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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 01:34

Les Tunisiens entre l’inflation et les apprentis-sorciers du FMI

 

http://mag14.com/images/stories/2013/Janvier/fmi-tunisie.jpg

Peut-on réellement espérer une sortie de crise, et l’apaisement des régions, en suivant les mêmes recettes économiques qui ont justement mené à la Révolution ? Il est permis d’en douter. En attendant, on annonce l’augmentation des prix du carburant.

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Le prix de l’essence augmentera de 100 millimes/litre et le Gasoil  de 80 millimes/litre. Et la facture de la Steg sera désormais plus pesante, puisqu’une augmentation de 7% sera appliquée, prochainement, sur l'électricité destinée à la consommation non familiale.

En revanche, le ministre des Finances, M. Elyes Fakhfakh, a annoncé, lors d'une conférence de presse, tenue ce lundi 4 février, au siège de la Banque centrale de Tunis (BCT), que le prix du pétrole lampant et celui des bouteilles de gaz de pétrole liquéfié (GPL) destiné à l'usage domestique resteront inchangés.

Ces augmentations, dont la date de mise en application n'a pas été encore fixée, permettront, selon le ministre, d'alléger la charge de la subvention que l'Etat assume. Faut-il y voir la patte du Fond Monétaire International  dont une mission a séjourné ces jours-ci en Tunisie ? Certainement en partie.

Puisque le responsable a affirmé que «le ministère des Finances se penche, actuellement, en collaboration avec le FMI et l'Institut national de la statistique (INS), sur l'élaboration d'une étude approfondie sur le système de subvention en Tunisie». Et on apprend ainsi que «des reformes structurelles seront programmées à même d'orienter les subventions aux personnes qui ont en vraiment besoin à la lumière des résultats de cette étude».

Or d'après les premiers indicateurs de cette étude, publiés par l’agence Tap, «seulement 10% des familles tunisiennes démunies et 70% de la classe moyenne en Tunisie bénéficient du système de subvention, alors que les hôtels et les restaurants en profitent à 22%».

M. Fakhfakh a précisé que le «réajustement partiel permettra également de réduire le volume de la subvention, programmé dans le cadre du budget de l'Etat pour l'exercice 2013, en le portant de 4700 millions de dinars(MD) à 4200 MD».

 

Les émeutes du pain
 

Reste maintenant à savoir si les «réformes structurelles» en question ne toucheront pas aussi de plein fouet le portefeuille des classes moyennes dont le pouvoir d’achat a été sérieusement malmené par la crise. Et en l’occurrence, les Tunisiens ont vécu dans leur chair les velléités «d’ajustement structurel» préconisées par le FMI dans les années 80 du siècle dernier.

Pour ceux qui l’auraient oublié, la décision de «réduire» le déficit de la caisse générale de compensation en 1984, avait conduit à la flambée des prix du pain, des pâtes, et autres produits de première nécessité. L’Etat a dû reculer face aux émeutes du pain, réprimées dans le sang. Et à l’époque, le pouvoir n’avait pas réellement prévu cette flambée soudaine de violence entamée dans la rue tunisienne exsangue. Sauf que les indicateurs et la politique économique choisie laissaient clairement envisager le pire. Le même scénario pourrait-il se répéter ?

Certes, aujourd’hui, il n’a pas été question (pas encore ?), de baisser la subvention de l’Etat au niveau de produits essentiels dans le quotidien du Tunisien moyen. Sauf que celui-ci est déjà à bout de force, puisque son niveau de vie ne cesse d’être grignoté par l’inflation. Et dans un contexte politique particulièrement instable, une nouvelle grogne sociale risquerait de donner un coup fatal à la transition. Peut-on réellement espérer une sortie de crise, et l’apaisement des régions, en suivant les mêmes recettes économiques qui ont justement mené à la Révolution ? Il est permis d’en douter. Attention, danger. mag14

 

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FMI : La Tunisie continue de s’endetter, un « crédit de choc » de 2,7 milliards de dinars 

 

Un accord de confirmation à titre de précaution pour un montant de 2,7 milliards de dinars qui seront mis à la disposition de la Tunisie aux fins d’utilisation au cas où le besoin s’en ferait sentir, et dès la survenance d’un événement justifiant le recours à ces fonds, comme par exemple des évolutions de conjoncture au sein de l’Union européenne affectant directement et négativement l’économie tunisienne. Souvent utilisé par les pays à revenu intermédiaire et plus récemment par des pays avancés, l’accord de confirmation est remboursable sur 5 ans avec une période de grâce de 3 ans et un taux d’intérêt de 1,1%. Ce crédit s’étale sur une période de 12 à 24 mois et pourra aller jusqu’à 36 mois, mais pas au-delà.

Ayant pour objectif de s’attaquer à des problèmes de balance des paiements à court terme, ce crédit devrait être utilisé dès lors que la Tunisie n’aurait pas l’intention de faire des tirages sur les montants approuvés mais conserverait l’option d’y recourir en cas de besoin.

Les négociations sont en cours entre la Tunisie et le Fonds monétaire international (FMI) pour finaliser les ultimes détails. Aucun accord n’a été conclu à ce jour. Les discussions devraient être achevées vers la fin du mois de mars prochain en vue de sa présentation au cours d’un Conseil ministériel, début avril 2013.

C’est dans ce cadre, déjà, que le gouverneur de la Banque centrale, Chedly Ayari, a tenu ce lundi, 4 février 2013, une conférence de presse pour apporter des précisions sur cette ligne de crédit et couper cour à toutes les interprétations.

 

Le retrait pour 2014 !

 

En effet, selon Chedli Ayari, cet accord n’aura pas d’effets négatifs sur l’endettement de la Tunisie, car il faut faire la différence entre s’endetter pour investir et s’endetter pour consommer.

Il a expliqué également que cette ligne de crédit sera utilisée seulement, en cas de choc exogène. Selon les premières prévisions, les 2,7 milliards de dinars ne seront pas retirés en 2013, mais très probablement, durant l’année 2014. D’après lui, plusieurs pays dans le monde parmi ceux qui n’ont pas connu de crise, ont sollicité déjà ce type de crédit.

A la question d’Africanmanager de savoir s’il s’agit d’un programme d’ajustement structurel (PAS) ou non, le gouverneur de la BCT, a indiqué que cette opération n’a rien à voir avec le PAS : « Nous ne sommes ni dans la culture ni dans le système d’un PAS », a fait savoir le gouverneur de la BCT, en soulignant que la Tunisie a besoin de financements externes et qu’il n’existe pas de solutions miracles pour faire évoluer les choses : « Il faut chercher ailleurs sinon il n’y aura pas ni croissance, ni salaires », a-t-il affirmé.

Selon lui, le recours au financement externe doit être maîtrisé plutôt au niveau de son volume, son taux et son utilisation.

 

Chedli Ayari prend le contrepied de Jacques Attali !

 

D’autre part, Chedly Ayari s’est inscrit en faux contre ce qu’avait soutenu l’économiste français, Jacques Attali, en faisant savoir que le taux de l’endettement de la Tunisie se situe actuellement à 46% du PIB, et que selon les projections de la BCT, ce taux restera inchangé jusqu’à l’année 2016.

Il a ajouté que l’endettement extérieur ne serait catastrophique que s’il était utilisé pour couvrir les dépenses de l’Etat, ce qui n’est pas le cas pour cet accord visant à créer de la richesse et de la valeur pour le pays : « Il ne faut pas être mythifié par les chiffres. On est conscient de l’endettement et on va essayer de le maîtriser », a-t-il déclaré.

 

On n’a pas gagné la bataille !

 

Au sujet de la situation économique du pays, Chedly Ayari a expliqué que « Nous ne sommes pas sortis de la récession, mais on n’a pas gagné encore la bataille. Il faut avoir une visibilité politique claire, car la demande est aujourd’hui forte pour clarifier la feuille de route du gouvernement.

De son côté, Amine Mati, chef de division adjoint au FMI, akah précisé que le FMI est intervenu suite à l’appel de la Tunisie pour engager des réformes financières, améliorer le climat des affaires, et s’attaquer, entre autres, au chômage et aux disparités régionales.

Dans un communiqué, la mission du FMI, a souligné, quant à elle, que les négociations sont à un stade avancé pour arriver à un accord de confirmation à titre de précaution pour un montant de 2,7 milliards de dinars. « La mission a soumis ses observations sur le programme du gouvernement aux autorités tunisiennes. Elle maintiendra un contact étroit avec celles-ci, lors de la finalisation des derniers détails de ce programme de réforme, et pour atteindre les objectifs budgétaires qu’elles se sont fixées pour l’année 2013. Au cours des prochaines semaines, la mission continuera à travailler avec les autorités tunisiennes pour finaliser l’accord de confirmation qui appuiera le programme économique du gouvernement en vue de sa présentation au Conseil d’Administration du FMI en mars 2013 ».

 

Hausse des prix des carburants et de l’électricité !


Lors de cette rencontre, le ministre des Finances, Elyes Fakhfakh a confirmé de nouveau l’augmentation prochaine des prix des carburants et de l’électricité. L’augmentation envisagée des prix de l’essence aura le même niveau que celle annoncée en septembre 2012, soit de 100 millimes le litre, tandis que celui du gasoil serait de 80 millimes.

Le ministre des Finances a révélé, également, que la facture de la STEG sera augmentée de 7%. Il a précisé, par contre, que cette augmentation va concerner le secteur industriel (haute tension), et non pas les ménages.

L’augmentation va concerner aussi les prix des cigarettes. La valeur de la hausse n’est pas encore définie.

Au sujet de la situation financière du pays, Elyes Fakhfakh a déclaré à Africanmanager qu’il s’agit d’une situation difficile mais qui n’est pas catastrophique. « On n’est pas dans une zone rouge. On va renouer avec une croissance positive et ramener la confiance dans l’investissement à travers la mise en place de plusieurs réformes structurelles », a-t-il assuré.  Khadija Tabouli africanmanager

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Économie_ Environnement_(Lampedusa)
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