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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 20:48

Béji Caïd Essebsi appelle à l’accalmie

Le leader du parti Nidaa Tounes Béji Caïd Essebsi est revenu sur les évènements de Siliana pour affirmer que la région vit un état de tension extrême et que le gouvernement devrait assumer ses responsabilités. « Ces tensions ne peuvent perdurer!» a-t-il ajouté.


M. Caïd Essebsi a admis que «Certes, l’Etat ne dispose pas de bâton magique pour satisfaire tout le monde et répondre aux attentes, mais il y a des priorités et des urgences dont il faut s’occuper de suite, au lieu de se concentrer sur l’exclusion et les enjeux restreints des partis, et au lieu d’œuvrer à avoir mainmise sur les institutions de l’Etat».

Le leader de Nidaa Tounes a également ajouté que les autorités ont réagi aux manifestations avec une répression extrême, avec l’usage des tirs de chevrotine entrainant «des blessures graves sans précédent depuis l’indépendance». Il a affirmé que le chef du gouvernement devrait se déplacer sur les lieux afin de calmer les tensions. «Les citoyens de leur côté, devraient protéger les institutions publiques, et ne pas les détruire » a-t-il ajouté.

Par ailleurs, M. Caïd Essebsi a appelé la société civile ainsi que l’UGTT à intervenir pour l’instauration d’un dialogue. Il a conclu par dire : «La situation doit être gérée avec sagesse et calme, sinon, on risque de perdre tout contrôle!».  http://www.businessnews.com

D.M

 
 

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Le Premier ministre tunisien promet d’enquêter sur l’usage de la force contre les manifestants à Siliana

 Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a promis jeudi une enquête sur le recours à la force par la police contre les manifestants à Siliana depuis trois jours, et a aussi vivement condamné les violences commises par la foule qui menacent la démocratie.

Nous allons enquêter sur un éventuel usage excessif de la force et sur l'origine des violences dans cette région située à l'ouest de Tunis, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, notre devoir est de demander des comptes à ceux qui sont responsables de cette catastrophe.

Le Premier ministre a regretté le grand nombre de blessé, notamment par l'usage de tirs de chevrotine de petit calibre.

S'adressant aux manifestants de Siliana, il a souligné que le développement économique qu'ils réclament ne peut pas être réalisé dans le chaos, ajoutant qu'aucun responsable politique ne sera limogé sous la pression de la violence, alors que les manifestants réclament le départ du gouverneur.

Nos efforts sont peut être insuffisants en matière de développement mais le développement ne peut pas se faire dans le chaos, a-t-il dit, précisant qu'une enveloppe de 14 millions d'euros d'aides a été bloquée en raison des troubles qui ont fait près de 300 blessés depuis mardi.

Le peuple est le seul habilité à dire +dégage+ (au gouvernement) mais par la voie des urnes, a encore dit M. Jebali, nous n'accepterons pas un processus de destruction de la démocratie, a-t-il martelé.

Le chef du gouvernement, issu du parti islamiste Ennahda, a cependant promis de déterminer toutes les responsabilités dans cette situation, y compris celles du gouverneur.

Nous sommes déterminées à ne pas voir le sang versé, a-t-il ajouté, indiquant que son gouvernement allait initier un dialogue pour résoudre les problèmes de la région.

Les manifestants dans la région de Siliana, à l'appel de la centrale syndicale historique UGTT, réclament le départ du gouverneur régional, un programme de développement économique pour cette région très pauvre, la libération de manifestants arrêtés en avril 2011 et la fin de la répression des manifestations.

Les revendications des manifestants ne sont pas sans rappeler celles de la révolution de janvier 2011, la misère, le chômage et la dénonciation de l'arbitraire de la police ayant été à l'époque au coeur du soulèvement.

Une manifestation de soutien aux habitants de Siliana a par ailleurs eu lieu jeudi soir devant le ministère de l'Intérieur au centre de Tunis. Quelque 200 personnes y scandaient des slogans hostiles au gouvernement. http://www.maghrebemergent

 

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Siliana : Hamadi Jebali fustige les tenants de "l’anarchie créatrice"

 

Le chef du gouvernement, Hamadi Jebali, est revenu longuement lors d’une conférence de presse tenue ce jeuid soir, au Palais du gouvernement de la Kasbah sur les événements de Siliana. Il a fustigé avec fermeté les tenants de l’anarchie, et s’est défendu de toute volonté d’escalade, prônant le dialogue et le consensus. 

Hamadi Jebali a reconnu en préambule que la situation socio-économique du pays est difficile. "Toutes les régions souffrent de dénuement, d’injustices, de chômage, de manque d’infrastructure, et de carence en matière de développement, mais dire que l’on peut inverser cette équation en dix mois, n’est pas réaliste. Nous devons travailler pour cela, et la volonté existe".

"Ceux qui conduisent les événements de Siliana perçoivent cela comme un début de révolution contre l’autorité", a-t-il dit, en s'interrogeant : "Cette autorité est-elle dictatoriale, non-démocratique, non-populaire ?". "Ce gouvernement est populaire, et est issu d’élections démocratiques, de l’aveu du monde entier. Il ne s’agit pas d’un peuple contre le gouvernement ou contre l’autorité, nous sommes issus du peuple d’une manière légitime", a-t-il martelé.

Il est revenu sur les raisons de la dégénérescence de la situation dans ce gouvernorat du centre de la Tunisie, soit une dispute entre deux fonctionnaires au gouvernorat, où il y a eu usage de la violence. "Après quelques heures, il y a eu appel à une grève générale adoptée par l’UGTT et qui a paralysé toute la vie à Siliana. L’autorité n’est pas intervenue, il n’y avait pas une grande présence policière à Siliana", a-t-il relevé, en continuant à relater les faits : "Quelques milliers de manifestants se sont rassemblés devant le gouvernorat, qui a été la cible d’attaques par des jets de pierres, des cocktails Molotov et de saccage. Des renforts policiers ont été déployés, et le premier jour a fait plusieurs blessés parmi les agents de sécurité et les assaillants. Deuxième jour : même scénario, avec escalade", a-t-il souligné en substance.

"Je ne vais défendre l’usage des chevrotines (munitions non létales)", a-t-il dit, mais "lorsque la police est attaquée par les jets de pierres, par les cocktails Molotov, lorsqu'on menace la vie de la police, ou des citoyens, la police s’auto-défend et défend les lieux de souveraineté", a-t-il souligné en guise d’explication de l’usage de ce type de munitions, ajoutant que même si la loi le permet, on évite de recourir aux tirs à  balles réelles, car on ne veut pas qu’une goutte de sang coule. "Dans ce moment difficile où la police est attaquée, on se trouve confronté à un dilemme : ou bien on livre les policiers à leur destin, ou bien ils se défendent et défendent l’intérêt du peuple. Reste à déterminer si l’usage de ce type de munitions était sage et judicieux. Qui est l’agresseur, et l’assaillant, et qui est le défenseur ? Qui a commencé l’agression ?" S’est-il interrogé, ajoutant que "cette marche a été accompagnée d’un appel clair à la violence et à la chute du gouvernement"

Hamadi Jebali a appelé toutes parties : partis politiques, UGTT, organisations, et médias à afficher une position claire envers la violence, et à assumer leur responsabilité. "Pourquoi faire usage de la violence, s’il y a des cadres pour l’action pacifiste", s’est-il interrogé. La question principale est de savoir "est-ce qu’on va renoncer à la violence, se plier à la loi, au verdict des urnes, et à la volonté du peuple ?" S’est-il demandé en récusant  "la violence révolutionnaire, la violence du fait accompli, la violence au nom de  révolution prolétaire ou salafiste". "Une excuse à la violence aurait été trouvée, si on interdit la pratique démocratique, si les portes de la liberté sont fermées, mais ce n’est pas le cas", dit-il, ajoutant qu’"on ne peut se débarrasser de ce gouvernement, que si le peuple le veut, par les moyens démocratiques". 

Hamadi Jebali a fait une analogie entre l’attaque contre l’ambassade des Etats-Unis, et ce qui s’est passé à Siliana. "Ceux qui nous ont reproché de ne pas avoir assuré la défense de l’ambassade, ne vont-ils pas nous reprocher le fait de ne pas protéger le gouvernorat ?"
Il a mis dos à dos les extrêmes des deux bords (droite et gauche), "ceux qui rejettent la construction démocratique, et qui théorisent sur l’anarchie." Il a évoqué des partis, et des fronts, sans les nommer explicitement, renvoyant vers les déclarations de la veille de Ali Laârayedh, qui a accusé nommément Chokri Belaïd. "Il y a des partis qui disent appartenir de la base au sommet à l’UGTT, qui utilisent les sièges de l’UGTT et  qui se dissimulent derrière l’UGTT, or, le courage impose de dire clairement que l’on dirige des marches, chose naturelle en démocratie".

Les événements ont été préjudiciables pour le gouvernorat de Siliana, "un projet de 28 milliards qui a été programmé pour cette semaine a été reporté, c’est un grand préjudice subi à notre réputation, nos potentialités d’emploi et d’investissements. C’est notre révolution, notre peuple, et la population de Siliana qui sont hélas les perdants dans cette affaire", a-t-il déploré.

Il a encore indiqué que des actes de saccages, de pillage, et d’incendies de postes de police, et d’autres institutions ont été enregistrés dans plusieurs délégations de Siliana, sans qu’il n’y ait eu usage de chevrotines.

Evoquant le gouverneur, Hamadi Jebali a récusé qu’il s’agisse de son neveu, fustigeant un niveau très bas (NDLR : des rumeurs). "J’en ai connu le nom que lors de la conférence des gouverneurs". A ses yeux, "ceux qui brandissent le terme dégage devant le gouverneur, vise le symbole de la légitimité et le gouvernement. Seul notre peuple nous dit dégages lors des élections, c’est le seul verdict auquel on se plie, mais un parti ou un front n’ont pas le droit de nous asséner dégage". Et de poursuivre : "Je ne défends pas le gouverneur, mais je défends les symboles de la révolution, les valeurs pour lesquelles on s’est sacrifié.(...) Si aujourd’hui, on cède sur le gouverneur de Siliana, demain il y aura le gouverneur de Kairouan, puis Sfax", etc.

"On n’accepte pas les menaces, on n’accepte pas qu’on détruise ce qu’on a commencé à construire ensemble", a martelé Hamadi Jebali,  plaidant pour le dialogue en vue de régler les problèmes. "On est prêt au dialogue, au même titre qu'à l’application de la loi, il n’y a pas de démocratie sans application de la loi. On luttera obstinément contre les moyens de despotisme, et de terrorisme, dit-il en allusion à ceux qui terrorisent le peuple d’une manière illégitime". Hamadi Jebali a annoncé la création d’une commission indépendante pour enquêter sur ces événements selon une approche globale, notamment l’usage de de violence et de la force des deux côtés. "Notre devoir est de juger tous ceux qui sont responsables de ces événements, a-t-il dit s’interrogeant sur celui qui va payer la facture morale et matérielle de tous ces dégâts. 

Sur l’usage des chevrotines, Samir Dilou, ministre des droits de l’Homme et de la justice transitionnelle, a indiqué en substance que "toute atteinte corporelle à un citoyen ou un agent de police nous fait mal, reste à savoir si ceux qui se défendaient (NDLR : les agents de l’ordre) avaient seulement le choix entre utiliser ces munitions non létales ou attenter à la vie des citoyens, c’est ce que l’enquête va démontrer".  

Au sujet de la révocation du gouverneur, Hamadi Jebali dit qu’il n’y a pas de tabou, "lorsqu’on évalue son action d’une manière objective, s’il y a un quelconque manquement, il sera démis. Mais on ne le fait pas sous la menace", a-t-il dit, fustigeant "la stratégie de ces fronts et partis qui veulent détruire les instruments de la démocratie". 

Le chef du gouvernement a évoqué son entretien avec Houcine Abassi, SG de l’UGTT, indiquant que ce dernier a prôné l’apaisement, le dialogue et la recherche de solutions pacifiques. Interrogé si les responsables désignés de ces événements seront traduits en justice, il a entretenu le flou en indiquant que "la loi est au dessus de tout, il y va de la pérennité de l’Etat démocratique". Il a par ailleurs annoncé que la police sera retirée de Siliana, sitôt le calme revenu. http://www.gnet.tn

 


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