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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 06:04

Des caricatures de Mahomet mènent en prison


Deux jeunes tunisiens ont été condamnés à sept ans de prison pour avoir publié des caricatures de Mahomet sur Facebook. C’est une peine sans précédent pour une affaire de ce type en Tunisie.

Sept ans et demi de prison. C’est la peine à laquelle ont été condamnés deux jeunes tunisiens le 28 mars pour avoir publié sur Facebook des caricatures de Mahomet rapporte le site Tunisia Live. La sentence est susceptible d’appel. Selon le jugement, Jabeur Mejri et Ghazi Beji, le premier ayant été arrêté alors que le second est en fuite en Europe, sont condamnés à cinq ans de prison, 1200 DTN d’amende pour "diffusion de publication et des écritures et d’autres sources étrangères qui troublent l’ordre public", deux ans d’emprisonnement pour "apport de préjudice aux tiers à travers les réseaux publics de communication" et six mois de prison "pour transgression de la morale et par les paroles".

Bochra Belhaj Hmida, avocate et ex-président de l’Association tunisienne des femmes démocrates, s’est mobilisée pour défendre ces deux jeunes et mobiliser la société civile explique Tunisia Live , elle estime « absurde que les deux jeunes hommes soient poursuivis pour des actes si insignifiants alors que ceux qui ont commis des actes de terrorisme en Tunisie sont libres ».

Cette condamnation est une première en Tunisie alors que d’autres jugements symboliques se profilent comme le procès du directeur de la télévision privéeNessmaTv qui va être jugé après la diffusion du film d’animation franco-iranien Persépolis.afrik

 

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 Deux athées condamnés à la prison

 

Au départ, cela ressemble à l’une de ces rumeurs dont sont infestés les réseaux sociaux. Mais l’affaire est authentique : deux Tunisiens ont été condamnés le 28 mars par le tribunal correctionnel de Mahdia à sept ans de prison ferme et à 600 euros d’amende pour la publication d’ouvrages et de dessins défendant l’athéisme et critiquant l’islam.

Jaber El Majri, professeur d’anglais, avait publié sur page Facebook des dessins particulièrement crus, où il représente par exemple un porc sur la Kaaba (la pierre noire de la Mecque), et des propos assez virulents par lesquels il exprime sa haine des Arabes et son soutien au Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. Il est actuellement en détention.

Le second, considéré comme son complice, Ghazi El Beji, est l’auteur d’un petit roman publié en ligne, intitulé « L’Illusion de l’islam », dans lequel il met en scène le prophète Mohamed et son épouse Aïcha. Il est actuellement en fuite à l’étranger. Les faits sont clairement décrits dans l’excellent travail d’enquête des blogueuses Henda Hendoud etOlfa Riahi.

L’athéisme « plus grave que le meurtre »

Foued Cheikh Al Zouali, l’avocat qui a porté plainte à la demande de simples citoyens, comme les policiers qui entendu les deux accusés, insistent pour dire que les poursuites ne sont pas motivées par les convictions des deux jeunes hommes, mais par leurs actes, en l’occurrence, leurs écrits.



 

La traduction des termes de la condamnation

Des faits qui relèvent notamment de l’article 121 ter du code pénal sanctionnant les publications «  de nature à portée atteinte à l’ordre public et aux bonnes mœurs  ». Le même texte invoqué contre le directeur du quotidien Ettounsiya.

Cette disposition était utilisée autrefois contre les opposants au Président Ben Ali. Entre autres l’actuel ministre de la Réforme administrative, Mohamed Abbou, à l’époque où il dénonçait la torture.

Mais les termes de l’avocat, qui évoque à propos de Ghazi el Béji le «  complice d’athéisme  » de Jaber el Majri, «  un crime plus grave que le meurtre  », trahissent le grief à l’origine de la plainte. De même, le résumé de l’ouvrage « L’Illusion de l’islam » par la police mentionne :

«  Doute de l’existence de Dieu, doute de l’existence d’une religion nommée Islam, doute de l’existence du Prophète Mohamed, avec justificatifs du doute comme y insiste l’auteur  ».

Aucune mention d’un quelconque «  trouble public  » avéré et effectif.

Pas besoin de la charia pour emprisonner

Cette histoire apporte plusieurs enseignements. Tout d’abord qu’il n’a pas été nécessaire d’inclure la charia dans la Constitution ou de modifier son article 1er qui stipule que la religion de la Tunisie est l’islam, ni même de rédiger une nouvelle loi, pour envoyer quelqu’un en prison pour blasphème.

La lettre de la loi n’a pas changé, mais de tout évidence la pression sociale et l’esprit dans lequel les magistrats interprèteront la Loi, suffiront à islamiser le Droit. Et si d’autres dispositions constitutionnelles ne garantissent pas explicitement les libertés publiques, les aspects les plus restrictifs et discriminants de la doctrine religieuse pourront déterminer la jurisprudence.

L’autre enseignement est la lenteur avec laquelle l’affaire est sortie dans les médias. Le camp des opposants les plus allergiques à Ennahdha a tellement amplifié le moindre incident, relayé des rumeurs infondées ou des informations parcellaires, en un mot crié au loup, qu’il a fallu attendre plusieurs jours pour que l’information soit confirmée par une enquête. Et ce ne sont pas les journalistes des médias traditionnels qui l’ont menée, mais des militants et des bloggeurs.

Pas la cause la plus facile à défendre

Par ailleurs, la gêne est sensible. Les deux accusés n’ont pas eu d’avocat et peu de voix s’élèvent publiquement pour les défendre. C’est qu’une fois de plus, la liberté d’expression n’a pas le meilleur flambeau.

Après la projection un peu racoleuse et la traduction outrancière de« Persepolis » par la chaine Nessma, après la publication en couverture du quotidien Ettounsiya d’une femme quasiment nue, dont l’utilité informative est encore à démontrer, le risque est d’ancrer dans l’opinion l’équivalence entre liberté d’expression et insulte à l’islam ou immoralité.

Une perception qui n’aide pas forcément les députés progressistes et républicains qui, au sein de la Constituante, tentent d’inclure dans la future loi fondamentale une référence à la déclaration universelle des droits de l’Homme.

La présidence de la République, par la voix de son porte parole Adnane Manser, a justifié la condamnation :

« Attaquer les symboles sacrés de l’Islam ne peut être considéré comme relevant de la liberté d’expression. Nous sommes un pays musulman, et à cet égard, nous sommes contre ceux qui insultent les religions.

Il s’agit d’une forme d’extrémisme, qui provoque des réactions extrêmes que nous devons éviter en cette période délicate. »

Il faudra s’habituer à ce que le sentiment religieux joue un rôle important en Tunisie. Les intellectuels français qui se veulent solidaires devront apprendre à élargir leur empathie au-delà des « Tunisiens des Lumières  ». Décrypter ce débat dépasse les interprétations binaires.

« Diffamation des religions », un délit contesté

Le secours de la doctrine des Nations unies pourrait être en revanche plus précieux pour définir les termes de la relation orageuse entre liberté d’expression et religion.

Elle a, en effet, récemment évolué. Pendant des années, sous la pression de l’organisation de coopération islamique (OCI), la «  diffamation des religions  » était retenue par l’Unesco et la commission des droits de l’homme comme une limite à la liberté d’expression.

En clair, une simple critique, une caricature, même une approche scientifique remettant un dogme en question pouvait être assimilée à une diffamation.

Depuis une résolution de l’Assemblée générale de décembre 2011, la doctrine a évolué et rejeté la notion de diffamation des religions, trop favorable aux gardiens du temple les plus liberticides.

Les Nations unies se réfèrent dorénavant à une notion plus complexe  :

« ... la lutte contre l’intolérance, les stéréotypes négatifs, la stigmatisation, la discrimination, l’incitation à la violence et la violence fondés sur la religion ou la conviction. »

Elle a mérite de ne plus pénaliser une expression visant une religion, mais de protéger les personnes pratiquant cette religion contre les préjugés et les appels à la haine.

Une évolution dont les constituants tunisiens et les acteurs sociaux pourraient davantage profit que des invectives entre «  laïques  » et « islamistes ». rue89

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 Des petites filles embrigadées par des fondamentalistes religieux

Elles sont séparées des garçons de leur âge, voilées de la tête aux pieds et  soumises à un embrigadement religieux en règle. Mais que fait donc le gouvernement?

 Le ministère de la Femme et de la Famille est informé de l’existence de jardins d’enfants et d’écoles coraniques ne répondant pas aux critères de la profession et qui bafouent, au nom de la religion, les droits de l’enfance. Mais qu’attend-il pour intervenir avant qu’il ne soit trop tard?

Interrogé jeudi, lors de la rencontre périodique avec la presse au Premier ministère, à propos de ces institutions éducatives qui violent les droits de l’enfant, Mohamed Ali Khaldi, représentant du ministère de la Femme et de la Famille a déclaré que son département a reçu un rapport à ce sujet et qu’il est en train de coopérer avec des responsables du ministère des Affaires religieuses afin de trouver une solution.

Quand on est au courant que ces institutions qui, au lendemain de la révolution, ont poussé comme des champignons dans les banlieues surtout défavorisées, et qui n’appliquent ni les règles du métier ni ne respectent la pédagogie, il y a de quoi s’inquiéter et sonner l’alarme.

Depuis près d’une dizaine de jours, des photos de classe tournent sur les réseaux sociaux. Une classe peuplée de petites filles. Seulement des filles et on se croirait en Afghanistan ou au Pakistan, à quelque taliban près. Ces photos ont choqué les internautes, parents et acteurs la société civile. 

Première lecture: elles sont en bas âge. Aucun garçon n’est présent dans la classe. Elles sont voilées de la tête aux pieds. Seul apparait un petit visage angélique à moitié découvert. Et un turban blanc ou vert, imprimé de versets coraniques et un regard brillant d’innocence.

Ces fillettes reçoivent des cours séparément des garçons de leur âge. Une autre éducation que celle proposée aux garçons. Elles n’ont pas à partager avec ces derniers les mêmes jeux (pas l’ombre d’un seul jeu éducatif, pas de poupée, pas de livres de contes…). Et ne disposant que d’ardoises et de la craie.

La question posée aujourd’hui: où sont passés les inspecteurs pour faire le suivi? Qui sont les éducateurs qui assurent les cours? Qui a délivré l’autorisation à ces jardins d’enfants qui, apparemment, ont une mission autre  qu’éducative à accomplir? Où sont passés aussi les défenseurs des droits de l’enfance? Que Sihem Badi, la ministre de la Femme et de la Famille, se dépêche pour trouver au plus vite une solution radicale. Car, il y a feu dans la maison et ça n’attend plus. kapitalis

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Caroline Fourest : «Le Monde» tombe de haut sur la Tunisie


Le problème ? Elle affirme d’entrée, des les premières lignes de son papier, que le parti de Marzouki, le président de la République tunisienne, c’est Ennahdha. Voici la phrase incriminée : «Sous Zine El-Abidine Ben Ali, on risquait gros si l’on critiquait le pouvoir temporel. Sous Moncef Marzouki et son parti, Ennahda, on risque gros si l’on critique la religion et si l’on tient tête à l’obscurantisme».

Un couac tonitruant pour un journal qui prétend donner des leçons. Le parti présidentiel tunisien étant évidemment le Congrès pour la République. Or en l’occurrence, l’article en question multipliera les approximations.Le vénérable quotidien «Le Monde», s’est planté en beauté sur la Tunisie. C’est par un article signé par sa célèbre chroniqueuse, Caroline Fourest, que le scandale est arrivé. Habituée des plateaux télé, spécialiste autoproclamée des questions de «l’extrémisme», Mme Fourest s’est fendue d’une chronique intitulée «La Tunisie des Lumières se bat», publiée le vendredi 6 avril.

Un peu plus loin, sur la même page, Caroline Fourest enfourchera ses grands chevaux pour affirmer : «Une jeune syndicaliste tunisienne est même devenue une icône nationale en décrochant le drapeau des salafistes pour restaurer celui de la Tunisie. Elle s’est fait copieusement tabasser par les intégristes».

La journaliste-star de la presse française fait ici allusion à Khaoula Rachidi. Le problème ? La jeune fille citée en exemple, n’est pas syndicaliste et affirme n’avoir aucune affiliation politique. Et si l’une de ses collègues aura effectivement été agressée, Khaoula sortira indemne de la confrontation, puisqu’elle aura eu le réflexe de quitter les lieux illico presto.

Toujours dans le même article, on apprendra que ce sont des «juges obscurantistes» qui seraient derrière les condamnations que Caroline Fourest considère comme étant liberticides. Ainsi, il n’est plus question des plaintes des avocats, pas même de la pression sociale et politique. Les Tunisiens découvriront grâce à cet article, le rôle obscur «des juges obscurantistes».

Soyons sérieux. Une analyse digne de ce nom doit être basée sur des faits et non des approximations, encore moins des élucubrations. A notre (modeste) connaissance, les journalistes français travaillent dans des conditions pas trop mauvaises. Ils n’ont en tous cas certainement pas les contraintes «kilométriques», auxquelles nous autres, tâcherons tunisiens de la plume sommes astreints.

Rien ne justifie donc ce dérapage journalistique, cette faute professionnelle de notre collègue française. Caroline Fourest est chroniqueuse dans le quotidien «Le Monde». A priori, une distinction, un gage de sérieux. Mais on pourrait s’interroger sur le rôle des chefs de service, et autre directeurs de la rédaction. Enfin : Y a t-il quelqu’un pour relire la prose de Fourest avant publication ? A moins que dans son journal, on puisse se permettre de traiter aussi légèrement des affaires tunisiennes. Ce qui finira peut-être par inciter nos lecteurs, à ne plus prendre les articles publiés dans la presse française pour parole d’Evangile. Et encore moins pour du Coran. donnetonavis

 

___________________________________L'article de Caroline Fourest

La Tunisie des Lumières se bat

Sous Zine El-Abidine Ben Ali, on risquait gros si l'on critiquait le pouvoir temporel. Sous Moncef Marzouki et son parti, Ennahda, on risque gros si l'on critique la religion et si l'on tient tête à l'obscurantisme. La responsabilité de l'actuel gouvernement est évidente, mais sournoise.

Elle consiste à laisser les salafistes les plus excités terroriser les démocrates laïques puis à les renvoyer dos à dos en feignant de ne pas prendre parti. Ce qui revient, en réalité, à soutenir les plus violents. Comme ceux qui menacent Nadia El Fani pour son film Laïcité Inch'Allah ou ceux qui terrorisent le campus de la Manouba et son héroïque doyen. Se figure-t-on le courage qu'il faut à cet homme lettré et pacifique pour tenir tête à ces enragés, prêts à le séquestrer pour exercerleur chantage ?

Un jour, ils demandent une salle de prière, l'autre de laisser les étudiantes assisteraux cours en niqab, puis finissent par vouloir faire flotter le drapeau noir des salafistes sur le toit de la faculté. Comme en Algérie à la pire époque, des étudiants résistent. Une jeune syndicaliste tunisienne est même devenue une icône nationale en décrochant le drapeau des salafistes pour restaurer celui de laTunisie. Elle s'est fait copieusement tabasser par les intégristes.

Que fait la police ? Encore largement bénaliste, elle laisse la situation pourrir. Dans l'espoir que la nostalgie de l'ordre ancien reviendra ? Illusion funeste. C'est un autre ordre ancien qui perdure. Celui des juges. En l'absence d'une nouvelle Constitution pour les cadrer, les plus obscurantistes profitent de cette transition chaotique pour mettre en prison toute personne jugée blasphématrice ou apostate. En témoigne le sort de deux jeunes internautes tunisiens, Ghazi Béji et Jabeur Mejri, condamnés pour atteinte à "l'ordre public" et à la "morale". Ils ont été condamnés à sept ans de prison ferme. L'un a fui vers la Grèce, l'autre s'apprête à purger sa peine. Ses amis parlent de torture. Leur crime ? Avoir diffusé sur lesréseaux sociaux un roman satirique sur la vie du prophète Mahomet. La sentence, très décalée et sévère, a mis en émoi la blogosphère tunisienne et marocaine. Pas le gouvernement tunisien. Or c'est là, dans cette passivité complice, que réside le danger.

OBSURANTISME DES JUGES

A Paris, on s'est félicité un peu vite de voir le parti islamiste Ennahda renoncer àinscrire la loi islamique dans la Constitution en cours d'écriture. Celui que des journalistes français s'obstinent à présenter comme un "islamiste modéré" est en réalité simplement stratège. Il a compris qu'il pouvait tout à fait garder l'article premier proclamant l'islam comme religion de la Tunisie, tel qu'il existait sous Habib Bourguiba et Ben Ali, et le tirer vers une interprétation plus théocratique grâce au rapport de force sur le terrain.

En jouant de l'extrémisme des salafistes et de l'obscurantisme des juges, une vague formulation suffit pour faire reculer la sécularisation, la liberté de conscience et d'opinion pour tous. Autrement dit, à tuer le printemps démocratique. Il n'y a vraiment pas de quoi se réjouir. Et toutes les raisons de soutenir les Tunisiens qui se battent, avec un courage inouï, pour une autre interprétation de la future Constitution et la liberté de tous. lemonde

 

 

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