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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 00:32

L'exécution par les rebelles de soldats blessés dans le nord fait polémique

voir le zoom : Image tirée d'une vidéo postée le 1er novembre 2012 sur YouTube montrant de présumés soldats syriens abattus par des rebelles

Image tirée d'une vidéo postée le 1er novembre 2012 sur YouTube montrant de présumés soldats syriens abattus par des rebelles   YouTube/AF

 

Deux jours de l'ouverture d'une réunion cruciale des opposants à Doha, le Conseil national syrien (CNS) a vivement réagi aux propos de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton qui a appelé ce mouvement à s'élargir pour représenter "tous les Syriens".La principale coalition de l'opposition syrienne en exil s'en est prise violemment vendredi aux Etats-Unis, accusés de chercher à la remodeler pour l'amener à négocier avec le régime, et a dénoncé l'exécution par les rebelles de soldats blessés.

 Le CNS, dans un communiqué, a condamné les projets "visant à passer au-dessus du Conseil ou à créer des instances le remplaçant", les qualifiant de "tentative de nuire à la révolution syrienne en semant les germes de la division".

 Pour Georges Sabra, membre du Conseil, "si l'union de l'opposition a pour objectif de négocier avec Bachar al-Assad, cela ne se fera pas et le peuple ne l'acceptera pas".

 Mohammed Sermini, du bureau de presse du CNS, a dénoncé l'ingérence de Washington: "Tout amicale et solidaire que soit la partie extérieure, elle n'a pas le droit d'intervenir dans nos affaires".

 Mercredi, Mme Clinton a estimé que le CNS ne pouvait "plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition", et plaidé pour qu'il devienne "une partie d'une opposition élargie" comprenant "des gens à l'intérieur de Syrie et d'autres".

 En réponse, le CNS a affirmé avoir augmenté le nombre des membres de l'intérieur qui représenteraient désormais selon lui 33% de l'instance.

 Le régime affirme que seul un dialogue peut régler le conflit, mais l'opposition, surtout les rebelles sur le terrain, posent comme condition sine qua non à tout dialogue un départ de M. Assad.

 

L'exécution sommaire de soldats: un crime de guerre

 Les Etats-Unis, qui réclament eux aussi un départ de M. Assad, comptent beaucoup sur la réunion de Doha, élargie à des centaines d'opposants, sous l'égide de la Ligue arabe, où pourrait être annoncé un gouvernement en exil avec à sa tête l'opposant en exil Riad Seif, selon des informations non confirmées.

 Le CNS a par ailleurs exhorté l'Armée syrienne libre, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes, et "les mouvements qui animent la révolution sur le terrain à demander des comptes à quiconque viole les droits de l'Homme", au lendemain de la diffusion de vidéos montrant des insurgés frappant une dizaine de soldats blessés avant de les achever à l'arme automatique.

 Pour l'ONU et Amnesty International, l'exécution sommaire de soldats, comme celle vue sur cette vidéo, ressemble fort à un "crime de guerre".

 Le chargé des droits de l'Homme au sein du CNS, Radif Moustapha, a toutefois estimé que les crimes des combattants rebelles étaient "sans commune mesure" avec ceux du régime.

 Au moins 28 soldats ont été tués jeudi au combat ou froidement exécutés par les rebelles qui s'étaient emparés de leurs positions près de Saraqeb (nord-ouest), a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

 Après la diffusion de la vidéo, les Etats-Unis ont exhorté les rebelles à respecter les lois internationales régissant les conflits et la Grande-Bretagne s'est dit "profondément préoccupée".

 Un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a déclaré pour sa part que "s'il s'agit de massacres avérés", la France "condamne avec fermeté".

 L'ONU et des ONG internationales ont déjà accusé régime et rébellion de "crimes de guerre et contre l'Humanité" en près de 20 mois d'un conflit qui a fait plus de 36.000 morts selon l'OSDH.

 

Les rebelles coupent l'accès au nord

 Sur le terrain, les rebelles ont pris le contrôle d'un large périmètre autour de Saraqeb, carrefour stratégique de routes reliant Damas, Alep (nord) et Lattaquié, sur la côte.

 Avec cette prise, ils coupent quasiment tout accès des troupes au nord où elles sont aux prises avec les rebelles depuis plus de trois mois pour le contrôle d'Alep.

 Par ailleurs, la dirigeante d'un groupe armé kurde a été tuée à Alep par des rebelles qui l'ont détenu pendant une semaine alors qu'elle venait notamment leur livrer les dépouilles d'insurgés tués lors de combats la semaine dernière entre rebelles et Kurdes, selon l'OSDH.

 Les violences ont fait vendredi à travers la Syrie au moins 139 morts, dont 44 civils, selon un bilan provisoire de l'OSDH.

 Comme tous les vendredis, et malgré les violences, des milliers de personnes hostiles au président Assad ont manifesté à travers le pays. Ils ont appelé la communauté internationale à agir pour arrêter la répression, critiquant notamment les Etats-Unis.

 "Clinton: notre radicalisme, s'il existe, est le résultat de tes mensonges", affirmait notamment un slogan selon une vidéo mise en ligne par des militants, en référence aux récentes déclarations de Mme Clinton qui a dénoncé une montée de l'extrémisme en Syrie.tv5.

 

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Vidéo : voir à partir de la 22' 22'' 

 


 

 

 

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Soldats exécutés en Syrie: le CNS appelle les rebelles à rendre des comptes

 

Le Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition syrienne en exil, a appelé les rebelles à rendre des comptes, au lendemain de la diffusion de vidéos montrant des insurgés frappant une dizaine de soldats blessés avant de les achever à l'arme automatique.

Nous exhortons l'Armée syrienne libre et les mouvements qui animent la révolution sur le terrain à demander des comptes à quiconque viole les droits de l'Homme, a déclaré à l'AFP Radif Moustapha, en charge des droits de l'Homme au sein du CNS, après que l'ONU a évoqué un possible crime de guerre.

Il a toutefois souligné que, selon lui, les crimes des combattants de l'opposition (étaient) sans commune mesure avec ceux du régime.

Qualifiant le conflit de très complexe, il a dénoncé des cas de vengeances individuelles, appelant la communauté internationale, le CNS et l'ASL à prendre des mesures pour résoudre ce phénomène des violations.

Si nous restons silencieux (face à cela), ces violations graves vont augmenter, a-t-il poursuivi, rappelant que les principes de la révolution étaient la liberté, la dignité et le respect des droits de l'Homme.

Jeudi, au moins 28 soldats syriens ont été tués au combat ou froidement exécutés jeudi dans des attaques rebelles sur trois barrages militaires près de Saraqeb, dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une vidéo diffusée par des militants montre des rebelles frappant une dizaine de soldats blessés, avant de les aligner sur le sol et de les achever. Avant d'exécuter un prisonnier, un rebelle lui lance: Ne sais-tu pas que nous appartenons au peuple de ce pays? Terrorisé, le soldat répond: Je jure au nom de Dieu que je n'ai pas tiré.

Au même titre que l'Observatoire dénonce les exécutions dans les prisons du régime, il refuse celles de prisonniers de guerre par les rebelles, a dénoncé à l'AFP le directeur de l'organisation, Rami Abdel Rahmane.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a dénoncé ce qui constitue très vraisemblablement un crime de guerre et Amnesty International a condamné des images choquantes d'un crime de guerre potentiel.

Des agences et des responsables onusiens, ainsi que des ONG internationales, ont déjà accusé régime et rébellion de crimes de guerre et contre l'Humanité après près de 20 mois d'un conflit dévastateur qui a fait, selon l'OSDH, plus de 36.000 morts. romandie

 

 

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Le chef du CNS accuse : "La communauté internationale est responsable de l'extrémisme en Syrie"

 

 

Alors que les Etats-Unis réclament une opposition syrienne élargie capable de “résister aux extrémistes” islamistes, le chef du CNS a imputé jeudi la montée des islamistes radicaux en Syrie au manque d'appui de la communauté internationale à la rébellion contre le régime du président Bachar el-Assad. L'armée syrienne, qui a fait de son aviation son principal atout contre les rebelles, a mené jeudi des raids aériens notamment sur Damas et sa banlieue.

 

Le chef du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition syrienne, a imputé jeudi la montée des islamistes radicaux en Syrie au manque d'appui de la communauté internationale à la rébellion contre le régime du président Bachar el-Assad.


“La communauté internationale est responsable, en raison de son manque de soutien au peuple syrien, de la croissance de l'extrémisme en Syrie”.

                                 ABDEL BASSET SAIDA, CHEF DU CONSEIL NATIONAL SYRIEN (CNS).

 

Ce dernier réagissait ainsi aux propos de de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui a réclamé une opposition élargie capable de “résister aux extrémistes” islamistes.

Le Conseil national syrien (CNS) -la principale coalition de l'opposition syrienne, largement dominée par les Frères musulmans-, reconnu par la communauté internationale comme l'un des principaux représentants du peuple syrien, “ne peut plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition”, a en effet estimé mercredi la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton.


“Il y a des informations inquiétantes sur des extrémistes qui se rendent en Syrie et tentent de détourner à leurs fins ce qui était jusqu'ici une révolution légitime contre un régime oppressif”.

                       LA CHEF DE LA DIPLOMATIE AMÉRICAINE HILLARY CLINTON.


Le Front al-Nosra, un groupe islamiste inconnu avant la révolte en Syrie, a ainsi revendiqué de nombreux attentats à travers le pays et ses combattants sont présents, souvent en première ligne, sur la plupart des fronts syriens.

Face à ces mouvements islamistes qui “essaient de détourner la révolution” contre le président Bachar al-Assad, selon Mme Clinton, les Etats-Unis et leurs partenaires européens et arabes veulent “aider l'opposition à s'unir derrière une stratégie partagée et efficace qui puisse résister à la violence du régime (syrien) et commencer à préparer une transition politique”.

“Dans les zones qui ont échappé au contrôle du régime, c'est le chaos et le désespoir, car le régime continue à attaquer. Dans une telle atmosphère, il est naturel que se développe l'extrémisme”, a poursuivi M. Saida.

Critiquant la déclaration américaine, il a lancé: “la communauté internationale devrait s'en prendre à elle-même: Qu'a-t-elle donné au peuple syrien? Comment a-t-elle aidé les Syriens à stopper la folie meurtrière du régime?”

 

Raids aériens

Sur le terrain la violence ne connaît pas de répit.

Au moins 28 soldats de l'armée syrienne ont été tués au combat ou froidement exécutés jeudi dans des attaques sur trois barrages militaires près de la ville rebelle de Saraqeb, dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une vidéo diffusée par des militants montre des combattants rebelles frappant une dizaine de soldats blessés avant de les aligner sur le sol et de les achever en les traitant de chiens de chabihas d'Assad, nom donné aux miliciens pro-régime.

Par ailleurs, les hélicoptères de l'armée ont bombardé le quartier de Hajar al-Aswad, dans le sud de la capitale, faisant des blessés, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), tandis que les chasseurs-bombardiers menaient des raids sur la ville proche de Harasta.

A Alep, la métropole commerçante du nord syrien, des combats ont opposé dans la nuit troupes régulières et combattants rebelles sur plusieurs fronts, rapporte l'ONG. Et l'armée a bombardé plusieurs localités de la région, tuant une fillette à al-Safira.

Dans la même région, un journaliste libanais, enlevé la semaine dernière par un groupe rebelle, a été libéré dans la nuit de mercredi à jeudi, selon la chaîne LBCI pour laquelle il travaille.

Plus à l'ouest, dans la province d'Idleb, “des chasseurs-bombardiers ont frappé à trois reprises les villages de Tell Manass et de Maar Chamarine”, a affirmé l'ONG. Un civil a également péri dans cette région, selon l'OSDH.

Non loin de là, au sol, des combats sporadiques opposaient troupes régulières et combattants rebelles, notamment issus du Front islamiste al-Nosra, autour de la base militaire stratégique de Wadi Deif, selon l'ONG.

Le Liban a déposé deux plaintes officielles contre la Syrie pour violations territoriales, tandis que le régime du président syrien Bachar al-Assad accuse le Liban de permettre à des combattants et à des armes d'entrer illégalement en Syrie.

Mercredi, 152 personnes ont péri à travers le pays, dont 58 civils, 48 rebelles et 46 soldats, selon un bilan de l'OSDH, basée en Grande-Bretagne, s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires à travers le pays. Il affirme que ses bilans recensent les victimes civiles, militaires et rebelles.

Au total, plus de 36.000 personnes ont péri dans le conflit déclenché mi-mars 2011 par la répression brutale par le régime d'un mouvement de contestation populaire le 15 mars 2011, selon l'OSDH.  aufaitmaroc

 

 

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Les rebelles syriens veulent éviter une guerre avec les Kurdes

 

Après une semaine d'affrontements sans précédent dans la province d'Alep (nord), les rebelles syriens et les militants kurdes observaient jeudi une fragile trêve, soucieux de ne pas ouvrir un nouveau front dans la guerre qui s'éternise contre le régime de Bachar al Assad.

Plusieurs dizaines de rebelles et de combattants kurdes du Parti de l'Union démocratique kurde (PYD), liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, turc), ont été tués la semaine dernière dans des heurts qui ont éclaté dans la métropole avant de s'étendre à plusieurs localités situées aux alentours, à quelques kilomètres seulement de la Turquie.

"Nous voulons combattre le régime et nous nous retrouvons à nous battre sur un nouveau front pour lequel nous n'avons ni l'utilité ni le temps", résume un combattant de l'Armée syrienne libre (ASL), venu se réchauffer autour d'un feu dans une montagne surplombant plusieurs villages et champs d'oliviers. "Nous devrions être à Alep, au lieu de quoi nous campons."

Cette vague de violence inédite entre miliciens kurdes et opposants syriens illustre le jeu d'alliances et de rivalités, tant locales qu'internationales, qui compliquent la tâche des rebelles dans leur soulèvement contre le régime de Damas.

"Nous ne sommes pas contre tous les groupes kurdes, mais ces groupes liés au PKK aident le régime en nous attaquant, nous n'avons pas d'autres solutions que d'agir", souligne Mohammed Hamadeh, chef d'une unité rebelle.


MÉFIANCE MUTUELLE

Si Kurdes et rebelles coopéraient avant les affrontements de la semaine dernière, la méfiance a toutefois toujours été de mise entre les deux camps. Les opposants au régime syrien regardent avec suspicion la neutralité adoptée par le PYD dans le conflit qui les oppose à Bachar al Assad. Les Kurdes critiquent de leur côté le refus de l'opposition de les voir acquérir une autonomie locale.

Sur le terrain, les habitants regardent avec de plus en plus de sympathie les miliciens kurdes qui ont selon eux eu le mérite de protéger les populations kurdes contrairement aux rebelles.

"Je n'aime pas le PYD mais ils prennent soin des Kurdes, contrairement aux rebelles dont les zones ont été totalement détruites. Maintenant de nombreux Kurdes regardent différemment le PYD", indique ainsi Baran Afrini, un militant de l'opposition kurde.

Dans les quartiers kurdes d'Alep, les combattants du PYD ont mis en place un mini-Etat qui gère notamment la distribution de nourriture ou la sécurité. Les routes stratégiques menant à la ville sont désormais des enjeux pour les deux camps. Avant les affrontements de la semaine dernière, il y avait un accord tacite permettant aux militants des deux camps d'emprunter ces voies. Kurdes et rebelles veulent désormais avoir la garantie de pouvoir accéder sans danger à leurs bastions respectifs.

"Nous demandons aux militants kurdes de partir de cette montagne et de nous garantir un passage sécurisé dans leurs zones" indique Hamadeh. "Les Kurdes n'ont pour l'instant pas répondu à notre demande."

Face aux affrontements entre Kurdes et opposants, l'armée syrienne tente d'attiser les tensions pour tenter d'accentuer les divisions au sein de la population. Selon certains Kurdes, l'armée s'est ainsi retirée des zones kurdes sans livrer bataille et selon certains témoignages, elle aurait même fourni des armes au PYD.

"Je combattrai pour mon pays et ma religion avant de me battre pour mon ethnie", explique Basel, un militant kurde de l'opposition âgé de 23 ans, qui se retrouve à se battre contre d'autres Kurdes. "C'est comme cela que le régime divise la population. Vous avez des hommes qui devraient être des alliés qui se battent entre eux." tempsreel.nouvelobs

 

 

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Les leaders kurdes de Syrie jouent la carte du soutien à Bachar al-Assad


 

 

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Capture d'écran d'une vidéo montrant les affrontements entre des rebelles et des milices kurdes dans la quartier d'Achrafiyé, à Alep. Postée sur YouTube le 28 octobre 2012.
 
Alors qu’ils avaient rejoint le soulèvement populaire contre le régime de Bachar al-Assad au début de la révolte en Syrie en avril 2001, les Kurdes ont peu à peu pris leurs distances avec la rébellion. Pour la première fois depuis le début du conflit, des membres de l’Armée syrienne libre (ASL) et des milices kurdes se sont même affrontés le week-end dernier dans un quartier kurde d’Alep. La rébellion accuse désormais les leaders kurdes d’avoir négocié leur soutien à Bachar al-Assad.
 
Des affrontements sans précédent ont éclaté le week-end dernier entre des insurgés de l’ASL et des membres de l'Union démocratique kurde (PYD), le principal parti kurde en Syrie, dans le quartier à majorité kurde d'Achrafiyé à Alep. Cette zone avait été jusque-là épargnée par les violences qui secouent cette ville du nord de la Syrie depuis le 20 juillet.
 
Selon des habitants joints par France 24, quelques rebelles de l’ASL se sont infiltrés à Achrafiyé et les membres des comités populaires kurdes postés à des barrages ont tenté de les chasser, provoquant des affrontements.
 
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 30 personnes ont péri dans les heurts au cours desquels 200 combattants ont été constitués prisonniers. Depuis le début du conflit en Syrie, le PYD s’était déclaré neutre et s’était toujours efforcé de tenir l’ASL éloignée des zones sous son contrôle. Cet incident pourrait constituer un tournant dans les rapports des Kurdes de Syrie avec la rébellion.
 
Depuis juillet, l’armée syrienne s’est désengagée des plus importantes villes à majorité kurde, dans les zones frontalières avec la Turquie, qui sont désormais sous le contrôle du PYD.
 
Avant le début du conflit, la communauté kurde, qui regroupe près de 15 % de la population syrienne, avait souvent été  marginalisée par le pouvoir. En mars 2011, un mouvement de protestation kurde avait été réprimé dans le sang par le régime. 

 

 

Images montrant les affrontements entre des groupes armés appartenant à l'ASL et des milices kurdes dans le quartier d'Achrafiyé. Vidéo postée le 28 octobre sur YouTube.

 

 

"Nous voulons rester à l’écart du conflit armé"

Ahmed Bahoz, militant Kurde proche du PYD, habitant le quartier Achrafiyé à Alep.

 

 

« L’armée avait déjà bombardé le quartier d’Achrafiyé à la veille de l’Aïd [26 octobre] parce que des éléments de l’Armée syrienne libre [ASL] s’y étaient infiltrés. Une quinzaine de personnes sont mortes dans ces bombardements, tous des civils. Nous étions en colère, nous ne voulions pas que cela se reproduise. Nous avons donc organisé une marche de protestation le lendemain. Cela n’a malheureusement pas dissuadé les groupes rebelles qui ont encore une fois tenté de pénétrer dans le quartier. Mais cette fois, les comités de défense populaire qui assurent la protection du quartier ont essayé de les repousser, ce qui a provoqué des affrontements.

 Certains nous accusent d’être inféodés au régime de Bachar al-Assad. Ce n’est pas vrai. Les Kurdes se sont soulevés contre le régime bien avant le début du printemps arabe, en 2004. Nous avons également rejoint les manifestations contre le régime dès avril 2011. Mais quand la révolte s’est transformée en conflit armé, nous avons préféré rester à l’écart parce que nous avons choisi la voie de la protestation pacifique. »

 


Vidéo d'une manifestation de protestation dans le quartier kurde d'Achrafiyé contre l'Armée syrienne libre. Postée le 27 octobre sur YouTube.    

 

"Cela nous attriste car de nombreux Kurdes se sont engagés auprès de l’ASL"

Fares A. est membre du Conseil militaire kurde de l’Armée syrienne libre, actif dans la région d’Alep.

 

 

« Des groupes de l’Armée syrienne libre ont pénétré dans le quartier d’Achrafiyé parce qu’ils étaient à la recherche de Chabihas [miliciens à la solde du régime syrien]. Mais des milices kurdes leur ont tiré dessus, causant la mort d’au moins 16 combattants de l’ASL.

Ces affrontements nous attristent d’autant plus que de nombreux Kurdes, comme notre brigade, se sont engagés auprès de l’ASL pour libérer leur pays de ce régime dictatorial. Le régime essaye de créer la fitna [discorde] entre les Kurdes et leurs frères arabes pour affaiblir la révolution. Il faut absolument éviter de tomber dans ce piège.»


 

"Les peuples kurde et arabe sont frères dans ce pays. Nous ne laisserons le régime semer la discorde entre nous", affirme un responsable du Conseil militaire kurde de l'ASL dans une déclaration diffusée le 28 octobre sur YouTube. 
 

"Le régime de Bachar al-Assad a passé un accord secret de non-agression avec le PYD"

Hamid Mesud, journaliste kurde syrien réfugié en France.

« Le régime de Bachar al-Assad a passé un accord secret de non-agression avec le PYD [Parti démocratique kurde], le principal parti kurde en Syrie. Dès le début de l’insurrection, le régime a commencé à délivrer la nationalité syrienne aux centaines de milliers de Kurdes qui l’avaient perdue dans les années 1960, et aussi aux Kurdes apatrides. On estime à 60 000 le nombre des bénéficiaires de cette mesure. Il a également autorisé les Kurdes à exercer leurs droits linguistiques et culturels. Le pouvoir en Syrie a ainsi cherché à ne pas s’aliéner le PYD, qui est une branche du PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan, guérilla qui lutte pour l’indépendance du Kurdistan] et dont les membres disposent d’importants stocks d’armes. La bienveillance soudaine du régime envers les Kurdes s’explique aussi par le souci qu’il avait au début du soulèvement de montrer à la communauté internationale qu’il se souciait du sort des minorités.

En juillet dernier, l’armée syrienne s’est carrément retirée des zones kurdes dans le nord du pays, par exemple des villes de Derik, Kobané et Afrin, qui sont depuis gérées par le PYD. C’est ce parti qui contrôle l’administration des régions à majorité kurde et se sont ses comités de défense populaires qui y assurent la sécurité. En échange, le PYD s’est engagé à ne pas soutenir la révolution et à empêcher l’ASL, qu’il soupçonne d’être une création de l’ennemi turque, de pénétrer dans les zones kurdes.

Le régime syrien est un allié historique du PKK, qui est en guerre contre le régime turque depuis 1984 [le PKK a bénéficié de camps d’entraînement dans la plaine libanaise de la Bekaa au temps de la présence syrienne dans ce pays]. Son chef, Abdullah Ocalan, a vécu 25 ans en Syrie. 

 Bachar al-Assad pourrait ainsi utiliser, au besoin, les Kurdes comme carte, en fournissant notamment une aide logistique à la rébellion pour déstabiliser la Turquie qui soutient la révolution. Les Kurdes du PYD ont actuellement les yeux rivés vers l’après-Assad. Ils veulent profiter de la situation d’anarchie qui règne pour conquérir leur autonomie et asseoir leur pouvoir sur les zones où ils sont majoritaires en vue de contraindre les responsables politiques de la Syrie de demain de prendre en compte leurs revendications. Ils ont tout intérêt à garder leur région éloignée de la guerre pour éviter que les Kurdes, dont le nombre en Syrie est estimé à environ 4 millions, ne fuient le pays.» observers.france24

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
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