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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 02:27

Rached Ghannouchi tombe le masque

 

Le scandale de la vidéo du leader islamiste tunisien collaborant avec les salafistes révèle le vrai agenda du parti Ennahda au pouvoir. Selon un chroniqueur algérien, c'est la preuve éclatante que l'islamisme modéré est un leurre.

 

 

Rached Ghannouchi lors de sa réélection à la tête d'Ennahda, 16 juillet 2012, Tunis. REUTERS/Zoubeir Souissi

« Une barbe ne pousse pas en un seul jour ».

 

C'est le résumé, en faux proverbe des vidéos de Ghannouchi Rached, le Khomeiny tunisien, patron d'Ennahda, le parti islamiste qui a pris le pouvoir sans l'avoir arraché lui-même à Ben Ali.


Ces vidéos datent de quelques mois et font le buzz tunisien. On y voit Ghannouchi en pédagogue de l'Attente, face à des salafistes grandes oreilles ouvertes.


Il faut donc les voir et les revoir: jamais la stratégie des islamistes d'aujourd'hui n'y a été aussi explicitée, résumée, condensée et mise à la disposition des fervents et des nuls.


Le cheikh y prend l'exemple de l'Algérie, cas d'école qui semble avoir traumatisé les islamistes en général. Du coup, selon le Khomeiny sunnite, il y a des règles et la principale est qu'une barbe ne pousse pas en un jour.


L'exemple de l'Iran et de l'Arabie saoudite

Que doit-on y retenir?

Les confirmations essentielles: les islamistes n'ont pas pour but un mandat ou deux ou trois, mais le califat qui est un mandat unique. 

 
Deux: ils ne croient pas, autant que les dictateurs chassés ou les régimes encore en place, à la Constitution. C'est ce que disait le FIS (Front islamique du Salut parti islamiste algérien des années 90), c'est ce que dit Ghannouchi. Le dictateur amende et viole la Constitution comme il veut. L'islamiste au pouvoir «amende» et viole le lecteur. 

 
Trois: la guerre est une ruse (c’est un hadith attribué au Prophète). Aux Occidentaux ont peut servir la poupée gonflable de «l'islamiste modéré» respectueux des règles et des urnes, mais «entre soi», on sait l'essentiel: il y a «nous», il y a Koreich (tribu mythique de l’ère préislamique, symbole de la résistance au monothéisme de Mohamed) selon la topographie mecquoise. Dar les islamistes et Dar El Kofr (Maison des impies) selon la cartographie de l’empire musulman du Moyen-âge. 

 
Quatre: l'Islamistan est un projet qui doit prendre des années puisqu'il exprime les vœux de l'Eternité. L'un des amis de Ghannouchi l'a dit: on ne peut pas récupérer les «laïcs» mais on peut «travailler» leurs enfants dans les écoles et les retourner contre leurs parents. 

 
Cinq: Tout ce qui n'est pas «nous» est contre «nous», armée, police…, etc. Les islamistes ne croient pas à la séparation des pouvoirs, à la neutralité des institutions, au respect des missions républicaines des forces publiques. Le citoyen doit être croyant et le policier doit être milicien. C'est une tendance générale que l'on voit en Iran ou en Arabie saoudite.


Pas un parti, un projet divin

Six : il y a les apparences et il y a les croyances. On «double» l'armée par des milices, la constitution par une interprétation du Coran, le citoyen par le croyant, le multipartisme par un réseau de mosquées, la loi par la fatwa. 

 

Sept: les lois dépendent des interprétations du plus fort. Dans la vidéo de Ghannouchi, il a dit qu'il suffit de prendre le pouvoir pour faire dire aux lois ce que l'on veut. Ainsi qu'aux torturés, aux apostats, aux laïcs, aux chrétiens, juifs ou bouddhistes et aux ennemis de l'Islam. 

 

Huit: il faut cerner les koreichites (tribu mythique de l'Arabie centrale, époque préislamique) dans le monde, les isoler, les tuer à petit feu et pas comme en Algérie par balle dans la tête. Il faut les diaboliser, leur enlever l'argent et l'influence et attaquer leurs caravanes et lignes de commerce et faire se retourner les esclaves (salariés, immigrés, clandestins, banlieusards…etc) contre eux. 

 

Neuf: le parti islamiste n'est pas un parti mais un projet divin. Le but du cosmos. La voie et la voix de Dieu. La médinisation (Médine, ville fondation de l’Islam des origines) de l'Etat impie. L'utopie tant attendue. «Les autres font de la politique, nous, on fait ce que Dieu a dit» pensent les islamistes.


Une leçon à ne pas oublier

Pourquoi ce rappel. Pour la pédagogie. L'épître aux salafistes de Ghannouchi doit être enseignée dans les écoles et les universités et les cafés assis. C'est essentiel pour détruire les quelques idées naïves que l'on se fait sur les islamistes.


Même chez nous, ce pays algérien où tout le monde sait que Solatni et Amar Ghoul (islamistes ministres dans les gouvernements depuis une décennie) sont autant islamistes que ne l'est une fausse barbe et que les deux dépendent d'un autre Ghannouchi (tuteurs et officiers traitants au sein de la police politique). Il suffit de déshabiller l'islamiste (en parlant d'idée) pour démontrer qu'il est comme tout le monde. Ou pire. 


«Une barbe ne pousse pas en un seul jour», mais on peut la raser en un quart d'heure.slateafrique

 

 

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Tollé général contre le projet d’Ennahda d’appliquer la charia à petites doses en Tunisie

Ghannouchi, sur la défensive, lâche sur l’atteinte au sacré

 

Les vidéos «fuitées» du leader d’Ennahda, M. Ghannouchi, continuent à nourrir la polémique sur la scène politique avec l’«application à petites doses de la charia» et la promesse «d’amender le Code du statut personnel le jour où les islamistes auront le dessus».

 

Un tollé général a suivi la publication, ces derniers jours, de deux vidéos du leader des islamistes au pouvoir en Tunisie, Rached Ghannouchi, essayant de rassurer les salafistes quant à «une application à petites doses de la charia». La surmédiatisation de ces vidéos a fait que le retrait par la commission de synthèse et de rédaction à l’Assemblée nationale constituante de l’article pénalisant l’atteinte au sacré est passé inaperçu. Les vidéos «fuitées» du leader d’Ennahda, M. Ghannouchi, continuent à nourrir la polémique sur la scène politique avec l’«application à petites doses de la charia» et la promesse «d’amender le Code du statut personnel le jour où les islamistes auront le dessus». «L’application de la charia doit se faire à petites doses», a explicitement assuré M. Ghannouchi dans son entretien téléphonique avec cheikh Béchir Ben Hassen, l’un des leaders salafistes, ne laissant la place à aucune équivoque possible sur la duplicité du discours des leaders d’Ennahda. Cette deuxième vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, dans la soirée du mercredi 10 octobre, a convaincu les indécis à propos de la duplicité du discours d’Ennahda. Plusieurs avaient, auparavant, crié «au montage» et accusé les extraits publiés de «faire ressortir les propos de Ghannouchi de leur contexte initial», suite à la première vidéo diffusée 24 heures plus tôt. Avec la deuxième vidéo, nul ne peut plus nier la duplicité du discours nahdaoui.


Acquis en danger

 

S’adressant à «ses enfants», les salafistes, M. Ghannouchi a essayé de «les rassurer sur l’application de la charia» et les a invités à «plus de retenue» et à «ne pas perdre espoir». «Les choses se feront petit à petit, et ce n’est qu’une question de temps et de patience», a-t-il promis. Propos pouvant alerter les chancelleries occidentales sur la duplicité des islamistes d’Ennahda, même si l’on «ne pénalise pas l’atteinte au sacré». Le danger est d’autant plus immédiat que le même Ghannouchi a affirmé au cheikh salafiste Béchir Ben Hassan que «la loi est modelée sur le terrain, selon les désirs des plus forts, qui peuvent ne pas respecter les textes». De tels propos ont fait bondir plusieurs dizaines de membres de l’Assemblée nationale constituante, qui ont crié fort leur crainte que «même la Constitution risque d’être bafouée par de telles personnes qui ne croient pas à la démocratie et complotent contre l’aspect civil de l’Etat».

 

Ces députés ont appelé à la dissolution juridique d’Ennahda, tout en insistant sur «des garanties plus solides que la Constitution afin de préserver l’aspect civil de l’Etat». L’assemblée plénière, réclamée dans l’urgence par 75 constituants concernant ce sujet, risque d’être surchauffée. Par ailleurs, les méfaits des propos de M. Ghannouchi ont également atteint le Code du statut personnel (CSP) et la condition féminine. En réponse à une question du cheikh Béchir Ben Hassan en rapport avec le CSP, dont certains articles seraient, selon les salafistes, contraires à la charia, Rached Ghannouchi a indiqué que «le CSP pourra être amendé le jour où les islamistes auront le dessus et ils pourront donc garder certains articles et enlever d’autres».


Par étapes

 

Il ressort des deux vidéos que Rached Ghannouchi a répété plus d’une fois qu’il faut procéder par étapes. «Oui, toute notre stratégie est basée sur la politique des étapes !», a insisté le leader du parti islamiste. Il a même expliqué comment il faut procéder pour atteindre l’application de la charia en Tunisie : «On veut insuffler cet esprit islamique dans le peuple. Il faut donc prendre le temps d’éduquer les jeunes, de les former et de diffuser dans la société une conscience islamique globale. A ce moment-là, c’est le peuple qui exigera l’application de la charia !», a-t-il expliqué. Il n’a pas manqué d’ajouter: «Quand on deviendra forts et puissants, on pourra décréter des lois régissant la vie sociale et la famille selon le modèle islamique.»

 

«De tels propos rappellent ceux du cheikh Abdelfattah Mourou, membre lui aussi de la direction d’Ennahda, à l’adresse du prédicateur égyptien Wajdi Ghenim, lorsque maître Mourou lui a signifié que la tactique des islamistes tunisiens consiste à séparer la jeune génération de celle qui l’a précédée, car cette dernière est déjà gangrenée par la pensée laïque», rebondit Samir Taïeb, juriste et porte-parole d’El Massar (parti politique de l’opposition disposant de cinq membres à l’Assemblée). «C’est une duplicité voulue pour ne pas brusquer la société», conclut-il. Avec la publication de ces vidéos de Ghannouchi sur le rapport à la charia, la position des nahdhaouis risque de devenir plus fébrile. Ils ne peuvent plus parler aussi librement d’état civil et de démocratie, même si l’on essaie de rassurer l’opinion publique par le rejet de l’article pénalisant l’atteinte au sacré. «Les vidéos donnent aux laïcs les arguments recherchés pour justifier leurs attaques de la duplicité d’Ennahda et de son leader Ghannouchi», pense l’historien islamologue Néji Jalloul.  elwatan

 

 

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 Des enregistrements du chef d'Ennahda jettent le trouble

 

Des enregistrements sur lesquels le chef du parti islamiste Ennahda au pouvoir évoque une possible instauration de la charia, suscitent la controverse en Tunisie. Les fuites laissent craindre que la formation majoritaire ne soit pas aussi modérée qu'elle le prétend.

 

Une vidéo, dans laquelle Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahda, appelle de jeunes salafistes à la patience le temps de prendre le contrôle sur l'Etat, a d'abord inondé mercredi les réseaux sociaux tunisiens. Pour le moment, la police et l'armée ne sont pas sûrs, leur dit-il.

 

Une conversation téléphonique enregistrée a ensuite été diffusée, sur laquelle l'on entend Rached Ghannouchi le chef du parti Ennahda expliquer comment islamiser progressivement la société et triompher de la laïcité. Il évoque aussi une éventuelle modification du code du statut personnel, qui a aboli la polygamie et accorde l'égalité entre l'homme et la femme dans divers domaines, notamment dans l'enseignement, le travail et le vote.

 

Selon le parti Ennahda, la vidéo, enregistrée en février dernier, a été montée de manière à ce que Rached Ghannouchi semble adopter des positions plus extrêmes que celles défendues actuellement par sa formation. "Plusieurs phrases et parties de l'enregistrement ont été sorties de leur contexte et montées de façon à déformer leur sens", s'est défendu un responsable du parti, Ameur Larayedh dans un communiqué dénonçant "un retour déplorable aux vieilles méthodes de diabolisation utilisées par l'ancien régime".

 

Les enregistrements menacent les relations entre Ennahda et les autres partis au sein de la coalition gouvernementale, alors que ces derniers mois, des tensions sont apparues entre Ennahda et le président Moncef Marzouki, issu du parti Congrès pour la République (CPR).

 

L'opposition s'est emparée de l'affaire, expliquant que ces propos prouvaient que sous couvert de discours modérés, Ennahda dissimule une vision islamiste radicale pour la société tunisienne.

 

Jeudi, Noomane Fehri, membre du bloc démocratique au sein de l'Assemblée nationale constituante, a appelé à l'ouverture d'une enquête judiciaire. Selon lui, il est évident que Rached Ghannouchi "ne croit pas en la démocratie mais veut installer une nouvelle dictature".

 

La question de savoir qui est à l'origine de ces vidéos a fait l'objet d'importants débats en Tunisie. Elles peuvent tout autant être l'oeuvre de partis d'opposition laïcs ou au contraire de ceux plus extrémistes pour déstabiliser le "modéré" parti Ennahda. tempsreel.nouvelobs

 

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Deux vidéos compromettantes pour les islamistes d'Ennahda

 

Rached Ghannouchi, chef de file des islamistes tunisiens d'Ennahda, le 20 septembre 2012 à Tunis. 

Rached Ghannouchi, chef de file des islamistes tunisiens d'Ennahda, le 20 septembre 2012 à Tunis. 

(FETHI BELAID / AFP)

 

Les laïcs tunisiens sont ulcérés. Deux vidéos mises en ligne (vidéo en arabe)depuis quelques jours montrent Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste Ennahda, majoritaire au sein du pouvoir en place en Tunisie, rassurant des salafistes avec lesquels il a officiellement pris ses distances. 

 

"Lancez des radios, ouvrez des écoles"

 

Au cours d'une rencontre secrète en avril dernier avec des salafistes, Rached Ghannouchi, jusque là soucieux de s'en affranchir pour afficher une image modérée, explique à ses interlocuteurs comment étendre leur influence dans le pays.

 

"Les laïques contrôlent encore l'économie, les médias et l'administration (...) l'armée et la police ne sont pas non plus garanties",   énumère-t-il en exhortant les salafistes à la patience. Et de leur conseiller de "faire tout ce qu' [ils peuvent] avec les cours de religion, à lancer des radios, des télévisions et ouvrir des écoles". Le leader islamiste s'appuye sur l'exemple du Front islamique du salut (Fis) algérien, qui a gagné le premier tour des élections en Algérie en 1992 grâce à ses actions sur le terrain social.

 

"On n'en peut plus de ce double langage"

 

"Je suis choqué (...) après avoir entendu cela de la part du chef du parti au pouvoir, j'ai peur pour la Tunisie"a déclaré Beji Caïd Essebsi, chef du gouvernement l'an dernier après la fuite à l'étranger du président Ben Ali. Il reconnaît avoir "commis une erreur en disant qu'Ennahda était un parti modéré"

 

"C'est le vrai visage d'Ennhada, on n'en peut plus de ce double langage, un langage pour l'extérieur et l'international, un langage pour leurs fidèles c'est extraordinaire, c'est pas de la politique, c'est du n'importe quoi", s'insurge Fatma Ksila, militante des droits de l'homme au micro de France Inter qui redoute un retour "au Moyen-Age"

 

Les services d'Ennahda ont, de leur côté, fait savoir que Ghannouchi s'était contenté de persuader les salafistes de choisir le cadre politique pour obtenir les changements qu'ils souhaitent. francetvinfo

 

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 EN-NAHDA DÉMASQUÉE

GHANNOUCHI EN MAITRE À PENSER DES SALAFISTES DANS UNE VIDÉO BUZZ
UNE CAMPAGNE TACITE D’INTIMIDATION POLICIÈRE CONTRE LES FEMMES

 

La laïcité à la sauce tunisienne est sur le fil du rasoir. Si la religion d’Etat a toujours été l’Islam (article premier de la Consitution), la réalité faisait jusque là état d’une séparation entre le pouvoir et la religion. Le parti islamiste d’An-nahda, au pouvoir depuis les premières élections démocratiques post-Ben Ali, a toujours tenu un discours rassurant pour les progressistes. Pourtant, beaucoup restaient sceptiques face à ces promesses.


Une vidéo buzz, largement relayée par les réseaux sociaux, vient légitimer leurs craintes. Elle compromet sérieusement la crédibilité du parti au pouvoir, et de son numéro un Rached Ghannouchi. Celui-ci s’adresse aux salafistes dans un enregistrement téléphonique, les exhortant à faire preuve de «sagesse» pour asseoir leur pouvoir dans le pays. Les laïcs sont décrits comme une force quasi ennemie, qui a encore la main mise sur les médias et les institutions. Il estime qu’ils doivent d’abord en être écartés, car aujourd’hui, ils sont encore en mesure de «rebondir après leur échec» électoral.

 

Le «double discours d’En-nahda dévoilé» est relayé en écho par la presse tunisienne, qui s’inquiète déjà des graves entraves à la liberté d’expression. Un cas emblématique serait celui du bloggeur et opposant Sofiène Chorabi. Les chefs d’accusation officiels retenus contre lui sont l’ivresse publique et l’atteinte à la pudeur, pour avoir consommé de l’alcool dans une plage durant le ramadan. Mais il dénonce un procès politique, en raison de ses écrits virulents contre le pouvoir en place.

 
La presse n’est pas la seule à craindre pour sa peau. Les femmes s’indignent aussi contre une «campagne tacite» menée par le gouvernement. Les plaintes pour «intimidations policières» pleuvent sur l’Association tunisienne des femmes démocrates (AFTD). Sous prétexte de «protection de la morale», les pressions se multiplient à l’encontre des femmes non voilées, notamment lors de leurs sorties le soir. Une star locale, le mannequin et interprète Raafat Ayadi, déclare avoir été menottée, malmenée et insultée par deux policiers, en rentrant chez elle, tard, le soir du 5 juillet. L’AFTD déplore la réponse du gouvernement, qui cite des «cas isolés», tandis que des témoignages similaires émanent des quatre coins du pays. La polémique autour de l’inculpation de la jeune tunisienne, violée par des policiers, pour avoir été trouvée dans une «position immorale», n’est pas d’ordre à apaiser les craintes de l’opinion publique.  
leconomiste

 

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Chronique Rached Ghannouchi

 Dangereuses professions de foi

 

 

C’est la vidéo de trop ! Celle où on nous montre Rached Ghannouchi discutant avec des membres de la mouvance salafiste et leur montrer le chemin à suivre pour parvenir à l’instauration de l’Etat religieux.

 

 

Le doute quant à l’authenticité de la vidéo diffusée, il est du droit de chaque Tunisien de s’interroger sur les objectifs du patron du parti gouvernemental et de ce qu’il entend faire de ce pays et de son peuple. Il n’y a plus l’ombre d’un doute que M. Ghannouchi demeure fidèle à ses convictions du début de sa carrière de militant islamiste.

 

Les vingt ans d’exil n’ont rien changé à ses convictions qui ne diffèrent que de peu de celles des salafistes. Sur le fond, le leader d’Ennahdha est en parfaite symbiose avec cette mouvance ultra-fondamentaliste dont l’aile la plus extrémiste prône le Jihad pour islamiser la société tunisienne. Seule la stratégie et les tactiques à suivre pour arriver à cette fin sont le sujet de désaccord. Le but est donc le même ! Ni Etat civil, ni armée et police républicaines, ni, non plus, une administration neutre et au service de tous les citoyens sans distinction de leurs idées, de leur religion ou de leur appartenance politique.

 

Le plus inquiétant dans tout cela est cette division des citoyens entre laïcs et musulmans ou plutôt islamistes. 

 

Voilà qui est choquant et qui pourrait semer la discorde entre les composantes d’un peuple qui a toujours su dépasser ces clivages idéologiques pour vivre ensemble. Ceci est de nature à ajouter à la confusion déjà existante qui fait du laïc presque un mécréant qu’il faudrait, d’un point de vue jihadiste, combattre. Nous avons cru à tort que M. Ghannouchi qui a vécu des années en Europe, dans des pays de vraie démocratie, avait eu suffisamment le temps pour voir comment cela fonctionne où tout le monde peut vivre sans heurts avec ses convictions et ses idées. Et où on s’accepte les uns les autres pourvu qu’on respecte la loi.

 

Non, M. Rached Ghannouchi n’a rien appris de ce passage obligé de deux décennies et il est resté tel qu’il était parti en dépit de son discours et celui de ses adeptes qui se voulaient rassurants.

 

Cette vidéo donne, ainsi, raison à ceux et à celles qui ont toujours claironné que le parti islamiste use du double-langage en attendant d’être sûr de pouvoir imposer le modèle politique qui est le sien et le mode de société qui demeure son objectif final.

 

A la hâte de ses interlocuteurs salafistes qui veulent entamer l’islamisation de la société et la mise en place des lois charaïques, Ghannouchi préfère patienter pour éviter de se retrouver dans la situation de ses frères algériens qui leur avait coûté le pouvoir.

 

Tout a été dit dans cette vidéo qui constitue l’événement majeur à la veille de ce 23 octobre, date que nous avons niaisement jugée celle de l’émancipation des Tunisiens pour une vraie démocratie et un Etat de droit.

 

Le 10 octobre 2012, date de la parution de cette vidéo, devra bien être retenu car, désormais, il y a avant et après le 10 octobre. letemps

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Religion _ L'Islam politique _ Salafistes_ Chokri
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