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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 07:12

Le programme des festivités populaires du 13 Août

 

La fête de la Femme sera, bon gré mal gré, célébrée, lundi soir à Tunis. Les organisateurs demandent à ce que le 13 août au soir soit tout en bougies, gerbes de fleurs, affiches et autres symboles.


Parmi les organisateurs de la fête nationale de la femme (coïncidant avec la promulgation du Code du statut personnel, le 13 août 1956), qui aura lieu lundi à partir de 21 heures (une marche à partir de la Place 14 janvier vers le Palais des Congrès en passant par l’avenue Mohamed V), un collectif des femmes représentantes de la société civile, le Parti républicain, la Voie démocratique, Nida Tounes, la Commission nationale des femmes de l’Ugtt, la Coalition pour les femmes de la Tunisie, le Réseau Doustourna et plusieurs autres associations (celles des Femmes et leadership, des Femmes démocrates, d’Al Amana, de Touensa, de Sanabel, d’Al Karama, Alwan Tounes…), ainsi que l’Association tunisienne des Juristes et l’Association pour l’emploi et la citoyenneté.


Pour avoir affiches et autocollants, les militant(e)s doivent contacter les organisateurs. Pour ceux de la Voie démocratique, il faut se présenter – une  petite heure avant la marche – au siège du parti afin de récupérer affiches au logo du parti en blanc et bleu.


Au programme après la marche, un meeting au Palais des congrès de Tunis. Il y aura la lecture du Code du statut personnel (Csp), des interventions de plusieurs personnalités (Maya Jeribi, Slaheddine Jourchi, Sana Ben Achour, et autres avocats des familles des martyres et blessés de la révolution), ainsi que de la musique avec Zine Haddad, un petit mot de la cinéaste et députée Selma Baccar. Raja Farhat présentera aussi un extrait de sa pièce ‘‘Bourguiba’’, qui connaît un franc succès en Tunisie et ailleurs. kapitalis

 


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L’UGTT exprime son attachement aux acquis de la femme

 

A l’ occasion de la célébration, le 13 août prochain, de la fête nationale de la femme, l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) a réaffirmé son attachement à tous les acquis sociaux dont en premier lieu le Code du statut personnel et l'inscription des droits de la femme dans le texte de la nouvelle constitution.

Dans un communiqué publié par la centrale syndicale, l'UGTT met l'accent sur la nécessité de garantir les droits socioéconomiques des femmes dont notamment le droit à l'emploi et à l'égalité de rémunération et de traitement, loin de toutes formes de discrimination.
« La préservation des droits de la femme doit figurer parmi les priorités d'action du gouvernement, des partis et des associations afin de consacrer davantage les valeurs de la modernité et de la tolérance », indique l’UGTT.

Par ailleurs, le communiqué souligne l'impératif de mettre en place des programmes éducatifs visant à promouvoir les valeurs de modernité et à renforcer les structures sociopolitiques sur la base des valeurs universelles, de la pensée éclairée et du rejet du fanatisme.
L'UGTT souligne, en outre, l'importance du rôle dévolu à la femme dans l'édification de l'Etat et le développement de la société. 
businessnews

 

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La société civile dénonce l'art 28 de la Constitution comme une régression des acquis de la femme

 

La scène politique tunisienne qui célèbre le 13 août la fête de la femme est profondément partagée et choquée par les contenus annoncés du projet de l'article 28 de la constitution qui font référence à "une complémentarité" entre la femme et l'homme.

Plusieurs ONG et partis politiques appartenant à la mouvance progressiste ont qualifié le projet de l'article 28 de la constitution comme une régression par rapport aux attentes de la femme tunisienne qui aspire à une égalité totale et sans équivoque.
Il s'agit aussi selon les composantes de la société civile d'une remise en cause d'un projet de société qui s'est construit volontairement et de manière progressive par les Tunisiens depuis l'indépendance.

Le débat houleux au sein de la commission "des droits et libertés" relevant de l'Assemblée constituante autour de cet article a été qualifié comme le prémisse d'une régression des acquis réalisés par la femme tunisienne et une négation des slogans scandés par les manifestants le 14 janvier 2011 appelant à une égalité totale entre tous les Tunisiens.

L'article 28 qui énonce "une complémentarité entre l'homme et la femme" avait été qualifié par certains constituants "comme une maladresse de rédaction" d'autant plus qu'il se présente en porte-à-faux avec l'article 22 du même projet de constitution énoncant clairement "l'égalité" entre l'homme et la femme.


Concernant cet aspect, Mme Farida Labidi (Ennahda) n'a pas manqué de préciser lors d'un débat avec des femmes juristes que l'article 22 a été voté en l'absence des représentants d'Ennahda alors que l'article 28 il a été voté par 12 voix (9 Ennahda, 1 du groupe liberté et dignité, 1 du groupe mouvement wafa et 1 du CPR).

Une mobilisation générale des associations féminines s'est organisée pour demander l'affirmation "sans équivoques" de l'égalité entre l'homme et la femme.


Cette revendication de la société civile date bien avant la révolution du 14 janvier puisque l'article 6 de la Constitution de 1959 fait aussi défaut à ce propos dans la mesure où il s'est limité à énoncer l'égalité des droits et devoirs entre "tous les citoyens" sans référence aux spécificités du genre ce qui laissent libre cours à l'interprétation.

Mme Labidi a aussi dénoncé la levée de bouclier médiatique concernant l'article 28 "Il s'agit d'une campagne de désinformation de l'opinion publique", a-t-elle dit.

"Je pense que la femme tunisienne est plutôt préoccupée par la garantie de son droit à la santé, à l'enseignement, à l'éducation, à l'emploi, à l'accès aux postes de décision, à la dignité et à garantir les conditions d'une vie digne à la femme rurale" a-t-elle encore dit.

L'article 28 de la constitution tel qu'il a été proposé par la commission des libertés et des droits, qui fait l'objet depuis quelques semaines d'une grande polémique, est qualifié par un collectif de la société civile comme "une grande régression pour l'ensemble de la société tunisienne".

Une déclaration a été publiée dans ce sens le 4 août courant par ce collectif composé de l'Association des femmes démocrates, l'association des femmes tunisiennes pour la recherche et le développement, la Ligue tunisienne de défense des droits de l'homme, la Commission femme de l'UGTT, la section tunisienne d'Amnesty international et le conseil national des libertés.

Ce projet "est une atteinte aux acquis de la femme et vient consacrer une approche paternaliste qui donne à l'homme un pouvoir absolu tout en reniant à la femme son droit de citoyenne à part entière", précise le collectif.

Le collectif des associations dénonce aussi le fait que dans le texte proposé on ne reconnaît pas la femme comme étant "un être indépendant" et "une citoyenne ayant des droits humains et des libertés tout autant que l'homme".

La femme est plutôt définit dans ce texte par rapport à l'homme qu'il soit le père, le mari ou le frère, précise ces associations.

Pour le juriste Kais Said il est nécessaire de tenir la question des droits et des acquis de la femme "loin des tractations politiques et électoralistes", a-t-il dit. 
Pour trancher cette polémique, cet expert du droit constitutinnel a proposé d'inclure les droits de la femme et ses acquis dans le texte "d'un pacte des droits humains et du citoyen" qui serait élaboré par l'assemblée constituante et soumis à referendum pour avoir par la suite "une valeur juridique supérieure à celle de la constitution", a-t-il dit.
Selon M. Said il n'y a aucune raison d'inclure dans la Constitution la notion de "complémentarité" dans la mesure où "ce concept ne revoie a aucune référence juridique".

La question de l'égalité entre l'homme et la femme doit être inscrite comme un fondement de base partant du principe universel de "l'égalité entre tous les citoyens".
babnet

 

 

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Menace sur les droits des femmes en Tunisie

Un article de la future constitution fait polémique en Tunisie. Passant sous silence le principe d'égalité, il instaure la notion de complémentarité entre hommes et femmes. Un texte inacceptable pour les féministes, militants des droits l'homme et responsables syndicaux qui appellent à manifester lundi 13 août 2012, date anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel. 
Rassemblement devant le siège de l'assemblée constituante le 9 août 2012.

« l'État assure la protection des droits de la femme sous le principe de complémentarité avec l'homme au sein de la famille en tant qu'associée de l'homme ». Adopté le 1er août dernier par une commission de l'Assemblée mais devant être encore adopté en séance plénière, cet article de la futur constitution a fait sursauter les associations de femmes et les ONG défendant les droits humains. 


« Il fait de la femme un appendice de l'homme,dénonce Souiad Rejeb de l'Association tunisienne des femmes démocrates. La Tunisienne n'est plus considérée comme une citoyenne à part entière. Elle est réduite à un rôle de complément. Si on laisse passer ce texte, c'en est fini du principe d'égalité entre les sexes. » 

Dans une Tunisie toujours aussi tumultueuse, les réactions ont été immédiates. Une pétition a été mise en ligne et un premier rassemblement a eu lieu le 9 août devant le siège de l'assemblée constituante pour exiger le retrait du texte. Mais les protestataires ne veulent pas en rester là. Les associations féministes,la Ligue des droits de l'homme, la puissante centrale syndicale UGTT ainsi que les partis d'opposition appellent de nouveau à manifester lundi 13 août à Tunis, ainsi qu'à Paris, à l'occasion du 56e anniversaires du Code du statut personnel. 

L'ancien président Bourguiba saluant un groupe de femmes.
Un héritage menacé 

Promulgué le 13 août 1956, dans la foulée de l'indépendance et avant même l'adoption de la première Constitution post-coloniale, le Code du statut personnel rassemble une série de lois inédites dans le monde arabe faisant de la femme l'égale de l'homme : interdiction de la polygamie et de la répudiation, instauration du divorce, reconnaissance du mariage uniquement sous consentement mutuel des époux. Un héritage du régime Bourguiba que les féministes tunisiennes veulent à tout prix préserver face à la menace islamiste que présente le parti Ennahda au pouvoir depuis leur victoire aux élections d'octobre 2011. 

« J'ai étudié tous les discours d'Ennahda dans les années 80 [sous le régime Ben Ali quand les représentants du parti étaient contraints à l'exile, NDLR]. Ils étaient tous contre les droits des femmes. Leur objectif, c'est de renvoyer les femmes à la cuisine et de réinstaller la polygamie, affirme d'un ton ferme la militante Souiad Rejeb. Avant même les élections, ils ont calomnié toutes les femmes démocrates ! » 

De son côté, le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi, qui avait promis après sa victoire électorale qu'il ne toucherait pas au Code du statut personnel, a tenté de minimiser la controverse. « Certains députés ont vu dans cette formulation un recul sur les principes fondamentaux comme celui de l'égalité mais ce principe fait l'objet d'un accord entre Ennahda et ses partenaire », a t-il assuré, faisant référence à ses alliés de gauche, Ettakatol et le Congrès pour la république du président Moncef Marzouki. 

Pour Souiad Rejeb, pas question de se laisser embobiner. « Avec Ennahad, c'est toujours un pas en avant, deux pas en arrière. Ils lancent des petites bombes et voient comment l'opinion réagit. Mais on ne se laissera pas faire. J'ai confiance dans les femmes tunisiennes. » 
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Entretien dans le journal Afrique de TV5MONDE avec la psychanalyste Nédra Ben Smaïl, auteure de Vierges ? la sexualité des Tunisiennes

tv5

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Femmes et révolution
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