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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 03:37

 

 

Le mausolée de Sidi Bou Saïd incendié

http://blogs.rue89.com/sites/blogs/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2013/01/_dsc6227.jpgLe Mausolée de Sidi Bou Saïd, samedi après l’incendie (Thierry Brésillon)

Sidi Bou Saïd, le célèbre village de la banlieue nord de Tunis, est en état de choc après l’incendie, samedi soir, du tombeau du saint protecteur dont il porte le nom. Cette destruction est attribuée aux salafistes qui mènent une campagne contre l’islam maraboutique, qu’ils considèrent comme une déviation superstitieuse de l’islam.

L’incendie s’est déclaré après 18 heures. L’intérieur du mausolée est totalement calciné. Les boiseries, les tentures, les lustres, et même les exemplaires du Coran ont été intégralement détruits. Les pompiers sont intervenus rapidement pour maîtriser l’incendie.

Raouf Dakhlaoui, maire de Sidi Bou Saïd, dispose de peu d’éléments d’information  :

«  Tout ce que nous savons, c’est qu’une voisine a vu quatre jeunes courir aux environs. Mais nous ne savons rien de plus.  »

Rien ne permet d’établir l’origine de l’incendie ni d’en désigner les auteurs et leurs motivations. Toutefois, l’association Touensa a identifié au moins une dizaine de mausolées profanés, dont

http://blogs.rue89.com/sites/blogs/files/styles/asset_img_half/public/assets/image/2013/01/tu2012__06229.jpgSidi Bou Saïd, avec son architecture andalouse, ses murs et ses portes bleus, sa vue imprenable sur la baie de Tunis et son immanquable Café des Délices, est un des lieux préférés des touristes, mais aussi un des hauts lieux de pèlerinage de Tunis.

C’est le village du tombeau de Khalaf Ben Yahia Tamimi, (dit « El Béji », en référence à Béja, sa ville d’origine), un personnage religieux ayant vécu entre 1160 et 1231. Une confrérie soufie (Zaouïa) a été construite autour du tombeau.

Un culte s’est développé autour de ce lieu, caractéristique de l’islam d’Afrique. Cette pratique est considérée par les rigoristes comme contraire à l’islam. Ce culte a été également combattu par Habib Bourguiba quand il faisait obstacle à ses réformes modernistes.

L’islam maraboutique est l’expression d’une culture populaire à laquelle les Tunisiens sont très attachés, et l’incendie dont a été la cible le tombeau de Sidi Bou Saïd est vécu comme un traumatisme.

Viol de la mémoire

http://blogs.rue89.com/sites/blogs/files/styles/asset_img_half/public/assets/image/2013/01/_dsc6228.jpgZak Hamda, productrice, notamment d’un film sur la musique soufie, est bouleversée  :

 

«  C’est un des lieux où profanes ou pratiquants entrent avec beaucoup d’émotion. Je vis cet attentat comme un viol de la mémoire. Dans toute l’histoire de la Tunisie, cet endroit a toujours été respecté.  »

Spontanément, une marche de protestation des habitants de Sidi Bou Saïd s’est dirigée vers le Palais présidentiel de Carthage, situé à proximité, avant d’être stoppée par la garde présidentielle.

Raouf Dakhlaoui assure qu’il portera plainte contre Rached Ghannouchi, président du parti Ennahdha, qu’il considère, sinon comme l’instigateur de cette campagne, du moins coupable d’avoir couvert les extrémistes.

Le parti Ennahdha a condamné l’attentat contre le mausolée et appelé à une enquête. Le Ministre de l’Intérieur, Ali Laarayedh, privilégie la piste criminelle. rue89

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 La brillante idée de Rafik Abdessalem de dîner à Sidi Bou Saïd … ce soir !

 

http://www.tunisienumerique.com/wp-content/uploads/dar-zarrouk.jpgLa nouvelle s’est propagée comme un feu de paille : Rafik Abdessalem dîne à Sidi Bou Saïd. Les riverains n’en croyant pas leurs oreilles, voulaient voir pour croire. Rapidement, une foule de plus de trois cent personnes s’est amassée aux abords du restaurant huppé « Dar Zarrouk ».

L’histoire s’avère être vraie. Il y avait en face du restaurant, la voiture officielle du ministre ainsi que des voitures du corps diplomatique.

Il s’avéra que le ministre des affaires étrangères a choisi, pour inviter à dîner une délégation du Koweït, le restaurant de Sidi Bou Saïd. Oui, effectivement, en ce jour et en ce lieu. Il fallait vraiment y penser !

Mais que voulait-il prouver ou plutôt, se prouver ? Qu’il était au dessus du lot, alors que tous ceux qui l’y ont précédé,Marzouki en tête, ont essuyé la colère des riverains ? Il voulait montrer à ses hôtes que le gouvernement contrôle la situation ? En tout cas, c’est vraiment réussi, s’il cherchait à épater ses hôtes !

Quelque soit la raison qui l’a poussé à choisir ce restaurant précisément, cette nuit précisément, ce geste a été perçu par les riverains comme une ultime provocation, qu’ils ne sauraient tolérer.

Il y a, donc, eu foule devant le restaurant. Des habitants en colère l’attendaient à la sortie. La foule criait de tous ses poumons, pour déclarer sa colère.

Très rapidement, un impressionnant dispositif sécuritaire fût dépêché sur place. Et aux dernières nouvelles, le ministre et ses illustres hôtes ont pu être évacués du restaurant par « la porte de service ». Pour une soirée, nos hôtes ont vraiment eu le droit à la totale, et en guise de dîner, ils ont eu droit au dîner gala, et, surtout, la cerise sur le gâteau, avec la sortie en catimini par la petite porte.

Cette retraite sous le couvert de la nuit, et par la petite porte, a laissé un sentiment de dégoût chez les protestataires qui déploraient qu’il n’ait même pas eu le courage de les affronter.

Les policiers rappelés en renforts, éreintés par ces va et viens incessants sur les pentes de Sidi Bou Saïd, se sont contentés de libérer l’accès aux voitures qui s’en sont retournées vides. tunisienumerique

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 Olfa Riahi : "Je ne révèlerai jamais mes sources"

La journaliste a déclenché, en publiant une enquête sur son blog, un scandale désormais désigné comme le "Sheratongate". Elle est poursuivie en justice et interdite de sortie de territoire. Interview.

 

http://referentiel.nouvelobs.com/file/5053163.jpg

Olfa Riahi est journaliste et blogueuse. Elle enseigne le journalisme depuis un an à Tunis. Elle est poursuivie en justice* depuis la publication sur son blog d’une enquête dans laquelle elle s’interrogeait sur certaines factures au nom du ministre des Affaires étrangère. Elle revient pour "Le Nouvel Observateur" sur les poursuites et les menaces dont elle est victime depuis le "Sheratongate".

 

 Qu'est-ce qui vous vaut d’être poursuivie aujourd'hui en justice ?

- Le 26 décembre 2012, j’ai publié sur mon blog un article concernant le ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem dans lequel je publiais trois factures qui prouvaient que le ministre avait logé dans un hôtel de luxe à 200 mètres du ministère, le Sheraton, et que ces factures étaient payées par le ministère, soulevant un soupçon de dilapidation de l’argent public. L’une des trois factures, celle de la nuit du 18 juin 2012, est au nom d’une femme dont j’ai masqué le nom par respect de sa vie privée. Mais, sur cette facture, on voit le nom du ministre inscrit en dessous, on apprend que la facture a été transférée sur la chambre du ministre et que le paiement a été effectué en liquide. On remarque également en croisant les documents que le ministre a logé dans le même hôtel la même nuit et que ses dépenses ont été particulièrement importantes et payées par le ministère.

J’affirme également dans mon blog qu’il ne s’agissait que d’une partie de mon enquête et que d’autres informations suivraient bientôt. En fait, je n’ai pas eu le temps d’écrire le second volet de l’affaire. La presse nationale, les radios, télévisions se sont emparées de l’affaire. Le ministre a reconnu l’authenticité des documents. Une femme s’est présentée dans les médias pour dire qu’il s’agissait d’elle. C’est en fait l’affaire de mœurs présumée qui a pris de l’ampleur. Pour répondre à la campagne de diffamation à mon encontre qui a suivi, j’ai répondu à une interview à une chaîne privée dont le propriétaire est d’ailleurs actuellement en prison avec de très grandes irrégularités juridiques. J’ai alors expliqué aux téléspectateurs le contenu de mon article car il était écrit en français. Le voulais que les nuances soient bien comprises. J’ai en outre révélé le contenu du second volet de mon enquête, c’est-à-dire l’existence d’un compte spécial ouvert au nom du ministère des Affaires étrangères, compte qui a reçu un versement d’un million de dollars le 17 juillet 2012 de la part du ministère du commerce chinois. Je demandais tout simplement une enquête pour demander pourquoi cette somme n’avait pas suivi le cheminement normal c’est-à-dire pourquoi n’avait-elle pas transféré par le Trésor public ?

On m’a alors accusé de violer des secrets d’Etat. Une enquête a été ouverte au bout d’une semaine après que j’ai posé un ultimatum, menaçant de porter plainte moi-même. Enfin, il a été annoncé qu’une enquête était ouverte. Je ne sais pas ce qu’il en est réellement.

En revanche, une plainte a bel et bien été déposée contre moi qui a déjà abouti à mon interdiction de sortie du territoire. J’ai désormais huit chefs d’accusation* contre moi, dont le dernier est "usurpation de fonction" car ils avancent que je ne suis pas journaliste parce que je n’ai pas de carte de presse. En fait, ils veulent connaître mes sources. Or, si je ne suis pas reconnue comme journaliste, je ne suis pas protégée par la loi, obligée légalement de donner mes sources.

Mais journaliste ou pas journaliste ?

- Journaliste. Mais j’ai toujours refusé de demander une carte de presse. Et je suis assez contente que ce débat soit remis à l’ordre du jour avec cette affaire. En Tunisie, la carte de presse est délivrée par l’exécutif, par le pouvoir, ce qui veut dire qu’il n’y a aucune séparation alors que, évidemment, notre profession doit être séparée du politique. Et puis, aussi, symboliquement, je n’ai jamais voulu une carte de presse que possédait le frère de Leila Ben Ali, qui n’a absolument rien à voir avec le journalisme. Peut-être pour faciliter ses déplacements… Alors, même si des confrères, très solidaires, m’ont dit qu’ils feraient tout pour m’obtenir cette carte, j’ai toujours refusé… alors même que j’enseigne le journalisme avec l’Ecole supérieure de journalisme de Paris qui a ouvert un master à Tunis. Mais tout cela sera versé au dossier pour le juge d’instruction.

C’est beaucoup de pression…

- Cela ne s’arrête pas là. Mon entourage subit également des pressions pour m’isoler. J’ai également été menacé d’un contrôle fiscal dans le cadre de la société de sous-titrage audiovisuel que j’ai avec un associé. Un homme a appelé, nous mettant la pression pendant quatre jours. Nous menons donc une enquête auprès du ministère des Finances pour savoir s’il y a effectivement un contrôle prévu, si cette personne a agi d’elle-même, ou si elle ne fait pas parti du ministère auquel cas nous porterons plainte pour usurpation de fonction.

Il y a également un policier en civil qui me suit partout, certainement pour s’assurer que je vais très bien.

L’une de mes lignes téléphoniques, qui était au nom de mon ancien employeur, a été coupée juste avant que je n’intervienne à la télévision tunisienne via ce numéro sur lequel on devait me rappeler à l’antenne.

Et, hier, une journaliste du quotidien tunisien "Al-Shourouk" qui avait publié un document très important qui contredisait la défense du ministère des Affaires étrangères, a reçu une convocation au tribunal. Pour un autre article bien sûr.

Mon compte Facebook subit également des tentatives de piratage depuis trois semaines et selon certaines de mes sources, une entreprise spécialisée a été chargée de ce piratage. Mais je n’ai pas peur !

Cet article a semé une telle pagaille dans la classe politique ?

- En fait oui. Au sein du parti islamiste Ennahda, dont fait partie le ministre des Affaires étrangère, des divisions, qui existaient déjà, sont sorties au grand jour. Certains pensent à tort que derrière moi se cache la présidence de la République… Et donc cela prend une ampleur considérable. Evidemment, ceci est faux. Même si je n’ai jamais caché que j’étais proche du CPR, je suis aussi connue pour être une de leur plus grande critique. Ils veulent savoir qui m’a informé. J’ai annoncé depuis le début que je ne révélerai jamais mes sources, même sous la torture et de toute façon j’ai toujours dit que j’avais entre huit et neuf sources sur chaque volet…

Comme ils ne sont pas parvenus à gérer le fond de l’affaire, ils essayent de lui donner un caractère idéologique… On a même dit que j’avais été mandatée par les services de renseignement français !

*Les huit chefs d’accusation sont :

- Semer la zizanie au sein du peuple tunisien

- Nuire à autrui sur les réseaux sociaux

- Diffuser les contenus de documents sans l’aval de leur propriétaire

- Attribuer des actes à un fonctionnaire de l’Etat sans en apporter les preuves

- Diffuser des données personnelles dans le but de nuire à autrui

- Diffuser de fausses informations pouvant porter atteinte à l’ordre public

- Falsification de documents

- Usurpation de fonction        Propos recueillis à Tunis par Céline Lussato. tempsreel.nouvelobs_

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Religion _ L'Islam politique _ Salafistes_ Chokri
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