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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 06:58

Sidi Bouzid

“Toute une révolution pour rien” scandent les manifestants


 

 

La colère gronde de nouveau à Sidi Bouzid,  épicentre  de la contestation qui avait chassé Ben Ali après 23 ans de règne sans partage.  Fiers d’être les instigateurs de la révolution, les habitants de cette région déshéritée du centre-ouest  se montrent de plus en plus déçus par la tournure de « leur révolution ».

  

Rassemblés,  hier,  à la Place du martyr en plein centre-ville, à l’appel de syndicats et d’organisations de la société civile,  plusieurs centaines  de «Bouzidiens»  ont dénoncé hier la « marginalisation » de leur  région  et « les promesses non tenues du gouvernement» en matière d’emploi, de développement régional et de justice sociale. «  Près de quinze mois après la chute de Ben Ali,  la situation des habitants  reste très précaire. Nous ne ressentons aucun changement  et nous avons décidé de ne plus nous taire », précise Slimane Rouissi,  syndicaliste et l’un des initiateurs  du rassemblement de protestation qui s’est très vite transformée en une marche pacifiste.

 

Avec plusieurs dizaines de  demandeurs d’emploi, dont près de 10.000 diplômés de l’enseignement supérieur,  Sidi Bouzid  détient  le triste record national du chômage. 

La région connaît   de façon intermittente depuis la chute de l’ancien régime  des grèves perlées, des débrayages sauvages et des manifestations bruyantes. La tension est montée d’un cran suite à  la visite effectuée le 26 mars par  ministre de la Santé publique, Abdellatif  Mekki  à l’hôpital régional de Sidi Bouzid.  Au cours de cette visite, le ministre n’a pas rassuré la population qui lui avait  demandé d’exposer la liste des projets que le gouvernement compte lancer dans la région.

 

Mardi dernier,  un groupe de jeunes chômeurs de Sidi Bouzid a entamé mardi une marche à pied en direction de Tunis pour appeler le gouvernement à tenir ses promesses en matière d’emploi. Les participants à cette marche qui étaient une dizaine au départ se comptent   désormais par centaines. Ils devraient arriver à Tunis le 9 avril,  une date symbolique  qui coïncide avec la fête des martyrs. letemps

 

 

 

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"La Marche des Libres" avance sur Tunis


 

Un groupe de citoyens de la région de Sidi Bouzid viennent d’entamer une marche à pied vers la capitale Tunis. Notre confrère nawaat.org  a voulu les rencontrer car cela rappelle les débuts de la Révolution tunisienne et sa Kasbah 1 et 2 où des milliers de Tunisiens sont venus des entrailles de la Tunisie pour faire tomber le premier gouvernement Mohamed Ghannouchi . Ces marcheurs reprochent aux gouvernements successifs la lenteur des réformes nécessaires pour résoudre les problèmes du chômage et du développement régional . Ils dénoncent la marginalisation . Ces jeunes se sont appelés sur Facebook et ont reçu l'appui des citoyens.
 

Arrivé vers 20h à Kairouan nawaat est rentrée en contact avec Nader Hamrouni qui fait partie de “la Marche des Libres”, appellation donnée à cette initiative. Il a dit que ses compagnons étaient fatigués, qu’ils aimeraient bien manger et se reposer et qu’après on pourrait bien faire une interview avec eux.

 

Vers 23h, nawaat a rappelé Nader et  ils ont fini par voir ces hommes de Sidi Bouzid. Ils n’ont pas voulu les déranger préférant les laisser se reposer, cependant ils ont pris des photos et l’interview que voici dans laquelle Ramzi, l’un des jeunes de cette marche explique cette action, leurs revendications et pourquoi ont-ils choisi de marcher à pied de Sidi Bouzid à Tunis, soit 265 km.

 

On apprend ce matin ,à travers la radio Shems FM ,que le comité de protection de la révolution « 17 décembre » et le front du 17 décembre des forces progressistes ont organisé ce jeudi 5 avril une « journée de la colère » à Sidi Bouzid pour protester contre l’absence de réponse aux revendications pour l’emploi et le développement régional.

 

D’après un des participants, le gouverneur, de par son appartenance au Mouvement islamiste Ennahdha ( au pouvoir ), est accusé de ne pas être neutre, et est donc persona non grata. Des réunions se poursuivront entre les coordinateurs du mouvement de protestation, qui n’écartent pas l’éventualité de décréter une grève générale dans la région de Sidi Bouzid, voire la désobéissance civile si leurs demandes ne sont pas concrétisées.  tunisiefocus

 

 

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 L’UNESCO soutient la radio "Sawt al Manajem" à Gafsa

 

Située dans un appartement à l’éclairage hasardeux d’un immeuble inachevé, la radio la Voix des mines de Gafsa représente une expérience inédite en Tunisie. C’est en effet l’une des rares radios communautaire du pays, le type de médias qui a encore du mal à émerger entre les médias publics et privés.


La radio la Voix des mines de Gafsa (Sawt al Manajem en arabe) a débuté sur internet en février 2011 avec un groupe d’une demi-douzaine de journalistes citoyens, soit quelques semaines après la révolution qui a fait chuter l’ancien régime du Président Ben Ali. Mais elle est aujourd’hui en train de prendre un nouvel essor avec le soutien de l’UNESCO et de l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), qui ont mis en œuvre une formation de cinq jours au sein de la radio. Les jeunes journalistes qui ont suivi cette formation ont appris les techniques de reportage et d’interview, la production de contenu sensible au genre, la gestion de la radio et la déontologie journalistique. Cette initiative a eu lieu dans le cadre de la participation de l’UNESCO à la conférence « Médias communautaires et le printemps arabe », organisée par  l’AMARC du 9 au 10 mars 2012 à Tunis et du 16 au 18 mars à Gafsa.

Il est difficile de dissocier la radio des mines de Gafsa de l’un de ces co-fondateurs, Fahem Boukkadous, journaliste d’une quarantaine d’années, qui a passé, sous l’ancien régime, plus de deux ans en prison et cinq en clandestinité pour son activisme en faveur de la liberté de la presse. « Notre ambition est de diffuser une information libre pour tous les habitants de la région de Gafsa. Notre ligne éditoriale consiste à parler des personnes marginalisées et des jeunes, de défendre les causes que nous estimons légitimes, comme la condition des femmes, la question des diplômés chômeurs, les personnes malades et les exclus de la société », déclare-t-il.

Une quinzaine de journalistes citoyens et de techniciens, pour la plupart bénévoles, travaillent à la Voix des mines. Ils produisent des émissions axées sur les jeunes, les problèmes de société et de développement dans la région de Gafsa. La radio se veut surtout un média de proximité qui permet aux habitants de la région, et en particulier aux jeunes, d’exprimer librement leurs préoccupations, leurs revendications et leurs rêves. Des bulletins d’informations quotidiens sont envisagés d’être mis en œuvre prochainement.

La radio s’appuie sur l’expérience et l’esprit des mouvements sociaux et syndicaux qui avaient agité le bassin minier de Gafsa en 2008, marqués par des manifestations contre le chômage, la corruption et la vie chère. D’une certaine manière, la contestation et la féroce répression qui a suivi ont forgé l’âme d’un groupe de journalistes citoyens et de militants associatifs. « A cette époque », raconte Fahem, « les gens ne pouvaient pas obtenir des informations de qualité sur la situation. Un groupe de journalistes a réussi à couvrir les évènements du bassin minier pour un site web alternatif et une télévision indépendante tunisienne. Nous avions la volonté de libérer la communication, mais cela n’a pas été possible à cause du contexte policier ». Inculpé avec d’autres leaders du mouvement par le régime, Fahem Boukadous, après 16 mois passés dans la clandestinité, est finalement condamné à quatre ans de prison en 2010. Il est libéré le 19 janvier 2011, soit cinq jours après la chute du régime de Ben Ali.

En évoquant son parcours dans la clandestinité puis en prison, Fahem reste philosophe : « Le plus dur au temps de Ben Ali », dit-il, « ce n’était pas la prison, j’y étais habitué, mais c’était quand on est sorti et qu’on n’avait pas de possibilité de travailler. Avec ma femme, qui a passé deux ans en prison, nous avons dû ouvrir une petite épicerie pour survivre. Elle est pourtant enseignante de formation. Mais le régime a interdit à son école de la faire travailler. »

Diffusant depuis plusieurs mois sur internet (son groupe Facebook réunit plus de 16 000 fans), la radio la Voix des mines a commencé en mars 2O12 la diffusion expérimentale de ses programmes en FM, en attendant l’arrivée du matériel de production. Une bonne partie des équipements a été achetée en Italie par un membre de la radio qui a fait un emprunt à la banque.

La journaliste Siwar Ameidia est la présidente de l’association La voix des autres, qui gère la radio. « Pour l’instant, nous produisons des programmes enregistrés. On fait des tests avec de différents éléments sonores et des émissions. Mais nous avons besoin d’autres formations et de stages pour les animateurs et les journalistes ». Une opinion partagée par Fahem Boukkadous : « Sans formation on ne peut pas atteindre le professionnalisme que nous souhaitons, et beaucoup d’entre nous ont besoin d’apprendre les bases du métier. Une autre chose qui est aussi extrêmement importante pour nous, c’est la déontologie. »

Selon Siwar Ameidia, l’impact de la Voix des mines doit être envisagé dans le contexte de la région. « Les zones minières de Gafsa souffrent de nombreux problèmes liés au développement, au chômage,  à l’environnement et à la pauvreté. Plus de la moitié des gens ici ont une vie misérable ». A son avis, une radio communautaire apporte une autre perspective aux auditeurs. « La Voix des mines possède un réel avantage par rapport aux autres médias. Avant le 14 janvier 2011 les médias n’essayaient pas de prendre en compte ou de résoudre les problèmes de la population. Ils étaient absents même pendant la révolution. Aujourd’hui les gens leur demandent ‘Où étiez-vous avant ?’. Il y a un vrai problème de confiance. La Voix des mines possède, en revanche, un grand avantage, la confiance des gens ». 
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