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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 02:50

 L’ambassade américaine défend NessmaTV


gordon-grayM. Gordon Gray, Ambassadeur des Etats-Unis, s’est dit «préoccupé et déçu par la condamnation de la diffusion de la chaine Nessma d’un film d'animation préalablement approuvé pour distribution par le gouvernement tunisien». Une position officielle qui intervient à un moment où la presse américaine a été jusqu’ici quasi-unanimement dithyrambique sur la Tunisie en général, et Ennahdha en particulier.

Le commentaire a été publié ce jeudi 3 mai, sur le site officiel de l’ambassade américaine en Tunisie, qui précise ainsi avoir «suivi avec beaucoup d'intérêt  le procès de M. Nebil Karoui pour blasphème». Soulignant que «sa condamnation soulève de sérieuses préoccupations au sujet de la tolérance et la liberté d'expression dans la nouvelle Tunisie».

M. Gordon Gray conclut : «nous croyons comprendre que M. Karoui a le droit de faire appel de sa condamnation et nous espérons que cette affaire sera résolue d'une manière qui garantit la liberté d'expression : un droit humain fondamental refusé aux tunisiens durant l'ère Ben Ali».

Or l’avis des Américains importe d’autant plus aux Tunisiens que le gouvernement US a bien voulu garantir les prêts financiers contracté par la Tunisie sur les marchés à hauteur de 100%. Un accord ayant été signé en ce sens le 20 avril entre Houcine Dimassi, ministre des Finances et Timothy Geithner, secrétaire au Trésor américain. Moez. E; mag14

 

 

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Diffusion de Persepolis: Nessma TV condamnée en Tunisie


La justice tunisienne a condamné le patron de la chaîne privée Nessma, à une amende pour atteinte au sacré, une décision en forme de compromis particulièrement attendue dans un procès test pour la liberté des médias depuis la chute de Ben Ali.

"Nabil Karoui a été condamné au versement d'une amende de 2.400 dinars (1.200 euros) pour la diffusion au public d'un film troublant l'ordre public et portant atteinte aux bonnes moeurs", selon le jugement du tribunal de première instance de Tunis.

Le patron de la chaîne Nessma était poursuivi après la diffusion du film franco-iranien Persepolis qui raconte les dérives du régime iranien à travers les yeux d'une petite fille. En cause: une scène où Allah est dessiné, un blasphème interdit par l'islam sunnite.

"Dans un jour célébrant la liberté de la presse dans le monde, la Tunisie a montré son échec dans le respect des droits élémentaires de la liberté d'expression", a déclaré Ann Harrison, représentant d'Amnesty international.

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (Fidh) a aussi dénoncé le la condamnation de M. Karoui.

"Cette condamnation, aussi symbolique soit-elle, n’en est pas moins préoccupante. La justice tunisienne, par cette décision, s’inscrit en faux par rapport aux engagements de la Tunisie relatifs au respect des libertés fondamentales", a estimé de son côté Karim Lahidji, vice président de la Fidh.

Selon lui, "ce verdict s’inscrit dans un contexte de multiplication des menaces à l’égard des journalistes et plus généralement à la liberté des médias".

"Je suis extrêmement triste. Je pensais qu'en ce jour la Tunisie allait donner une autre image au monde entier que celle qui atteint aux libertés", a déclaré M. Karoui à l'AFP.

"Je suis très préoccupé par la situation des libertés en Tunisie parce que ma condamnation constitue un très mauvais message non seulement au niveau national mais aussi dans tout le Maghreb", a-t-il ajouté.

Sa chaîne, une co-propriété de l'Italien Silvio Berlusconi et du producteur de cinéma franco-tunisien Tarak Ben Ammar cible également par le contenu de ses programmes les téléspectateurs en Algérie et au Maroc.

Le film Persepolis avait été diffusé le 7 octobre peu avant le premier scrutin libre après le soulèvement qui avait chassé l'ex-président Ben Ali le 14 janvier 2011 sous la pression de la rue.

Ouvert le 16 novembre 2011 et reporté deux fois, le procès de M. Karoui a déchaîné les passions entre défenseurs des libertés et milieux islamistes extrémistes responsables de violences.

Il avait aussi choqué une partie des Tunisiens dans un contexte de religiosité exacerbé par la montée en puissance du parti islamiste Ennahda, vainqueur des élections constituantes.

Après le tollé provoqué par l'agression de journalistes par des salafistes lors des débuts chaotiques du procès, Ennahda avait exprimé son "attachement à la liberté d'expression" et estimé que "les poursuites judiciaires à l'encontre du patron de Nessma TV".

Un technicien de la chaîne et une responsable de la version en dialecte tunisien du film ont été également jugés et condamnés à une amende de 1.200 dinars chacun.

"Ce jugement est une atteinte à la liberté de la presse. On espérait un acquittement pur et simple en cette journée mondiale de la liberté de la presse", a dit à l'AFP Me Abada Kefi. La défense va interjeter appel, a ajouté l'avocat de la chaîne.

"M. Karoui aurait pu être condamné à une peine allant de trois à six mois de prison ferme au regard des chefs d'accusation", a estimé un avocat de la partie civile, Rafik Ghak ajoutant qu'il allait examiner avec ses clients l'intérêt de faire appel.

Quelques personnes ont manifesté leur colère à l'annonce du jugement.

"C'est aberrant, 2.400 dinars pour quelqu'un qui se moque d'Allah et offense le sentiment des musulmans", a estimé un homme en pleurs.

"On se moque d'Allah et on prétend que c'est la liberté d'expression", a renchéri un femme voilée devant le palais de justice, soigneusement gardé par la police.

Coupant la poire en deux, la justice a rejeté l'aquittement demandé par les avocats et les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits de l'Homme et s'est abstenu de prononcer une peine de prison réclamée par les détracteurs de Nessma, en particulier les salafistes très actifs dans la rue.

M. Karoui était absent à l'annonce du verdict qui coïncidait avec la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée en Tunisie depuis la chute de Ben Ali.

Cette coïncidence "n'est pas anodine", a relevé l'organisation française de défense de la presse Reporters sans frontière (RSF) réagissant au report du jugement à la dernière audience du 26 avril.

Le choix de cette date permettra au pouvoir actuel de se donner une "image positive", selon RSF qui avait appelé à l'abandon des charges. tempsreel.nouvelobs

 

 

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Les ennemis des Lumières jubilent ....

 


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Le jugement du patron de Nessma TV ne satisfait personne


Après deux reports du procès, le directeur de la télévision privée Nessma TV, Nabil Karoui, a été condamné ce jeudi 3 mai, par la justice tunisienne, à payer une amende de 2 400 dinars, soit environ 1 200 euros. Poursuivi pour atteinte aux valeurs du sacré, après avoir diffusé le film d’animation franco-iranien « Persepolis », il encourait une peine de trois ans de prison ferme. La défense a annoncé qu’elle fera appel et de son côté, la partie civile entend examiner cette même démarche.

L’origine du litige est une scène du film de Marjane Satrapi qui décrit le régime iranien de Khomeiny à travers les yeux d’une fillette parlant à Dieu personnifié, la représentation d’Allah étant proscrite par l’islam et considérée comme un blasphème. L’affaire avait déchaîné les passions et mobilisé, devant le tribunal de Tunis, défenseurs de la liberté et partisans de l’islam.


Après la diffusion du film, plus d’une centaine d’avocats, des associations religieuses et des particuliers avaient porté plainte. De leur côté, de nombreuses organisations non-gouvernementales (ONG) locales et internationales ainsi que des figures politiques se sont mobilisées au nom de la liberté d'expression. Amnesty International (AI) et Reporters sans frontières (RSF) ainsi que la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) ont dépêché des représentants à Tunis pour suivre le procès, qui a fait l'objet d'une couverture médiatique exceptionnelle. « Persepolis » a été diffusé à la veille des élections d’octobre 2011, remportées par le mouvement islamiste Ennahda.


Le tribunal de première instance de Tunis a finalement tranché : « Nabil Karoui a été condamné au versement d’une amende de 2 400 dinars pour la diffusion au public d’un film troublant l’ordre public et portant atteinte aux bonnes mœurs ». Cependant, le jugement ne satisfait aucune des deux parties.

 

« Le pouvoir politique est toujours là »


La partie civile, appuyée par les partisans d’une application rigoriste du Coran, considère que la justice aurait dû condamner Nabil Karoui à de la prison ferme. Selon Maître Rafik Ghak, « Nabil Karoui aurait pu être condamné à une peine allant de trois à six mois de prison ferme, au regard des chefs d’accusation ». Il entend examiner, avec ses clients, l’intérêt de faire appel.


Du côté de la défense et des militants des droits de l’homme, on estime, en revanche, que le tribunal aurait dû prononcer un acquittement pur et simple et que cette décision est une atteinte à la liberté de la presse. Joint par RFI, Maître Abada Kefi, l’avocat de la chaîne, a annoncé qu’il fera appel de cette décision de justice.


L’annonce du verdict coïncide avec la Journée internationale de la liberté de la presse. Pour Maître Abada Kefi, « le fait que Nabil ait été condamné à une amende, même d’un dinar, est une attaque contre la liberté d’expression et la créativité, en cette Journée mondiale de la liberté de la presse » a-t-il déclaré.

 

Une « atteinte à la liberté d’expression et à la créativité »

 

 

De son côté, Nabil Karoui, dans une déclaration à l’AFP, se dit extrêmement triste. « Je pensais qu’en ce jour, la Tunisie allait donner une autre image au monde entier que celle qui atteint aux libertés », a-t-il déclaré et a ajouté : « Je suis très préoccupé par la situation des libertés en Tunisie parce que ma condamnation constitue un très mauvais message non seulement au niveau national mais aussi dans tout le Maghreb », rappelant que sa chaîne cible également, par le contenu de ses programmes, les téléspectateurs en Algérie et au Maroc.


Préoccupation également de la part de l’ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie, Gordon Gray. Cette « condamnation soulève de sérieuses préoccupations au sujet de la tolérance et la liberté d’expression dans la nouvelle Tunisie », a-t-il déclaré dans un communiqué.


Ainsi, cette querelle autour de Nessma TV va bien au-delà de la simple affaire judiciaire. Elle traduit les profondes divisions qui traversent la société tunisienne. En effet, après la diffusion du film « Persepolis », des extrémistes avaient tenté d’attaquer le siège de la chaîne. En réponse, les soutiens de Nabil Karoui avaient mis en place un comité de défense des libertés. Face à l’ampleur de la polémique, le Directeur de la chaîne avait présenté ses excuses au peuple tunisien mais cela n’avait pas mis un terme à la controverse et aux poursuites. rfi

 

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Le jugement de Nessma  vu par Nessma

 

Langue de bois...


 

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