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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 02:24

Plus de 250 000 manifestants !

 

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100e jour de grève: des dizaines de milliers de manifestants défient la loi 78


Aucune estimation de foule n'était disponible vers 17 h, mais ils sont assurément plusieurs dizaines de milliers de personnes à avoir défilé dans les rues de Montréal.

 

Aucune estimation de foule n'était disponible vers 17 h, mais ils sont assurément plusieurs dizaines de milliers de personnes à avoir défilé dans les rues de Montréal.

 

La grande manifestation montréalaise soulignant le 100e jour de la grève étudiante réservait une surprise de taille pour les policiers: la quasi-totalité des participants ont bifurqué du trajet approuvé, bafouant des dispositions de la loi 78 sous l'oeil généralement tolérant des policiers. 

Aucune estimation de foule n'était disponible vers 17h, mais ils sont assurément plusieurs dizaines de milliers de personnes à avoir défilé dans les rues de Montréal cet après-midi, à l'invitation des groupes étudiants et des centrales syndicales. La CLASSE évalue la foule à 250 000 personnes. 

La police ne dénombrait en fin de journée que des incidents isolés: une sous-manifestation a été déclarée illégale vers 16h30 sur la rue Peel. Mais plus largement, la manifestation s'est déroulée dans une ambiance à la fois calme et festive, malgré son caractère en apparence illégal. 

C'est que les manifestants devaient en théorie suivre le trajet présenté et approuvé par les autorités, comme le prévoit les nouvelles dispositions de la loi 78. Les fédérations étudiantes collégiale et universitaire (FECQ et FEUQ), de même que les syndicats, avaient fourni un plan précis: départ de la Place des festivals, déplacement vers le parc Lafontaine par Sherbrooke Est. Sauf qu'à peu près personne ne l'a suivi. 

Dès que le cortège s'est mis en branle, la grande majorité des manifestants a ainsi bifurqué sur Sherbrooke Ouest pour suivre les représentants de la CLASSE, qui avait pour sa part refusé de dévoiler quel itinéraire elle suivrait. Entre les automobilistes surpris, les manifestants ont pour l'essentiel sillonné Sherbrooke jusqu'à Peel, qu'ils ont emprunté vers le sud jusqu'à René-Lévesque. De là, ils ont remonté la rue Berri pour se diriger vers le parc Lafontaine. 

Compacte, la foule formait une véritable marée humaine qui s'étirait sur plusieurs centaines de mètres. Le Service de police de la Ville de Montréal a choisi en réaction une approche conciliante, tolérant la manifestation pour des raisons pratiques: arrêter des milliers de personnes aurait été «problématique», a reconnu un porte-parole dans l'après-midi. 

Selon le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, «le geste que pose ces dizaines de milliers de personnes est un geste collectif de désobéissance civile», a-t-il déclaré avant le départ de la marche. M. Nadeau-Dubois estime que «le gouvernement ne peut plus associer désobéissance civile et vandalisme ou mouvement marginal. Aujourd'hui, des dizaines de milliers de personnes désobéissent à la Loi.»

«La loi ne fonctionne pas dans son application, a pour sa part lancé la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, quelques minutes avant le début de la marche. Une avenue négociée serait une bien meilleure sortie de crise.»

La mobilisation se faisait officiellement sous le thème de «100 jours de grève, 100 jours de mépris». Mais le dépôt de la loi spéciale 78 la semaine dernière a toutefois élargit la portée de l'événement pour englober des questions plus larges de respect des droits constitutionnels et du droit de manifestation. Dans la foule, de nombreuses pancartes dénonçaient les dispositions de la loi, aux côtés de celles critiquant la hausse des droits de scolarité.

Plusieurs acteurs et groupes sociaux ont participé à la manifestation, ainsi que plusieurs artistes (notamment Paul Piché, Michel Rivard, Martin Léon et Yann Perreau). L'ancien chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, arborait quant à lui le carré blanc. M. Duceppe, a indiqué sur les ondes de RDI qu'il ne «croit pas à la désobéissance civile». «On n'est pas en Afrique du Sud ou dans l'Inde de Gandhi, a-t-il dit. Mais je critique aussi la désobéissance démocratique du gouvernement Charest. Les deux sont irresponsables et alimentent la crise.» 

Avec Lisa-Marie Gervais et Marco Bélair-Cirino;
 ledevoir

 

 

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Anonymous s'attaque à des  sites du gouvernement ....

 
 

 

 

Montréal

 

Paris


 

 

 

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Le "printemps érable" prend de l’ampleur au 100e jour de contestation

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Le "printemps érable" prend de l’ampleur au 100e jour de contestation

La situation semble plus que jamais bloquée au Québec, où le conflit étudiant dure depuis plus de trois mois. Face à la fermeté affichée par le gouvernement, un syndicat étudiant qualifie la situation de “véritable lutte populaire”.


 

Rien ne semble faire retomber le mouvement de contestation des étudiants québécois, qui a marqué mardi 22 mai son centième jour de mobilisation. Depuis le mois de février, des manifestations quotidiennes sont organisées à Montréal, suite à la hausse des droits de scolarité dans les universités, décrétée par le gouvernement du Premier ministre québécois Jean Charest.

 

 

Le mouvement estudiantin, qualifié de “ printemps érable” ou de “printemps québécois”, a pris davantage d’ampleur depuis que le Parlement a adopté, le 18 mai, la controversée “loi 78”. Celle-ci limite les droits à manifester dans la “Belle Province” et prévoit une suspension des cours jusqu'au mois d'août. Une mesure qualifiée par les syndicats étudiants de manœuvre grossière pour tenter de casser le mouvement de grève.

Conséquence de cette nouvelle législation, les manifestations, notamment nocturnes, se sont multipliées ces derniers jours, certaines donnant même lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre. L'un des trois syndicats étudiants en grève, la Classe (Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante) a annoncé son refus de se soumettre à ce que la presse québécoise qualifie de “loi matraque”, voire de véritable “déclaration de guerre”.

Joint au téléphone par FRANCE 24, un responsable de la Classe, qui a voulu garder l’anonymat, assure qu’une nouvelle manifestation de masse est prévue mardi 22 mai à Montréal pour marquer l’anniversaire symbolique de la lutte. Selon lui, loin de s’essouffler, le mouvement “prend de l’ampleur”. “Ce qui était au début une simple grève étudiante est devenu aujourd’hui une véritable lutte populaire, qui touche l’ensemble de la société québécoise” explique-t-il, rappelant que les étudiants ne sont désormais plus les seuls à manifester.

La population québécoise partagée

Depuis le début du mouvement, les étudiants ne peuvent pas compter sur le soutien de la population québécoise, si l’on en croit le baromètre du “Journal de Montréal”. Mais le passage de la loi 78, jugée trop sévère par une large majorité de sondés, pourrait bien inverser cette tendance et apporter davantage de soutien aux syndicats étudiants.

Le responsable de la Classe assure toutefois que le mouvement est plus popualire qu'il n'y paraît. “On s’attend ce mardi à l’une des plus grosses manifestations depuis le début du mouvement”, s’enthousiasme-t-il. Preuve en est, selon lui, les 19 000 personnes inscrites dans la matinée sur la page Facebook de la manifestation, un chiffre parmi les plus élevés enregistrés ces derniers mois.

 

 

Les étudiants de l’université montréalaise Concordia mettent chaque jour en ligne des vidéos des manifestations sur leur compte Youtube. Des rassemblements qui peuvent également être suivis en direct sur Twitter via le mot clé#manifencours.

 

“Les étudiants qui manifestent sont les Grecs du Canada”

Du côté des éditorialistes du pays, on est plus réservé. André Pratte, l’une des grandes plumes du quotidien francophone “La Presse”, appelle ainsi "au retour au calme”. “Ceux qui en ont marre du gouvernement Charest pourront voter contre lui d'ici quelques mois” martèle-t-il. “C'est pourquoi, sans abandonner leurs différents points de vue, chaque parti politique, chaque syndicat, chaque groupe d'intérêt, chaque Québécois doit désormais mettre le retour au calme au premier rang de son action”, écrit-il dans sa dernière chronique.

La condamnation est encore plus sévère dans la presse candienne anglophone. Ainsi, la chroniqueuse du “Globe and Mail”, Margaret Wente, compare les manifestants québécois au peuple grec. “Ils [les Grecs] veulent que les Allemands leur envoient toujours plus d’argent, et, peu importe combien les Allemands envoient, ils continuent d’en demander plus. Les étudiants qui manifestent sont les Grecs du Canada. Et nous n’en voulons plus”.

Le responsable de la Classe ne s’offusque guère de “ce mépris somme toute classique de la part des chroniqueurs anglophones qui ne connaissent pas la réalité des étudiants québécois.” Il indique même souscrire d’une certaine manière à l’analogie internationale tentée par Maragret Wente. “Notre combat se joue aussi à Athènes, à Paris ou à New York, il s’inscrit dans une perspective mondiale de lutte contre l’austérité.”

Par Julien PEYRONfrance24

 

 

______________________________________________________________________Point de vue _ Analyse

La loi 78 ou l’asservissement de l’université québécoise

 

«Le gouvernement veut à tout prix éviter ce que les étudiants et professeurs réclament depuis des années, et en particulier pendant la grève : un moratoire sur la hausse des droits de scolarité et l’organisation d'États généraux de l’université qui poserait, nécessairement, la question de la finalité de l'enseignement universitaire.» Par Piroska Nagy, professeure d’histoire du Moyen Âge à l'UQAM (Université du Québec à Montréal).

 

Aux yeux des Européens, le Canada avait, jusqu’à récemment, plutôt bonne presse en termes de démocratie, et le Québec a toujours eu toujours la réputation d’une province à part, la plus à gauche du pays, comme la côte Est des États-Unis face au Sud conservateur. Que reste-t-il de tout cela au lendemain du vote de la loi spéciale (1), « destinée à mater le mouvement de grève » des étudiants en cours depuis la mi-février, d’après les grands titres de Radio-Canada ? Mais surtout, comment et pourquoi en est-on arrivé à une loi brimant la démocratie, qui reconnaît par son existence même la dégénérescence de la grève étudiante en une grave crise sociale ?

 

Commençons par la fin. La loi 78, votée ce 18 mai au soir, vise en principe le retour en classe des plus de 150 000 étudiants après trois mois de grève, voire quatorze semaines pour certains. Elle « suspend » le trimestre d’hiver, qui doit reprendre… fin août, afin de laisser le temps « pour apaiser les esprits ». Elle le fait en apportant des limitations importantes au droit d’association, au droit de manifestation, et recourt même à la justice pénale contre les récalcitrants. Avant même sa promulgation, de nombreuses voix se sont élevées contre la loi, dont celle du Barreau du Québec, de la Fédération québécoise des professeurs d’université, et j’en passe, pour souligner sa nature anti-démocratique, anti-constitutionnelle. Une loi digne de la Grande noirceur (2), des républiques bananières ou de la Corée du Nord, selon les commentateurs : si la grève étudiante a polarisé les sensibilités, la loi indigne même les plus pacifiques. Selon la lettre ouverte d’un groupe d’historiens québécois, la loi «remet en cause le principe de la primauté du droit dans la résolution des conflits, comme le souligne le Bâtonnier du Québec dans son communiqué du 18 mai. En effet, dans sa forme actuelle, le projet de loi 78 limite clairement le droit de manifester pacifiquement de tous les citoyens et sur tous les sujets. Il entrave de manière importante la liberté académique dans un milieu universitaire. Il suspend des recours juridiques légitimes et renverse le fardeau de la preuve qui rend les associations d’étudiants et les syndicats responsables d’actes commis par autrui. Enfin, il sanctionne lourdement les citoyens ainsi que les associations étudiantes et syndicales qui ne se conformeraient pas aux dispositions de cette loi d’exception» (3).

 

Outre son volet antidémocratique, le volet règlementaire de la loi 78 a l’extrême avantage d’être fort probablement inapplicable. En effet, une des nouveautés historiques du conflit étudiant le plus dur que le Québec ait connu était sa judiciarisation, comme une importation de la dérive individualiste américaine. Des étudiants opposés à la grève votée par leur propre association sont allés la contester au tribunal, seuls ou en petits groupes, au nom de leur droit à recevoir l’instruction à laquelle ils étaient inscrits. Ils faisaient donc valoir leur droit individuel face au droit des associations, de la collectivité – et ceci, non sans succès : le plus souvent, les tribunaux sommaient alors par injonction l’établissement ou les professeurs de dispenser les cours prévus. Le hic : l’impossibilité évidente de réunir des conditions de sécurité, des conditions pédagogiques suffisantes pour la tenue des cours, lorsqu’une bonne partie des étudiants tiennent à la validité de leur vote de grève collective, et que les professeurs, au nom de la démocratie, le plus souvent les épaulent. Des dizaines d’injonctions accordées ont échoué, dans les dernières semaines ; très peu ont pu être appliquées, très peu de cours ont repris sous injonction.

En revanche, les professeurs se sont aussi révoltés contre cette dérive par laquelle les étudiants « socialement responsables », autrement dit favorables à la hausse, cherchaient à régler le conflit autrement que par la voie démocratique et politique. Or la loi spéciale recourt à la même idée : sommer institutions et professeurs de dispenser les cours – certes, pas dans l’immédiat, mais à la fin du mois d’août… mais pourquoi la grève, faute d’avancées sur les revendications, ne reprendrait-elle pas alors ? Bien sûr, la loi donne la réponse : parce qu’elle sera interdite… et les associations étudiantes qui l’ont promue, brimées (4).

 

Car s’il y a bien une chose que le gouvernement libéral n’a pas faite depuis quatorze semaines, c’est d’envisager démocratiquement le conflit, sur le terrain politique, en discutant avec les associations étudiantes du fond du problème, et cela d’égal à égal. La loi spéciale n’est que le dernier acte d’une pièce de théâtre bien orchestrée, diffusée scène après scène depuis trois mois aux Québécois par le gouvernement et les grands médias. Jean Charest n’a jamais pris la peine de rencontrer les étudiants, ni même de s’adresser à eux publiquement. Pendant plus de dix semaines, le gouvernement n’a pas daigné communiquer de quelque façon que ce soit avec les 200 000 étudiants en grève. En revanche, la présence et l’intervention fréquemment brutale de la police pendant les manifestations, devenues quotidiennes, avec poivre de Cayenne, bombes sonores, gaz lacrymogène, matraques, balles de plastique et arrestations fréquentes ont largement contribué à envenimer la situation.

Pendant ce temps, la plupart des grands médias et les politiques libéraux criminalisaient cette lutte clairement sociale, en stigmatisant publiquement les « violences » survenues lors des manifestations, et tout particulièrement les perturbations économiques, à savoir la seule arme efficace des étudiants face à un gouvernement qui faisait la sourde oreille. Durant les deux rondes de négociations aussi tardives que pipées, le gouvernement a refusé d’aborder la question de fond : la hausse des frais de scolarité – tout en criant haut et fort que l’impossibilité des négociations était due à l’intransigeance des étudiants, aux violences dans la rue...

Cependant le mouvement étudiant a démontré une formidable unité : face aux tentatives de division des associations étudiantes, comme aux autres manœuvres de diversion, les leaders et leurs bases ont répondu avec une maturité remarquable. Et cependant toujours, les libéraux ont persisté dans leur réponse : dompter, soumettre le mouvement par tous les moyens, par le recours à la justice, à la loi et à la police. Pas de discussion démocratique, d'écoute de la volonté de la population étudiante, encore moins de la réflexion sur le devenir de l’université.

 

Les raisons? La première est d’ordre électoraliste. Jean Charest et le PLQ  comptent sur cette fermeté pour redorer leur blason, souillé par diverses affaires au cours des dernières années qui ont largement remis en cause leur légitimité, y compris vis-à-vis de leur propre électorat. Ceci en vue des élections qui doivent se tenir en 2013 – et qu’il leur sera fort difficile de gagner. Le Québec verra bien, et décidera même, si la fermeté qui outrepasse les limites de la démocratie paye, ou si par le mépris des étudiants, par l’arrogance face à une partie de la population, couronnés par cette loi autocratique, Charest creuse sa propre tombe.

 

Une deuxième raison, bien plus profonde, d’un tel manque de volonté de négocier : la pensée unique, et en l’espèce le mantra néolibéral de l’utilisateur-payeur. Chaque étudiant doit payer « sa juste part », répète le gouvernement – ce qui signifie pour beaucoup s’endetter à vie. Il n’est pas rare, avant même la hausse, de rencontrer des étudiants de 25 ans avec 30 000, voire 50 000 dollars de dettes, contractées pour faire leurs études. Autant dire, contracter un esclavage aux banques, avant même de décrocher un vrai travail. La fameuse hausse tant voulue ne profitera, bien sûr, qu’aux banques et non aux universités, puisqu’elle est censée compenser le désengagement de l’État du financement de celles-ci. Et pour le cas où l’on n’aurait pas compris l’esprit dans lequel le gouvernement et les recteurs qui le soutiennent pensent l’éducation, rappelons cette innovation de vocabulaire, répétée encore et encore pendant la grève : la « clientèle étudiante », pour reprendre le langage des administrations universitaires, n’est pas en grève mais « boycotte » les cours, puisque ce n’est pas un rapport collectif de travail… mais un lien individuel de consommation.

 

Dans de telles conditions, il est bien clair que le gouvernement veut à tout prix éviter ce que les étudiants et professeurs réclament depuis des années, et en particulier pendant la grève : un moratoire sur la hausse des droits de scolarité et l’organisation d'États généraux de l’université qui poserait, nécessairement, la question de la finalité de l'enseignement universitaire – et celle d’autres modèles possibles, arrimés à d’autres modèles de société. Car si la révolte est telle au Québec face à la hausse, que même les parents d’élèves, avocats, médecins et retraités portent le carré rouge en signe de solidarité avec les étudiants en grève et manifestent, c’est que l’université marchandisée (5) remet en cause un des principaux acquis de la Révolution tranquille : l’accès des francophones pauvres à l’université, avec une politique qui visait, au départ, la gratuité. L’enjeu académique est donc non seulement politique mais également identitaire et culturel, au Québec, et explique pourquoi des centaines de milliers de personne descendent dans la rue le 22 de chaque mois de ce printemps, jours des manifestations nationales. Ce n’est pas un hasard non plus si les collèges et universités anglophones ont à peine participé au mouvement du « printemps d’érable ».

 

Il peut alors être utile pour le monde académique, pour toute cette génération de jeunes refusant l’ordre mondialisé néolibéral, de recourir à la mémoire historique. À l’origine de la fondation de l’université de Paris, il y eut une association jurée d’intérêts communs, l’universitas formée ensemble par les étudiants et les maîtres à l’aube du XIIIe siècle, pour défendre leurs droits et leur autonomie intellectuelle face aux autorités de l’Église, de la royauté et de la ville. De cette association professionnelle, l’institution qu’on connaît n’est née que peu à peu, à travers d’âpres luttes avec les pouvoirs. La Grande Grève de l’Université de Paris, qui a duré de 1229 à 1231, où maîtres et étudiants ont fait sécession de la ville pour tenir les cours ailleurs (!), s’est terminée par l’octroi par le pape Grégoire IX de la Bulle Parens Scientiarum le 13 avril 1231 (6), reconnaissant de manière définitive l’autonomie juridique et intellectuelle de l’université. Ne serait-ce pas alors aux professeurs et étudiants ensemble d’organiser les États généraux que recteurs d’université et gouvernement tentent de toutes leurs forces d’éviter ? Montrer que les cours peuvent se tenir quand il y a un consensus entre étudiants et maîtres sur la finalité de leur travail commun ?  mediapart

 

 

 

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(1) En attendant que la loi acceptée soit publiée, le projet de loi peut être téléchargée à http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201205/17/01-4526386-projet-de-loi-78-pour-la-paix-et-lordre.php

(2) L’époque de conservatisme et de cléricalisme durcissant entre la fin de la Deuxième guerre mondiale et le début de la Révolution tranquille, marqué par le gouvernement durable de Maurice Duplessis (1944-1959).

(3) http://www.ledevoir.com/societe/education/350481/une-loi-scelerate-et-une-infamie

(4) http://www.ledevoir.com/politique/canada/350531/la-fin-des-assos-etudiantes

(5) Voir  É. Martin – M. Ouellet, Université inc. Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir, Montréal, Lux éd., 2011.

(6) http://icp.ge.ch/po/cliotexte/sites/Arisitum/cdf/bul.html


 

 

 

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Indignés (les) _ Idle No More
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commentaires

clovis simard 24/10/2012 00:43

Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.23. - THÉORÈME GOMERY. - La loi de la Corruption.

fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 24/05/2012 13:28

Blog(fermaton.over-blog.com),No-19. - THÉORÈME CHAREST LE MAUVE. - Son avenir ?.

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