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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 00:18

 

 

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Un an après son installation en Tunisie, Reporters Sans Frontière s’inquiète pour la liberté de l’information

 

Le 12 octobre, Reporters sans frontières soufflera sa première bougie en Tunisie. Une occasion pour dresser un bilan de sa première année d'activité, et faire le point sur la situation de la liberté de la presse et de l'information aujourd'hui en Tunisie.


rsf-041012Une rencontre avec la presse a été organisée par Reporters sans frontières jeudi 6 octobre à Tunis sous le thème « Quel avenir pour la liberté d'information en Tunisie». « La liberté d'information c'est le mandat de RSF » soutient d'emblée Christophe Deloire, directeur général de l'organisation. «Ce n'est pas une liberté corporatiste, et ce n'est pas uniquement la liberté des journalistes, car c'est la base de toutes les autres libertés. » précise-t-il.

 

Bannie sous Ben Ali, RSF estime avoir une légitimité historique «Nous avons toujours tenu un discours de vérité sur la Tunisie. L'histoire nous donne une légitimité aujourd'hui. ». Au bout d'un an d'activité en Tunisie, l'ONG dresse un premier constat : « Il y a ouverture incomparable à l'avant 14 janvier 2011, mais nous sommes inquiets. » déclare M. Deloire en rappelant certaines réactions jugeant excessif le slogan de RSF au moment de l'ouverture de son bureau à Tunis « Libres, jusqu'à quand ? ». « Malheureusement, je crains que le quotidien de la presse aujourd'hui en Tunisie montre que notre slogan n'était pas excessif. »

 

Selon RSF, la situation de la liberté de la presse en Tunisie est « préoccupante ». L'organisation évoque l'insécurité juridique avec une « absence de volonté politique flagrante de non adaptation des décrets 115 et 116 » mais également physique. « Depuis un an, il y a eu 130 atteintes à la liberté de la presse en Tunisie dont 84 agressions » assure Olivia Gré, Directrice de RSF Tunisie. « Aucune exaction n'a été sanctionnée » déplore-t-elle. Autre menace sur le secteur, l'indépendance des médias par rapport à l'exécutif, l'exemple des nominations du gouvernement des directeurs des médias publics est le plus flagrant. « Il y a une ressemblance avec l'Egypte sur cette question » affirme Soazig Dollet, responsable du bureau Maghreb et Moyen-Orient de RSF. « Il y a une volonté nette des nouveaux dirigeants de s'accaparer les médias. » conforte-t-elle.

 

De son côté, M. Deloire avoue sa crainte de voir « le pluralisme entaché » et insiste sur « l'importance de dépasser l'ensemble des clivages » dans la défense de la liberté d'information. «Sous Ben Ali, nous avons défendu tous les journalistes, au-delà de leurs orientations politiques » et de rappeler « Nous avons défendu les journalistes d'Ennahdha sous l'ancien régime. Nous continuerons à défendre les journalistes maintenant qu'Ennahdha est au pouvoir ». Il raconte au passage sa visite de la veille à Rached Ghannouchi au bureau d'Ennahdha : « Nous avons eu beaucoup de déclarations de bonnes intentions mais nous jugeons sur des actes. La démocratie c'est la règle du droit », maintient Christophe Deloire.

 

Interrogé sur la liste noire des journalistes que Lotfi Zitoun, conseiller auprès du Premier ministre, n'a cessé de menacer de la dévoiler, le directeur général de RSF fait savoir son désaccord avec une telle procédure qu'il qualifie d' «extrêmement dangereuse ». « Publier une liste noire ou menacer de la publier, c'est une manière d'intimidation ». déclare-t-il avant d'ajouter « C'est un procédé à usage politique, et même si l'intention était louable, l'effet c'est d'exercer une pression sur les journalistes ». M. Deloire estime que la solution pour sanctionner les anciens journalistes corrompus c'est d'entamer des poursuites judiciaires.

 

Rappelons que le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a décidé d'appeler les journalistes à observer une grève générale dans l'ensemble des établissements médiatiques, durant la journée du mercredi, 17 octobre prochain. Selon la motion générale du SNJT, cette décision a été prise après «épuisement de tous les voies de dialogue avec le gouvernement». tekiano

 

 

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La Fij «inquiète» de la situation des journalistes en Tunisie

 

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La Fédération internationale des journalistes (Fij), dont le président s’est rendu cette semaine à Tunis, s’inquiète de la situation du secteur des médias en Tunisie.

 

Le président de la Fij Jim Boumelha a indiqué que le cadre juridique régissant le secteur de la presse et les médias tunisiens «n’a pas changé jusqu’à présent», faisant part de «l’inquiétude» de la Fij quant à la situation du secteur en Tunisie.

 

«La Fij offre son appui total aux revendications des grévistes à Dar Assabah», a-t-il affirmé, à l’issue d’un déjeuner avec le chef du gouvernement provisoire Hamadi Jebali. Apparemment, les arguments développés par M. Jebali pour justifier la politique de son gouvernement dans le domaine de l’information n’ont pas convaincu son hôte.

 

M. Boumelha et une délégation de la Fij avait rendu visite, mardi, aux grévistes de la faim dans les locaux de Dar Assabah où il s’est entretenu avec les journalistes qui protestent contre la nomination, directement par le gouvernement, d’un directeur général au parcours très ambigu : ancien commissaire de police qui a été condamné à la prison à la suite d’une affaire de corruption, devenu propagandiste de l’ancien régime avant de louer ses services, très opportunément, au lendemain de la révolution, au parti islamiste Ennahdha, au pouvoir. kapitalis

 

 

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Mouvement de protestation des journalistes de la radio nationale

Des journalistes de la radio nationale tunisienne ont observé, jeudi matin, devant le siège de l’établissement, un mouvement de protestation pour dénoncer les pratiques qu’ils ont qualifiées d’ »abusives et autoritaires » des directions générales des radios publiques. 

 

Le mouvement a été marqué par la présence de plusieurs constituants, des représentants de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH) et des membres de l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication (INRIC) qui s’était auto-dissoute le 4 juillet dernier, a constaté un journaliste de l’agence TAP.

 

Prenant part à ce mouvement, Boutheina Gouiaa, journaliste à la radio nationale, dont l’émission « Bayna Al-Ichâa wal Khabar » (Entre rumeur et information) a été suspendue depuis le 21 août dernier, a déclaré à la TAP que le principal slogan du mouvement est «Pour une radio tunisienne indépendante» et de service public qui soit « celle de tous les tunisiens acteurs de la révolution de la dignité et de la liberté et non servant un agenda politique du parti au pouvoir ».

 

« Aujourd’hui, des pratiques politiciennes sont en train d’altérer le climat de travail au sein de l’établissement, de mettre à l’écart des figures voire « icônes » de la radio tunisienne et de s’immiscer même dans la programmation », a-t-elle justifié.

 

De son côté, le secrétaire général du parti des patriotes démocrates unifié Chokri Belaïd a condamné l’ »atteinte » à la liberté de presse. Pour lui, le gouvernement de la Troïka « use de son pouvoir pour exercer une mainmise sur les médias publics à travers des nominations de responsables qui pratiquaient la propagande sous l’ancien régime ».

 

« L’édification d’une Tunisie démocratique et pluraliste demeure tributaire, en particulier, de médias libres et indépendants, assurant pleinement leur rôle dans la réalisation des objectifs de la révolution », a-t-il estimé. L’Agence TAP a essayé de contacter le directeur de la radio nationale qui demeure injoignable. Une déclaration commune du personnel de la radio, publiée en début d’après-midi, fait état de la « dégradation de la situation professionnelle et sociale » dans l’établissement depuis la nomination de l’actuel directeur.

 

Elle dénonce notamment des pratiques de marginalisation, de pressions, de règlements de comptes et de mutations abusives ainsi qu’une mainmise sur l’établissement et l’ingérence dans la ligne éditoriale des journalistes et animateurs « remplacés par des collaborateurs externes pour servir un agenda politique précis ». Les journalistes de la radio nationale revendiquent, dans la déclaration, la séparation entre l’administration et la rédaction et l’application des décrets-lois 115 et 116. Ils exigent, également, l’annulation des décisions abusives et des concours « douteux » et indiquent qu’un autre rassemblement de protestation est prévu demain vendredi à 10h. directinfo

 

 

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Le Canard enchaîné s’est volatilisé en Tunisie!


Dans un cas plutôt singulier de « censure préventive », le numéro du 26 septembre 2012 de l’hebdomadaire satirique français Le Canard enchaîné a été discrètement - et étrangement - retiré des kiosques de journaux. 
Une illustration de Michel-Ange, vieille de 500 bonnes années, serait en cause.

Le lundi 1er octobre, les vendeurs de journaux, en Tunisie, ont eu la surprise de voir arriver des véhicules de sous-traitants de la société tunisienne de presse (SOTUPRESSE), entreprise privée détenant un quasi monopole dans la distribution de la presse étrangère en Tunisie.

Des agents sont chargés, toutes affaires cessantes, de récupérer tous les numéros du palmipède. En vente libre depuis cinq grosses journées, l’hebdomadaire n’avait pourtant suscité aucune réaction et se vendait plutôt bien.


 « Il y a un petit truc dedans et on a peur que ça nous cause des ennuis », explique une petite main à un vendeur qui comprenait mal un tel zèle.
 

 Le « petit truc » serait un court article intitulé Anus Dei accompagné d’une illustration peinte par Michel-Ange sur les voûtes de la chapelle Sixtine du Vatican. Selon le Canard, le dessin est censé représenter Dieu. On y voit également des fesses. « De quoi jeter dans les rues des cohortes de musulmans, de catholiques et de juifs en furie », ironise l’hebdomadaire satirique.
 

Prudente, la SOTUPRESSE aurait donc décidé de récupérer les quelques centaines d’exemplaires qui devaient pourtant demeurer en vente jusqu’au soir du mercredi 3 octobre, moment de l’arrivée du numéro suivant. Tant pis pour le Canard, pour les vendeurs et, surtout, pour les lecteurs étourdis qui prendraient beaucoup trop de temps avant d’acheter leur journal.
 

 Du côté du premier ministère tunisien, on insiste pour dire que le gouvernement n’est pour rien dans cette histoire. « Nous ne sommes pas au courant. Le gouvernement n’intervient pas du tout dans la distribution de la presse étrangère. Ils (la SOTUPRESSE) ont eu peur qu’il y ait certaines réactions au sujet d’un dessin de Une. Ils ont donc décidé une autocensure préventive », a fait savoir Sami Ben Kraiem, des services de communications du premier ministère.
 

 Réaction diamétralement opposée du côté de la SOTUPRESSE qui jure ses grands dieux qu’il n’y a jamais eu de censure. « Le Canard a été retiré pour des raisons uniquement techniques et commerciales. Il s’agit parfois de faire de la place pour d’autres publications. On appelle cela le ‘rappel sans fourni’, mentionne le directeur d’exploitation Karim Aouachi. Je vous garantis à 2000% qu’il n’y a pas eu de censure. D’ailleurs, si nous avions vraiment voulu le censurer, nous ne l’aurions pas mis en vente dès le début. »
 

 Invité à commenter les propos du porte-parole du premier ministère, M. Aouachi croit qu’il y eu un « malentendu ». « Il a peut-être mal compris ce qu’un de nos ouvriers lui a dit », a-t-il très sérieusement glissé.
 

 Mis au parfum par Kalima, le chroniqueur du Canard enchaîné Claude Angeli tombait…des nues. « Cette censure est absolument ridicule, a-t-il répondu. La photo peut juste susciter un sourire. Elle n’est pas humiliante. C’est une plaisanterie. »
 

 Le nouveau numéro du Canard a bel et bien été distribué ce 3 octobre. Il est vivement conseillé de l’acheter le plus rapidement possible. Après tout, on n’est jamais à l’abri d’un « malentendu ». Taieb Moalla kalima

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