Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 04:11

 

La Tunisie va vendre 650 millions de dollars en obligations pour payer ses dettes


 

 

dollars-2.jpg

 

La Tunisie compte vendre, en mai ou juin 2012, 650 millions de dollars en obligation sur le marché international et va émettre des bons du Trésor d'un montant de 500 millions de dollars au Qatar, afin de payer ses dettes.

Selon l’agence « Reuters », les Etats-Unis ont déjà accepté de soutenir l'émission des obligations de la Tunisie, bien que la date, l’échéance et le taux d’intérêt n’aient pas été fixés.
 

En 2002, les Etats-Unis ont accordé à Israël un ensemble de garanties pour aider son économie, face à une récession causée par un ralentissement économique mondial et une vague de violence.
Cependant, Israël n'a pas émis des obligations en utilisant des garanties de prêts des États-Unis pendant un certain nombre d'années. Les notations de crédit ont, ensuite, augmenté. Israël a été capable d'exploiter les marchés de la dette mondiale en utilisant sa propre solvabilité. Le pays a réussi à atteindre ses objectifs budgétaires. Pour la Tunisie, il n’est pas encore clair si ses obligations vont comporter les mêmes conditions ou non.
 

Pour sa part, le Qatar va acheter, sur cinq ans, 500 millions de dollars en bons du Trésor, avec un taux d'intérêt annuel de 2,5%. La même source a ajouté que les deux pays avaient conclu l’opération de la vente en janvier dernier. Une condition d’anonymat a été mise en place.
Un analyste a déclaré à Reuters, que le prêt du Qatar a été un placement privé prévu pour remplacer une obligation attribuée en avril. 
 

Notons que le soulèvement du peuple contre la dictature de Ben Ali, suivi par des protestations et des grèves dans toutes les régions, a paralysé l’activité économique en Tunisie. 
Compte tenu de la situation difficile de l’économie nationale, les dirigeants et décideurs économiques ont essayé de trouver des solutions rapides et efficaces à travers l’élaboration d’une loi de finances complémentaire pour 2012 qui prévoit 7,7% de hausse dans le budget d’Etat par rapport à la loi de finances initiale et 18,3% par rapport aux résultats de 2011 outre un déficit commercial de 6%.
 

Le gouvernement actuel prévoit la réalisation d’une croissance du PIB de 3,5% avec une moyenne du prix du baril de pétrole établie à 100 dollars (comme prévu par la loi de finances initiale) ainsi qu’un taux de change du dollar à 1,5 dinar au lieu de 1,42 dinar. investir

 

 

____________________________________________________________________________________

Une loi de finances complémentaire « hypothétique » ?  


 

Une loi de finances complémentaire arrive souvent dans des circonstances exceptionnelles pour répondre à des objectifs bien précis. Le projet de cette loi de finances vient d’être approuvé par le gouvernement actuel et devrait soumise au vote de l’Assemblée constituante pour approbation finale. Le nouveau texte contient de nouvelles mesures et dispositions fiscales qui devraient être examinées par l’ANC. En attendant cette échéance, une première lecture du projet en question donne à penser qu’il s’agirait d’une loi de finances conventionnelle dont on ne pourra attendre que peu de nouveautés.


Il y a d’abord lieu de rappeler dans ce cadre que l’Assemblée nationale constituante a adopté fin 2011, le budget de l’Etat et la loi de finances 2012, tels que préparés par l’ancien gouvernement en attendant que le gouvernement actuel fixe ses priorités en matière de développement économique.


Le projet de loi de finances complémentaire repose essentiellement sur un ensemble d’ hypothèses, à savoir d’un taux de croissance de 3,5%, un prix de baril de pétrole équivalent à 110 dollars et un taux de change du dinar vis-à-vis du dollar estimé à 1,5 dinar au lieu de 1,42 prévu initialement.


Selon cette mouture de la loi complémentaire, les ressources de l’Etat seront augmentées à hauteur de 25401MD, soit une hausse de 2466MD par rapport au budget initial et de 4519MD par rapport au budget de 2011.


Les recettes fiscales s’élèveront à 15066 millions de dinars contre 13814 MD prévus dans le budget initial, soit une hausse de 1252MD et une augmentation hausse équivalente à 1398MD par rapport au budget de l’Etat pour l’année 2011. Les recettes non fiscales atteindront, pour leur part, 4578MD, enregistrant une amélioration de 2248MD prévus initialement et une amélioration de 1626MD par rapport au budget de l’année dernière.


Cependant, le montant de 4578MD parait difficilement réalisable, vu la conjoncture économique que connaît actuellement la Tunisie. En effet, selon le scénario de la loi des finances complémentaire, les recettes de confiscation paraissent relativement gonflées voire même multipliées par 3% pour atteindre 1200MD contre 400 MD mentionnés dans le budget initial. Les recettes de privatisation ont été également amplifiées pour passer de 100MD à 1000MD, soit une multiplication par 10. De plus, le budget mise aussi sur 600MD de dons extérieurs contre 172MD prévus dans le budget initial. Rappelons qu’habituellement, le montant des dons extérieurs a souvent tourné autour de 100MD en moyenne.


Du côté des dépenses, elles sont réparties de la manière suivante : les dépenses courantes s’élèvent à 14787 MD, soit une hausse de 1247MD prévue initialement et une hausse d’environ 2229MD par rapport à 2011. Par ailleurs, les dépenses de développement s’élèvent à 6400MD, soit une hausse de 950MD par rapport à la dernière loi où le chiffre a été fixé à 5200MD. Un montant de 1000MD sera alloué aux nouveaux investissements, un montant qui demeure relativement faible si on tient compte des nombreuses revendications en matière de développement régional. La part allouée à l’emploi s’élève à 511MD et celle aux logements sociaux est équivalente à 100MD.


Il résulte de tout cela un déficit budgétaire en hausse atteignant 4568MD, soit l’équivalent de 6,6% du PIB. Rappelons à cet égard que le déficit ne représentait que 3,8% en 2011 et 1,3% du PIB en 2010. En outre, le taux d’endettement s’élève à 45,9% du PIB pour le budget complémentaire alors que le budget initial a prévu 46,2%, et qu’en 2011, ce ratio a atteint à 43,6%.


A ce propos, il faut rappeler que la Tunisie a réussi par le passé à maîtriser son taux d’endettement pour le limiter notamment à 40,5%, en 2010.

Khadija Taboubi

source africanmanager

 

 

 

________________________________________________

 

Mais pourquoi la Tunisie est-elle si courtisée ?

  Ils sont nombreux à lui faire la cour. Venus d’un peu partout. Le dernier en date a été Abdallah Gül, le Président turc, dont la présence récente à Tunis a duré trois jours, alors qu’Erdogan, son chef du gouvernement, avait été l’un des premiers à y mettre les pieds peu après la révolution du jasmin. La Tunisie est devenue en quelques semaines l’une des destinations préférées de la diplomatie internationale, surtout moyen-orientale.

  Les turcs ne sont pas les seuls à s’y être précipités. Le Qatar a été très actif avec de nombreuses visites et promesses d’aides de la plupart de ses hauts dirigeants. L’Arabie Saoudite et d’autres représentants des Emirats Arabes également, mais avec plus de discrétion, à l’image de la France et son ministre des affaires étrangères, ou bien de la Grande Bretagne et de l’Allemagne.

  Par contre, plaidant depuis peu en faveur d’un « islamisme modéré » dans la région, les Etats Unis d’Amérique ont fait fort. A l’issue des récentes et premières élections libres vécues par la nation nord-africaine, le parti vainqueur, Ennhada, a dépêché en grande pompe à Washington (par le passé il avait été interdit aux USA) son leader Rached Gannouchi de son vrai nom Kheriji.

  Dans le même temps, ou presque, deux sénateurs yankees, des républicains, dont l’ancien candidat à la présidence des States, John Mac Cain, sont venus séjourner du côté de Carthage. Le premier d’entre eux a même été jusqu’à offrir au petit état de l’aider à former et équiper son armée et sa police. (Tiens, tiens, cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose de tricolore ? Et rien du côté de l’Egypte où ou une ONG démocrate US a donné des cours de politique ?). Ce n’est pas tout. La secrétaire d’état Hilary Clinton a séjourné à Gammarth, banlieue chic de Tunis, afin de participer à la « Conférence des Amis de la Syrie » (qualificatif pour le moins paradoxal).

  Il n’y a que l’Europe dont la France notamment qui, dans ce domaine de la courtoisie ou intérêt diplomatique, ait fait preuve jusqu’à présent de bien peu d’empressement. Et pourtant à bien connaitre le peuple tunisien, il est évident que celui-ci est dans sa grande majorité beaucoup plus proche de l’Europe du Sud, géographiquement ainsi que culturellement, et de la France principalement, que des lointaines Arabie et Amérique (1).

 Pourquoi donc un tel engouement moyen-oriental et américain ? Par souci géopolitique ? A cause de la maturité des élites tunisiennes, guère belliqueuses de surcroît ? Certainement pour ces deux raisons mais aussi probablement pour une autre hypothèse de poids, à savoir que le sous sol du pays, sur terre comme en mer, renfermeraient des richesses insoupçonnées de pétrole et gaz ?

 C’est du moins ce que vient de confirmer une source proche des sociétés étrangères en recherches géologiques, actives depuis toujours dans le pays qui abrite déjà de petits gisements d’or noir (70.000 barils jour environ), accréditant ainsi une rumeur qui courait depuis plusieurs semaines. Selon ces mêmes sources, des réserves, surtout en gaz, dans les eaux territoriales, entre Hammamet et Sousse, beaucoup plus importantes et de bien meilleure qualité que celles du Qatar, auraient été découvertes il y a plusieurs mois, avant la révolution, et gardées secrètes depuis par les pétroliers, clients des sociétés concernées.

  Cette information pourrait en outre expliquer, les propos tenus récemment dans ce sens, sans trop de précisions toutefois, par un haut responsable algérien du secteur disant que d’importantes découvertes avaient été faites en Tunisie. Tout comme les grands travaux d’équipement entamés dans le pays sous l‘ancien régime, voilà des années, avec des capitaux venus des états du Golfe dont le Qatar et de la Turquie justement.

  Alors que la Tunisie peuplée sur son petit territoire, d’une dizaine de millions d’individus, passait pour une nation sans aucune grande richesse minière, hormis les phosphates, et de ce fait sans un avenir économique d’envergure, voilà qu’elle avait commencé à se doter récemment d’équipements pour le moins gigantesques tous lancés et quelquefois terminés sous l’ancien régime, au détriment de la modernisation de régions déshéritées ou même de villes moyennes côtières.

  Deux énormes chantiers ont été ainsi entrepris à Tunis même et ses abords. Primo, dans la capitale où il est prévu que l’ancien port de commerce, désaffecté, et en cours de démolition, tout comme un quartier mitoyen, connu depuis toujours sous le nom de « la petite Sicile » pour avoir abrité par le passé une population d’artisans d’origine italienne, doivent laisser la place à une immense marina entourée d’immeubles et surtout à une tour d’une vingtaine d’étages de…bureaux. Puis, la poursuite de l’aménagement des terres gagnées au Nord de la ville, sur une lagune en partie asséchée. Sur des dizaines d’hectares, immeubles, bureaux, sièges de sociétés, grandes surfaces, hôtels, ont poussé et continuent de pousser comme des champignons sans pour autant connaitre une activité débordante et une occupation populaire importante. C’est là qu’est prévue l’installation d’un vaste centre d’entrainement sportif international de haut niveau et que l’ambassade des Etats Unis d’Amérique s’est plantée il y à peu, sur des milliers de mètres carrés à l’écart de toute autre construction en un complexe de bureaux et appartements étroitement surveillés et protégés. (2)

  Auparavant, une cité avait vu le jour, au-delà de la zone touristique d’Hammamet, le long de la mer. Baptisée Hammamet Yasmina, aujourd’hui terminée mais semi déserte en dehors de l’été, elle comprend, port de plaisance, médina, parc d’attractions, hôtels de standing mais aussi de nombreux immeubles d’habitation et de bureaux, ainsi que des villas qui laissent entendre que la vocation de la bourgade n’est peut-être pas seulement touristique. D’autant qu’ à moins d’une vingtaine de kilomètres, dans un espace quasi désertique, à Enfidah, une société turque a construit et exploite, un aéroport international capable de gérer sept millions de passagers par an. Dans le même temps, sur la côte toute proche, un projet de port…en haute mer, capable donc d’accueillir les gros tankers et méthaniers en eau profonde, qui avait été lancé voilà plusieurs mois, redevient d’actualité.

  Il est vrai que dans le golfe d’Hammamet justement, un petit gisement de pétrole avait été découvert, et c’est dans cette zone, c'est-à-dire dans les eaux territoriales de la Tunisie, qu’une énorme réserve de gaz naturel d’une excellente qualité aurait été détectée.

 Devenue riche, entre la Lybie actuellement en reconstruction et l’Algérie, encore hermétique, la Tunisie, créditée, chez ses hommes d’affaires, d’un savoir faire commercial et économique à la « libanaise d’antan », ferait-elle de la côte sud de « Mare Nostrum », à quelques encablures de l’Europe, un nirvanas aussi important sinon plus important que la lointaine Arabie et ses voisins ? 

 Chi lo sa ou Inch’Allah ! (Va savoir ou Si Dieu le veut !)

____________ 

(1) MM. Ghannouchi et Marzouki, le chef d’Ennadha et l’actuel Président de la République ont étudié (la philosophie pour l’un la médecine pour l’autre) et travaillé en France pendant plusieurs années. Tous deux reviennent d’exil, Londres pendant 10 ans pour l’un et autant pour le second à Paris, après avoir été condamnés en Tunisie, l’un pour son « activisme » religieux et l’autre pour sa défense têtue des droits de l’homme.

(2) Pendant longtemps, la Tunisie aurait abrité une base importante de la CIA et des Services secrets français, chargés de rayonner sur toute la région. Il est fort probable que ces antennes soient toujours en exercice.  agoravox

Partager cet article

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Économie_ Environnement_(Lampedusa)
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : thala solidaire.over-blog.com
  •  thala solidaire.over-blog.com
  • : ThalaSolidaire est dédié à la ville de Thala, ville phare de la Révolution tunisienne. Thala est une petite agglomération du centre-ouest de la Tunisie. Elle est connue pour son histoire antique, ses sources, ses carrières de marbre, devenues une sorte de tragédie écologique et économique, sa résistance et sa misère. Thala solidaire a pour objectif de rassembler toutes les voix INDIGNÉES pour donner à cette terre ainsi qu'à toutes autres terres un droit à la vie et à la dignité…
  • Contact

Recherche

Vidéos

Catégories