Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 02:51

Pourquoi la gauche va gouverner avec les islamistes

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Moncef Marzouki (CPR), Rached Ghannouchi (Ennahdha), Mustafa Ben Jaafar (Ettakatol) (Thierry Brésillon)

Le vainqueur des élections à l'Assemblée constituante, le parti islamiste Ennahdha, et deux partis considérés comme de gauche, le Congrès pour la république (CPR) et le Forum démocratique pour le travail et les libertés (Ettakatol) viennent de conclure un accord pour gouverner ensemble. (Tandis que d'autres partis de centre gauche, le PDP, les composantes du Pôle démocratique et Afek Tounes, restent dans l'opposition).

Cet attelage a de quoi surprendre. Ettakatol, membre de l'Internationale socialiste, est l'héritier de l'opposition démocratique et sociale au régime autoritaire de Bourguiba, dont il revendique l'héritage moderniste. Le CPR peut être qualifié de gauche nationaliste et son dirigeant, Moncef Marzouki, est un ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme.

Pour les islamistes, la nécessité de s'allier pour disposer d'une majorité gouvernementale est mécanique. Avec 89 sièges, il est à 30 voix de la majorité absolue. Mais pourquoi le CPR et Ettakatol acceptent-ils cette alliance  ?

L'appétit de pouvoir d'hommes politiques tenus à l'écart par la dictature est une réponse superficielle. Quitte à se compromettre, ils auraient eu cent occasions de le faire à l'époque où le régime de Ben Ali semblait insubmersible. Même si personne n'entre en politique comme chez les boy-scouts, on peut créditer Moncef Marzouki et Mustafa Ben Jaafar d'une vision politique un peu plus élevée.

Une volonté de consensus

D'abord les deux ont compris qu'il était contre-productif d'aller à contre-courant du besoin de réaffirmation identitaire d'une société majoritairement conservatrice, très attachée à ses références religieuses. Inquiète, qui plus est, de voir la disparition du régime de Ben Ali, ouvrir la voie à une récupération symbolique occidentale de sa Révolution.

Ils ont voulu éviter le front anti-islamiste formé par les partis modernistes. D'une part, parce qu'apparaître comme celui qui apporte la discorde était électoralement coûteux. D'autre part, parce que les exigences politiques du moment sont, à leurs yeux, la rupture avec l'ancien régime et la réponse à la demande sociale. En clair de répondre aux aspirations à l'origine de la révolution. Une analyse qu'ils partagent avec Ennahdha.

Mais l'inconnue à ce jour est de savoir quel sera le contenu politique de ce rapprochement.

Le CPR, une synthèse entre universalisme et identité

Moncef Marzouki a précisé les termes de sa participation au gouvernement lors d'une conférence de presse le 26 octobre  :

« Le CPR sera garant des valeurs universalistes et continuera à défendre les libertés individuelles, les droits humains et les droits de la femme, sans rentrer dans une guerre idéologique avec les factions conservatrices.  »

Une démarche conciliatrice qui prolonge une évolution entamée depuis une dizaine d'années.

Le CPR a accueilli au début des années 2000 des transfuges d'Ennahdha. Son programme accorde une place importante à une réaffirmation identitaire arabo-musulmane. A la fois dans une volonté d'indépendance accrue à l'égard des pays occidentaux et dans son projet de renforcer l'arabisation.

Ettakatol, participer plutôt que s'opposer

Pour ce qui concerne Ettakatol, Mustafa Ben Jaafar a rappelé lors desa conférence du 1er novembre que l'heure était au dépassement des divergences pour donner l'assise la plus large possible à la future Constitution et pour faire face aux défis de la relance économique et de la reconstruction politique, tout en rappelant que son parti «  ne vendrait pas son âme  »  :

«  Notre présence dans le gouvernement nous donnera la possibilité d'initier le changement et de contrôler les pratiques de quelques partis.  »

En clair, l'idée est qu'il vaut mieux être à l'intérieur du pouvoir qu'à l'extérieur pour ne pas laisser le champ libre aux islamistes.

Ettakatol veut aussi conjurer le risque d'une coupure irrémédiable entre une vision ouverte, libérale et universaliste, de la Tunisie et la majorité des Tunisiens. Il se démarque en cela de l'opposition frontale des partis modernistes et préfère une approche plus pédagogique. Mais les recoupements avec la vision d'Ennahdha sont moindres que pour le CPR, dont la base politique est plus populaire.

Avec vingt députés, quatrième force de l'Assemblée, il se retrouve dans une position inconfortable entre la majorité Ennahdha et CPR et une opposition moderniste qui entame un rapprochement laborieux. Cette stratégie soulève d'ailleurs des protestations chez ses électeurs, mais aussi à l'intérieur même du parti.

Une troisième voie entre dictature et islamisme

La stratégie du CPR et d'Ettakatol relève aussi d'une vision à plus long terme  : intégrer Ennahdha, qui représente une part non négligeable de la population, dans le système politique démocratique. Ouvrir cette fameuse troisième voie entre islamisme radical et dictature éradicatrice. Ni l'Iran, ni l'Algérie.

Mais c'est un pari parce qu'au-delà des enjeux de la rupture avec l'ancien régime et de la relance de l'économie, Ennahdha a bel et bien un projet de société et dispose d'un ancrage social profond inégalé, lui permettant de consolider son emprise sur la population.

Si l'espace social (la rue, les écoles, les théâtres…) devait être soumis à la norme islamique, qui définira la norme  ? Ennahdha est concurrencé à la base par une vision plus radicale, favorable à une islamisation plus contraignante du champ politique, de la société et de la culture. Les influences salafistes sur le terrain, à travers le contrôle de mosquées, commencent à se faire sentir. Nul ne sait à ce stade quelle conséquence peut avoir cette radicalisation sur Ennahdha.

La quadrillage policier du régime de Ben Ali reposait sur une surveillance mutuelle et la dictature était finalement autant sociale que policière. Va-t-on voir s'instaurer, sous la pression populaire, une dictature morale  ? Plusieurs incidents, notamment dans les établissements scolaires, en donnent un avant goût.

Les dilemmes de la gauche tunisienne

Le risque pour des partis de gauche dont le projet de société est différent, est d'être instrumentalisés dans une première phase, pour démanteler les citadelles de l'ancien régime, en s'appuyant sur les exigences démocratiques, avant qu'Ennahdha n'évince peu à peu des alliés trop regardant sur les llibertés publiques, en s'appuyant sur les demandes d'une société en pleine crispation identitaire et puritaine.

Faut-il s'opposer au risque de s'isoler et de laisser le champ libre aux forces politiques les mieux ancrées dans la société, ou bien s'allier pour redéfinir une nouvelle synthèse de valeurs et les modalités d'une co-existence pacifique ? Les partis de gauche vont-ils servir de garde-fou (avec quels atouts ? ) ou de marche-pied à une entreprise d'islamisation ?

Seul le temps a les réponses à ces questions. Elles contribueront à redéfinir l'avenir politique de la Tunisie, du monde arabe et du pourtour méditerranéen.

source : http://blogs.rue89.com/tunisie-libr


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Opinion

 CPR, Ettakatol : notre avenir est entre vos mains


Sans vouloir réduire son importance, la formation du gouvernement ne doit pas occuper l’essentiel de nos pensées. La priorité doit revenir plutôt à l’élaboration de la nouvelle Constitution garantissant les libertés universelles et individuelles, à l’abri du risque de la voir un jour dévoyée par un éventuel parti dominant, Ennahdha aujourd’hui, un autre parti demain. Pourtant, depuis les élections, beaucoup de Tunisiens ont peur, craignant l’instauration d’une dictature religieuse, malgré les dénégations d’Ennahdha. En réalité, trois phénomènes proches mais bien distincts sont confondus sous l’étiquette islamiste, contribuant à déboussoler les Tunisiens et à les effrayer encore plus, et à paralyser leur action, en les détournant des vrais enjeux politiques.

Les différents périls islamistes


Le premier de ces phénomènes est le salafisme, une attitude nouvelle en Tunisie, car étrangère aux courants religieux traditionnels, qui se manifeste bruyamment depuis la révolution. Il s’est développé dans le sillage des forces rétrogrades du Golfe, notamment les wahabites saoudiens. Fanatisés et violents, les salafistes se montrent très agressifs contre les femmes, et plus généralement contre tous ceux qui n’adhèrent pas à leurs fantasmes. Conservateurs d’extrême droite, ils sont comparables aux skinheads européens, et ne se distinguent de ces derniers que par leur obsession maladive et malsaine des femmes. Ils appellent au jihad, à l’instauration du califat, et à l’application de la chariâ, sans comprendre aucun de ces concepts. Paradoxalement pourtant, ils ne constituent qu’un danger mineur pour le pays. Avec des effectifs limités, sans pouvoir d’attraction dans la société, suscitant méfiance, réprobation et mépris, y compris parmi les religieux, ils ne sont dangereux que parce que la Justice laisse faire. Le jour où l’Etat décidera d’assumer ses responsabilités vis-à-vis d’un tel fléau, la peur qu’ils tentent de faire régner dans la société disparaîtra, en même temps que leur pouvoir de nuisance. Le salafisme relève donc de la gestion de l’ordre public.


Le deuxième péril est plus sérieux et plus difficile à combattre, car plus diffus. C’est celui de l’islamisme rampant, qui tente de modeler la société, par petites touches, dans le sens de ses conceptions conservatrices et passéistes. Il ne s’agit plus là d’un mouvement organisé, aux membres identifiables, mais du résultat d’une multitude d’actions combinées de la moitié conservatrice du pays, qui n’imagine sans doute pas la gravité de son comportement inquisiteur et irrespectueux des libertés individuelles. Des pressions quotidiennes sont exercées à l’encontre des femmes, soit directement, soit indirectement, à travers les prêches dans les mosquées ou par les affiches et slogans muraux. Malheureusement, il n’existe pas de solution facile pour protéger efficacement les femmes contre ce danger-ci, à part un travail de longue haleine, basé sur l’éducation et l’apprentissage de la vie en société.


En réalité, le vrai, le seul péril islamiste qui existe est Ennahda. Pourquoi ? Non parce que ses dirigeants sont les plus extrémistes (ils semblent au contraire beaucoup plus réfléchis, beaucoup plus rationnels que les salafistes), non parce qu’ils auraient des desseins cachés et inavouables, mais tout simplement parce que ce sont les seuls qui ont un vrai pouvoir ! Nous devons nous méfier d’eux, comme nous devons nous méfier de tous les partis représentés à l’Assemblée constituante. Simplement, puisqu’Ennahdha constitue le plus grand groupe parlementaire, ce sont eux les plus dangereux.



Le CPR et Ettakatol, les vrais maîtres du jeu

Les premières déclarations de certains de leurs ténors ne sont pas à leur avantage, les laissant apparaître comme inexpérimentés ou ignorants. Suppression de la langue française, interdiction de la vente d’alcool, louanges de l’émir du Qatar, (serait-il le nouveau Bey de Tunis ?), instauration du 6e califat, les femmes célibataires et leurs enfants insultés et traînés dans la boue, la liste est bien connue. A chaque fois, le parti dément, et à chaque fois s’ensuit une nouvelle provocation le lendemain. Serait-ce la fameuse preuve de leur double discours ? Dans leur cas, il faudrait plutôt parler de triple ou de quadruple discours, tant leurs idées et propositions varient selon les jours, les auditeurs, et les interlocuteurs ! En réalité, Ennahdha ne maîtrise pas le discours public de ses membres. Il n’est même pas sûr qu’ils sachent eux-mêmes quoi faire du pouvoir. La seule chose certaine, c’est qu’Ennahda est plus un conglomérat d’intérêts divers qu’un véritable parti politique responsable. Ce parti n’agit pas, il ne fait que réagir aux événements. Il ne faut pas les diaboliser, mais il n’y a malheureusement rien de positif à attendre d’eux. Mais jusqu’à quel point doit-on se méfier d’eux ?


Tout d’abord, il faut rappeler qu’Ennahda n’est pas encore le nouveau RCD ! Les islamistes sont minoritaires dans le pays, car les élus d’Ennahdha, 40% des sièges, n’ont obtenu que 37% des voix exprimés. Le scrutin, qui avait été mis en place pour minorer leur influence, les a au contraire favorisés ! Les 63% restants, c’est-à-dire la très grande majorité des votants, ne font pas confiance à Ennahda. Si l’on tient compte de l’abstention, en définitive le vrai vainqueur des élections, les élus d’Ennahdha n’ont réuni que 18% des électeurs potentiels. Ce qui signifie que 82% du corps électoral n’est pas de leur côté. Ils n’ont eu que 89 députés sur 217, les situant loin de la majorité absolue, et encore plus loin de la majorité des deux-tiers. Ils ne peuvent influencer l’écriture de la Constitution que grâce à des alliances. Ces alliances, ils les ont déjà, car le CPR et Ettakatol ont accepté depuis des mois de gouverner avec Ennahda. Du fait de cette alliance, ce sont eux, et non Ennahda, qui détiennent le vrai pouvoir, celui d’écrire la Constitution. Le destin de la Tunisie est donc entre les mains du CPR et d’Ettakatol. Sans eux, Ennahda n’a aucun pouvoir.



La Constitution et la majorité des deux tiers

Certes la formation d’un gouvernement pour gérer les affaires du pays est importante, et urgente. Mais ce n’est rien comparé à l’écriture de la Constitution. Il ne s’agit pas des mêmes enjeux. Un gouvernement relève du conjoncturel. En revanche la Constitution est pérenne. Elle s’impose à tous, et demeure la source principale de toutes les lois. Elle ne peut être rédigée ni à la légère, ni au profit d’une minorité, ni servir de monnaie d’échange contre des postes ou des prébendes. Sa grande force vient de l’ampleur du consensus qui aura entouré son élaboration. Plus le consensus est grand, plus la Constitution est légitime. Autrement dit, un gouvernement dirigé par Ennahdha ne représente pas, en soi, un danger immédiat. En revanche, une Constitution estampillée «Ennahdha» serait une catastrophe, surtout depuis que ses dirigeants prennent la parole pour nous démontrer, un peu plus chaque jour, l’étendue de leur ignorance.


Pour éviter les faux pas et empêcher d’éventuelles manœuvres partisanes, la logique et le sens des responsabilités voudrait que les principaux articles de la Constitution soient adoptés à la majorité des deux-tiers. Les objections prévenant de possibles retards ou blocages des travaux de la Constituante ne sont pas recevables. Les blocages, les désaccords, les obstructions sont normaux en démocratie. Fixer le seuil, pour qu’un article de la Constitution soit adopté, à la majorité simple (50% + 1 voix), simplement pour que l’écriture de la Constituante aille plus vite, puis soumettre l’ensemble du texte constitutionnel à un référendum ensuite, serait une catastrophe. Il est même honteux que M. Mohamed Abbou, un responsable du CPR, se soit récemment prononcé en faveur d’un tel système. Fait-il semblant d’ignorer que n’importe quel texte, aussi médiocre soit-il, passera sans difficulté la soi-disant «épreuve» du référendum ? Il suffit pour s’en convaincre de se rappeler ce qui s’est passé en Egypte le 19 mars dernier, quand une Constitution mal ficelée, qui prolonge le pouvoir des militaires, et donc une forme de dictature, a été approuvée par 77% des votants ! Les Tunisiens sont-ils vraiment supérieurs aux Egyptiens ? Je n’en suis pas du tout sûr. Il est au contraire très probable que le peuple tunisien, fatigué et déçu de son personnel politique, refuse de voter contre le projet soumis, quel qu’il soit, pour ne pas revivre une nouvelle Assemblée constituante. Alors à quoi jouent M. Mohamed Abbou et ses camarades en suggérant un tel scénario ? Nous, qui pensions justement que le CPR n’avait pas peur d’une Assemblée constituante de plusieurs années ?



Le courage politique, le seul garant d’une Constitution juste

Cet épisode n’est pas anodin. Il donne l’alerte sur ce qui est peut-être en train de se tramer ces derniers jours entre les coalisés. Le CPR et Ettakatol sont-ils en train d’échanger des articles de la Constitution contre des postes ministériels? Est-ce l’état d’esprit des futurs candidats à l’exercice du pouvoir ? C’est là que se pose la question du courage politique. La stratégie du CPR et d’Ettakatol ne peut prétendre au soutien de l’opinion que si leur démarche demeure à l’abri du soupçon. Ils peuvent facilement obtenir ce soutien s’il s’avère qu’en cas de divergences fondamentales, ils se montrent intransigeants, c’est-à-dire prêts à aller jusqu’à l’obstruction, la paralysie, ou le départ du gouvernement, pour sauver la Tunisie des projets les plus dangereux d’Ennahda. Ce dernier ne se rend même pas compte des énormités que certains de ses dirigeants professent à longueur de temps ! Il revient dans ce cas à leurs alliés de faire le tri, et de valider chez Ennahda uniquement ce qui fait consensus. On peut faire des compromis dans un gouvernement, mais pas pour une constitution ! Ce n’est pas la même chose !


Ennahda, pour le meilleur et pour le pire, ne changera pas, et il y aura sûrement, tout au long des travaux de cette assemblée, des propositions fantaisistes, ou susceptibles de faire frémir une partie de l’opinion. Mais ses partenaires, s’ils veulent être utiles à leur pays, doivent être prêts à se battre si la situation l’exige. Ils ne doivent pas avoir peur des probables menaces, campagnes d’intimidations, chantages à l’obstruction ou chantage au peuple qu’Ennahda ne manquera pas d’utiliser contre tous ceux qui s’opposeront à ses projets non consensuels. Le destin de la Tunisie est trop important pour qu’ils manquent de courage. Puisqu’ils n’ont pas eu peur de Ben Ali, qu’ils nous prouvent qu’ils n’ont pas peur d’affronter Ennahdha quand cela est nécessaire ! Et à ce moment-là seulement, le CPR et Ettakatol auront prouvé que leur amour du peuple tunisien est plus grand que leur désir d’exercer le pouvoir.

source : http://www.lapresse.tn/21112011/40658/cpr-ettakatol-notre-avenir-est-entre-vos-mains.html

 

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Alger 

Ghannouchi : l'Etat tunisien sera reconstruit sur des bases démocratiques

 

Le président du mouvement tunisien Ennahda, M. Rached Ghannouchi, a affirmé dimanche à Alger que l'Assemblée constituante devant se réunir dans deux jours en Tunisie, permettra la reconstruction d'un Etat tunisien sur de «véritables bases démocratiques» reflétant la «volonté du peuple».

Ce nouveau parlement tunisien permettra la reconstruction d'un Etat tunisien «sur de véritables bases démocratiques qui reflètent la volonté du peuple», a indiqué M. Ghannouchi à l'issue de sa rencontre avec le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), M. Bouguerra Soltani.

La Tunisie, a-t-il dit, «attend cette phase importante de reconstruction de l'Etat qui verra la formation d'un gouvernement d'entente conduit par le mouvement Ennahda avec deux autres partis importants (le parti du Congrès pour la République de Moncef El Marzougui et le Ettakatol de Mustapha Abou Djaffar) ».

M. Ghannouchi a par ailleurs rappelé que M. Hamadi Djabbali, le numéro deux du parti, sera le chef du premier gouvernement d'entente nationale de la Tunisie post-révolution.

Il a estimé que cette alliance ne datait pas d'aujourdÆhui car Ennahda militait, a-t-il rappelé, «aux côtés de ces deux formations contre la dictature».

«La Tunisie veut édifier un modèle de société dans laquelle l'Islam n'est pas synonyme de terrorisme, de fanatisme, d'extrémisme ni d'hostilité à la démocratie».

«Le modèle pour lequel la nation tunisienne milite à travers ses mouvements de réformes depuis le 19e siècle, est un modèle qui concilie Islam, modernité et démocratie», a-t-il encore soutenu.

Il a souligné que sa visite en Algérie intervenait dans cette conjoncture «sensible et importante» que traverse la Tunisie pour tirer profit de l'expérience démocratique algérienne et qu'elle visait à «renforcer les liens de fraternité unissant les peuples algérien et tunisien». M. Ghannouchi a entamé samedi une visite en Algérie.

source : http://www.lexpressiondz.

 

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RACHID EL GHANNOUCHI À ALGER :

«Nous voulons exporter notre modèle de l'islamisme» 

 

En visite depuis samedi pour un séjour de trois jours en Algérie, Rached El-Ghannouchi, leader du parti islamiste tunisien Ennahdha, a expliqué hier devant un parterre de journalistes, réunis au siège du MSP à Alger, les raisons de sa venue dans notre pays.

«Nous ne sommes pas ici pour exporter la révolution tunisienne qui, de toutes les manières n'est pas destinée à être exportée, encore moins pour l'Algérie qui est elle-même un pays de la Révolution», a-t-il indiqué. Et de poursuivre : «Nous souhaitons en revanche exporter notre modèle islamiste», a-t-il martelé non sans provoquer l'étonnement de plusieurs représentants des médias. El-Ghannouchi s'explique ensuite sur les caractéristiques de ce modèle islamiste qu'il entend propager en dehors du territoire de la Tunisie, en Algérie notamment.


«C'est un modèle serein qui se démarque de la pratique du terrorisme et du racisme. Notre modèle favorise également l'art et la création et se démarque complètement des appréhensions soulevées ici et là par des démocrates au sujet de l'islamisme politique», a-t-il déclaré. Ces propos du leader tunisien d'Ennahdha auréolé, faut-il le rappeler, de la victoire de son parti à l'élection de l'Assemblée constituante en Tunisie, ont précédé la réunion de travail à huis clos qui devait le regrouper avec les dirigeants du Mouvement de la société de la paix (MSP) que préside Bouguerra Soltani.


Pour la presse algérienne Rached El Ghannouchi a aussi précisé qu'il  est venu en Algérie sur invitation du président de la République Abdelaziz Bouteflika. Une rencontre entre le chef d'Etat et le  leader d'Ennahdha qui prône un islamisme modéré et défenseur des  libertés est, en effet, prévue pour aujourd'hui, conformément au programme de sa visite qui, précise-t-on ne revêt pas un caractère officiel mais simplement «d'amitié».


Rached El-Ghannouchi,  qui ajoute que sa venue en Algérie obéit également à l'idée de tirer  profit de l'expérience algérienne en termes d'ouverture démocratique, informe en outre de l'installation dans les prochaines 24 heures de la première Assemblée constituante en Tunisie. Cette Assemblée qui sera majoritairement composée des militants d'Ennahdha inclura aussi dans sa composante des militants issus du parti du Congrès pour la République et le parti Ettakatul. 

 

Le deuxième homme d'Ennahdha, futur Premier ministre en Tunisie 

 
C'est de cette Assemblée constituante que sera désigné ensuite le gouvernement tunisien dont le poste de Premier  ministre sera confié à Hamadi Djabali, deuxième homme du parti Ennahdha, a encore déclaré Rached El Ghannouchi. Selon ce dernier, aussi bien l'installation de l'Assemblée constituante que la désignation des membres du gouvernement en Tunisie sont deux opérations qui vont être finalisées dans les heures qui suivent.


«Il ne reste que quelques retouches ultimes qui ont trait notamment au partage des portefeuilles ministériels entre Ennahdha et ses alliés et le tout sera finalisé dans les prochaines  48 heures», a précisé le leader d'Ennahdha. Il rassure en outre  que le régime policier de Ben Ali qui a tant opprimé les Tunisiens et mis dans l'embarras les visiteurs de la Tunisie, les musulmans en premier lieu, est à jamais banni», a déclaré l'hôte de l'Algérie. Pour sa part, le président du MSP Bouguerra Soltani a indiqué que la Tunisie fait face actuellement a deux défis majeurs.


Le premier se rapporte à l'idée de la stabilité qu'il  faudrait instaurer dans ce pays et le second concerne le développement, a t-il énuméré. Outre sa rencontre avec Bouguerra Soltani, des entretiens avec les présidents des deux chambres parlementaires, le SG du  FLN, Abdelaziz Belkhadem ainsi qu'une rencontre avec le chef de l'Etat  sont inscrits au menu du leader d'Ennahdha en Algérie.   

par Karim Aoudia

 

source : http://www.letempsdz.com/content/view/66178/1/

 

 

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D'autres journalistes algériens ne comprennent vraiment pas le sens de la visite de Ghannouchi chez eux ...

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Le leader islamiste tunisien invité officiel

El-Ghannouchi à Alger : erreur de casting ou de protocole ?

 

Par : Djilali BENYOUB

Un geste “malvenu” qui apparaît comme l’expression d’une volonté de recomposer la scène politique à la lumière des “révolutions” détournées.

Le leader islamiste tunisien, Rached El-Ghannouchi, effectue depuis hier une visite de trois jours à Alger, la première depuis la chute de Ben Ali et depuis l’élection de l’assemblée constituante où son parti a remporté la majorité des sièges. 

 
Selon une source diplomatique algérienne, le chef islamiste, qui n’a pas de fonction officielle, vient à Alger pour “une visite d’amitié”. Durant son séjour algérois, il sera accompagné par Abdelkader Bensalah, le président du Conseil de la nation. 
L’on ne sait toutefois pas s’il est officiellement invité à Alger malgré le fait qu’il soit reçu par le deuxième homme de l’État. Sur le plan protocolaire, El-Ghannouchi a bénéficié d’un accueil digne d’un représentant officiel de la Tunisie alors qu’il n’a aucune fonction dans le gouvernement.

 
À quel titre est-il alors venu à Alger ? Après l’épisode de Doha qui a créé une polémique autour de la double rencontre entre le président Bouteflika et Abdeldjalil du CNt libyen, ne sommes-nous pas devant un cas similaire avec ce représentant des frères musulmans tunisiens ?


Encore un cadeau à l’islamisme
 

Après le cadeau offert, et dans quelle circonstance, à l’islamiste libyen, l’Algérie semble accorder un autre à son semblable tunisien. Cela alors que ce pays voisin vient de désigner ses responsables officiels, président et Chef du gouvernement.

 
En agissant avec autant d’égards et de protocole avec le leader islamiste, les autorités algériennes réorientent et recadrent leur position de manière surprenante puisqu’elles lancent un véritable signal aux islamistes, à ceux de la ligue des Frères musulmans. Un signal que ne manquera pas de capitaliser et d’exploiter les islamistes algériens de cette mouvance, eux qui sont à l’affût, prêts à s’engouffrer dans la moindre brèche. Le président de la république semble succomber à la mode qui fait le distinguo entre islamistes extrémistes et modérés pour accepter d’intégrer, sans risque, les seconds dans le jeu politique démocratique et ouvert.

 

Recentrage de la position officielle vis-à-vis de l’islamise

 
Un geste “malvenu” dans ce contexte de volonté et de désir de changement vers plus de liberté et de démocratie dans le monde arabe et au Maghreb. Ce qui apparaît comme une volonté de recomposer la scène politique à la lumière des “révolutions” détournées en accordant un peu plus d’espace aux islamistes pour renforcer leurs rangs dans la région. Partant de cela, c’est une chance inespérée pour les frères musulmans algériens éparpillés et en hibernation de se réveiller à l’approche d’une importante échéance électorale. 
Une réanimation qui va donner des ailes à la ligue et son président El-Karadaoui. Sans oublier Rached El-Ghannouchi qui est son vice-président. El-karadaoui réside depuis des années à Doha d’où il distille des fetwas à la tête du client, selon les intérêts de son pays hôte. 

 
El-Ghannouchi a déjà séjourné à Alger, durant les années 1980, mais son exil algérien n’a pas été accepté en 1991 lorsqu’il a été invité à quitter l’Algérie pour se rendre à Londres où il n’a pas cessé ses activités en prodiguant ses conseils au Fis dissous en pleine ascension et surtout franchement disposé à “muter” la société algérienne. 

 
Les cadres d’Ennahda ont séjourné plusieurs fois à Alger lors de la campagne électorale pour l’assemblée constituante. Ce qui est un indice de plus du recentrage de la position officielle algérienne vis-à-vis de la mouvance islamiste.

 
On s’en est “débarrassé” en 1991, année du début des problèmes algériens dont on connaît la suite, El-Ghannouchi revient par une porte quasi officielle en 2011, à Alger, où il est reçu comme un chef d’état.
À quoi joue alors Bouteflika ? 
 

 

Djilali B.

source : http://www.liberte-algerie.com/actu

Par thala solidaire.over-blog.com - Publié dans : Tunisie : Gouvernement Hamadi Jebali
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