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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 03:40

ADOPTION D’UNE LOI LIBERTICIDE PAR LE CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION

 

Reporters sans frontières s’insurge contre l’adoption d’une loi par le Conseil national de transition (CNT), le 2 mai 2012, visant à condamner toute” insulte au peuple libyen et à ses institutions”.

“Cette loi enfreint les dispositions constitutionnelles provisoires adoptées par le Conseil national de transition et celles du droit international auxquelles le CNT est soumis, estime l’organisation. Le fait de vouloir sanctionner, de manière pénale, en allant jusqu’à prévoir des peines privatives de liberté, un délit d’opinion constitue un danger pour la liberté d’expression et la liberté d’information, d’autant plus que les critères énoncés dans la loi sont plus que flous et imprécis, laissant une place très importante à l’arbitraire”.

Avant d’ajouter : “L’adoption de cette loi, dont les termes rappellent tristement les dispositions liberticides du régime de Kadhafi, constitue une menace pour le processus de transition démocratique en Libye, notamment pour l’ensemble des médias qui ont vu le jour depuis le début de la révolution. Aussi, nous demandons l’abrogation pure et simple de cette loi.”

Reporters sans frontières rappelle l’importance que soit réaffirmée dans la future constitution la liberté d’opinion et d’expression. L’adoption d’un code de la presse protecteur de ces libertés constitutionnelles fondamentales est également crucial.

La loi n°37 considère la diffusion de “fausses informations” ou de “propagande” “mettant en péril la sécurité de la nation, terrorisant les populations ou affaiblissant le moral des citoyens” comme une infraction pénale. Toute personne qui exprime des propos portant atteinte à la Révolution libyenne du 17 février, ou glorifiant l’ancien régime et la personne du Colonel Khadafi et de ses fils, ou encore offensant le peuple libyen, son drapeau, et l’Islam, sera également poursuivie.

Les contrevenants aux dispositions de la loi risquent à une peine d’emprisonnement ferme, dont la durée n’a pas été fixée par la loi. La perpétuité pourra être invoquée en cas de diffusion de “rumeurs ou informations”, si elles causent des dommages au pays.

Il est à noter que l’interdiction de contredire et de formuler la moindre critique à l’encontre de la Révolution du 17 février s’inspire directement de l’article 195 du code pénal libyen adopté sous le Colonel Kadhafi, condamnant tout propos portant atteinte à la Grande révolution d’Al-Fatah et à son Guide.

Crédit photo : AFP;  fr.rsf.org

 

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 Human Rights Watch veut que la Libye annule une loi brimant la libre expression

 

L'organisme Human Rights Watch (HRW) a pressé samedi le nouveau gouvernement libyen de révoquer une loi qui criminalise le fait de glorifier l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi ou de répandre de la «propagande» qui insulte ou met en danger l'État.

Cette loi adoptée la semaine dernière fait partie d'une série de lois que le Conseil national de transition (CNT), les dirigeants intérimaires de la Libye, ont présenté récemment pour gérer l'héritage du tyran. Ces lois ont été critiquées par des groupes internationaux et locaux de défense des droits de la personne parce qu'elles violent la liberté d'expression ont sont trop vagues pour être mises en pratique.

HRW, basé à New York, a critiqué la loi adoptée la semaine dernière qui criminalise la dissémination de «fausses» nouvelles ou de «propagande» qui met en danger la sécurité du pays ou terrorise le peuple. Glorifier Kadhafi et son régime est considéré comme un crime, précise la nouvelle législation.

Si les nouvelles nuisent au pays, le crime est punissable d'un emprisonnement à perpétuité.

Selon HRW, la loi ne respecte pas l'engagement de la Libye envers la défense des droits de la personne au niveau international. Elle est également vague dans sa description des crimes punissables.

Pour Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, cette loi punit les Libyens pour ce qu'ils disent, ce qui rappelle le régime totalitaire qui vient d'être renversé. Cela va restreindre la liberté d'expression, alimenter la dissension, et miner les principes sur lesquelles est basée la révolution libyenne, a-t-elle ajouté. Salwa Fawzi al-Deghali, le plus haut responsable des dossiers juridiques au sein du CNT, a refusé de commenter, affirmant qu'il n'y avait pas eu de plaintes formelles de la part des groupes de défense des droits de la personne.

La loi punit également toute personne qui «offense» la révolution libyenne, qui a débuté avec des manifestations le 17 février 2011, jusqu'à la capture et la mort de Kadhafi en octobre dernier. Dans une description brève et vague, la loi dit également punir ceux qui offensent l'Islam, le prestige de l'État ou ses institutions, et le peuple libyen ou son drapeau. Il n'y a pas de spécifications quant à ce qui constitue une offense.

Sous Kadhafi, rappelle HRW, critiquer le chef d'État ou son arrivée au pouvoir était punissable de mort. Aux yeux de Mme Whitson, la nouvelle loi est une «gifle» pour les Libyens qui se sont battus pour obtenir de meilleurs droits de la personne.

«On dirait que le CNT a effectué un boulot de "copier-coller" avec les lois de l'ère Kadhafi, a dit Mme Whitson. Les nouveaux leaders de la Libye devraient savoir que les lois restreignant ce que les gens peuvent dire peuvent mener à une nouvelle tyrannie.» HRW a demandé aux gouvernements soutenant la transition en Libye, ainsi qu'à la mission onusienne dans le pays, de condamner la loi, et tout autre tentative de restreindre la libre expression et le droit à la libre assemblée.

Une autre loi adoptée par le gouvernement intérimaire a également soulevé l'inquiétude des groupes de défense des droits de la personne. Cette loi instaure des critères pour déterminer qui peut se présenter aux prochaines élections visant à pourvoir les 200 sièges de l'Assemblée afin de former un gouvernement et préparer la rédaction d'une nouvelle constitution libyenne. Les groupes de défense des droits soutiennent que la loi établit des critères vagues pour interdire la participation électorale de ceux associés au régime Kadhafi. La loi interdit la participation des gens qui sont «connus pour avoir glorifié» l'ancien régime ou s'ils «se sont opposés» à la révolte. 
985fm

 

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Le CNT rend hommage à Nicolas Sarkozy et félicite François Hollande

 

Le Conseil national de transition (CNT) au pouvoir en Libye, a rendu hommage lundi au rôle de la France de Nicolas Sarkozy dans la révolution libyenne et a félicité en même temps le nouveau président François Hollande.

Au moment où nous louons le rôle de la France représentée en la personne de Nicolas Sarkozy, dans son soutien moral et matériel à la révolution libyenne (...), nous présentons nos chaleureuses félicitations au président élu François Hollande, a indiqué à l'AFP le porte-parole du CNT, Mohamed Harizi lisant un communiqué.

La France a été le fer de lance de l'opération menée par l'Alliance atlantique pour protéger les civils libyens de la répression de Mouammar Kadhafi qui a été tué en octobre dernier après plus de 42 ans de pouvoir.

Nicolas Sarkozy avait été par ailleurs parmi les premiers dirigeants occidentaux à dérouler en 2007 le tapis rouge au dictateur Mouammar Kadhafi qui avait fait miroiter des contrats de plusieurs milliards de dollars.

Des accusations sur un financement libyen de la campagne de M. Sarkozy en 2007, lancées en 2011 par le fils du colonel Kadhafi, Seïf Al-Islam, ont par ailleurs ressurgi au cours de sa campagne 2012.

A Bengahzi, fief de la rébellion dans l'est de la Libye, Nicolas Sarkozy est toujours présenté comme un sauveur, des avions français, les premiers à intervenir, ayant frappé en mars 2011 une colonne de chars des forces pro-Kadhafi aux portes de la ville.

Nous aurions souhaité que Sarkozy brigue un deuxième mandat. Son rôle en Libye et surtout à Benghazi ne sera jamais oublié, a indiqué Walid al-Hassar, 32 ans

Le chef de rédaction du journal Barniq basé à Benghazi, a remercié de son côté Nicolas Sarkozy pour son rôle en Libye. Mais en tant qu'Arabe et musulman je suis content de la victoire de Hollande, a-t-il dit.

De toute façon il n'y aura pas un grand changement dans les relations franco-libyennes. La France a des intérêts en Libye, a-t-il ajouté.

Sur les réseaux sociaux, les Libyens ont rendu hommage à Nicolas Sarkozy.

Je suis Libyen et je suis très triste après la victoire de Hollande. Bonne chance Sarkozy, peut-on lire sur Twitter. Ou encore: Merci Sarkozy. Nous n'oublierons jamais ce que vous avez fais pour nous. 
romandie

 

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 L’histoire ne repasse pas les plats

 

Mohamed Albichari, fils d’un ancien ministre des Affaires étrangères du colonel Kadhafi mort en 1997 dans un curieux « accident de la route », n’est pas de ces opportunistes qui ont quitté le navire quand il devint évident que le régime allait s’effondrer sous les coups de boutoir de l’Otan et des milices. Dès le début de la révolte, il a apporté, sont soutien aux insurgés de Benghazi, mais crié « danger » si l’intervention occidentale dépassait les limites de la ville. Pour lui, Mohamed al-Senoussi, réfugié à Londres, petit-fils du roi Idris 1er renversé par l’organisation des Officiers libres le 1er septembre 1969, aurait dû s’envoler immédiatement pour la Cyrénaïque pour refonder le mouvement Senoussi, « seul, parmi les tribus libyennes, à disposer d’une véritable légitimité », et à dépasser « les clivages claniques et tribaux ».

Après l’évacuation des forces loyalistes de Misrata, Mouamar Kadhafi était affaibli. La crise libyenne aurait alors pu se régler par la négociation – avec ou sans lui - et éviter une guerre civile dont personne ne peut prédire la fin. Le prince héritier est resté prudemment à Londres, probablement parce que l’Otan avait un autre agenda. L’histoire, comme on dit, ne repasse pas les plats.

 

 « Le cauchemar libyen » *, seul témoignage de l’intérieur du régime, écrit par Mohamed Albichari, n’est pas tendre pour le système Kadhafi, « assemblage hétéroclite d’institutions disparates ». Il dénonce la main mise de la famille du Guide et de son clan sur les « postes susceptibles de rapporter des sommes importantes », la création d’un Etat informel composés d’un réseau de sociétés et d’institutions administré par ses fils et parents proches. Après les « révolutions arabes » de Tunisie et d’Egypte, l’auteur redoutait une explosion incontrôlable en Libye, du fait de la complexité des rapports entre les composantes de la société. La suite des événements lui a donné raison. 

 

Où va la Libye ?

 

Selon Albichari, interviewé par Al Qarra TV (1), la décision d’en finir une fois pour toutes avec Kadhafi a été prise « en juillet » après la chute de Misrata, alors que tout le monde savait que les milices ne s’entendaient pas entre elles, qu’il n’y avait pas de « personnage central capable de gérer la situation », qu’il s’agissait d’un règlement de compte interne entre des opposants ayant résidé pendant des décennies en Occident et Kadhafi, aucune alternative crédible au pouvoir n’avait été constituée.

 Mohamed Albichari regrette que le Conseil national de transition (CNT) n’ait pas choisi la voix du dialogue avec le régime affaibli. Pour lui, « On a remplacé le mauvais par le pire ! Pourquoi susciter une guerre civile quand on peut l’éviter ? ». Mais, le CNT le pouvait-il ? Création de l’Otan, sans légitimité nationale, il était coupé des réalités des jeunes combattants thowars (révolutionnaires) ou djihadistes. Pessimiste, Albichari pense que le chaos actuel va durer longtemps parce qu’il est entretenu par « certains intérêts pétroliers, certaines milices et certains pays étrangers ». Ce ne sont pas les élections prévues en juin, si elles ont lieu, qui apaiseront les esprits : une grande partie de la population, accusée de collusion avec l’ancien régime, en sera exclue. 

 * Le cauchemar libyen, par Mohamed Albichari (Ed. Favre – Lausanne, 2011- 13 euros)

 

(1) Où va la Libye ? Débat avec Mohamed Albichari, Majed Nehmé, Hélène Bravin (28/2/12)

 http://www.alqarra.tv/2012/en-quesn/ou-va-la-libye/ ; 

 

par Gilles Munier; mondialisation

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Libye : l'après Kadhafi
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