Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 20:11

La photo du jour : Ghannouchi et la falsification de l’Histoire

Hasard de la photo, l’ironie du sort, la revanche d’un homme ou, plutôt, un accident de l’Histoire ? 

 Ce cliché a été pris ce matin, lundi 15 octobre 2012 à Bizerte à l’occasion de la Fête des martyrs. Rached Ghannouchi, chef d’Ennahdha, seul devant la Garde présidentielle. 

 

Ghannouchi rend hommage aux martyrs et déclare « qu’ils sont morts à cause du narcissisme de Bourguiba. »

Rached Ghannouchi a réussi la symbolique, a eu sa revanche et tente son baroud d’honneu:falsifier l’Histoire. 
 

Il se croit vainqueur et il pense qu’il peut écrire l’Histoire à sa manière.

 
Mais Bourguiba n’est pas mort, il est encore vivant et il hante l’esprit de Ghannouchi. 
L’homme de l’Indépendance et fondateur de la Tunisie moderne n’est pas mort, car il a enfanté des hommes. Des millions d’hommes et de femmes qui n’accepteront pas de voir souillée l’œuvre de leur père ! businessnews

 

 

_____________________________________

راشد الغنوشي:" شهداء معركة الجلاء هم ضحــايـا نرجسية بورقيـبة "

 

صرّح زعيم حركة النهضة راشد الغنوشي اليوم على هامش الإحتفال بعيد الجلاء في بنزرت" أن الشباب الذي استُشهد في هذه الأحداث والذي أتى من مختلف مناطق الجمهورية لم يتم إعداده لمواجهة الرصاص الحي وزُج به في محرقة فقط لإرضاء نرجسية الزعيم الراحل الحبيب بورقيبة"

 

ومن جهة أخرى أفاد راشد الغنوشي أن وزارة الداخلية هي الجهة المسؤولة عن توجيه الدعوات لحضور فعاليات الإحتفال بعيد الجلاء.

shemsfm

 

____________________________________________________________________________________________

Ghannouchi, l'illusionniste

 

 

Le doute a longtemps plané, il n'est aujourd'hui plus de mise. En tout cas plus concernant Rached Ghannouchi, chef emblématique des islamistes ­d'Ennahdha, qui s'était pourtant évertué jusqu'ici à rassurer ses compatriotes et la communauté internationale.

 

À longueur d'interviews ou de déclarations, il n'avait que les mots « tolérance », « ouverture », « modernité » et « liberté » à la bouche. Vantait sans cesse les mérites du modèle turc, jurait qu'il ne voulait rien imposer à qui que ce soit et que l'islam prôné par son mouvement ne devait inquiéter personne. Mais voilà, il s'est pris les babouches dans le tapis. Internet a fait le reste : il tombe le masque dans deux vidéos qui font désormais le tour de la Toile.

 

Dans la première, il s'entretient avec deux salafistes. La seconde est un enregistrement téléphonique avec le cheikh Béchir Ben Hassen, figure des extrémistes religieux. En guise du « serrage de vis » à leur égard annoncé, Docteur Rached y cède la place à Mister Ghannouchi, et ses propos font froid dans le dos. En résumé, il reconnaît que les islamistes ne sont pas encore assez puissants pour imposer leurs vues, malgré le chemin parcouru depuis la révolution.

 

Qu'il convient donc de « compléter ce capital en envahissant le pays avec des associations, des écoles. Partout ! » Il enjoint les salafistes à la patience :


« Maintenant, on n'a pas une mosquée, on a le ministère des Affaires religieuses ! On n'a pas une boutique, on a l'État ! Donc il faut attendre, ce n'est qu'une question de temps. [...] Mais pourquoi êtes-vous pressés ? » Et de citer l'échec du Front islamique du salut (FIS) algérien, qui aurait dû faire de même. Alger appréciera... Les laïcs ? Des suppôts de l'ex-RCD de Ben Ali. La police, l'armée, l'administration ? Aux mains de ces derniers. La charia ? Bientôt... Son projet ? Une théocratie à bâtir pierre par pierre et en catimini.

 

Un discours aux antipodes de celui tenu dans les interviews qu'il nous a accordées en août dernier (J.A. no 2692-2693) ou en janvier... 1990, il y a plus de vingt ans (J.A. no 2653). Mais Ghannouchi n'est ni Janus ni atteint de troubles de la personnalité. L'homme le plus influent du pays est peut-être aussi le plus malin, un véritable Houdini de la politique. Il a longtemps su cacher son jeu. Mais la modernité, qu'il ne semble guère goûter, vient de lui jouer un bien mauvais tour. Une caméra, qui n'était pas cachée - tous les entretiens de Ghannouchi sont filmés par son staff -, internet, les réseaux sociaux et patatras !

 

Le cheval de Troie s'est transformé en éléphant dans un magasin de porcelaine. Et c'est tant mieux : le fond de la pensée de Ghannouchi ne sera plus jamais ce triangle des Bermudes où tant de ses détracteurs se sont perdus. Maintenant, les choses sont claires. Et les Tunisiens pourront enfin choisir en toute connaissance de cause. Merci l'artiste... Jeuneafrique

 

 

 

 

 

_______________________________________________________________

 

 

 

 

_______________________________________________________________________________________________________

 

15 octobre 1963 - 15 octobre 2012… Glorieuse Bizerte!

 

 

Occulté par le régime déchu du président Ben Ali, la commémoration du 15 octobre 1963 retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesses. Celui-ci a dépassé le cadre de la Tunisie. La Tunisie avait engagé une bataille sur le terrain tunisien mais aussi sur la scène internationale, notamment à l’ONU (Organisation des Nations unies), où elle avait été appuyée par les pays nouvellement indépendants d’Afrique et d’Asie. Et même au-delà.

 

15 octobre 2011. Le président de la République de la première période de transition, qui suit, en Tunisie, le déclenchement de la révolution du 14 janvier 2011, Foued Mebazaa, et le gouvernement au complet conduit par le Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, se retrouvent devant le monument au cimetière des martyrs de Bizerte.

 

La première chaîne de la télévision publique tunisienne, devenue, depuis les premiers jours de la révolution, Al Wataniya 1, diffuse de nombreux extraits de la cérémonie. Elle présente notamment une scène au cours de laquelle les premiers responsables du pays se retrouvent, sous une pluie battante, avec des militants bizertins qui ont mené la bataille de Bizerte (1961-1963) et qui s’est terminée par l’évacuation de l’armée française le 15 octobre 1963.

 

Fin de 82 ans de présence militaire française

L’événement était resté dans la mémoire -et pour cause- de tous les Tunisiens qui avaient vécu une période héroïque du pays. «Le 14 octobre, le contre-amiral Vivier, dernier commandant de la Base stratégique de Bizerte, signe l'ordre du jour dont une partie indique: «La mission à Bizerte des forces armées françaises prend fin». Le lendemain, le 15 octobre, le capitaine d'artillerie, Louis Muller, amène le pavillon français, mettant ainsi fin à 82 ans de présence militaire française à Bizerte. (Voir, à ce propos, Patrick-Charles Renaud, «La bataille de Bizerte (Tunisie) 19 au 23 juillet 1961», éd. L'Harmattan, Paris, 2000, pp. 14-15)

 

La bataille déclenchée, donc, en juillet 1961 finira par la rétrocession par la France de la base militaire de Bizerte qui constitue le dernier épisode de l’indépendance de la Tunisie. La ville a chèrement payé cette lutte finale. «Un communiqué officiel tunisien fera état d'un total de 630 morts et 1.555 blessés». (Voir, à ce propos, Tahar Belkhodja, «Les trois décennies Bourguiba. Témoignage», éd. Publisud, Paris, 1998, p. 59).

 

La commémoration de l’événement avait, ce 15 octobre 2011, un goût particulier. Il a constitué, pour ainsi dire, un certain retour aux sources. Après avoir un temps accepté que l’anniversaire du 15 octobre 1963 soit fêté et chômé, l’ancien président déchu, Zine Al Abidine Ben Ali, avait décidé de l’enlever de la liste des journées chômées.

 

Une valeur très symbolique

Ce qui n’était pas du goût de nombreux Bizertins et de militants pour l’indépendance de la Tunisie qui en ont vu un mauvais signe. Le président déchu avait, pour eux, envoyé un message qui ne prenait pas en considération la valeur très symbolique de l’événement.

 

Ce dernier constitue encore aujourd’hui un événement glorieux qui a dépassé le cadre de la Tunisie. La Tunisie avait engagé une bataille sur le terrain tunisien mais aussi sur la scène internationale, notamment à l’ONU (Organisation des Nations unies), où elle avait été appuyée par les pays nouvellement indépendants d’Afrique et d’Asie. Et même au-delà. «Le 25 août 1961, l’Assemblée générale de l’ONU condamne la France en adoptant une résolution des pays afro-asiatiques par 66 voix contre 0 pour et 30 abstentions en l'absence de la délégation française qui la rejette aussitôt». (Tahar Belkhodja, cité plus haut, p. 49).

 

Bien au-delà de la Tunisie, l’événement a été, en effet, perçu comme une grande victoire sur le colonialisme. Et c’est, donc, tout à fait normal que le colonel Jamal Cadenasser, alors grand leader du monde arabe et héraut du nationalisme arabe triomphant, fait, le 15 décembre 1963, le déplacement de Bizerte pour fêter avec Bourguiba, auréolé d’une nouvelle victoire sur le colonialisme français, l’évacuation de Bizerte.

 

Rien de plus normal que de nombreux Bizertins et militants de l’indépendance de la Tunisie n’aient pas apprécié la tiédeur des festivités marquant l’anniversaire du 15 octobre 1963. Le président déchu se déplaçait certes à Bizerte pour poser une gerbe de fleurs au monument du cimetière des martyrs. Mais c’était pratiquement tout. Ni programme spécial dans les médias encore moins des grands meetings marquent l’anniversaire.

 

D’ailleurs, il faut dire que le 15 octobre 1963 n’était pas le seul événement que le 7 Novembre a voulu occulter. Il y a également celui du 18 janvier 1952 qui marque le déclenchement de la grande révolte tunisienne sur le colonialisme français. En cette date, la France avait décidé d’arrêter une vingtaine de militants destouriens, dont le leader Habib Bourguiba, et les avait éloignés dans le sud tunisien.

 

Trois jours plutôt (le 15 janvier 1952), le leader Habib Bourguiba, dans un discours historique, avait lancé un appel clair et net pour la lutte armée contre le colonialisme français. Le discours avait eu lieu à Bizerte.  webmanagercenter

Partager cet article

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Religion _ L'Islam politique _ Salafistes_ Chokri
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : thala solidaire.over-blog.com
  •  thala solidaire.over-blog.com
  • : ThalaSolidaire est dédié à la ville de Thala, ville phare de la Révolution tunisienne. Thala est une petite agglomération du centre-ouest de la Tunisie. Elle est connue pour son histoire antique, ses sources, ses carrières de marbre, devenues une sorte de tragédie écologique et économique, sa résistance et sa misère. Thala solidaire a pour objectif de rassembler toutes les voix INDIGNÉES pour donner à cette terre ainsi qu'à toutes autres terres un droit à la vie et à la dignité…
  • Contact

Recherche

Vidéos

Catégories