré" du régime kadhafiste, citant notamment Bani Walid, une ville accusée d'abriter des fidèles du "Guide" déchu recherchés par la justice et théâtre depuis plusieurs jours d'affrontements meurtriers.

"Arrestation de Moussa Ibrahim par des forces appartenant au gouvernement libyen de transition à un barrage de Tarhouna", une ville située entre Bani Walid et Tripoli, affirme un bref communiqué du gouvernement envoyé à la presse, après des rumeurs persistantes depuis le matin.

M. Ibrahim est en route pour "Tripoli où il sera remis aux autorités compétentes pour entamer son interrogatoire", précise le texte.

Le vice-Premier ministre Moustapha Abou Chagour a confirmé l'arrestation de M. Ibrahim sur son compte Twitter, affirmant que "le criminel Moussa Ibrahim a été arrêté et il est en route pour Tripoli".

Des rumeurs avaient circulé depuis le matin sur l'arrestation de Moussa Ibrahim et de deux autres personnalités du régime déchu alors qu'ils tentaient de fuir la ville de Bani Walid assiégée par des forces pro-gouvernementales depuis plus de deux semaines.

Cette arrestation coïncide avec le 1er anniversaire de la mort du colonel Kadhafi le 20 octobre 2011 au terme de huit mois de conflit armé.

Elle intervient également quelques heures après que les autorités ont reconnu que "la libération du pays n'a pas été complètement réalisée dans certaines régions", selon le président de l'assemblée nationale libyenne, Mohamed al-Megaryef.

Dans un discours diffusé dans la nuit de vendredi à samedi, M. Megaryef a dressé un bilan sombre de la période post-Kadhafi, faisant état d'un "retard et une négligence" dans la formation d'une armée et d'une police, le contrôle des armes, et la non intégration des ex-rebelles dans les institutions de l'Etat.

Le chef de l'assemblée nationale a cité aussi un retard dans la réforme de la justice et dans le dossier de la réconciliation nationale.

Il a affirmé que cette situation a permis à "des vestiges de l'ancien régime à l'intérieur du pays de s'infiltrer dans les organes de l'Etat et de comploter avec ceux qui sont à l'extérieur du pays contre la révolution et sa direction légitime".

Campagne pour le retour à la légitimité

Pour justifier l'opération militaire lancée contre Bani Walid, un des derniers bastions de Mouammar Kadhafi, M. Megaryef a indiqué que cette ville était "devenu un abri pour un grand nombre de hors-la-loi hostiles à la révolution et même à des mercenaires".

"Ce n'est pas une guerre d'extermination ou de nettoyage ethnique comme certains le prétendent à tort mais une campagne pour le retour à la légitimité et pour rétablir la sécurité et la stabilité", a-t-il dit.

Plus d'une quinzaine de personnes sont mortes à Bani Walid cette semaine dans des bombardements menés par des groupes d'ex-rebelles opérant pour le compte de l'armée libyenne.

Dans son discours, M. Megaryef a estimé que les forces armées "relevaient des autorités légitimes", ouvrant ainsi implicitement la voie à une attaque de plus grande envergure à Bani Walid.

"Les autorités ont donné le feu vert aux milices pour exterminer la ville", a estimé Salem al-Ouaer, chef militaire du plus important groupe armé de Bani Walid, appelant l'ONU et l'Occident à protéger les civils dans la ville.

"Bani Walid est la cible depuis ce matin de violents bombardements. La situation humanitaire est très mauvaise", a-t-il dit à à l'AFP.

Le porte-parole du chef d'état-major Ali Chikhi a de son côté fait état d'une avancée de ses forces vers le centre de la ville.

La menace d'un assaut pesait depuis plusieurs semaines sur Bani Walid à la suite de la mort d'un ex-rebelle de Misrata, enlevé et torturé dans la ville, qui a exacerbé les tensions entre Misrata et Bani Walid, cités voisines et rivales historiques ayant choisi des camps opposés lors du conflit l'an dernier.

Par ailleurs, des hommes armés ont attaqué samedi une caserne dans la banlieue-ouest de Tripoli, selon l'armée et des témoins, qui n'étaient pas en mesure d'identifier les assaillants. 20minutes

 

___________________________________________________________________________

La Libye après Kadhafi : entre espoir et difficultés persistantes

Un an après la disparition du guide libyen, les circonstances autour de sa mort demeurent toujours aussi floues. Mais qu'est-ce que ça a changé à la situation du pays ? Maxime Pinard, chercheur à l'Iris, revient sur les nombreux obstacles à surmonter pour atteindre la démocratie, mais aussi les quelques lueurs d'espoir.

Mouammar Kadhafi, le 10 juin 2009 à Rome (FILIPPO MONTEFORTE/AFP)

Mouammar Kadhafi, le 10 juin 2009 à Rome (FILIPPO MONTEFORTE/AFP).

 

Il y a un an jour pour jour, le colonel Kadhafi mourrait à Syrte, marquant ainsi la chute symbolique de son régime dans des circonstances qui demeurent toujours assez confuses. La joie provoquée par sa disparition a donné beaucoup d’espoir aux Libyens qui aspiraient à tourner la page, après quarante années de privation de liberté et de pouvoir sans limite du colonel.

L’anniversaire de sa mort est donc l’occasion de faire le point sur la situation de la Libye un an après et de constater qu’en dépit de plusieurs indices positifs, la situation demeure relativement inquiétante. Le chemin vers la démocratie et la stabilisation du pays est clairement parsemé d’embûches…

 

Le poids trop important des milices


La nuit dernière, le président de l’assemblée nationale libyenne, Mohamed al-Megaryef a prononcé un discours où il a estimé que la libération du pays n’était pas finalisée et que des poches de résistance demeuraient.

Ce terrible constat rappelle que la Libye demeure un territoire où l’insécurité prédomine, comme en témoigne l’assassinat de l’ambassadeur américain le 11 septembre dernier à Benghazi, et encore plus récemment les violences dans la ville de Bani Walid. Située à 140 km au sud-est de Tripoli, elle est soupçonnée d’avoir été un bastion du colonel et d’abriter encore ses partisans. Les tensions sont d’autant plus vives que des nostalgiques du régime de Kadhafi ont kidnappé et torturé à mort Omrane Chabaane, présenté comme celui qui avait capturé le colonel. Les milices de Misrata ont décidé de rendre justice elles-mêmes, inquiétant les autorités libyennes qui redoutent un embrasement.

En effet, l’un des problèmes majeurs de la Libye est le poids trop important des milices, surtout celles de Misrata et Zenten, qui sont suffisamment puissantes (elles ont à disposition des chars et des lance-roquettes) pour mener leurs opérations qui sont souvent hors du cadre judiciaire (arrestations arbitraires, exécutions…), sans être réellement inquiétées par les autorités qui ne se sentent pas nécessairement assez légitimes pour les freiner. Bien qu’affiliées aux ministères de l’Intérieur et de la Défense, elles conservent une relative autonomie, néfaste pour la sécurité du pays.

 

Instabilité politique


Cette insécurité manifeste n’avait pourtant pas empêché la – relative – bonne tenue des élections de juillet dernier, où il n’y a cependant pas eu de majorité claire qui s’est dégagée. La seconde position du parti Justice et construction (PJC), proche des Frères musulmans, très loin derrière l’Alliance des forces nationales (AFN) est certes une bonne nouvelle pour ceux qui craignaient une prise du pouvoir par les Frères musulmans mais qui doit être relativisée : sur les 200 sièges que compte l’Assemblée, 120 sont détenus par des députés indépendants, ce qui créera nécessairement un jeu complexe d’alliances entre les deux partis affichés et ces députés aux objectifs très divers.

Et ce d’autant plus que l’Assemblée a clairement l’intention d’être un acteur de premier plan dans les prises de décision. Elle a ainsi contraint le Premier ministre Moustapha Abouchagour à la démission en septembre (renvoyé avant même sa prise de fonction), ce dernier ne parvenant à présenter une liste de ministres représentant toutes les sensibilités et les régions et convenant à l’AFN et au PJC. Ceux-ci détiennent en quelque sorte les clés du pouvoir, pouvant faire chuter un Premier ministre qui ne tiendrait pas suffisamment compte de leurs demandes. Le successeur Ali Zeidan y parviendra-t-il ? On devrait le savoir le 23 novembre prochain.

L’instabilité politique doit cesser rapidement, de même qu’une personnification du pouvoir libyen doit apparaître, pour attirer de nouveau les investisseurs étrangers. L’économie libyenne a un potentiel certain : l’extraction de pétrole qui avait quasiment cessé pendant la guerre a repris à un niveau similaire à la période pré-intervention franco-anglaise. Des entreprises comme Total sont de retour, même si des hésitations demeurent pour les compagnies occidentales, contraintes d’assurer elles-mêmes la sécurité de leurs employés. L’attaque du consulat américain en septembre a renforcé un peu plus les craintes des investisseurs occidentaux.

 

Deux points forts : le pétrole et l'absence de dette


Cela n’empêche pas pourtant le FMI de prévoir à la Libye une croissance phénoménale de 116.6%pour cette année, chiffre à relativiser cependant vu d’où la Libye partait. Un rapport récent de la BAD (Banque africaine de développement) et de l’OCDE rappelle que la guerre a provoqué en 2011 une récession du PIB estimée à environ 42%, mais souligne également que l’économie devrait repartir rapidement dès que la situation politique sera stabilisée.

La Libye a deux points forts : elle possède les plus importantes réserves de pétrole d’Afrique, qui est par ailleurs d’excellente qualité (son raffinage est plus simple que pour le pétrole des pays voisins), et comme le précise l’économiste Lahcen Achy, chercheur au centre Canergy pour le Moyen-Orient, le pays n’a quasiment pas de dette extérieure et possède des avoirs extérieurs atteignant 175 milliards de dollars.

Les atouts libyens sont une réalité mais le développement économique et sociétal du pays ne pourra se faire tant que l’insécurité demeurera et que le pouvoir politique ne sera pas clairement assumé et assuré d’une réelle pérennité. Une Libye forte et stable serait en outre une pierre importante à l’édifice d’une région plus sûre. leplus.nouvelobs

 

__________________________________________________________________

Un an après, le flou demeure sur la mort de Kadhafi


Image tirée d'une vidéo présentée comme la capture de Mouammar Kadhafi, 20/10/11

 

Dans quelles circonstances et par qui l'ancien dictateur libyen a-t-il tué le 20 octobre 2011 ? L'incertitude -et les polémiques qui vont avec- demeure.

Un an après, les circonstances de la capture et de la mort deMouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011 près de Syrte, restent très floues. L'Otan, qui a bombardé le convoi dans lequel il se trouvait, était-elle au courant de sa présence ? Et surtout, comment est mort le dictateur ? Sur ce point, plusieurs versions divergent.

 

La version officielle
Elle est très simple : selon les autorités de transition en Libye, Mouammar Kadhafi, qui tentait de s'enfuir après le bombardement de son convoi, a été tué d'une balle dans la tête lors d'un échange de tirs avec les rebelles.
 

 

La version "vidéo"

Depuis un an, la version officielle libyenne est de fait contredite par les vidéos, filmées au téléphone portable, qui ont fait le tour du monde : on y voit l'ancien dictateur libyen prisonnier des rebelles, ensanglanté, mais encore en vie et sur le point de se faire lyncher. Si ces images sont vraies, il n'a donc pas pu être tué lors d'un échange de tirs. Il l'aurait été ensuite, d'une balle dans l'estomac selon le légiste, probablement par le chef de la Katiba (brigade) qui l'a arrêté. A quel moment et à quel endroit ? Rien de précis sur ce point. 

 Cette version se rapproche d'un rapport de Human Rights WatchL'ONG a publié en début de semaine un document très complet revenant sur les événements de la journée du 20 octobre.  Les preuves réunies suggèrent tout d'abord que des miliciens de l'opposition ont exécuté sommairement au moins 66 membres du convoi de Kadhafi . Sur la mort de Mouammar Kadhafi, HRW fait état de nouvelles images vidéo et de témoignages montrant que la dictateur a bien été capturé vivant. Il saignait alors d'une blessure à la tête. On voit sur ce document les rebelles le battre violemment et il semble avoir été blessé à la baïonnette sur les fesses.  Selon l'ONG, "il apparaît  ensuite sans vie" au moment d'être transporté, à moitié nu, dans une ambulance.

 

La version "DGSE"

Cette théorie a fait surface il y a quelques semaines. Dans une interview donnée à une télévision égyptienne, Mahmoud Jibril, l'ex-Premier ministre du gouvernement de transition et actuel président du Conseil exécutif du Conseil national de transition (CNT), a affirmé qu'un "agent étranger était infiltré avec les brigades révolutionnaires pour tuer le colonel Kadhafi".

Quelques jours plus tard, leCorriere della Sera, l'un des principaux journaux italiens, a annoncé que cet agent étranger était un membre des services secrets français. LaFrancen'a bien sûr fait aucun commentaire sur le sujet. Cette thèse laisse aussi sceptique les spécialistes du dossier. fr/monde

 

_____________________________________________________

 Kadhafi est mort, mais pas sur Internet !


Capture d'écran d'une page Facebook pro Kadhafi intitulée "Bani Walid ne se soumettra pas"

 

Bon nombre de Libyens se demandent : où sont passés ces milliers de manifestants pro-Kadhafi qui scandaient son nom sur la Place verte ? Ont-ils soudainement disparu après la révolution ?

En consultant les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter, force est de constater que de nombreux internautes sont toujours fidèles au défunt Guide de la révolution. Ces derniers se cachent derrière des pseudonymes comme "Boumeniar [autre patronyme de Kadhafi] m’a recommandé à vous", "Fils de Kadhafi", "Amoureuse de Khamis Kadhafi [le fils de Mouammar]", "Mouammar et c’est tout", etc. Certains d’entre eux utilisent ces pseudonymes uniquement pour provoquer les internautes sur les réseaux, d’autres s'en servent pour contribuer à des pages Facebook ou des chaînes YouTube ouvertement contre-révolutionnaires.

 Sur Facebook, on trouve plusieurs pages qui soutiennent toujours l’ancien régime. La plupart nient même la mort de Kadhafi et affirment que la personne qu’on a tuée et que l'on voit sur les vidéos d'amateurs n’était que son sosie. Sur ces pages, comme celle de "L’armée du leader et chef Mouammar Kadhafi sur Facebook" (9400 abonnés) ou celle de l’ancienne chaîne de radio "Libya Fm" (11 134 abonnés) qui est encore active sur les réseaux, des nostalgiques commentent l’actualité en Libye, notamment les incidents impliquant des groupes armés supposés pro-Kadhafi. Ils échangent notamment sur les affrontements à Bani Walid et les bavures de l’armée et des rebelles dans cette ville. Ils y incitent par ailleurs les tribus locales à soutenir les combattants de Bani Walid. D’autres pages Web se focalisent sur la résistance armée, par exemple la chaîne libyenne de la résistance et de renseignements (6810 abonnés) qui diffuse des informations sur des opérations militaires de pro-Khadafi. Certaines de ces informations sont authentiques, mais d’autres sont montées de toutes pièces.

Sur YouTube, plusieurs chaînes pro-Kadhafi dénoncent les violences commises par d'ex-rebelles, ou de fausses informations qu'ils diffusent. Ces chaînes, comme "Partisans du martyr Mouammar Kadhafi" ou "Great Werfalla", mettent en ligne des vidéos de miliciens pro-Kadhafi sur fond de chants à la gloire de l’ancien leader. Sur Internet, la guerre fait toujours rage entre partisans et détracteurs du guide. Et les salves d’insultes n'ont pas fini de fuser...   Alaa Ben Othmaneobservers.france24

 

Partager cet article

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Libye : Kadhafi _ Clan_ nomenklatura _Mort
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : thala solidaire.over-blog.com
  •  thala solidaire.over-blog.com
  • : ThalaSolidaire est dédié à la ville de Thala, ville phare de la Révolution tunisienne. Thala est une petite agglomération du centre-ouest de la Tunisie. Elle est connue pour son histoire antique, ses sources, ses carrières de marbre, devenues une sorte de tragédie écologique et économique, sa résistance et sa misère. Thala solidaire a pour objectif de rassembler toutes les voix INDIGNÉES pour donner à cette terre ainsi qu'à toutes autres terres un droit à la vie et à la dignité…
  • Contact

Recherche

Vidéos

Catégories