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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 05:37

Signes de division dans l'opposition, Ghalioun prêt à démissionner

 

Syrie: signes de division dans l'opposition, Ghalioun prêt à démissionner

 

Des divisions sont apparues au sein du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition, son chef Burhan Ghalioun se disant prêt jeudi à démissionner dès qu'un successeur aura été nommé, à la suite de critiques liées à sa réélection.

 

Sur le terrain, l'armée syrienne a concentré ses bombardements sur la ville de Rastane (centre), un important bastion des forces rebelles, qualifiées la veille par le président Bachar al-Assad de "bande de criminels".

Et cinq membres d'une même famille, dont deux enfants, sont morts lorsqu'un obus de mortier s'est abattu sur leur maison à Douma, près de Damas, selon des militants cités par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).


Reconduit mardi à la tête du CNS, M. Ghalioun a assuré jeudi qu'il n'accepterait "pas d'être le candidat de la division". "Je me retirerai dès que le choix se portera sur un nouveau candidat, soit par consensus soit à travers de nouvelles élections".


Quelques heures plus tôt les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain, avaient menacé de se retirer du CNS, dénonçant un "monopole" du pouvoir au sein de cette instance.

Les détracteurs du CNS lui reprochent essentiellement la grande influence des Frères musulmans en son sein et son manque de coordination avec les militants sur le terrain.


Partisan d'une gauche nationaliste arabe, adoubé par la confrérie, M. Ghalioun avait émergé comme la personnalité capable de rassembler au sein d'un conseil composé de multiples tendances (islamistes, nationalistes, libéraux).


Bien que contesté, il a été reconduit à plusieurs reprises faute de consensus en faveur d'un autre opposant, bien que le règlement du CNS impose une présidence tournante tous les trois mois.


Face à cette opposition divisée, le régime tient bon malgré plus de 14 mois de révolte, fort du soutien de la Russie, dont le Premier ministre Dmitri Medvedev a mis en garde les Occidentaux contre des interventions militaires "hâtives" qui peuvent amener des extrémistes au pouvoir, des conflits régionaux voire une guerre nucléaire.


Dans le centre du pays, les forces gouvernementales ont violemment bombardé Rastane jeudi à l'aube, au rythme de "trois obus par minute", selon l'OSDH, qui a accusé le régime de chercher à "détruire graduellement" ce bastion rebelle.


Encerclée par l'armée, Rastane échappe depuis plusieurs mois au contrôle des troupes gouvernementales qui ont tenté à plusieurs reprises, en vain, de la reprendre. Le 14 mai, 23 soldats avaient été tués lors d'une tentative d'assaut.


Selon des militants, elle abrite un grand nombre de hauts gradés rebelles, qui la défendent farouchement.

Dans le sud du pays, les troupes gouvernementales se sont déployées à Deraa pour tenter "de mettre fin à la grève générale", et des tirs nourris ont été entendus, selon l'OSDH.

 

A Alep (nord), des milliers d'étudiants ont manifesté sur le campus pour réclamer la chute du régime, à l'occasion de la visite d'une délégation des observateurs de l'ONU chargés de surveiller l'application d'un cessez-le-feu largement ignoré depuis un mois, selon des militants.

 

Des vidéos diffusées par les militants montrent un grand nombre d'étudiants insultant M. Assad ou entourant un véhicule marqué du logo de l'ONU en scandant "Le peuple veut la chute du régime".

 

"Des milliers d'étudiants de plusieurs départements ont quitté les cours quand les observateurs de l'ONU sont arrivés et ont scandé des slogans hostiles au régime" et réclamé des armes pour la rébellion, a relaté un porte-parole des militants locaux, Mohammed Halabi, joint par téléphone.

 

Mercredi, M. Assad a affirmé à une chaîne de télévision russe que les législatives du 7 mai, boycottées par l'opposition, avaient montré que les Syriens soutenaient son régime face aux "terroristes". Il a aussi accusé l'opposition de recevoir "des armes et de l'argent" de l'étranger.

 

Le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, qui s'est dit favorables à de telles livraisons d'armes, a appelé jeudi la Syrie à mettre fin au "bain de sang".

 

En 14 mois, plus de 12.000 personnes ont été tuées en Syrie, en majorité des civils, selon l'OSDH. Des dizaines de milliers de Syriens se sont en outre réfugiés dans les pays voisins.

 

Les violences ont fait tache d'huile au Liban où des affrontements entre Libanais pro et anti-Assad ont lieu quasi quotidiennement depuis samedi dans la grande ville du nord, Tripoli, faisant au total 10 morts.

 

Jeudi, une personne a été tuée et sept autres blessées dans les combats entre habitants du quartier de Bab al-Tebbaneh, majoritairement sunnite et hostile au régime syrien, et le quartier voisin de Jabal Mohsen, à majorité alaouite pro-régime, selon un responsable des services de sécurité à l'AFP.  lexpress

 

 

 

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Le président syrien Bachar el-Assad a affirmé hier dans un entretien à une chaîne de télévision russe que les législatives du 7 mai, marquées par un boycott de l’opposition et une participation de 51,26 %, avaient montré que les Syriens soutenaient son régime face à l’opposition et aux « terroristes » qui menacent de semer le « chaos » dans la région entière.
 

« Les résultats (des élections) montrent que le peuple syrien soutient toujours la voie des réformes que nous avons annoncées il y a un an, et que la majorité soutient le pouvoir en place », a déclaré M. Assad dans cet entretien, selon la traduction en russe de la chaîne Rossia 24. « Les élections reflètent la volonté du peuple, c’est un message fort pour tous, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays », a-t-il ajouté. « Appeler à boycotter les élections, c’est la même chose que d’appeler à boycotter le peuple, ce qui fait que je ne pense pas qu’ils (les opposants) aient un quelconque poids ou une signification à l’intérieur de la Syrie », a encore dit M. Assad. « Ce n’est pas une armée, et elle n’est pas libre : ils reçoivent des armes et de l’argent de l’étranger, de différents pays, c’est une bande de criminels », a-t-il martelé, affirmant que des mercenaires étrangers avaient été capturés.



La pique à Hollande

 
Quant aux pays occidentaux, « ils ne font que parler de violence de la part du gouvernement, jamais un mot sur les terroristes », a affirmé M. Assad. « M. Annan va venir ce mois-ci en Syrie et je vais lui demander des explications », a-t-il déclaré, évoquant le médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, à l’origine d’un plan de sortie de crise comprenant notamment l’envoi d’observateurs internationaux et un cessez-le-feu, qui a été continuellement ignoré depuis sa proclamation en avril. Il s’en est notamment pris au rôle de la France, disant espérer une inflexion avec le départ de Nicolas Sarkozy et l’élection du socialiste François Hollande. « J’espère que le nouveau président va penser aux intérêts de la France, je suis sûr qu’ils ne consistent pas à continuer de semer le chaos au Proche-Orient et dans l’ensemble du monde arabe », a-t-il dit. Il a affirmé notamment que Paris, qui avait été en pointe dans l’intervention qui a mené à la chute du régime de Mouammar Kadhafi et a fait preuve d’intransigeance face à Damas, était « responsable de la mort de centaines de milliers de Libyens ».

« Le chaos en cours, le terrorisme, tout cela va avoir des répercussions sur l’Europe » dont les Syriens sont « les voisins », a-t-il ajouté. Le président syrien a par contre loué le rôle de la Chine et de la Russie, son principal allié sur la scène internationale. « Ce n’est pas moi qu’elles soutiennent, elles ne soutiennent pas le prétendu régime (...), elles soutiennent la stabilité de la région et comprennent le rôle géopolitique de la Syrie », a-t-il affirmé.
Parallèlement à cet entretien, M. Assad a promulgué un décret comportant les noms des nouveaux membres de l’Assemblée du peuple issue des législatives. Et, en réponse à ses propos, un membre des comités locaux de coordination, Omar Idleby, a estimé que les déclarations de M. Assad concernant les « bandes terroristes » étaient exactes, accusant toutefois le régime d’être le chef d’orchestre de ces bandes. « L’opposition n’a aucun intérêt à attaquer les observateurs de l’ONU, puisque nous en avons exigé la présence dès le premier jour de la révolte », a précisé M. Idleby. Il a accusé le régime de viser sciemment les observateurs pour faire échouer le plan Annan.

L’assassinat de cheikh Zakrit 
 

Sur le terrain, les troupes syriennes ont encore mené hier des opérations meurtrières dans plusieurs régions du pays, notamment dans les provinces de Deraa et d’Idleb, ainsi qu’à Homs. Au moins 27 personnes ont été tuées, dont 15 civils « sommairement exécutés » dans la nuit de mardi à mercredi par les forces du régime lors de l’assaut du quartier Chammas à Homs, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), dénonçant « un nouveau massacre ». Parmi ces victimes, un imam sunnite, cheikh Merai Zakrit, qui, selon l’OSDH, « était aimé de tous, des sunnites et des alaouites, et même des chrétiens » et « appelait à l’unité nationale ».
À Khan Cheikhoune, dans la région d’Idleb, un convoi d’observateurs de l’ONU a été visé mardi par une attaque alors qu’ils étaient à proximité de funérailles, elles-mêmes visées par un raid des forces gouvernementales qui a fait 20 morts selon l’OSDH. Les six observateurs, restés bloqués dans la ville pendant la nuit, ont regagné hier leur base à Hama, a indiqué l’ONU. Il s’agit du deuxième incident grave impliquant des observateurs de l’ONU chargés de surveiller l’application de la trêve négociée par M. Annan. En outre, selon l’agence SANA, 250 personnes arrêtées pour des faits liés à la révolte en cours ont été libérées hier.

Le « temps » pour Téhéran
 

À l’étranger, Téhéran, principal allié régional de Damas, a estimé qu’il fallait « donner du temps » au régime syrien pour appliquer le plan de M. Annan. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a affirmé que les « autres pays, en particulier ceux de la région, doivent aider pour faire aboutir le plan Annan, car, dans le cas contraire, la région connaîtra des problèmes sérieux » en cas de vide politique à Damas. Les médias iraniens ont en outre annoncé que deux « ingénieurs » iraniens enlevés en Syrie ont été libérés grâce à la médiation de la Turquie. De son côté, Paris a condamné « avec la plus grande vigueur les nouveaux assassinats perpétrés par les forces du régime syrien contre leur propre peuple » et appelé « fermement » Damas à faciliter la distribution de l’aide humanitaire internationale. Le Comité contre la torture de l’ONU s’est, lui, inquiété d’informations « faisant état de torture systématique » en Syrie : exécutions sommaires, arrestations systématiques de blessés dans les hôpitaux, irruption des forces de sécurité dans des foyers de civils dont elles ont battu ou tué des membres, femmes et enfants inclus, torture de détenus... Pour sa part, l’armée allemande est prête à envoyer jusqu’à 10 soldats en Syrie dans le cadre de la mission des observateurs de l’ONU, a indiqué le ministère de la Défense à Berlin. Un officier d’état-major allemand devrait se rendre très prochainement sur place, a ajouté un porte-parole du ministère.
 

Enfin, dans un projet de rapport, une commission d’experts de l’ONU estime que la Syrie demeure le principal pays destinataire des livraisons d’armes en provenance d’Iran, en violation d’un embargo décrété par le Conseil de sécurité des Nations unies sur les exportations d’armes iraniennes.  lorientlejour

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
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