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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 02:19

Choses vues à l'Ambassade US


ambassade us tunis,américains tunis,tunisie usa,berges du lac usJe suis arrivé à 14h30 et quelques à proximité de l'Ambassade Américaine située aux Berges du Lac, à une poignée de kilomètres de Tunis. Dès 13h27, à la sortie de la prière du vendredi, j'ai été alerté par les fidèles qui hurlaient "Allah Akbar". La police, présente en force dans la capitale, a laissé les militants salafistes prendre la direction de l'Ambassade US.Des camionnettes attendaient les fidèles pour les emmener sur les lieux. Les autres allaient à pieds. Aucune police ne les a stoppés net. A partir de 14h, une cinquantaine de manifestants s'ennuyait devant la représentation des Etats-Unis. Puis la foule est arrivée. 


Les salafistes, stratèges, ont rémunéré des adolescents - moyennant un casse-croûte, un billet de dix dinars - pour qu'ils soient en première ligne. J'ai vu des petits groupes d'ados dirigés par un adulte, leur fournissant pierres et slogans. La guérilla a alors commencé. Problème: des quatre murs de l'enceinte de l'Ambassade, un seul était gardé par la police: celui de l'entrée principale. Les assaillants ont alors mis le feu aux broussailles qui entourent le lieu. 


La police, en sous-nombre, s'est retrouvée déborder par un millier de salafistes, hommes & femmes. Les adolescents furent mis en boucliers par les chefs, ce qui empêchait la police d'agir par peur de tuer des quasi enfants. J'ai assisté à des scènes d'une violence jamais vue en Tunisie. L'Ambassade des Etats-Unis borde une deux fois quatre voies. La circulation a été bloquée par les salafistes, certains faisant la prière au milieu de la route pour "remercier Dieu qui leur donne du courage." Des drapeaux américains ont été brûlés en place publique avant que l'armée de salafiste, 1000/1500 selon certains colonels, entre dans l'Ambassade dont trois murs sur trois n'étaient pas surveillées. Le drapeau noir pirate des salafistes a alors remplacé le drapeau US. 


La violence à laquelle j'ai assisté ce jour n'a jamais existé en Tunisie. Et le peuple tunisien ne le digère pas. A quelques exceptions près. Ce soir, l'Ambassade américaine est un champ de ruines. 30 voitures ont été incendiés ainsi que les locaux techniques. La police, malgré l'absence d'ordre du Ministère de l'Intérieur, a fait passer le message aux manifestants que s'ils touchaient aux employés, ils emploieraient le tir à balles réelles. Les employés tunisiens et américains ont passé la journée dans une salle sécurisée. Ils ont été "exfiltré" vers 21h30.

 

Seul le Président de l'Assemblée Constituante s'est rendu sur place afin de présenter "ses excuses au peuple américain." Ennahdha n'a envoyé que le Ministre de la Justice. Le Ministre de l'Intérieur n'est pas venu, la police ne le souhaitant pas. 

 

A l'Ambassade, les dégâts sont mineurs. L'Ecole américaine située juste en face à été piller et brûler. A des salafistes à qui je demandais pourquoi brûler une école, on m'a répondu "Allah le veut". Désormais l'armée a pris place partout. La police a lutté à 150 contre 1000. Durant près de 5h dont "3h30" de guerilla absolue selon un colonel de la garde nationale. 

 

Désormais, la Tunisie est à la croisée des chemins. Ou le parti majoritaire, les islamistes d'Ennahdha acceptent de "punir" les salafistes. Ou non. Auquel cas, la Tunisie se révoltera. 

 

A demain, dès 9h devant ce qu'il reste de l'Ambassade américaine et son école (qui ferme ses portes définitivement). lewesternculturel

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Au moins deux morts dans l'attaque de l'ambassade américaine par des islamistes

 

Plusieurs centaines de manifestants ont pris d'assaut, dans l'après-midi du 14 septembre, l'ambassade américaine de Tunis, incendiant deux de ses bâtiments et hissant le drapeau noir des radicaux islamistes. Le bilan officiel provisoire des violences fait état de deux morts et vingt-huit blessés, dont deux dans un état critique.

Mis à jour à 20h03.


Malgré une surveillance renforcée et impressionnante autour de l'ambassade américaine de Tunis, environ un millier de salafistes en ont forcé l'entrée et mis le feu à deux de ses bâtiments, après avoir fait de même avec l'école américaine de Tunis. Une épaisse fumée noire était visible de l'extérieur. Les manifestants ont été jusqu'à hisser le drapeau noir sur un des mâts de la représentation diplomatique, à la place de la bannière étoilée. Les barbus n'étant armés que de bâtons et de pierre, on s'interroge à Tunis sur l'éventualité d'une collusion, au moins de fait, entre les forces de l'ordre et les salafistes. L'armée a commencé à intervenir, appuyée par trois chars, et des coups de feu retentissent.


Selon un premier bilan sprovisoire du ministère de la Santé, citée par l'agence officielle TAP, les violences ont fait au moins deux morts et vingt-huit blessés, dont deux sont dans un état critique. Vers 18 heures locales, la manifestation avait été finalement dispersée, après trois heures d'affrontements avec les forces de l'ordre.


Les islamistes entendaient protester contre un film anti-islam, Innocence of Muslims, qui a déja provoqué de nombreuses violences à travers le monde. Mardi 11 septembre, quatre fonctionnaires américains sont morts à Benghazi, en Libye, dont l'ambassadeur américain dans ce pays, Christopher Stevens. Jeuneafrique


Un reportage de Al-Jazira :


 

 

 

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Les infos ...

 

 

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Moncef Marzouki condamne les violences contre l’ambassade américaine

 

Suite aux derniers actes de violence survenus aujourd’hui, vendredi 14 septembre 2012, contre l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, Moncef Marzouki, président provisoire de la République prononce une allocution télévisée à l’égard du peuple tunisien dans laquelle il condamne ces « agissements inacceptables » et affirme qu’il était possible « de tolérer la colère des protestataires s'ils auraient manifesté de manière pacifique et dans le cadre de la loi... mais entreprendre des actes de destruction et de pillage, et tenter d'agresser les représentants d'un pays ami est fermement condamnable ». 


Il a souligné que l'atteinte à l'Islam et au prophète Mohamed (PSL) s'inscrit dans la cadre d'un dessein diabolique qui vise à attiser la haine entre les peuples. « Les Tunisiens doivent faire preuve de vigilance et ne pas tomber dans le piège tendu, aujourd'hui, aux manifestants qui ont été leurrés », a-t-il dit,  « dès lors qu'il existe parmi eux des forces anti-démocratiques qui s'acharnent, depuis des mois, à faire pression sur la société et l'Etat ».

 

Marzouki a ajouté que « les provocations de ces groupes de mouvance salafiste, ont franchi la ligne rouge et que le gouvernement est tenu d'assumer pleinement ses responsabilités pour faire face à ce danger imminent qui ne consiste pas seulement une menace pour les libertés et les droits des Tunisiens, mais également pour les relations internationales du pays et pour son image et ses intérêts ». 
Il a, d'un autre côté, assuré que le film islamophobe et offensant le prophète Mohamed (PSL) est un outrage dont l'auteur est « un lâche qui n'a pas le courage de dévoiler son identité ». Son acte « est intolérable et ne peut être justifié par l'exercice de la liberté d'opinion et d'expression ».

 

« Les incidents et les agressions sont inacceptables au vu de leurs répercussions sur les relations tuniso-américaines en particulier, et sur les relations entre le monde arabo-musulman, en général », a ajouté le président de la République provisoire.

 

Moncef Marzouki a déclare que lors d’un entretien téléphonique avec Hillary Clinton, le président provisoire de la République a assuré à la Secrétaire d’Etat américaine que les « Tunisiens ne faisaient pas l'amalgame entre les Etats-Unis et le film insultant l'Islam ».  Il s'est dit, par ailleurs, confiant que les responsables américains ne feront pas l'amalgame entre « les agissements irresponsables et injustifiés des manifestants et la position de principe du peuple tunisien qui n'a jamais été partie prenante dans le conflit des civilisations », annonçant qu'un recours international sera intenté contre l'auteur de cette offense en concertation avec les égyptiens frères.businessnews

 
 

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En Tunisie _ débat  : violences meurtrières à Tunis  

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En France _ débat : le film, les salafistes et la liberté d'expression

 

 

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Ne pas oublier l'essentiel...


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Ces ministres nahdhaouis passibles de sanctions pénales


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La corruption, les conflits d’intérêts, l’opacité et le trafic d’influence, représentent la facette la plus odieuse de l’ancien régime. Rien n’indique encore que le parti Ennahdha ait rompu avec ce passé-là.

 

Le réseau facebook et la presse indépendante (pour combien de temps encore?!), notamment numérique, se sont faits l’écho de révélations pour le moins troublantes  concernant le patrimoine, jusque-là jalousement dissimulé, des ministres nahdhaouis «issus de l’exil».

 

En effet, qu’il s’agisse de Lotfi Zitoun et Mohamed Ben Salem, de Riadh Bettaïeb et Houcine Jaziri, ou encore de Belgaçem Ferchichi et Ameur Lârayedh, pour ne citer que les cas les plus voyants, sont tous propriétaires (ne serait-ce qu’à titre d’associés) de sociétés civiles immobilières (Sci) et autres sociétés à responsabilité limitée (Sarl). La plupart d’entre eux en sont les gérants. Nous avions pu vérifier les renseignements, régulièrement mis à jour sur le site officiel  français «Infogreffe», et nous nous sommes assurés de la véracité des informations relayées par les médias tunisiens.

 

Moudjahidines du commerce et golden boys de l’exil


D’aucuns pourraient, non sans une particulière naïveté, réprouver la «divulgation», sur un ton dénonciateur, de pareilles informations, au motif qu’il s’agirait plutôt de «courageuxentrepreneurs» qui ont investi dans le pays de Vincent de Gournay [Marquis de Saint-Malo, qui a vécu au 18e siècle, et à qui l’on attribue la maxime «Laisser faire, laisser passer»], et qui ne font que récolter le fruit de leur «dur» labeur. Des moudjahidines du commerce en quelque sorte. N’est-ce pas là, en fait, une preuve «entrepreneuriale» louable qui justifierait amplement les charges ministérielles confiées à ces «golden boys de l’exil»?

 

Tel n’est cependant pas le cas  si l’on prenait la peine d’y regarder de plus près. Le problème, le vrai, n’est pas tant de savoir si ces «ministres de la république» avaient ou non le droit de faire du commerce et de s’en remplir plein les poches durant leur période d’exil, au cours de laquelle, soit dit en passant, ils avaient généreusement bénéficié de tous les services sociaux et humanitaires destinés à l’intégration des réfugiés politiques

(allocation temporaire, Rsi, transport, logement, regroupement familial, etc. http://www.immigration.gouv.fr/spip.php? page=dossiers_det_asi&numrubrique=361&numarticle=1730), mais plutôt de s’interroger sur les obligations qui découlent de l’occupation des charges ministérielles ou/et électives… dans un État de droit digne de ce nom.


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Riadh Bettaieb, ministre de l'Investissement et de la Coopération internationale.

Posséder des sociétés par dizaines, ou «seulement» au nombre de six, comme a cru bon le préciser, sans rire, le ministre de l’Agriculture, n’est nullement répréhensible en soi. Cependant, en taire (pour ne pas dire cacher) l’existence lorsqu’on est en charge d’une fonction ministérielle ou d’un mandat électif est, lui, constitutif d’un délit tombant, il va sans dire, sous le coup de la loi pénale.

 

L’intérêt public phagocyté par l’intérêt privé


Pourquoi en serait-il ainsi, dans un État de droit authentique?

Pour au moins trois raisons. La première se rapporterait au conflit d’intérêts. Un agent de l’Etat, quel qu’il soit (et les ministres se situent à son sommet), se doit de se consacrer entièrement et sans réserve au service de l’intérêt public. Etre gérant d’une société commerciale qui, par définition, recherche le  bénéfice et le profit particuliers, entre forcément en contradiction avec la mission de service public qu’est par excellence la fonction gouvernementale ou élective. On est membre du gouvernement de la «res publica» (littéralement la chose publique) comme on peut être représentant de la nation tout entière. De deux choses l’une: ou bien on poursuit un intérêt particulier et individualiste, ou bien on sert l’intérêt collectif. Les deux intérêts sont bien évidemment légitimes, mais ils sont loin d’être équivalents… encore moins cumulables. Verser dans le mélange «des genres» c’est pervertir l’un comme l’autre intérêt… pour finir le plus souvent par asservir l’un (devinez lequel!) au profit de l’autre. L’histoire ne cesse, en effet, de nous enseigner que cette «perversion» finit toujours par balancer du côté de l’intérêt privé… Mais, peut être, est-ce là justement le but recherché par Ennahdha.

 

La deuxième raison se rattache à une certaine éthique républicaine – qui n’est manifestement pas celle des dirigeants actuels de la Tunisie – soucieuse de préserver la chose publique des tiraillements privés. La concurrence, se situant au cœur même de la logique marchande et son corollaire l’ultra-individualisme, est bien distincte du principe de solidarité et de désintéressement, qui constituent l’essence de l’action publique. Si «l’égoïsme légitime» pourrait être la devise du secteur privé, l’altérité, elle, (voire même l’altruisme) anime «le secteur public» et doit guider en tout instant l’action de ses agents. Ce qui ne veut pas dire que l’Etat répugne à rechercher le «profit» lorsqu’il intervient en tant qu’agent économique, mais il s’agit d’un tout autre profit qui bénéficie, celui-ci, à la collectivité nationale dans son ensemble, et non à un seul individu ou une poignée d’investisseurs… Servir l’Etat cela suppose donc un certain état d’esprit, une certaine morale publique et une capacité au dévouement et au reniement de soi dans l’intérêt général, qui ne sont, hélas, pas à la portée de n’importe qui.


Deux «races» de Tunisiens résidents à l’étranger

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Lotfi Zitoun, conseiller politique auprès du chef du gouvernement.

Entre ces ministres qui se sont lancés à corps perdu notamment dans les spéculations immobilières, et qui ont, par conséquent, contribué à la flambée, on ne peut plus immorale, des loyers et du prix de la pierre dans la région parisienne, aggravant ainsi la difficulté d’accès au logement des plus démunis parmi les franciliens, et des personnalités connues de l’immigration, tels que Mohieddine Cherbib, Kamel Jendoubi, l’auteur du présent papier, Mousadak Gadhoumi, Tarek Ben Hiba, Abderrazak Horchani Bouazizi, Hédi (Ben Miled) Jilani, Khaled Abichou, Tarek Toukabri, Adel Thabet, Fatma Bouamaied, Khemaïs Ksila, Fathia Chaari, Najet Mizouni, Mohamed Hamrouni et bien d’autres encore dont il est difficile d’en dresser la liste exhaustive, qui se sont investis, leur vie durant, dans le domaine associatif (c’est-à-dire à but non lucratif) pour la défense des immigrés et des droits de l’homme en Tunisie… entre ces deux «races» de Tunisiens résidents à l’étranger, la différence est incommensurable!


D’ailleurs, l’ancien président de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) l’a encore démontré, lui qui a fait don – dans un acte de générosité et de désintéressement exemplaire, que beaucoup de nos ministres feraient bien de méditer longuement – de l’intégralité de son indemnité perçue au titre de la présidence de l’Isie, au profit d’une association culturelle tunisienne.


Dans le même temps, le gouvernement d’Ennahdha s’agite de manière frénétique pour … «indemniser» ses «anciennes victimes de la répression»… et pour cause ! Il faut bien que les «Nahdhaouis» de l’étranger fassent pénitence et expient la «liberté d’entreprendre» dont ils ont joui, usé et abusé, dans les capitales européennes, auprès des leurs qui sont restés sur place et qui ont, outre la pauvreté et la misère, subi des traitements inhumains et dégradants.


Une république bananière en gestation


La troisième raison qui fait que le cumul, si jalousement dissimulé, entre d’une part les fonctions électives et gouvernementales, et d’autre part la gérance d’entreprises privées,  (qui plus est étrangères, rappelons-le) soit répréhensible, se rapporte à l’impératif de bonne gouvernance, toujours, nous ne le répèterons jamais assez, dans le cadre d’un État de droit qui se respecte.

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Mohamed Ben Salem, ministre de l'Agriculture.

La transparence se confond presque avec cet impératif, tant elle est nécessaire pour la gestion rationnelle de la chose publique. Les collusions frauduleuses, plus que courantes, entre le monde de la finance et celui de la politique (dont l’État) ne sont un secret pour personne. La gauche crédule en a fait les frais lors des élections de l’Assemblée nationale constituante (Anc). C’est pourquoi dans toutes les démocraties véritables, des règles intangibles et des garde-fous sont prévus pour éviter, ou du moins atténuer autant que faire se peut, les accointances et les influences réciproques. Parmi ces règles il y en a deux de majeures: celle du non-cumul, et celle de la déclaration sur l’honneur du patrimoine.


Les déclinaisons du non-cumul sont multiples. Celle qui nous intéresse plus particulièrement dans le contexte actuel concerne le cumul entre la fonction publique et les emplois privés. En effet, être ministre ou député, comme ce qui est le cas des «issus de l’exil», nécessite de consacrer tout son temps et toute son énergie à l’accomplissement des charges publiques considérées. Y associer, en même temps, la gérance ou l’administration d’une quelconque société (le cas notamment de H. Jaziri, M. Ben Salem, B. Fetchichi, k-bis à l’appui !) porte – forcément – gravement atteinte à cette règle d’exclusivité.


Même si la Tunisie, avec sa république bananière en gestation, se prête mal aux comparaisons, nous ne pouvons refréner l’envie de jeter un regard, ne serait-ce que furtif, du côté de la France, qui dispose d’un arsenal législatif et réglementaire très développé en la matière. Il est certes vrai que Sarkozy, en 2007, a élargi le champ des exceptions à la règle de non-cumul entre emplois publics et emplois privés, qui avait été introduite par Mitterrand en 1983 (loi du 13 juillet 1983), il n’en demeure pas moins que l’interdiction de cumuler une fonction ministérielle avec la gérance d’une entreprise privée n’a pas été remise en cause (article 25 de la loi précitée). Il n’en est pas autrement s’agissant de la députation: tout le chapitre IV du Code électorale, et notamment l’article L.O. (pour «loi organique») 146, leur est consacré. Le principe est ainsi clairement énoncé : «Sont incompatibles avec le mandat parlementaire les fonctions de chef d’entreprise (…) ou gérant…».


Des sanctions pénales, telles que celles prévues par l’article 432-12 du Code pénal (5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d'amende) donnent à cette interdiction tout le sérieux et la consistance qui lui sont inhérentes. Le Code du travail les rappellent (article 324-1, ancienne numérotation).


S’agissant de la déclaration sur l’honneur du patrimoine, elle est prévue (et sanctionnée) par les dispositions de l’article L.O. 135-1 du Code électoral qui accorde un délai de deux mois au député pour «déposer auprès de la Commission pour la transparence financière de la vie politique une déclaration certifiée sur l'’honneur exacte et sincère de sa situation patrimoniale…». Le fait de dissimuler en tout ou en partie le patrimoine, tout comme le fait de souscrire à une déclaration mensongère, expose le contrevenant à une amende de 30.000 €, outre «l’interdiction des droits civiques selon les modalités prévues à l'article 131-26 du code pénal, ainsi que de l'interdiction d'exercer une fonction publique».


Cette digression de droit comparé est amplement justifiée, compte tenu de ce que la plupart des ministres et députés visés par notre propos, ont longuement vécu en France (pour certains plus de 20 ans!) et se devaient, en conséquence, de connaître ce qui est permis de ce qui ne l’est pas, selon la loi du pays qui leur a généreusement offert refuge et assistance.


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Houcine Jaziri, secrétaire d'Etat chargé de l'Emigration.


Cependant, les «issus de l’exil» ne semblent pas vouloir prendre exemple sur une pratique plus évoluée que la nôtre. Ils ont choisi, en pleine connaissance de cause, de se référer à la législation anté-révolutionnaire qui, comme tout un chacun le sait, est précisément l’exemple à ne pas suivre. La corruption, les conflits d’intérêts, l’opacité et le trafic d’influence, ne représentent-ils pas la facette la plus odieuse de l’ancien régime, contre laquelle les Tunisiens se sont révoltés ?


S’agripper à cette législation scélérate pour justifier la non-déclaration de patrimoine par les ministres, comme le fait de manière clownesque le porte-parole d’Ennahdha, n’est susceptible d’être interprété que dans un seul sens: ce parti au pouvoir, quoi qu’en disent ses leaders «religieusement bien inspirés», n’est qu’un succédané de celui qu’il a supplanté.

Houcine Bardi kapitalis

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