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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 04:21

Le cessez-le-feu fragilisé par des violences

 

 

«Globalement respecté.» Voilà le constat de l'émissaire de l'Onu pour la première journée de cessez-le-feu en Syrie. Mais la situation est très fragile et pourrait basculer, en particulier aujourd'hui, avec la tenue de manifestations.

  

Quelques heures après son entrée en vigueur, le cessez-le-feu en Syrie semblait «être globalement respecté», hier, selon Kofi Annan. Vigilant, le médiateur de l'Onu et de la Ligue arabe dans ce pays a demandé au Conseil de sécurité d'exiger un retour de l'armée syrienne dans ses casernes pour le conforter. Des violences ont néanmoins entaché ces premières heures de cessez-le-feu. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), huit personnes ont été, en effet, tuées et des dizaines de personnes ont été également blessées dans l'explosion d'une bombe. Ce bilan meurtrier marque, cependant, une nette rupture avec la dernière semaine, au cours de laquelle plusieurs dizaines de morts étaient recensées chaque jour. 


Envoi «rapide» d'observateurs 

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a indiqué travailler «avec le Conseil de sécurité dans le but d'envoyer une équipe d'observateurs le plus rapidement possible». Leur venue est attendue afin «d'initier un dialogue politique sérieux», selon Kofi Annan. Mais le fossé entre régime et opposition rend tout échange réel très improbable. 

Rappel des réfugiés 

Après l'annonce de l'arrêt des opérations militaires, le ministère syrien de l'Intérieur a, lui, appelé au retour des dizaines de milliers de Syriens qui se sont réfugiés dans les pays voisins, en Jordanie, Turquie et Liban, et a promis une amnistie pour les hommes armés n'ayant pas de «sang sur les mains». 

Des manifestations très attendues aujourd'hui 

Les opposants ont, quant à eux, lancé des appels à manifester, aujourd'hui, sous le slogan «la révolution pour tous les Syriens». Ces manifestations -défendues par Kofi Annan - sont très attendues. Pour un militant des Comités locaux de coordination qui animent la contestation sur le terrain, elles sont même «un vrai test pour voir si les forces du régime vont tirer sur la foule». Le ministère de l'Intérieur, tout en reconnaissant que «manifester pacifiquement est un droit», a rappelé, hier, que les Syriens souhaitant manifester devaient obtenir au préalable une autorisation. letelegramme

 

 

 

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Le cessez le feu tient à un fil, l’opposition appelle à manifester

 

Un bâtiment à Homs endommagé par les bombardements de l'armée syrienne, selon l'opposition. Photo

 

Des milliers de Syriens ont manifesté jeudi, selon des militants, après que le chef du Conseil national syrien (CNS), principale composante de l'opposition, a appelé à des défilés le jour de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu censé mettre fin à plus d'un an de violences.

De leur côté, des militants pro-démocratie ont appelé à manifester à nouveau vendredi, journée hebdomadaire de mobilisation depuis plus d'un an en Syrie, sous le slogan "la 

Révolution pour tous les Syriens", sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011".

 

Ces appels semblent être un moyen de tester les intentions du régime de Bachar al-Assad, dont les troupes, toujours déployées en force dans les hauts lieux de la contestation, ont toujours réprimé les manifestations hostiles au pouvoir.


Des manifestations ont eu lieu jeudi dans les province d'Idleb (nord-ouest), Homs (centre), Deraa (sud), Raqa (nord-est), Damas et Deir Ezzor (est), la plus grande s'étant déroulée à Alep, la deuxième ville dans le nord du pays, selon des vidéos mises en ligne par des militants.


"Au moins 5.000 personnes ont participé à des funérailles qui se sont transformées en manifestation réclamant la chute du régime" à Alep, a affirmé un militant sur place, faisant état de tirs.


"Le cessez-le-feu n'a aucune valeur s'il ne permet pas au peuple de manifester et le plan Annan n'a aucune valeur s'il ne permet pas la transition du pays vers un gouvernement démocratique pluraliste", a dit Burhan Ghalioun, le chef du CNS.

Le plan en six points stipule, outre le cessez-le-feu et le retrait des troupes des centres urbains, la "liberté d'association et le droit de manifester pacifiquement" notamment.

De son côté, le ministère de l'Intérieur syrien a rappelé jeudi que les manifestants devaient demander une autorisation officielle avant d'organiser tout rassemblement.

 

M. Ghalioun a appelé "tous les pays soutenant la mission (de M. Annan) à surveiller l'application à la lettre du plan, notamment concernant le droit de manifester et de s'exprimer" et "à assurer des moyens de protection du peuple".

Dans le même temps, M. Annan a demandé jeudi au Conseil de sécurité des Nations unies d'exiger du régime syrien qu'il retire ses forces des villes rebelles et qu'elles réintègrent leurs casernes, ont indiqué des diplomates.

 

Il a estimé que techniquement, Damas n'avait pas respecté son plan de paix mais que le fragile cessez-le-feu était "une chance à saisir".

 

M. Annan a demandé aussi au Conseil d'autoriser le déploiement rapide d'une mission légère d'observateurs pour surveiller le cessez-le-feu, selon ces diplomates.

Une proposition qui pourrait se réaliser dès vendredi selon l’ambassadeur russe Vitali Tchourkine. Ce dernier a précisé qu'il s'agirait dans un premier temps d'un groupe de 20 à 30 personnes qui pourraient être sur place "au début de la semaine prochaine". "Une mission en bonne et due forme prendra du temps à être déployé", a-t-il ajouté.

Une partie de ces observateurs pourrait être prise sur le contingent de la mission de l'ONU sur le Golan, a-t-il précisé.

 

Parallèlement, la communauté internationale a eu des réactions mitigées sur le respect du cessez le feu par le régime syrien.

 

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a estimé à Washington que le cessez-le-feu en oeuvre depuis quelques heures en Syrie constituait un "pas important", à condition qu'il soit respecté.

 

De son côté, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que Damas ne respectait pas le cessez-le-feu prévu par le plan de sortie de crise de Kofi Annan et a appelé le régime du président Bachar el-Assad à retirer ses chars des villes syriennes.

Les présidents américain Barack Obama et français Nicolas Sarkozy ont exhorté pour leur part les autorités syrienne à respecter "scrupuleusement et inconditionnellement" leurs engagements au titre du plan Annan, a rapporté l'Elysée dans un communiqué.

"Le régime sera jugé sur ses actes", ajoute le document, citant les deux responsable.

"En liaison avec leurs partenaires, notamment arabes, ils sont convenus d'intensifier leurs efforts, y compris au Conseil de sécurité (de l'ONU), pour que cesse définitivement la répression brutale contre le peuple syrien, pour qu'une aide humanitaire urgente lui soit apportée, et pour que le peuple syrien puisse choisir librement son destin", poursuit le communiqué.

 

"Les responsables des exactions auront à répondre de leurs crimes", ont également répété MM. Sarkozy et Obama. lorientlejour

 

 

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L’opposition veut « tester » le pouvoir vendredi


 

 

Burhan Ghalioun, (ir)responsable du CNS, veut transformer le premier vendredi de trêve en journée de mobilisation anti-Bachar : autant pour la paix civile et le dialogue

Burhan Ghalioun, (ir)responsable du CNS, veut transformer le premier vendredi de trêve en journée de mobilisation anti-Bachar : autant pour la paix civile et le dialogue

 

A peine le cessez-le-feu proclamé, et appliqué, par le gouvernement, que déjà Burhan Ghalioun et le CNS préparent une épreuve de force pour vendredi, jour traditionnel des mobilisations – post-prière – de l’opposition radicale. Le plus élémentaire sens de la responsabilité voudrait, en de telles circonstances, que l’opposition s’abstienne de toute provocation susceptible de (re)mettre le feu aux poudres. Et, à l’évidence, des manifestations de rue emmenées par les plus radicaux des opposants à Bachar al-Assad sont propices à un maximum de provocations. Que des militaires, face à une foule surexcité par de leaders islamistes, perdent leur sang froid et tirent, fut-ce en l’air, et tout le processus de paix sera compromis, et le gouvernement mis en accusation par les habituels procureurs diplomatiques et médiatiques.

 

Le CNS veut-il vraiment  du plan Annan ?

 

C’est peut-être justement ce que cherchent les stratèges du CNS que les obligations contenues dans le plan Annan – cessez-le-feu, mais aussi désarmement durable, négociations avec le pouvoir -  doivent quelque peu contrarier dans leur jusqu’au-boutisme anti-Bachar.

De fait, l’annonce, en début d’après-midi, de la mort, dans la province de Hama, d’un « civil« , tué par des tirs attribués aussitôt par l’OSDH à des chabihas ou des soldats du régime, interprétation abondamment relayée par les médias français, participe aussi de cette stratégie de la tension que les adversaires syriens ou étrangers du pouvoir veulent continuer à entretenir, pour pousser, aussi vite que possible, le régime à la faute.

Bref, le gouvernement n’a rien à attendre des CNS et autres ASL, et le plan de paix de Kofi Annan ne tient vraiment qu’à un fil, qui pourrait être rompu à l’occasion des manifestations de vendredi. Et ce alors que les Euro-américains sont plus que jamais en embuscade diplomatique : ainsi l’OTAN vient de se servir de incidents survenus ces derniers jours aux abords des camps de réfugiés syriens en Turquie pour invoquer un droit de « protection » des Etats-membres du Pacte atlantique ; en un mot comme en cent, la Turquie étant en danger, l’OTAN serait en droit, d’après ses statuts, sinon ceux de l’ONU, d’intervenir. On se dit, à la lecture de pareilles informations, que ces gens sont vraiment capables de tout pour arriver à leurs fins. Cette « gangstérisation », ou ce  détournement, de la diplomatie par les Américains demeure, hélas, plus de vingt ans après la première guerre du Golfe, une des clefs des relations internationales.

 

Il fallait certainement jouer la carte du cessez-le-feu et du plan de paix. Tout en se préparant au pire, et en évitant de tirer les premiers. De tenir, tant bien que mal, jusqu’à l’arrivée des observateurs de l’ONU qui ne peuvent être autant d’agents de l’OTAN. Une perspective guère enthousiasmante, mais un passage obligé, pour donner une dernière chance à la pacification de la vie syrienne, condition première de sa réforme. De toute façon, la Syrie n’est pas seule : pas plus aujourd’hui qu’hier, ni Moscou ni Pékin n’accepteront un remake de la Libye. Et sa résistance a sans doute donné le temps à un certain nombre de nations de comprendre de quel côté se trouvait vraiment, pour l’essentiel, la violence et l’oppression.   

par Louis Denghien, infosyrie

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
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