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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 13:30

Un manifestant brandit un drapeau tunisien à Tunis, lors la manifestation antigouvernementale du 18 janvier 2011

"Nous nous sommes débarrassés du dictateur, mais pas de la dictature", a-t-il ajouté reprenant ce que pensent beaucoup de Tunisiens.

Autour du cortège des manifestants, la vie continuait comme si de rien n'était. Des trams se frayaient un chemin à travers le flot des manifestants. Les protestataires ont applaudi une conductrice de tramway qui leur souriait.

Des habitants de Tunis rapportent que le calme a prévalu pendant la nuit et qu'aucun tir ou pillage n'a été signalé. Autre signe de l'amélioration de la sécurité, la télévision publique a annoncé que le couvre-feu nocturne était raccourci de trois heures. Il sera en vigueur désormais de 20h00 (19h00 GMT) à 05h00 (04h00 GMT).

A peine formé, le nouveau gouvernement tunisien était contesté dès mardi par des milliers de manifestants à Tunis et dans d'autres villes du pays.

Ce nouveau gouvernement, dominé par des proches de l'ancienne dictature, et qui doit se réunir jeudi, a été affaibli par le départ de trois ministres issus de la puissante centrale syndicale UGTT.

A Sousse (centre-est) et Tataouine (sud), des manifestants ont escaladé la  façade des sièges du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) pour ôter et détruire les drapeaux et symboles du parti. Le RCD a régné sans partage pendant 23 ans sur la politique intérieure tunisienne.

Dans la capitale, la police a violemment dispersé à coups de matraques et de gaz lacrymogènes un millier de manifestants, parmi lesquels, pour la première fois, des islamistes. "On peut vivre seulement avec du pain et de l'eau, mais pas avec le RCD", ont scandé les manifestants.

Le premier ministre Ghannouchi a tenté de justifier son choix mardi en assurant que les ministres maintenus dans le gouvernement ont "les mains propres" et "une grande compétence". Huit membres clef de l'équipe sortante, tous membres du RCD, ont été reconduits. Parmi eux, les ministres régaliens de la Défense, des Affaires étrangères, de l'Intérieur et des Finances.

Le syndicat UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens), dont le rôle a été crucial dans les manifestations qui ont fait tomber le président Ben Ali, réfugié depuis vendredi en Arabie Saoudite, a annoncé qu'elle ne reconnaissait pas la légitimité du nouveau gouvernement. Le conseil national de l'Ordre des avocats tunisiens, qui joue un rôle très important dans la défense des droits de l'homme en Tunisie, a aussi demandé "la mise à l'écart" des personnalités appartenant au parti de l'ex-dictateur Ben Ali.

Le parti islamiste tunisien interdit Ennahda (Renaissance), pourchassé par l'ancien régime, a annoncé qu'il allait demander sa légalisation pour pouvoir participer aux élections législatives annoncées d'ici la mi-juillet par le premier ministre de transition. Par contre, la formation ne présentera pas de candidat à la présidentielle.

Ennahda, démantelé après les élections de 1989 où il avait obtenu 17 % des voix, se présente comme un parti réformateur prônant un islam modéré et se dit proche de l'AKP turc, le parti islamo-conservateur au pouvoir à Ankara. Il a réclamé une "amnistie générale" pour que ses nombreux membres en exil puissent rentrer au pays, à commencer par Rached Ghannouchi, le responsable du parti réfugié à Londres.

Dans le même temps, Moncef Marzouki, opposant historique de la gauche laïque au régime de Ben Ali qui a annoncé qu'il sera candidat à la présidence, est rentré de Paris. La télévision publique a montré mardi pour la première fois une cérémonie militaire en hommage à trois soldats tués ces derniers jours par des tirs de  miliciens à Bizerte, ville portuaire au nord-ouest de Tunis.

78 morts, bilan officiel des violences
Le ministre de l'Intérieur tunisien a donné lundi soir à la télévision un bilan global de 78 morts depuis le début des événements. Les troubles ont également fait 94 blessés, a indiqué Ahmed Friaa à la télévision publique.

Le précédent bilan gouvernemental annoncé le 11 janvier, avant le changement de pouvoir, était de 21 morts. La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) avait annoncé 66 morts vendredi.

Le ministre de l'Intérieur a souligné que "plusieurs" membres des forces de sécurité figuraient parmi les victimes sans préciser s'ils avaient été tués lors de heurts avec des manifestants, ou s'ils étaient tombés sous les balles des miliciens en armes loyaux à l'ancien homme fort du pays depuis sa fuite vendredi en Arabie Saoudite.

Le ministre a également chiffré à 3 milliards de dinars (2,08 milliards de dollars) le coût des dégâts et des pertes subies par l'économie.

 

Lien : http://info.france2.fr/monde/tunisie-nouvelle-manif-antigouvernementale-66696834.html?utm_source=feedburner&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+France2-ActuMonde+%28France+2+-+Actu+Monde%29&utm_content=Google+International

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Janvier 2011 (le mois de la révolution)
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